Malause: des poissons et des kayaks

L’État et EDF ont pour projet de réaliser une rivière de contournement du barrage hydroélectrique de Malause afin de permettre son franchissement par les poissons qui remontent la Garonne. Le Département tardivement informé de cette opération, a voulu y mettre son grain de sel; Il veut en faire un parcours sportif ouvert aux passionnés de kayak.

Un projet de 8M€

Le 6 décembre 2019, Christian Astruc, Président du Conseil départemental,  écrivait au Préfet de Région pour s’étonner du prix de l’opération et surtout de ne pas en avoir été informé. Or, à la fin des années 1980, il avait été envisagé de construire sur le même site une rivière artificielle pour canoës-kayaks, Du coup, le Président estimait opportun que l’ouvrage de contournement à réaliser à Malause puisse servir à la fois au franchissement du barrage par les poissons et à la pratique des sports de pagaie.

Une étude en cours

Le Ministère de la transition écologique et solidaire semble avoir reçu le message. Une nouvelle phase de réflexion sur le projet en concertation avec le Conseil départemental et la Fédération française de canoë-kayak a été lancée. Au terme des premières réunions associant le Département, les différents services de l’État impliqués, EDF et la Fédération, il a été décidé de confier à cette dernière la réalisation d’une étude de nature à déterminer les aménagements à apporter pour que l’infrastructure puisse être utile à la fois aux poissons et aux kayakistes. Cette étude serait co-financée par la Préfecture et par le Département.

 

Déconfinés?

Sortir du confinement ! Tout le monde le souhaite, certains ont même pris les devants, sans précaution particulière de surcroît. C’est irresponsable. Ces gens prennent un risque et font courir un risque encore plus grand à la population du territoire. Nous ne pouvons jouer avec le feu. Jusque là nous avons été épargnés par le Covid19, n’importons pas le virus dans nos contrées.

L’activité économique à Moissac, comme ailleurs, a connu un brutal coup d’arrêt. La Chambre de commerce ne communique pas pour l’instant sur la situation réelle des entreprises et des commerces. Hélas, il y a fort à craindre que le bilan ne soit pas rose. Certes, l’état, le département, la région ont mis en place d’impressionnants dispositifs d’aide. Le gouvernement liste d’ailleurs dans un document de 199 pages toutes les interventions  disponibles à ce jour : www.economie.gouv.fr.

La mairie a ajouté sa pierre à l’édifice. Bien plus modestement. Les marchands forains seront exonérés de droits de place pendant 3 mois sur le marché de plein vent qui ré-ouvrira les 16 et 17 mai prochains. Idem pour les loges des commerces sous le marché couvert. Finis les droits de terrasse pour les restaurants et cafés en 2020. Le Hall de Paris qui abrite les évènements commerciaux est offert pour toute l’année aux exposants moissagais. Et jusqu’à fin juin, le parking des Récollets sera gratuit pour les clients des commerces moissagais. Coût total des mesures : 62000 euros.

Pas d’exonération pour l’instant des taxes foncières ou de la CFE (contribution foncière des entreprises). Le sujet est plus complexe. Rien non plus en ce qui concerne les loyers commerciaux qui pèsent lourds dans les résultats des commerces de centre-ville.

La réglementation en vue de l’ouverture des commerces le 11 mai prochain est très précise et très contraignante. Par exemple pas d’essayage pour les vêtements ou les chaussures, alors que les grandes surfaces ont fait selon leur bon vouloir. Dans les librairies, le lecteur ne sera pas autorisé à feuilleter tous les livres. Il faudra faire avec l’exemplaire de démonstration.

1° mai

La manif est restée à la maison. Les rassemblements ont baissé pavillon. Les vendeurs de muguet ont déserté le coin de la rue, abandonné aux bourrasques d’un vent méchant chargé de pluie. Le Covid, ce diable couronné, invisible et imprévisible, a eu raison des rituels les mieux établis. Les travailleurs sont confinés, les banderoles remisées, un grand silence s’est abattu sur la ville. Rappelés à l’ordre par la toute-puissance des calendriers numériques, nous voilà comme jadis les huguenots condamnés au désert, réduits à célébrer ce 1° mai sur des réseaux sociaux. Chacun chez soi et comme pis-aller quelques clics pour faire communauté, substitut moderne et inepte à ce que naguère on appelait les classes populaires. Un mouvement rapide d’un pouce ou d’un index pour se rappeler au bon souvenir de l’histoire.

