Le récit de Médiapart est glaçant. ( Cliquez ici pour le découvrir dans son intégralité.)
Le témoignage de la victime, 12 ans alors, qui raconte par le menu ses jeunes années aux côtés de celui qu’elle appelait son « tonton », la description d’une époque, les années 80 et d’un milieu social travaillé par toutes les représentations de la JET SET nous renvoie inévitablement à d’autres histoires qui ont fait l’actualité de ces dernières semaines. Derrière tout cela, il y a la responsabilité des parents, des proches dont l’aveuglement est coupable, forcément coupable comme aurait dit Marguerite Duras. Il y a aussi la situation de l’enfant prisonnier d’affects contradictoires, contraint en quelque sorte à jouer le jeu des conventions sociales et de la respectabilité familiale, pris comme le lapin dans les phares, dans un faisceau d’intérêts dont il ne peut mesurer, pour lui, pour elle, les conséquences dévastatrices. C’est bien plus tard, toutes les affaires similaires le confirment, que l’enfant, devenu adulte parvient, après des années de souffrances atroces et indicibles, à mettre des mots sur ces initiations forcées, parce que jamais consenties. On lira à ce sujet l’excellent article du quotidien Le Monde qui explique comment nos société ont toléré la pédophilie, allant jusqu’à transformer les petites victimes en monstres diaboliques. Lire « Inceste, pédocriminalité: de l’enfant coupable à l’enfant victime, la lente reconnaissance du non-consentement »
Et puis, il y a les prédateurs qui se défendent comme ils peuvent. JMB parle de complot politique, d’autres de règlement de comptes au sein de la cellule familiale. Piètres lignes de défense que construisent la plupart de ces personnages dont la sollicitude, les gentillesses (le gentil toton) masquent très souvent un appétit insatiable de sexe et de pouvoir, et par dessus tout le sentiment inébranlable d’impunité! Car on le sait aujourd’hui, toutes les études le disent: l’enfant n’est pas consentant, il ne peut pas l’être, il est sous influence.
« J’ai formellement contesté ces allégations mensongères et apporté toutes les précisions nécessaires à la recherche de la vérité ». a aussitôt répliqué JM Baylet. Il est ressorti libre, les faits, 41 ans après, sont en effet prescrits. Mais la justice veut savoir s’il n’existe pas d’autres victimes, silencieuses jusque-là. En 2002, c’est une toute autre victime qui fait parler d’elle dans les médias. La scène se passe dans l’imposante maison familiale de Valence d’Agen. Son attachée parlementaire, qui est aussi sa maîtresse de l’heure, le rejoint nuitamment. Leur relation est aux dires de la jeune femme, chaotique, émaillée de ruptures et de réconciliations sur l’oreiller. Cette nuit- là, « se sentant trahi » il lui demande d’écrire sa lettre de démission, puis la frappe au visage et finalement la jette toute nue dans les rues de la ville. L’éconduite porte plainte aussitôt, puis accepte une transaction, un dédommagement pour le préjudice subi. Les poursuites sont aussitôt levées, l’affaire étouffée n’émeut guère la bonne ville de Valence d’Agen, habituée aux « frasques » du « patron ».
L’homme est puissant et se plait à le montrer et à le faire savoir. Ancien ministre, ancien député, ancien sénateur, ancien président du Conseil général, président de la Communauté de communes, maire, il est jusqu’à la caricature la figure du notable. Il est de tous les réseaux d’influence. Franc-maçon, comme son père, J.M. Baylet est aussi un patron de presse. Le journal radical, dans lequel écrivit Jean Jaurès, est devenu sous la férule familiale, de sa mère en particulier, un puissant groupe média qui en Occitanie a fait et défait bien des carrières politiques.
Pour l’instant, difficile de dire quelles conséquences auront ces révélations. Mais, coïncidence ou pas, le maire de Valence d’Agen a annoncé à ses amis du PRG réunis à Pommevic, qu’il ne se présenterait pas aux élections départementales, lui qui rêvait de reprendre le « Château », où siège le conseil départemental.