Embrouilles et tambouilles au département

La démission de Véronique Riols (groupe Astruc)  de la Commission permanente du Conseil départemental, a suscité un mic-mac qui fera date dans les annales du Tarn et Garonne. Car derrière ce renoncement,  Christian Astruc et sa majorité avaient bien l’intention de faire le ménage chez les vice-présidents. Objectif : « virer » Brigitte Barèges,  et Monique Ferrero. Prudente et à bonne école, la maire de Montauban avait pris soin l’avant veille d’annoncer qu’elle n’était candidate à rien, s’évitant du même coup l’humiliation d’un congédiement.

La Commission permanente compte 18 membres élu(e)s à la proportionnelle,  à la plus forte moyenne et sur liste paritaire. Le groupe Astruc dispose de facto de 10 élu(e)s. Les autres se partagent donc les sièges restant. Une liste PS-PRG  aurait obtenu 7 élu(e)s, 4 pour le PRG et 3 pour le PS, la liste Baréges n’aurait eu qu’un élu. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Les radicaux ont refusé de faire liste commune. Seuls ils ont décroché 4 sièges, le PS qui aurait pu gagner trois sièges, conserve tout juste ses deux représentants. Le dernier siège de cette joyeuse distribution, celui qui a échappé aux socialistes,  a été attribué à la liste Barèges  et donc à …Mathieu Albugues, le candidat de la droite aux législatives sur la deuxième circonscription,  celle où Sylvia Pinel, patronne du PRG, espère se faire réélire.

En clair, pour faire mal aux socialistes, les radicaux installent un peu plus dans le champ politique le concurrent direct de leur patronne! Les faux derches sont champions pour se tirer une balle dans le pied! La rancune est décidément mauvaise conseillère!

Ces pauvres radicaux n’en finissent donc pas de régler des comptes. Jean Michel Baylet qui n’a toujours pas digéré ses échecs au Sénat et au Département, cherche par tous les moyens à se venger, en s’alliant si nécessaire avec la droite la plus dure du département. Nous relations plus bas dans « moissac infos »  -cliquez ici- comment il a fait capoter la candidature Henryot à la présidence du GHT, le groupement hospitalier de territoire. Voilà maintenant l’épisode de la Commission permanente du Département. Et ce n’est pas fini! Les législatives devraient lui donner l’occasion de montrer une fois de plus son pouvoir de nuisance. Valérie Rabault, députée de la première circonscription, candidate socialiste déclarée, va devoir se méfier. Les « amis » radicaux sont devenus experts… en chausses trappes!

Moissac: un budget ordinaire

Une fois n’est pas coutume, Moissac bénéficie d’un alignement exceptionnel des planètes : taux d’intérêts très bas, engagement de l’Etat dans le cadre de la politique de la ville avec à la clé de conséquentes subventions, et démarrage (un peu poussif certes) de la Communauté de communes « Terres des confluences ». Malgré cet environnement favorable, la majorité de droite se contente d’un budget sans audace, sans imagination, incapable même de soutenir les initiatives et les quelques rares projets soumis à ses arbitrages.

En matière de fonctionnement, c’est pareil, rien ne change ! Les charges générales progressent tranquillement, la masse salariale aussi. Tout le contraire de ce qu’avait promis cette majorité au cours de la campagne électorale. On est très loin du programme du candidat de la droite à la Présidentielle ! L’intercommunalité, la mutualisation maintes fois annoncées des moyens et des hommes devaient conduire à des économies. Il n’en sera rien. Si l’on en croit les prévisions de la mairie, le budget « personnels » augmentera en 2017, jusqu’en 2020 d’environ 2% l’an. Pendant ce temps, la communauté de communes embauche (45 salariés à ce jour). Faute de s’attaquer réellement au fonctionnement des services, communaux et intercommunaux, on empile. Faute d’une véritable politique de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, (GPEC), la droite gère au fil de l’eau, et ne bousculera rien, jusqu’à la fin de son mandat en 2020. Cliquer ici pour voir le détail du budget 2017.

Naguère, on appelait cela une gestion de père de famille. C’est honorable mais est-ce adapté au lieu et au moment ? A l’évidence, la droite s’est trompée de film. Notre ville a besoin d’entrepreneurs, elle a besoin d’une équipe municipale moins timorée, capable de bousculer gentiment les choses et ce dans tous les domaines.

