Drôle de relance dans le 82

L’heure est à la relance. Et le Tarn-et-Garonne ne veut pas faire exception. D’ailleurs, afin que nul ne l’ignore, la Dépêche a consacré deux pages entières dans deux éditions différentes à ce fameux plan concocté par… son patron lui-même, Jean Michel Baylet. Michel Weill, le président en titre du département, n’a semble-t-il pas eu son mot à dire ! Bien sûr le maire de Valence d’Agen est expert pour tirer la couverture à lui, pour dire qu’avant lui, tout n’était qu’immobilisme et vacuité. Mais faut-il lui rappeler que le Tarn-et-Garonne a déjà bénéficié en novembre 2020 de 5,27 millions d’euros octroyés par l’Etat dans le cadre de ce qui était déjà annoncé comme un plan de relance ?

Lire ici l’analyse que j’avais réalisée en 2020Relance: la part du 82

Faut-il lui rappeler que la communauté de communes des Deux Rives étaient avec le Grand Montauban les principaux bénéficiaires de cette manne gouvernementale ? Faut-il rappeler à tous ces élus anciens ou nouveaux qu’ils avaient été priés de formuler les besoins des territoires et qu’en la matière, ils n’avaient pas fait preuve de grande créativité, mettant une fois de plus le paquet sur le patrimoine ? Et le plan JMB, puisqu’il faut l’appeler ainsi, ne s’aventure pas beaucoup plus loin. Rénovation des collèges, entretien des routes, enveloppe améliorée pour les subventions aux communes et aux intercommunalités… rien que de très ordinaire et qui ressort de la compétence des conseils départementaux. Le plan Baylet promet aussi des bourses pour les étudiants en médecine qui accepteraient de s’installer dans nos contrées. Mais là encore, faut-il rappeler que l’ancienne équipe départementale avait déjà mis en place un tel dispositif. Utile certainement, mais largement insuffisant au regard des besoins.

Au même moment, le Petit Journal interroge le nouveau directeur de l’hôpital de Montauban. Ce dernier confirme les promesses du premier ministre sur la création d’une nouvelle structure, en dehors du site actuel.

Lire ici l’article que j’avais consacré à ce projet: Un nouvel hôpital public

Un appel à projet va être lancé sous peu. Il s’agit de trouver une quinzaine d’hectares pour installer, probablement au nord de la ville, le nouveau centre. C’était le projet de Pierre Mardegan, combattu parfois par certains syndicats, mais surtout par la Dépêche qui feignait il y a encore quelques semaines encore de croire que les propos de Jean Castex n’étaient que vaines paroles et que ce projet ne verrait jamais le jour.

En cette rentrée, la nouvelle majorité départementale sous la férule de Jean Michel Baylet s’est montrée sous son vrai jour : forte en gueule pour dénoncer la gestion précédente, sans vision pour un département qui doit affronter le défi climatique qui ne sera pas sans conséquence pour l’agriculture et le défi démographique avec l’arrivée de populations nouvelles à la recherche d’un cadre de vie et d’un environnement culturel satisfaisants. Mais le radicalisme à la mode cassoulet, touille toujours les vieilles recettes et au passage règle ses comptes sur le dos des collégiens : les sixièmes n’auront plus droit à un ordinateur personnel ! Pour le coup, le département fait figure de précurseur et s’illustre à sa manière dans le club des collectivités territoriales : un président fantôme, un conseiller omnipotent et une majorité de « gauche » absente. Ça pourrait ressembler à quelque république bananière, n’est-ce pas ?

 

 

4 milliards pour rien?

