Un conseil agité

C’était le conseil de Mai. Orageux comme ce printemps! La majorité de droite, au moins certaines de ses composantes, a manifestement de plus en plus de mal avec la démocratie. Elle ne supporte pas le débat, s’étouffe à la première question, explose à la moindre des remarques. Depuis quatre ans elle ronge son frein. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre elle se découvre, se révèle.

Mais, la majorité doit s’en persuader, nous n’en avons cure ! Nous faisons notre travail. Notre travail d’élus de l’opposition ! Nous étudions les délibérations, nous essayons d’en saisir les motivations, d’en comprendre le bien fondé, d’en mesurer les effets. Et nous savons tenir nos nerfs. Pourtant nous avons plus que notre comptant de ces délibérations bâclées, de ces copiés-collés tombés du ciel, de ces refus d’explications, du manque de transparence, de l’incapacité de cette majorité à admettre ses bourdes les plus patentes. Nous invitons les Moissagaises et les Moissagais à venir nombreux assister à ces Conseils. Ils jugeront par eux-mêmes.

Ils verront comment un vœu, présenté par le maire et sensé réunir tous les élus, a par avance perdu toute chance d’efficacité. Et pour cause, il n’a pas été formellement voté ! Plus d’un mois d’allers et retours laborieux entre la majorité et l’opposition pour en arriver là. On se pince ! Au cas vous ne l’auriez pas vu passer, voici donc le texte sur lequel nous sommes tombés d’accord. Il concerne l’avenir de notre lycée agricole :

Vœu concernant le Lycée Agricole de Moissac

« En réponse  à la question d’un conseiller le maire a confirmé sa rencontre avec les représentants du personnel du LEPAH, le lycée agricole de Moissac, venus lui exposer leurs inquiétudes : transfert à la rentrée prochaine de certaines formations à Montauban, suppression d’une classe ULIS ouverte à des publics en situation de handicap. C’est l’avenir de ce lycée qui est en jeu !

Le poids économique de l’agriculture à Moissac est extrêmement important et les besoins de formation sont soulignés par les professionnels qui sont en recherche de personnels qualifiés. De plus, Moissac éligible au contrat Politique de la ville pour deux de ses quartiers a besoin du  maintien de cette structure.A l’unanimité, les membres du conseil municipal de la ville de Moissac réunis le 25 avril 2018 affirment qu’ils s’opposeront à tout projet de démantèlement et demandent le maintien des formations dispensées actuellement par le LPAH. Par ailleurs, afin de répondre aux besoins de la profession et aux attentes des consommateurs, des formations innovantes en particulier dans le domaine de l’agriculture biologique doivent être développées.C’est pourquoi les élus de Moissac demandent la tenue prochaine d’une concertation avec tous les partenaires concernés :  Etat, Région, et personnels de l’établissement. »  

Pour le reste, beaucoup de délibérations à caractère administratif, donc sans enjeu particulier. Au chapitre questions diverses, on retiendra que sur l’école de Mathaly, la situation n’a guère évolué. Le maire indique qu’il faut deux élèves de plus pour maintenir la classe. Certes et après ? A propos de l’exposition Stratos, visible dans les rues de Moissac, les élues en charge de la culture ont dû admettre que la mairie s’était engagée à acheter une des œuvres de l’artiste. Au chapitre RH, on notera que les charges de personnel représentent 63% des dépenses de fonctionnement. Plus 6% sur un an ! On attend que la nouvelle responsable des ressources humaines nous communique les chiffres des villes comparables. Enfin on retiendra que suite à une de nos questions écrites, le maire a retiré une délibération concernant les tournages de télévision. Il peut nous remercier. Il s’est ainsi évité une belle polémique sur la liberté de la presse. Voici le texte que nous lui avions envoyé :

Tournages.

« La convention que vous nous soumettez mélange tout : les fictions, les documentaires, les reportages. Les fictions cherchent aujourd’hui des décors naturels. Il est normal de passer avec la production une convention afin de valoriser notre patrimoine.

Les documentaires sont écrits et tournés par des journalistes ou des réalisateurs. En général, ils concourent au rayonnement des lieux qu’ils évoquent (« Des Racines et des ailes » par exemple). Nous n’avons donc pas intérêt à compliquer la tâche de ces professionnels. Nous devons au contraire les accompagner dans leur travail. Si une convention s’impose, elle doit être claire, simple et formaliser un partenariat plutôt qu’une relation marchande.

Les reportages sont faits par des journalistes, qui n’ont pas à demander d’autorisation pour filmer, enquêter, interroger qui bon leur semble dans l’espace public (rues, places…) Dans l’espace privé, ils doivent solliciter les autorisations ad hoc. Il n’y a donc pas lieu d’en faire mention dans cette Convention.