Le muguet des cartes virtuelles, fussent-elles sonores et animées, a perdu de sa grâce, de sa fraîcheur charnelle et fragile. Les slogans vomis d’un twitt machinal sentent la naphtaline. Les discours, ravalés au rang d’éléments de langage, semblent tout à coup hors du temps, étrangers à la réalité qu’ils prétendent décrire, incapables d’annoncer la fin des mauvais jours et encore moins de promettre des aubes claires. « Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer- les premiers- Noël sur la terre ! Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie. » (Une saison en enfer. A. Rimbaud)

Aujourd’hui, oui, ce premier mai, le sentiment d’avoir basculés dans un autre monde, d’être entrés dans une autre dimension se fait plus pressant, plus oppressant aussi. Nos certitudes sont foulées au pied par la pandémie. Et nous peinons déjà à imaginer la suite: le changement climatique, le réchauffement inéluctable de notre planète, l’épuisement de ses ressources et les périls mortels que cela promet à l’humanité toute entière.

Alors, de quoi ce moment est-il gros? De cette grande lessiveuse que sortira-t-il? De vieilles lunes borgnes ou l’envie d’un monde à réinventer?

 

Le marché de plein vent

Moissac. Le 25° marché de Tarn et Garonne à obtenir de la préfecture l’autorisation de réouverture les vendredi, samedi et dimanche. Seul le marché couvert est concerné, Pas le marché de plein vent ! Immédiatement les réseaux sociaux ont à juste titre réagi, s’étonnant de ce choix préfectoral. Pourquoi privilégier un lieu clos, n’offrant pas d’autres emplacements que les loges louées à l’année ? Pourquoi un espace où les circulations seront difficiles avec le risque d’embouteillages devant certains étals ? Par ailleurs, ce choix, et ce n’est pas sa moindre conséquence, interdit de fait aux producteurs de fruits et légumes locaux un retour souhaité sur le marché traditionnel. Certes, depuis le 24 mars date de la fermeture des Récollets, ils se sont organisés et les clients ont suivi. Certains vendent leur production sur le parking d’une grande surface, d’autres -peut-être les mêmes- ont multiplié les drives, les livraisons à domicile, installant avec leur clientèle une nouvelle relation.

Jean Luc Henryot, l’adjoint au maire en charge de cette question, avoue lui aussi ne pas comprendre, estimant que son dossier présentait toutes les garanties concernant les distances, les circulations, les emplacements. Une organisation pensée pour les seuls étals alimentaires, le bazar n’étant à priori pas concerné . Seule explication avancée par l’adjoint municipal : « pas de volonté visiblement d’accorder plus de dérogations sur les marchés de plein vent dans le département »

On est en droit d’attendre de la Préfecture un minimum d’explications. Les producteurs locaux ont besoin, tout comme les consommateurs, de ce rendez-vous hebdomadaire. Moissac aime son marché de bouche. Il est nécessaire. Il fait partie de l’image de la ville. Nous savons que le déconfinement risque d’être long, qu’il faut et faudra respecter les gestes barrières, plus que jamais dans la période qui s’ouvre. Mais si le préfet devait persister dans sa décision, nous pouvons, citoyens de Moissac lui faire part de notre incompréhension, de notre mécontentement. Il existe pour ça un outil simple et efficace sur le net : la pétition en ligne. Voilà une réponse citoyenne!

Il y a quelque chose dans l’air…

40 centimes, c’est le prix d’une dérogation de sortie au Tabac des Récollets de Moissac. Et oui, tout se paie. Ces formulaires gratuits sont à disposition sur le site internet du ministère de l’intérieur : https://media.interieur.gouv.fr/deplacement-covid-19…Il suffit de les télécharger.  Comment font donc les étourdis ou les plus démunis pour se mettre en règle avec le confinement ? L’autre solution (gratuite) c’est la mairie qui aux heures d’ouverture délivre deux attestions papier par personne (à remplir soi-même) et en n’omettant aucune mention.  Ce serait trop bête que les plus démunis écopent par dessus le marché d’une amende de 135 euros!

Hier, c’était mon jour de sortie hebdomadaire vers le supermarché. Et le sentiment que quelque chose était en train de changer. Dans les rues de la ville, des voitures, beaucoup plus de circulation que la semaine dernière. Des commerces ouverts, des chantiers en activité. Comme si tout à coup, la ville anticipait avec 20 jours d’avance le temps du déconfinement. A l’entrée du supermarché, la sécurité est toujours en place. Elle propose aux clients de se laver les mains et nettoie systématiquement les caddies. Mais à l’intérieur, les chalands ne sont pas très nombreux à porter un masque, encore moins des gants. Cette négligence, particulièrement notable chez les hommes, est doublement coupable. Elle risque de faciliter la tâche à ce fameux virus qui pour l’instant -et fort heureusement- n’a pas trop contaminé notre territoire. Elle apparaît aussi comme un manque de respect à l’égard des salariés de l’établissement, je pense aux caissières et aux caissiers, obligés à un face à face permanent avec la clientèle.

Ce n’est pas le moment de baisser la garde. Le virus est toujours là. Il sera encore là après le 11 mai. Raisons de plus pour respecter les gestes barrières, pour se protéger et protéger les autres. A défaut de n’être pas encore une obligation légale, le port du masque est une obligation civique dans tous les lieux publics.