Si le gouvernement espérait des louanges, il en est à l’évidence pour ses frais. En l’occurrence près de 4 milliards promis à 38 millions de personnes. 100 balles comme disent les jeunes, offerts à toutes celles et tous ceux qui perçoivent moins de deux mille euros nets par mois. Y compris les étudiants boursiers. Voilà donc une mesure sociale, ciblant les plus en difficulté ! Que nenni s’égosille aussitôt le carré des gauches qui dénonce en vrac l’effet de seuil, l’effet d’aubaine, et même l’effet tout court. Des seuils, sauf à filer le chèque à tout le monde (et où commence le tout le monde ?) il y en a eu et il y en aura toujours. Des aubaines aussi. Après tout si le retraité sans bagnole en profite pour s’offrir une sortie TGV où est le problème ? A moins que les grèves n’empêchent les trains de circuler. Quant à l’effet, 100 balles, ce n’est pas le Pérou, mais c’est mieux que rien, d’autant que ce chèque s’ajoute à d’autres chèques, énergie, rentrée scolaire, prime d’activité, ou encore prime dite Macron dans les entreprises. Sans oublier l’augmentation de 30% du complément mode de garde pour les familles monoparentales, l’année blanche avec maintien intégral des prestations pour les intermittents du spectacle, la création du pass culture, du pass sports pour les jeunes, du repas à 1 euro pour les étudiants boursiers…

Il faut et je sais que c’est difficile, même pour un militant bien intentionné, pour juger de l’action du gouvernement en matière de pouvoir d’achat, prendre en compte l’ensemble des dispositifs qui ont été mis en place cette année ou l’année précédente. Il y a les chèques, il y a aussi et surtout des mesures plus structurelles. Suppression des cotisations chômage et maladie pour les actifs ; suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français, 100% en 2023 ; baisse de l’impôt sur le revenu pour 18 millions de contribuables ; augmentation des rémunérations pour les enseignants, les policiers, les personnels médicaux ; défiscalisation des heures supplémentaires ; soutien aux revenus des agriculteurs ; aides massives aux commerçants et indépendants,  remboursement intégral des prothèses dentaires, auditives ou de vue… Et j’en oublie !

La dentelle ou le symbole

C’est bien là une des difficultés de la méthode Macron : le discours, la mise en récit de ses actions ! A la dentelle, destinée à des publics divers et variés, l’opinion sans distinction d’appartenance, préfère les mesures symboliques qui parlent aux imaginaires, qui s’inscrivent dans une lecture univoque de l’histoire. On convoque les mannes des grands ancêtres pour juger de la pertinence et de l’efficacité des politiques actuelles. On veut du lourd, du spectaculaire !

Bien sûr, les oppositions qui n’ont jamais rien proposé depuis le début de la crise sanitaire n’ont pas tout à fait tort quand elles dénoncent des « chèques de campagne » Mais les Français doivent garder en mémoire que c’est ce président, ce tenant affirmé de l’économie de marché qui a osé le « quoi qu’il en coûte », qui a convaincu nos partenaires européens, et notamment l’Allemagne, de s’affranchir des dogmes libéraux, de construire une riposte massive et coordonnée à la crise. De faire de la dette, un outil de reconstruction nationale, de reconquête de notre souveraineté industrielle. On commence à en toucher les dividendes, il suffit de voir la situation de l’emploi et la confiance des investisseurs à l’égard de la France !

La dette, la dette

La dette, personne au gouvernement, et surtout pas E Macron, n’a l’intention de s’en exonérer. Mis à part ceux, les deux extrêmes de l’arc politique, qui tout à leur propagande, professent qu’il faut refuser de payer, il y a consensus au sein des partis de gouvernement. Y compris chez LR qui ferait donc mieux de mettre un bémol sur la question. Mais à six mois de l’élection présidentielle, les vieux démons prennent le dessus. Toutes les mesures d’accompagnement social et de soutien à l’activité économique leur paraissent juste des cadeaux électoraux. Et trop pressés de les dénoncer, droite et gauche en viennent à brouiller complètement leur message.

