Moissac naturellement: et le Centre Culturel?

C’était notre dernière réunion de quartier avant le 1° tour de la municipale. Le Centre culturel, à deux pas du cœur de ville.  Ici, les habitants bénéficient de la proximité des services publics, des équipements culturels et sportifs, sans avoir forcément les tracas de l’hyper-centre. Du coup, les résidents aspirent à la tranquillité, à un mode de vie qui ne les dérangent pas au quotidien. Et c’est là que le bât blesse. Comment se garer sans peine quand arrivent tous les matins des dizaines de véhicules qui cherchent un emplacement autour de la maison de l’emploi ou proches du Centre culturel ? Ce vénérable édifice qui accueille nombre d’associations et d’activités artistiques est victime de son succès. Il crée des embarras dans le quartier. Le parking de la maison de l’emploi est jugé trop petit et donc ça râle chez certains résidents qui regrettent le temps d’avant, qui déplorent aussi l’absence de la police municipale. Ce n’est pas une surprise, partout, dans tous les quartiers périphériques, les habitants s’estiment délaissés, livrés à eux mêmes face aux petits problèmes du quotidien.

Bien sûr pour les voitures, ils ont des idées, libérer de l’espace en démolissant par exemple un hangar qui selon eux ne sert plus à grand-chose, la bâtisse Chauderon . Mais au même moment, d’autres se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent pour accéder aux équipements sportifs, aux gymnases qu’occupent presque en permanence les clubs et les scolaires. Les scolaires qui sont de plus en plus en plus nombreux. Entre cette demande grandissante et celle des habitants, les installations actuelles, le COSEC entre autres, ne suffisent plus. Et c’est là que l’option Chauderon refait surface. Pourquoi ne pas y créer un autre gymnase. L’option étudiée en son temps par Gérard Choukoud paraît séduisante, même si elle risque de provoquer de nouveaux petits tracas de stationnement.

Jorge Calatayud qui connaît bien le quartier a lancé le débat autour du devenir de l’ancien tribunal. A l’évidence, les Moissagais y sont attachés. Mais le remettre en état coûterait cher, très cher et surtout demeure une question : pour en faire quoi ?  Nous lancerons un appel à projets en direction des entrepreneurs privés, en l’intégrant dans la démarche Ecopôle.  Nous rechercherons en parallèle des services publics en mal de locaux. Nous sommes déterminés à trouver une destination à cet édifice qui est partie intégrante du patrimoine moissagais.

Dans ce quartier tranquille, loin de l’agitation du cœur historique, les Moissagais aspirent à plus de considération et surtout à une utilisation de l’espace public qui ne les pénalise pas. Nous rediscuterons avec eux pour trouver les bons compromis. Nous voulons que les quartiers soient pleinement associés au devenir de notre ville.

Echos de campagne: épisode 4

Je n’ai pas participé à la dernière réunion du Conseil municipal. Mon groupe Divers gauche était représenté par Christine Fanfelle à qui j’avais donné procuration. Mais cette absence m’a valu un titre dans la presse du coin, elle qui pendant 6 ans a « oublié » presque systématiquement d’évoquer nos interventions ou de mentionner nos nombreuses questions à la majorité. Mais à propos, ai-je, avons-nous une seule fois siégé dans ce conseil?  A regarder de près les photos du canard sus nommé, on ne nous y voit jamais, c’est bien la preuve…

Je n’ai pas participé au dernier conseil, j’avais une bonne raison, pas un « alibi » comme l’écrit improprement ce journal. Sécher une séance n’est pas un crime. Je parlais avec les électeurs de Saint Benoît. Après tout je suis en campagne! Et je pense que j’étais parfaitement représenté. Nous étions trois dans ce groupe Divers Gauche. Il y a plus d’un an, le troisième a déserté le navire, porté pâle sans raison évidente, sans que cela n’émeuve personne. Il est candidat sur une liste concurrente.

J’ai cru comprendre que la maison du gardien du cimetière était le sujet du soir. Pas pour la mairie, qui manifestement estime l’affaire réglée, mais pour le canard qui avait narré la veille les tribulations du gardien. On n’est pas dans le gothique, surtout pas flamboyant, mais cette histoire d’insalubrité, de plainte en justice a de quoi faire saliver certains folliculaires. Pour cette raison et parce que le dossier était manifestement incomplet, Christine Fanfelle, seule contre tous, n’a pas voté la délibération concernant les logements de fonction. Dommage que le journal ait oublié de le mentionner.

