Pin pon, pin pon

Je n’étais pas à l’inauguration de la caserne des pompiers. Et pour cause. Je n’étais pas invité. Même chose pour mes collègues de l’opposition divers gauche du conseil municipal. Étrange! Oubli? Volonté délibérée? On est en droit de s’interroger. Le maire qui ne manque jamais une occasion de nous envoyer un carton, de nous inviter à toutes ses sorties moissagaises, même les plus anodines, n’a pas daigné s’inquiéter de notre présence. Lui, pas plus que le président de la communauté de commune, pas plus que le président du Conseil départemental…

Interrogé par mes soins, Jean Michel Henryot se défausse : « C’est la Préfecture qui a fait les invitations en raison de la présence de la ministre, et qui a limité le nombre de participants selon ses critères pour des raisons de sécurité. Nous n’avons pas été partie prenante, mais, avant l’envoi de ces invitations préfectorales j’avais demandé à ce que tous les élus soient informés de cette inauguration, navré mais ce n’était plus de ma responsabilité, n’ayant pas, de plus la liste des invités »

Dont acte! Mais qui a payé cette caserne? Le département, la communauté de communes et les villes de Moissac et Castelsarrasin. À qui fera-t-on croire que le payeur n’a pas en la circonstance son mot à dire? Le préfet qui manifeste pour l’occasion une curieuse conception du pacte républicain si cher au Président Macron, ne saurait arguer d’une visite ministérielle, sauf à n’avoir rien compris de ce qui se joue aujourd’hui dans ce pays.

La morale de cette histoire, c’est qu’il n’y en a pas !

Du coup j’allais oublier de saluer les pompiers dont le travail tient parfois du sacerdoce et de me réjouir qu’ils soient enfin correctement logés. C’est fait !

Intercommunalité: des zones grises

La Communauté de communes compte à ce jour 72 emplois à temps complet. Son champ de compétence s’étend, sur un territoire où les problèmes s’accroissent.

 

Terres des Confluences s’est fait tirer le portrait.

C’est l’œuvre de l’observatoire régional de santé (ORS). Et la photo n’est pas réjouissante. Notre territoire est vieux, plus vieux que la moyenne du département. Le chômage y est très important, chez les jeunes, et les personnes en situation de précarité, des populations qui affichent en même temps un faible niveau d’études. Premières concernées les villes de Moissac et Castelsarrasin ! (Voir ici l’étude de l’ORS)

Mais ce n’est pas tout. 22% des enfants de sixième sont en surcharge pondérale (16% dans la région) Ils sont deux fois plus nombreux qu’ailleurs à souffrir de caries. Et puis on meurt plus et plus tôt sur nos terres. Globalement, nos populations ne se sentent pas bien. 72% des sondés se plaignent d’un mal être et de souffrance psycho-sociale. C’est dire, mieux que toutes les enquêtes sociologiques, la situation alarmante de ce coin de Tarn-et-Garonne. Le désert médical, on l’a dit et redit ici, y avance irrésistiblement. Manque de spécialistes, délais d’attente trop longs, raréfaction progressive des généralistes… Et l’immigration assombrit encore le tableau : problème de langue, de compréhension et un rapport à la santé qui met en évidence un problème culturel.

Face à cette situation, les remèdes semblent parfois de la poudre de perlimpinpin, au mieux des vœux pieux : « il faut -aller vers-, pour favoriser l’accès au soin, le rendre plus visible, renforcer les actions de prévention, faciliter les échanges entre professionnels de santé, mobiliser les outils du Pacte Santé… » Faible, bien faible réponse ! Heureusement qu’il y a l’hôpital ! C’est un atout de poids dit l’ORS. Le Comité de défense qui a sauvé notre CHIC,  y trouvera des raisons de persévérer. Et puis il y a les maisons de santé, que les collectivités locales installent à grands frais. Terres des Confluences va en créer une à Saint Nicolas de la Grave. Coût estimé : plus d’un million d’euros. Les travaux ne débuteront qu’après engagement écrit des professionnels à s’y installer. Heureusement!

Economie

Une des réponses, à moyen terme, aux maux de notre territoire, c’est la création de richesses, le développement économique. Bonne nouvelle, la coopérative agricole Stanor qui conditionne les fruits, va investir 2, 7 millions d’euros dans un deuxième atelier de pré-calibrage. Cinq emplois à la clé. Terres des Confluences va lui octroyer une aide de 1000 euros qui lui permettront de solliciter les subventions européennes. Les ZAC (zones d’aménagement concerté) sont encore loin d’être pleines, même si quelques entreprises y transfèrent une partie de leurs activités.