Le chèque ou la taxe

La séquence du « chèque pouvoir d’achat » en est un exemple caricatural. On sait que sur le sujet le gouvernement a beaucoup hésité. Le chèque n’est pas le meilleur choix, c’est le moins mauvais, si l’on veut articuler mesures sociales et mesures climatiques. Et c’était bien la difficulté. Baisser les taxes sur les carburants fossiles, comme le réclament encore, gauche, droite et même écolos, c’était faire plaisir au consommateur et ruiner d’un seul coup d’un seul tous les efforts pour sortir le plus rapidement possible de notre dépendance à ce type d’énergie. C’était s’interdire de fait tout retour en arrière, quand, dans quelques semaines ou dans quelques mois, le marché des carburants se détendra. En l’occurrence, tous les contempteurs de Macron, socialos, insoumis, écolos, feraient bien de se mettre au clair avec eux-mêmes. Mais le peuvent-ils, en sont-ils capables ? On ne peut le dimanche demander la baisse des taxes, au risque d’ailleurs de creuser un peu plus la dette, et la semaine, dénoncer Macron et sa politique environnementale. Le combat politique, sauf à risquer d’y perdre son âme, n’autorise pas tous les reniements, toutes les contorsions. Car au final, c’est la démocratie qui a le plus à y perdre!

Mise au point

Il me revient, parfois par les réseaux dits sociaux, que certains citoyens qui s’intéressent à la chose publique, ne comprennent pas mes prises de position à l’égard du maire de Moissac. A mon tour de m’étonner de la chose. Qu’on m’accorde au moins cela : je n’ai pas la critique en dessous de la ceinture. Je tape politique. Je critique les idées, je dénonce les actes, je mène un combat idéologique et dans ce domaine, il ne faut laisser aucun répit à l’adversaire. J’allais dire à l’ennemi, mais comme je suis un républicain, je tiens, rênes courtes mes emportements.

Je n’ai jamais contesté le résultat de l’élection municipale comme voudrait parfois le faire croire un plumitif local. Faut-il le répéter, le maire a été élu et très bien élu. Là n’est pas la question ! D’ailleurs disons-le, au titre de maire, il est pour les Moissagais et pour les institutions, un interlocuteur inévitable. Un interlocuteur obligé, si l’on préfère. Ainsi est faite la démocratie. Pour autant, rien n’oblige à faire plus qu’il ne faut. Rien ni personne n’oblige le représentant d’une association, d’un club, d’une amicale à tirer gloire sur ces mêmes réseaux sociaux d’une rencontre, d’un échange par ailleurs normal entre le patron de la commune et lui-même. Je ne parle pas là d’un sympathisant RN pour qui cela irait de soi, je parle de certains autres qui en pleine campagne des municipales ne parlaient qu’à gauche, à celles et ceux qui qu’ils avaient eux-mêmes estampillés tels.

Certains, je crois hélas qu’ils sont à cette heure-ci toujours nombreux, peuvent apprécier la politique que mène le maire RN de Moissac. Ils peuvent se sentir en accord avec lui. D’autres, ceux qui dénoncent depuis des lustres l’extrême droite, les différents visages qu’elle peut emprunter, s’ils veulent rester cohérents avec eux-mêmes, seraient bien inspirés de garder leurs distances avec le « petit moissagais ».  Contrairement à lui, Ils n’ont rien à y gagner, même pas la « warholienne » minute de célébrité !

Le maire et les harkis

Emmanuel Macron a demandé pardon, au nom de la France, aux Harkis. « La France a manqué à ses devoirs envers les Harkis, leurs femmes, leurs enfants » a encore dit le chef de l’Etat. C’était bien le moins qu’il pouvait faire et le geste attendu depuis tant d’années, a été apprécié à sa juste mesure. Notre pays n’a pas toujours été exemplaire dans son histoire. Après le temps des réparations matérielles, est venu le temps des réparations morales, de la reconnaissance.

Mais, sauf à être mal informé, j’ai le sentiment que l’évènement n’a pas fait grand bruit médiatique. Peut-être réseaux sociaux et même media main stream, auraient-ils préféré une bonne polémique, un de ces crépages de chignons que nous affectionnons tant ? Il n’en fut rien, à la place ce fut le consensus mou, silencieux même (mais c’est bien connu, qui ne dit mot consent).