Il y a trois ans, elle n’avait pas de mots assez durs pour critiquer la politique de la gauche en matière de patrimoine. La mise en valeur du Patus nous valut alors des tonnes de critiques, nous accusant de dilapider l’argent public. Et qu’annonce le budget 2017 ? L’ouverture d’un énorme chantier sur l’abbatiale, un projet sur plusieurs années, évalué à plus de 4,5 millions d’euros ! Et oui, la droite fait son acte de contrition et exhume les projets de l’ancienne équipe municipale.

On ne va pas s’en plaindre. Mais qu’il nous soit permis d’en sourire !

Chantier de l’abbaye

La fréquentation baisse. Les chiffres de l’OT en attestent. Normal ! L’offre ne correspond pas à la demande. Aussi belle soit-elle, l’abbaye ne répond plus aux attentes d’un public, habitué ailleurs à une mise en spectacle des lieux patrimoniaux et culturels ! Un architecte, un économiste et un muséographe vont donc revoir l’ensemble. Un chantier qui devrait se terminer en 2020. Ils devront en outre réorganiser les salles de visite, la nef dans la salle haute du clocher, restructurer les étages des ailes N et E, repenser la visite du chemin de ronde, revoir l’office du tourisme et tout l’accueil sur l’aile Saint Julien. Le stationnement et l’escalier qui y donne accès sera aussi repensé. Bref c’est la reprise du projet que la majorité de gauche avait esquissé, en souhaitant qu’il soit enrichi et permette aux visiteurs d’évoluer dans un univers interactif susceptible de faire récit autour de ces magnifiques et vénérables espaces.

Tourisme

Le port a perdu 30% de plaisanciers. Du coup la société gestionnaire a demandé une baisse de la redevance qu’elle paye à la mairie qui s’interroge sur l’avenir des pontons flottants sur le Tarn. Les plaisanciers se plaignent en effet des nuisances et du bruit la nuit. A défaut d’une réponse adaptée au problème, l’adjoint à la sécurité préconise de supprimer tout simplement ce port flottant. Il est vrai que VNF (Voies navigables de France) envisageraient de prolonger le port du canal, sur le bief amont, devant les silos.

En attendant, Moissac a demandé son classement comme station de tourisme.

Travail le dimanche

Pour les commerces non alimentaires, la loi Macron autorise le maire à accorder des dérogations exceptionnelles à l’interdiction du travail, dans la limite de 12 dimanches. La mairie a décidé d’autoriser 7 dates : les 15 et 29 janvier, les 2 et 23 juillet, et les 17, 24 et 31 décembre 2017.

 

 

Inauguration des Urgences

Pas de ruban, mais la foule des grands jours: un ministre des collectivités territoriales, une ex ministre du logement, candidate à la primaire socialiste, des élus locaux, de tout gabarit et de toutes obédiences… C’était enfin l’inauguration officielle du service des urgences de l’hôpital de Moissac. Une inauguration que l’opposition Divers gauche avait réclamée avec insistance lors des Conseils municipaux.

Ca sent encore la peinture fraîche et le matériel neuf. Le service a été totalement refait pour trois millions d’euros. Entièrement payés par l’état. Il accueille en moyenne 1500 patients par mois. Une fréquentation en hausse parce que les besoins augmentent, mais aussi parce que la médecine de ville se décharge petit à petit sur l’hôpital.

Pour répondre aux besoins, pendant les travaux qui ont duré presque trois ans, les Urgences n’ont jamais fermé. Elles ont juste déménagé ce qui on s’en doute ne s’est pas fait sans difficulté. Coup de chapeau donc aux personnels soignants !

Et des coups de chapeau, il y en eut, aux architectes, aux aménageurs, aux entreprises de construction, aux chefs de projets aussi, le docteur Sabine Augé entre autres. Il fut aussi rappelé par le maire de Moissac que Jean Paul Nunzi, son prédécesseur, aidé de Pierre Mardegan, le patron des urgences dans le département, avaient monté le dossier, convaincu l’ARS (l’Agence régionale de santé) et obtenu les financements indispensables.