Par ailleurs, nous sommes totalement opposés à l’article 6 de la dite Convention sur le droit à l’image. La ville n’est pas dépositaire de ce droit. Il appartient en propre aux individus qui peuvent le faire valoir auprès du journaliste ou de l’éditeur. Nous voterons donc contre cette convention, confuse et potentiellement attentatoire à la liberté de la presse. »

 

 

La nuit du glyphosate

Sylvia Pinel (Parti radical) et Valerie Rabault (PS) ont snobé la nuit du glyphosate. C’était lundi dernier à l’Assemblée nationale, alors qu’était discutée la loi sur l’alimentation. Nos deux députées du Tarn et Garonne ne sont pas les seules. Un Insoumis et un socialiste, pas un de plus, avaient cependant décidé de veiller tard. Petit courage comparé à l’autre. Le courage de défendre ses convictions, Car au Palais Bourbon, tout le monde savait que les votes sur les amendements, glyphosate, poules pondeuses, pesticides, bien-être animal allaient être scrutés de près.

La France entière savait aussi que les lobbys de toutes obédiences, industriels et agricoles s’étaient fortement mobilisés pour sauver le glyphosate, au point de faire reculer le Président de la République qui avait un peu rapidement annoncé qu’il voulait éradiquer la molécule en trois ans.

Du coup, mais on m’objectera que c’est courant en séance de nuit, une très grosse majorité des député(e)s s’était volatilisée. On peut en déduire qu’à leurs yeux, le jeu n’en valait pas la chandelle. L’urgence environnementale ne valait donc pas quelques cernes et une nuit blanche ! D’autres sont restés, pour complaire soit à l’exécutif, soit aux lobbys, soit aux deux. Pêle-mêle le front du oui au glyphosate, a ainsi réuni des Marcheurs, des Républicains, des Modems, et des Radicaux.

Les socialistes, les Insoumis, les communistes, désormais zélotes tonitruants de la défense de l’environnement, n’étaient pas là. A deux exceptions près. Pourquoi ? Par manque de conviction ? Par crainte des paysans ? Par intérêt bien compris ? Les réponses sont dans les questions. Quatre-vingt cinq parlementaires étaient présents dans l’hémicycle. Si l’opposition avait été conséquente avec ses déclarations, elle aurait pu faire basculer les votes. Une victoire qui aurait eu valeur de symbole.

Décidément, la politique environnementale marche de Travert. Nicolas Hulot est aux abris, il se mure dans le silence, tandis que le porte-parole du gouvernement peine à justifier ces reculades en rase campagne. Il est encore temps pour le Président de corriger ces embardées et d’éclairer les Français sur ses choix dans ce domaine comme dans d’autres, sachant que le dire c’est bien, le faire c’est mieux!

Moissac a mal à ses commerces

De plus en plus de boutiques fermées, des occasions magistralement manquées… avec le FISAC par exemple, qui est un fond gouvernemental de soutien au commerce et à l’artisanat, avec, récemment, l’opération « Cœur de ville » qui nous est passée sous le nez quand Montauban et Figeac (pour ne parler que de ces deux là) décrochaient la timbale, l’état s’engageant sur un ambitieux programme de reconquête des centre villes… A Moissac, il ne restera bientôt que les lunettes, les banques et les téléphones. Nos concitoyens se heurtent chaque jour à cette triste réalité. Il fallait l’objectiver.

J’avais donc en Conseil municipal interrogé le maire sur la situation du commerce à Moissac en demandant des chiffres, une photographie tangible de la situation. Les chiffres sont arrivés, secs, bruts de décoffrage, sans un mot de commentaire, comme si tout cela était sans réelle importance. Alors, les chiffres,  les voici !

« Le centre-ville représente en matière commerciale 220 cellules commerciales (boutiques) , une halle couverte, et un marché de plein vent comprenant 70 étals le samedi et 100 le dimanche.

 Actuellement 130 cellules sont occupées par des commerces et des services commerciaux (pharmacies, auto-écoles, salons de coiffure, etc..). 30 sont occupées par des services non commerciaux (banques, agences immobilières, assureurs, etc..) et 60 sont vacantes.

 La vacance est donc de 28 % en 2017 alors qu’elle était de 15% en 2013.

Les statistiques de 2017  fournies par la CCI témoignent d’ une augmentation d’une nombre d’entreprises avec 54 créations d’entreprises pour 42 radiations.  Les créations représentent 69 emplois salariés et les radiations 82. Ces chiffres ne prennent pas en compte les emplois des chefs d’entreprises eux-mêmes. »                           Pierre Fontanié

C’est court, très court n’est-ce pas ? J’en conviens et on reste une fois de plus sur sa faim. Pour autant, ce dossier n’est pas refermé. Bien au contraire. Nous y reviendrons, avec les commerçants, et avec les citoyens de notre ville, car en quatre ans, la ville a perdu 13% de ses commerces. Il est temps de mobiliser les énergies.