Capture d’écran 2021-09-25 à 13.57.33A Moissac, où vit une importante population de harkis, on s’est souvenu aussi et devant un maigre aréopage d’élus et de « personnalités », le maire RN a célébré à sa manière ce soixantième anniversaire.  Il a cru bon pour l’occasion de délivrer son sempiternel message militant. Au cours d’une allocution qui s’est autorisée de quelques historiens pour rendre plus crédible son propos, il s’est permis sans que personne ne relève l’outrecuidance, de qualifier le geste du Président de mesure électoraliste, tout en convoquant les thématiques de l’extrême droite qu’il a complaisamment développées pour finalement faire un appel du pied un peu balourd à cet électorat. Et oui, il est en campagne pour le RN ! Et comme toujours, les donneurs de leçons sont pris le doigt dans le pot de confiture. Le Moissagais ne fait pas exception, qui ne sait pas faire une apparition publique, sans pratiquer la rhétorique frontiste, oubliant qu’il est, faut-il le lui rappeler constamment, un élu de la République et que la fonction devrait l’inciter à manifester un peu plus de hauteur de vue.

La reprise en Tarn-et-Garonne

Le Tarn-et-Garonne ne fait pas exception dans le paysage hexagonal : la reprise est là et bien là. Le Fond de solidarité aux entreprises va s’arrêter fin septembre (le dispositif a été prolongé d’un mois). Très forte chute des demandes : 1800 aux plus fort de la crise sanitaire, 160 seulement en aout. Autre signe de l’embellie, le chiffre d’affaires des entreprises.  Entre 2019 et 2021, il a progressé en moyenne et tous secteurs confondus, de 12,6%. Bien sûr ce résultat encourageant cache des disparités que les acteurs économiques n’ont pas manqué de souligner et auxquelles le gouvernement entend répondre en ciblant ses interventions. A cet égard, un comité départemental de sortie de crise, présidée par la Préfète du département va permettre de gérer avec doigté la fin du « quoiqu’il en coûte ».

L’agriculture se sort bien, malgré les aléas climatiques, pluies et gel au printemps, de cette période, avec un chiffre d’affaires en hausse de 24%. Juste derrière la construction fait un bon score, plus 21%, ainsi que le commerce avec plus 18%. L’industrie en revanche ne décolle pas, plus 0,9%, tandis que la restauration plonge avec moins 38%. Pour ce dernier secteur c’est bien entendu la COVID qui est responsable de la situation avec les mesures sanitaires et les restrictions qui ont suivi.

En fait, les entreprises sont désormais confrontées à trois problèmes inattendus. Un. Le renchérissement des matières premières, c’est le cas du fer ou bois, conséquence de la politique économique de la Chine par exemple, qui pour soutenir sa croissance, préfère acheter sur le marché mondial (le bois français) plutôt que de consommer ses propres ressources. Deux. La pénurie de composants électroniques. Elle affecte particulièrement l’industrie (on voit le résultat). Elle est aussi la conséquence du comportement des pays asiatiques qui réservent l’essentiel de la production à leurs économies nationales. On comprend dès lors qu’il est urgent de relocaliser la production de ce type de produits. C’est l’objet du plan de relance mis en place par le gouvernement. Trois. Le manque de main d’œuvre. Et ça c’est à la fois intriguant et préoccupant. Les entreprises peinent à embaucher, alors que le chômage, certes en baisse sensible, demeure à un niveau élevé. Cette situation remet sur la table la question des salaires, notamment dans certains secteurs en forte tension. Augmenter les salaires ouvriers, augmenter les salaires des employés dans les services (aide à la personne, soins…) est plus que jamais une nécessité économique et sociale. Il faut certainement accroître, en même temps, les efforts dans le domaine de la formation professionnelle pour mieux répondre aux besoins des entreprises. A cet égard, il faut se féliciter du succès des contrats d’apprentissage, qui permettent à La France de rattraper son retard sur l’Allemagne. Pour aller plus loin encore, le gouvernement a fort judicieusement décidé de prolonger les aides aux entreprises.