Sylvia Pinel improvisa un discours dont l’auditeur attentif put retenir que les maisons de santé étaient un des axes forts de la politique régionale sur les territoires. Et pour finir, le ministre des collectivités territoriales, « venu en voisin », fit son numéro favori : le panégyrique de lui-même. Il expliqua qu’en 1984, il avait obtenu, auprès de Georgina Dufoix, alors ministre des affaires sociales, des crédits pour la modernisation de l’hôpital de Moissac. Il insista encore sur l’intérêt de maintenir à l’ouest du département, des structures hospitalières, et un environnement médical de qualité. Il est vrai que population et professionnels craignent parfois que la création des GHT (groupement hospitalier de territoire) ne conduise à terme qu’à la fermeture pure et simple des petits hôpitaux. Curieusement, l’insistance du ministre sonnait comme une mise en garde !

 

La COM-COM parie sur l’avenir

C’était la dernière séance. L’année prochaine, Terres des Confluences comptera 22 communes et près de 40000 habitants, le deuxième bassin de population du département derrière Montauban. Une nouvelle gouvernance sera élue en janvier. L’actuel président, le maire de Lizac, Bernard Garguy devrait retrouver son siège, fort d’un accord négocié avec les nouveaux entrants et du soutien des maires de Castelsarrasin et Moissac qui ont tenu à lui rendre hommage en fin de réunion.

La salle du Conseil municipal de Moissac n’était pas totalement remplie, de nombreux conseillers communautaires s’étant fait représenter. Le menu de cette ultime réunion 2016 était pourtant copieux et intéressant. Mais dossiers après dossiers, les élus présents ont bien senti les limites de l’exercice, soulignées par Gérard Vallès et Patrice Charles. Nombre de délibérations votés ce mardi soir engagent en effet l’avenir. Elles mettent d ‘une certaine manière les communes nouvellement adhérentes devant une sorte de fait accompli, et égratignent au passage les principes démocratiques. Du coup, il faudra en 2017 revoter certaines délibérations, même si l’exécutif communautaire a assuré qu’il agissait en plein accord avec les maires des communes nouvellement intégrées. (voir la liste en cliquant ici).

Les communautés récupèrent nombre de compétences qui jusqu’ici appartenaient aux seules communes. C’est un gros travail politique et administratif de délimitation des périmètres,  de transferts de moyens, et de mutualisations des tâches. Le schéma de mutualisation définitif a été voté qui fixe les grandes lignes de l’action de Terres des Confluences.  En voici quelques dossiers emblématiques.

Tourisme. Un office intercommunautaire sera créé en 2017. Il aura compétence sur l’organisation et la promotion du tourisme sur le territoire. A l’évidence le dossier n’est pas bouclé et la communauté a obtenu du préfet qui veille au grain sur les processus de mise en place, un délai de réalisation.

Même chose pour l’aire des gens du voyage qui est aussi une compétence communautaire. Moissac qui ne s’est toujours pas mise en conformité avec la loi – mais concédons que le dossier est délicat- pourrait échapper à la contrainte. Castelsarrasin dispose en effet de deux sites adaptés qui vont tomber dans le giron de la communauté et permettre ainsi à tout le territoire de répondre aux obligations légales. L’affaire est sensible et pourrait bien durer encore quelques temps.

Les repas portés à domicile et dans les écoles sont fabriqués dans des cuisines centrales qui ne répondent plus aux normes sanitaires et qui sont sous-dimensionnées. Elles seront reconstruites sur la zone de Barrès ou de Fleury, et pourront assurer 2000 repas. Coût de l’opération : 1, 2 million d’euros, financés avec des aides de l’Europe, de l’état, de la région et du département.

Une étude de faisabilité, d’un montant de 30000 euros va être lancée pour la construction d’une piscine intercommunale qui à l’évidence concernera en priorité les villes de Moissac et Castelsarrasin.

Cette dernière a dit adieu à son POS (plan d’occupation des sols) pour se doter d’un PLU (plan local d’urbanisme) qui viendra se fondre dans le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunautaire). Ceci faisant désormais partie des compétences obligatoires des communautés de communes.

Trop de gauches tue la gauche

Ce qui se joue dans la présidentielle, c’est la recomposition de la gauche, l’identification du mâle dominant au sein d’une meute déboussolée.