Moi, je ne connais pas les détails de l’affaire, et comme l’article n’est guère éclairant, je me garderai bien de la commenter. En revanche, d’autres ne s’en privent pas. Une candidate qui au demeurant n’est pas élue, a eu droit à son petit discours, en plein milieu d’un compte-rendu de conseil. Le journal de la démocratie a décidément l’oreille sélective et le parti pris grossier. Au mépris de la plus élémentaire éthique!

Echos de campagne: épisode 3

Le marché est un excellent baromètre. Un lieu où l’on peut, presque physiquement,  palper le climat ambiant, prendre la température de la ville. On y voit poindre les dépressions, et l’on peut s’y faire une opinion sur l’opinion. Samedi matin, en dépit d’un petit soleil frisquet, le marché semblait distrait, comme préoccupé. Les chalands d’ordinaire disponibles pour la conversation, vaquaient en ordre dispersé à leurs occupations. Les escouades de candidats traquaient sans grand empressement l’électeur, s’offrant en guise de pauses, de longues palabres à la terrasse du café de la place.

Calme matin de campagne! La gauche croise la droite, on se salue poliment, on échange quelques considérations de circonstance, et assez vite on parle de lui. Lui, c’est le coronavirus, l’intrus qui s’est invité dans la campagne. Il n’est pas encore arrivé à Moissac, ou alors on ne le sait pas, mais il rôde déjà alentours. On l’aurait repéré à Castelsarrasin, il aurait pris ses quartiers dans le coin de Lauzerte. Pas de panique, mais déjà des mesures hautement symboliques: un maire du secteur a interdit jusqu’à nouvel ordre toute réunion publique. A Moissac, les pharmacies affichent les ruptures de stock en produits hydroalcooliques. On se bise moins, on hésite devant la main tendue et le marché s’interroge: « vous croyez que les élections seront maintenues? » Mais aussi: « comment ça va se passer dans les bureaux de vote? » Il y a aussi quelques fortes têtes, qui clament « même pas peur ». Mais on sent bien que le coeur n’y est pas, que l’esprit est ailleurs.

Ce samedi soir, on apprend qu’à Montauban la liste d’Arnaud Hillion arrête tout. Elle ne fera plus de réunions publiques, mais des tchats sur internet. Elle est la première à prendre cette décision. D’autres pourraient suivre. Même à Moissac, principe de précautions oblige, cette hypothèse est évoquée dans les conversations. Un crève coeur assurément pour les militants et les candidats qui attendent cette dernière semaine comme une délivrance, comme le couronnement de leurs efforts. Bien qu’anormalement courte cette fois-ci, la campagne électorale fut dense et exigeante. Raison de plus!

Mais tout va si vite que d’ici la semaine prochaine, la situation peut fortement évoluer. Le passage à la phase trois du plan mis en place par le gouvernement, conduirait certainement à multiplier les interdits de réunions publiques. C’est la responsabilité des maires, voire du préfet pour des arrêtés plus généraux. Mais si de telles décisions devaient être prises, il serait bon qu’elles le soient suffisamment tôt pour que tous les candidats soient logés à la même enseigne. Il serait plus que fâcheux que certains puissent tenir meeting et d’autres pas.

Moissac naturellement: et St Benoît?

Il suffit de passer le pont dit la chanson. Mais le Napoléon qui a relié ce faubourg au coeur de ville est à la fois un trait d’union et le signe patent qu’à Saint Benoit on est sur l’autre rive. Si loin si proche. C’est un peu ce que disent les habitants de ce quartier qui affiche avec une certaine fierté sa vie associative, culturelle avec l’ancienne église comme pôle de rencontre. Michel Beugin et Béatrice Eyraud, les locaux de l’étape, l’ont fort bien expliqué. Ici, on ne se plaint pas beaucoup, on regrette pourtant la disparition des commerces, le boulanger, les restaurants et on s’interroge sur la possibilité d’en faire revenir. La municipalité peut certes lancer des appels d’offres, soutenir l’initiative privée, c’est ce que nous ferons, mais elle ne peut se substituer aux professionnels concernés. Si aujourd’hui ce sont les vocations qui manquent le plus, il faut aussi que les consommateurs, nous tous, fassions le bon choix, entre petit commerce et grandes surfaces.

L’Ile du Bidounet est la fierté de Saint Benoit. Et son désespoir aussi de n’y voir que peu de Moissagais. Il vrai que le lieu n’est pas bien signalé, et ne semble guère charmant au premier abord. Il mérite mieux: un aménagement de l’esplanade à l’entrée du camping, des cheminements, un sentier de découverte pour profiter de l’exceptionnel point de vue sur la ville, sans oublier l’ile de Beaucaire du nom des anciens propriétaires du Moulin qui est aujourd’hui une réserve Natura 2000. Pourquoi ne pas imaginer, au moins en haute saison, une navette fluviale, qui relierait le camping à l’allée des Justes?