 

 

 

Chacun chez soi, Astruc pour tous

Un nouveau parti est né. Il s’appelle « Mobilisés pour le Tarn et Garonne » On aura compris, dès le titre, que l’entreprise n’est pas mondialiste et qu’elle ne veut pas s’embarrasser d’étiquettes politiques nationales. Donc officiellement ni à gauche, ni à droite ! L’annonce a eu lieu mercredi soir à Moissac, dans une salle trop petite pour accueillir un public nombreux venu là sur invitations, écouter sans broncher les élus du département. Ceux de la majorité, le G16 rien que ça, 15 conseillers qui avec Christian Astruc président depuis 2015 aux destinées du Tarn et Garonne.

En deux heures de temps l’affaire était pliée. Les statuts adoptés, et aussitôt corrigés par des votes à mains levées, pour permettre à une quarantaine de postulants – ce qui n’était pas prévu-  de faire leur entrée dans le conseil d’administration du mouvement. Si ce n’était une forte majorité de têtes chenues, on se serait cru pour un peu dans une AG étudiante où l’on prend un peu trop facilement ses aises avec la démocratie.  Beaucoup d’élus de petites communes et une belle brochette de directeurs d’administration et de chefs d’entreprises vont donc aux côtés du fameux  G16 constituer le cœur battant de la machine. En fait, c’est le bureau, dont on ne sait rien encore, qui tiendra les rênes de l’attelage. Mais on a bien compris, que Pierre Mardegan, directeur du SAMU 82, vice-président du Conseil départemental et candidat malheureux à Montauban de « La République en marche » aux dernières législatives en serait une des figures de proue.

L’observateur pressé risque de voir dans ces « Mobilisés » (à ne pas confondre avec les « Motivés ») un avatar du macronisme. Que nenni ! Macron n’est pas leur tasse de thé en témoignent les motions votées par l’assemblée départementale. Le G16 a, en fait, un double objectif : prendre Montauban à Brigitte Barèges, l’imprévisible maire LR. Et fortifier ses positions face à JM. Baylet soupçonné, non sans quelques raisons, de nourrir de noirs desseins de reconquête. Et c’est bien là le principal (comme disent les banquiers) de leur démarche. Se soutenir, faire la tortue, chacun protégeant ainsi le flanc de l’autre. La méthode a fait ses preuves. Qui aurait dit que cette majorité hétéroclite, faite de LR en rupture d’orthodoxie, d’UDI en déshérence, de radicaux travaillés par Œdipe et de quelques non inscrits allait résister aux coups du temps et des opposants ? Qui aurait parié sur sa solidité ?

Les Mobilisés ne sont pas des Marcheurs. Ils sont assis. Assis sur leur siège qu’ils entendent bien conserver lors des prochaines municipales. Pour les projets, on verra plus tard. Chacun chez soi, et Astruc pour tous ! C’est bien ce que raconte le préambule des statuts qui énumère les valeurs du parti : « proximité, solidarité, équité, transmission, responsabilité ». Et juré, craché, toutes et tous réunis, c’est écrit, ne font pas de « la politique politicienne », n’en ont jamais fait bien sûr. Ils ont les pieds dans la glaise et la tête dans le réel. Du coup pas d’envolée, pas de promesses de lendemains qui chantent (il est vrai que ce n’est plus de saison, même chez les Insoumis). Le boss a servi, le même que pour le vote du budget du département, un discours en forme de bilan, taclant au passage la Loi NOtre (qui donne aux communautés de communes un rôle prééminent) et se félicitant, en cette période de vaches maigres, de n’avoir pas augmenté les impôts tout en diminuant la dette.

Décidément, ce Tarn et Garonne ne fera jamais rien comme les autres. Voilà qu’il réinvente le parti des notables et veut y enrôler les citoyens. Pas sûr que le débat politique va y gagner en clarté ! Pas sûr que le département va y trouver le sang neuf et les idées nouvelles qui lui font si cruellement défaut! Le renouvellement de la vie publique, l’audace, l’innovation dans nos territoires ont besoin de nouveaux espaces de débats, de nouvelles propositions politiques. Le Tarn et Garonne ne peut pas être réduit à un village gaulois, assiégé par des forces hostiles. A l’heure des interdépendances, des destins solidaires, il faut en finir avec ce discours du repli identitaire. Et aller de l’avant!

Lycée agricole: et la suite?

Lors du dernier conseil municipal, les élus, unanimes s’étaient engagés à signer un voeu (c’est comme ça qu’on dit dans une instance représentative) pour demander le maintien à Moissac du LEPAH (cliquez ici). Le maire devait nous proposer un texte. On l’attend encore! Certes, on peut patienter, mais pas trop! Il faut savoir comme dit le proverbe, battre le fer quand il est chaud.

Mais si sur la question la mairie connait un petit coup de mou (ça lui arrive plus qu’à son tour), on peut toujours mettre la main à la plume. Tout bien considéré, c’est peut-être ce que nous allons devoir faire!