Le peuple de gauche en a la tête tourneboulée. Le président qui renonce in extremis à se représenter. Le premier ministre qui après lui avoir fait la leçon, annonce sa candidature à la primaire de la gauche et démissionne dans la foulée. Une fois de plus, tous les pronostics sont déjoués. Le calendrier socialiste, à travers l’opération « La belle alliance populaire » avait été conçu pour François Hollande. Cela n’aura servi à rien, sinon à réduire dramatiquement le temps de campagne des sept candidats à cette primaire, toujours fixée les 22 et 29 janvier. Le Président hors jeu, Manuel Valls, soudain moins sanguin, mais toujours téméraire, reprend le flambeau. Sa candidature de prime abord ne soulève pas les foules. Et ses petits camarades ont été bien prompts à instruire contre lui un procès en mutinerie, lui déniant presque le droit de se revendiquer socialiste.

Où est la gauche?

Donc, cette primaire s’annonce mal. De surcroît, elle n’est pas « belle », elle raconte des rancoeurs tenaces, et des règlements de comptes en cascade. Ce n’est pas une « alliance », tout juste une sorte de congrès socialiste dans lequel se serait égaré un dissident écolo. (De Rugy). Enfin rien de « populaire » là dedans ! Mélenchon, Macron, Jadot pour les Verts, Pinel pour le PRG, sans oublier les deux ou trois représentants d’un trotskysme momifié, ont fait le choix de se présenter en candidats libres. Sept, huit, neuf candidats se revendiquant de la gauche pourraient ainsi s’aligner au premier tour de la présidentielle. Situation grotesque, ubuesque qui bien évidemment se solderait par un face-à-face Fillon-Le Pen au second tour, en mai prochain.

Donner de l’élan

Certes d’ici là, les choses peuvent évoluer. Et les candidats socialistes apprendre à retenir leurs coups. On peut rêver n’est-ce pas ! En tout cas, rien ne serait pire qu’un crêpage généralisé de chignons, qu’un affrontement d’ex-camarades, tellement occupés à s’entredéchirer qu’ils en oublieraient de regarder sur leur droite. A coup sûr, ce spectacle achèverait ce qui reste de militants socialistes ! Combien d’électeurs se déplaceront pour cette primaire ? La droite a mis la barre très haut et il est presque certain que le PS ne parviendra pas à faire aussi bien. Du coup, son candidat partira avec un handicap important, une sorte de déficit de légitimité. Pour l’heure, les sondages (ah les sondages !) donnent Manuel Valls vainqueur de la primaire. Mais au premier tour de la présidentielle, serait-il porté par le parti, par tout le parti ? Pas sûr !

Pour un front commun

Ce même sondage (Paris Match) crédite le candidat socialiste de 10% des intentions de vote. Derrière Mélenchon :12,5, derrière Macron :13,5, derrière Le Pen : 24 et derrière Fillon : 27,5. Pas besoin de sortir d’HEC pour comprendre qu’un candidat de la gauche unie, de toute la gauche, de Mélenchon à Macron serait qualifié pour le second tour et affronterait du coup le candidat de la droite. La seule alliance Macron-Valls serait même suffisante pour faire trébucher le FN, compte tenu de la dynamique dès lors engendrée.

Voilà qui met chacun devant ses responsabilités. Mais Macron et Mélenchon refusent de « s’enfermer » comme ils disent dans une primaire. De fait, ils ont tiré un trait, comme nombre de militants socialistes sur l’élection présidentielle. Ils jouent tous scrutin perdu. Et sont déjà sur le coup d’après, les législatives. Espèrent-ils les gagner ? Certes nous vivons une époque imprévisible, mais jusqu’à présent, les électeurs ont toujours voté dans le même sens. A l’évidence, chacun veut se compter, car une voix dans ces élections là, c’est de l’argent. L’état abonde en effet le budget des partis au prorata des résultats et en cette période de disette militante, tout cela n’est pas négligeable. Mais dérisoire !

NB : aux dernières nouvelles, Sylvia Pinel pourrait renoncer à sa candidature à la présidentielle. Elle est créditée de 0% dans les sondages. Nous y reviendrons !