Saint Benoit est un quartier tranquille, à peine réveillé par les aboiements nocturnes de quelques chiens errants, mais c’est aussi un quartier qui insiste sur le mauvais état des chaussées, des trottoirs pour qui emprunte à pied le pont. Les habitants de Saint Benoit ont regretté que la communication municipale ne mette pas assez en valeur ce quartier et sa vie de »village ». Nous ferons en sorte que cela soit réparé, nous lancerons là comme ailleurs dans les autres quartiers de la périphérie, des opérations de requalification urbaine, en aménageant l’espace public afin que chacun s’y sente chez lui et en construisant des aires de jeux pour les plus jeunes.

On a bien sûr parlé d’emploi, et donc de l’Ecopôle, de santé et donc de l’hôpital, et d’internet et donc de la fibre optique qui à saint Benoît semble se faire attendre. Mais Saint Benoit a la persévérance des bâtisseurs.

Moissac naturellement: et Montebello?

Jacques Lassale, un brin nostalgique a dit toute la beauté de son quartier, évoquant les belles années et son attachement au lieu qui eut son heure de gloire. Angéline Albouze qui n’habite Montebello que depuis 10 ans a fait chorus, pointant du doigt quelques problèmes actuels, la circulation dense et rapide le long des allées, l’absence d’indications claires pour les adeptes de la vélo-route ou encore le besoin de verdure le long du canal. Quelqu’un dans le public nombreux et très participatif, s’est plaint des trottoirs étroits et cabossés. Dans tous les quartiers on entend ces mêmes récriminations. Il y a manifestement urgence à lancer un plan de requalification urbaine, qui remettra en état la voirie, rendra les trottoirs aux poussettes, reverra la signalétique et amorcera un verdissement de certains secteurs. Les platanes des allées infestés de poux (tigres du platane) nécessitent un traitement. Nous en sommes d’accord, il faut rendre la promenade aux Moissagais. Nous trouverons une solution « douce » à ce problème, excluant les insecticides qui sont par ailleurs interdits dans les communes.

Les encombrants, les détritus jetés sur la chaussée, sont également une gène dénoncée par les habitants de Montebello. On les comprend. Mais disons d’abord qu’il en va de la responsabilité de chacun. Chacun doit balayer devant sa porte et se comporter en citoyen responsable et bienveillant à l’égard des autres. Nous lancerons, quartier par quartier, une campagne individuelle d’explications et de convictions. Nous demanderons à la police de proximité de rappeler à l’ordre les têtes en l’air ou les récalcitrants. Et s’il le faut, nous sanctionnerons. On ne peut tolérer la présence d’encombrants ou de poubelles sauvages sur l’espace public.

Et la gare? Que comptez-vous faire lance une dame de l’assistance? Il est vrai que les abords de la gare ressemblent à un no men’s land style far west. Nous voulons y aménager un parking de délestage, avec navette les jours de marché pour aller jusqu’au centre ville. Du coup, l’ensemble sera revu et embelli. On attend plus de voyageurs à Moissac, conséquence prévisible de l’augmentation du nombre de trains voulue par la Région. Raison de plus!

Pas une réunion où la question des commerces n’est évoquée. Nous avons réaffirmé notre attachement à un centre ville attractif et commercialement dynamique. Arrêt des grandes surfaces, mobilisation des moyens financiers, des compétences, implication des commerçants, nouvelle étude sur le stationnement… bref nous mettrons tout en oeuvre pour remonter la pente. La question des ressources et donc de l’emploi s’est vite invitée. L’occasion pour nous d’expliquer l’Ecopôle et l’ambition que ce concept porte pour le territoire. Pour une fois, les Bulgares étaient les grands absents de nos échanges. C’est tant mieux, ça détend. Nous avons évoqué cependant l’arboriculture et son modèle économique fondé sur l’exportation. Nous aiderons à côté à l’émergence d’un autre modèle, production locale et bio, circuits courts… Nous croyons à la coexistence, dans l’immédiat, des deux modèles, pour preuve nous voulons dans le cadre de l’Ecopôle travailler au verger du futur, robotisation d’une partie des tâches et qualité alimentaire garantie. Et parce que nous sommes le premier pôle fruitier de Midi Pyrénées, nous organiserons avec les professionnels une grande fête régionale des fruits.

L’hôpital, la culture, la jeunesse que nous voulons garder sur Moissac ont permis assez tard dans la soirée de poursuivre nos échanges. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Mais décidément, on ne se lasse pas de Montébello.