Mais le développement économique passe par la diversification des activités. Le tourisme est un vecteur puissant, trop longtemps moqué par des politiques à la vue courte. Les temps changent, il faut l’espérer. La communauté de communes, comme le lui impose la loi, vient de mettre en place, sous forme associative, un Office de tourisme chargé de la promotion de tout le territoire. Une Convention fixe désormais pour trois ans les objectifs de ce nouvel organisme qui s’installera à Moissac. L’OTI devra améliorer les retombées économiques, développer l’attractivité du territoire et en faire la promotion. Subventionné à hauteur de 300 000 euros en 2018, il devra faire la preuve de son efficacité et savoir travailler en bonne intelligence avec l’Office Moissagais qui lui a transféré quatre emplois mais conserve la gestion du patrimoine abbatial.

L’OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) mise en place sur les 14 communes de l’ancienne intercommunalité, « Sère-Garonne-Gimone » est reconduite pour un an. Elle a permis en 2016 l’amélioration de 83 logements. Les Moissagais peuvent témoigner de l’intérêt d’un tel dispositif, lancé par l’ancien maire Jean Paul Nunzi.

Et puis il y a la culture ! N’en déplaise aux sceptiques de tous poils, c’est aussi un outil de développement économique. L’association MCV, qui porte le Festival des Voix, a cherché auprès de l’intercommunalité, un soutien financier. En contrepartie, elle s’est engagée à repenser sa programmation, en y intéressant les bourgades du secteur. Une décentralisation culturelle en quelque sorte sur la base d’un gagnant-gagnant. Reste que Castelsarrasin résiste et veut, parole de son maire, garder son festival, tout en siégeant au Conseil d’administration de MCV. Qu’il soit permis ici de manifester un double regret. Un grand et gros festival, innervant sur une période plus longue tout le territoire, aurait plus de force, plus de visibilité. La proposition demeure d’actualité même si Castelsarrasin fait toujours la sourde oreille.  Et puis, pour éviter les polémiques, il serait bien que le bureau de l’intercommunalité respecte un minimum de formalisme démocratique. Avant de faire voter sur des noms choisis dans le secret d’un bureau présidentiel pour siéger au CA de MCV, il faut procéder à un appel à candidature. Il y a parfois des surprises !

Les alarmes du CESER

L’Occitanie veut sa LGV.

Le Conseil économique social et environnemental régional, qui depuis toujours milite pour le désenclavement ferroviaire de la région, sera reçu le 8 novembre prochain à l’Elysée. Son président, Jean Louis Chauzy, la présidente de la région, Carole Delga iront plaider la cause du train à grande vitesse. Il s’agit en effet de permettre à Toulouse et sa région de se rapprocher de Paris, mais aussi de l’Espagne dont le réseau TGV fait des envieux de ce côté des Pyrénées.

 

L’aéroport de Toulouse

suscite également les inquiétudes de la deuxième assemblée régionale. L’actionnaire chinois revendique maintenant le contrôle de la totalité du capital (il en détient 51%) et menace de se retirer s’il n’obtient pas satisfaction. Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire semble disposé à lui donner satisfaction. Pour l’instant, la contribution des Chinois au développement de la plateforme toulousaine s’est bornée à en siphonner les liquidités, en puisant dans la trésorerie. Ils ont surtout oublié leur engagement principal : permettre, aide financière à la clé, aux PME d’Occitanie de partir à la conquête du marché chinois. On se souvient que cette privatisation partielle de l’aéroport de Toulouse avait été engagée par le ministre de l’économie de François Hollande, un certain Emmanuel Macron.

 

La mécanic vallée en danger.

Ça se passe à Rodez, aux pieds de l’imposante cathédrale. Bosch, un des plus gros employeurs du coin menace de mettre la clé sous la porte. La raison ? Le marché du diésel est en perte de vitesse. Or à Rodez, Bosch fabrique des éléments pour les moteurs diesel. CQFD ! L’automobile représente dans cette zone entre Aveyron, Lot et Corrèze, 35% des 14 000 emplois industriels. Le départ de Bosch marquerait un coup d’arrêt à la success story de cette vallée, miraculée de la grande casse des années 80, quand activités minière et sidérurgique ont été terrassées par la mondialisation.

 

La régionalisation sur la sellette.

Le CESER fait chorus avec la région Occitanie pour dénoncer les coupes sombres que l’Etat opère dans les dotations aux collectivités territoriales. Les communes ne sont pas les seules concernées, la région supporte de plus en plus mal les économies que lui demande l’état. Elle craint de perdre son autonomie budgétaire, pour devenir un établissement public comme les autres. Heureusement,  on n’en est pas encore là !

Sur le chemin de l’école (suite)

Comme je l’indiquais précédemment, j’avais demandé au Conseil Régional des explications et un peu plus de transparence sur la mise en place de l’école  régionale du numérique. Dans le souci unique d’en faire, aussi, un outil de développement du territoire. La réponse est arrivée. Je vous la livre.

« En réponse à votre mail, je vous informe que la sélection des apprenants de la formation relève de l’organisme de formation et de la Région qui finance cette formation. L’envoi du listing des candidats par l’organisme de formation est une erreur, car il n’est communiqué normalement qu’à la Région.

Je réponds toutefois à votre question concernant la localisation des apprenants : 2 personnes sont de Moissac, 4 personnes de Montauban, 1 personne de Montech, 1 de Monteils, 1 de Beaupuy, 1 de Villaudric, 1 de Bruguières, 1 de Montbeton, 1 de Lafrançaise, 2 de Toulouse. Soit 13 personnes de Tarn-et-Garonne, dont 2 de Moissac. Cette représentation est très valorisante quant à l’attractivité du territoire et de cette formation. L’objectif de cette formation est de « rayonner » sur le département et lors de sessions dans d’autres départements, nous avons accepté des candidatures hors département mais également hors Région Occitanie, certains apprenants ayant déménagé pour suivre cette formation.

Les critères d’accès à une formation financée par la Région ont été respectés par l’organisme de formation et 13 apprenants sur 15 ont un niveau Bac ou infra bac, ce qui répond non seulement aux critères de l’Ecole régionale du numérique mais également à votre volonté d’offrir cette formation aux publics les plus en difficulté.

La réunion de lancement avec les prescripteurs, à laquelle vous avez assisté, ainsi que le travail de relance effectué par le Bureau Territorial, a permis de sensibiliser ces derniers et un maximum de candidats à cette formation. Le nombre de candidatures était tout à fait suffisant pour effectuer un choix, basé sur les compétences en savoir-être et savoir-faire des candidats. L’objectif étant, bien entendu, que cette formation puisse mener les apprenants vers un emploi sur votre territoire. Je rappelle que les publics sélectionnés sont bien « les plus éloignés » par leur niveau de qualification.

De plus, le lien avec le territoire sera fait, tout au long de la formation, par l’organisme de formation, qui s’appuiera sur les entreprises locales pour établir des partenariats. D’expérience sur les autres territoires, ceci permet de créer une dynamique autour du numérique, d’entreprises de ce secteur, mais également d’entreprises du secteur « traditionnel » qui sont intéressées par des compétences numériques. Le relais de votre collectivité auprès des acteurs économiques serait une valeur ajoutée.

Espérant avoir répondu à vos questions… »

Nous voilà rassurés ou presque. Il nous appartient, n’en déplaise à la Région, et à tous ceux qui s’endorment volontiers sur leurs lauriers, de veiller au grain. De saisir la balle au bond et de susciter autour de cette ERN (école régionale du numérique), les vocations afin que le territoire de Terres des Confluences fasse son entrée dans la nouvelle économie. 

Sur le chemin de l’école

L’école du numérique qui a pris ses quartiers dans l’ancien Hôtel des impôts à Moissac se met en place. (voir ici les explications). Mais cette installation se fait dans une certaine opacité, comme si les promoteurs locaux de cette opération n’étaient pas qualifiés pour la suivre, l’accompagner, y intéresser chefs d’entreprise et potentiels candidats à ces formations.

Ce projet, il faut s’en convaincre, est un projet de territoire. Il doit donc en priorité bénéficier aux publics locaux, même si nous savons bien que son périmètre de recrutement est plus large que le territoire intercommunal. Quels sont les dossiers retenus? D’où viennent les candidats? Combien sont issus des quartiers relevant de la Politique de la ville? Nous avons besoin de savoir, ne serait-ce que pour corriger éventuellement le tir!

A cette heure,  communauté de communes, mairie de Moissac, et initiateurs de cette opération, à savoir votre serviteur et Jean Philippe Besiers, tous,  nous manquons d’informations précises. J’ai fait savoir au Conseil régional qui en est le maître d’ouvrage, que pour la bonne réussite de cette école d’un genre nouveau, il faut mobiliser et impliquer les acteurs locaux. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin!