L’heure est à la relance. Et le Tarn-et-Garonne ne veut pas faire exception. D’ailleurs, afin que nul ne l’ignore, la Dépêche a consacré deux pages entières dans deux éditions différentes à ce fameux plan concocté par… son patron lui-même, Jean Michel Baylet. Michel Weill, le président en titre du département, n’a semble-t-il pas eu son mot à dire ! Bien sûr le maire de Valence d’Agen est expert pour tirer la couverture à lui, pour dire qu’avant lui, tout n’était qu’immobilisme et vacuité. Mais faut-il lui rappeler que le Tarn-et-Garonne a déjà bénéficié en novembre 2020 de 5,27 millions d’euros octroyés par l’Etat dans le cadre de ce qui était déjà annoncé comme un plan de relance ?
Lire ici l’analyse que j’avais réalisée en 2020 : Relance: la part du 82
Faut-il lui rappeler que la communauté de communes des Deux Rives étaient avec le Grand Montauban les principaux bénéficiaires de cette manne gouvernementale ? Faut-il rappeler à tous ces élus anciens ou nouveaux qu’ils avaient été priés de formuler les besoins des territoires et qu’en la matière, ils n’avaient pas fait preuve de grande créativité, mettant une fois de plus le paquet sur le patrimoine ? Et le plan JMB, puisqu’il faut l’appeler ainsi, ne s’aventure pas beaucoup plus loin. Rénovation des collèges, entretien des routes, enveloppe améliorée pour les subventions aux communes et aux intercommunalités… rien que de très ordinaire et qui ressort de la compétence des conseils départementaux. Le plan Baylet promet aussi des bourses pour les étudiants en médecine qui accepteraient de s’installer dans nos contrées. Mais là encore, faut-il rappeler que l’ancienne équipe départementale avait déjà mis en place un tel dispositif. Utile certainement, mais largement insuffisant au regard des besoins.
Au même moment, le Petit Journal interroge le nouveau directeur de l’hôpital de Montauban. Ce dernier confirme les promesses du premier ministre sur la création d’une nouvelle structure, en dehors du site actuel.
Lire ici l’article que j’avais consacré à ce projet: Un nouvel hôpital public
Un appel à projet va être lancé sous peu. Il s’agit de trouver une quinzaine d’hectares pour installer, probablement au nord de la ville, le nouveau centre. C’était le projet de Pierre Mardegan, combattu parfois par certains syndicats, mais surtout par la Dépêche qui feignait il y a encore quelques semaines encore de croire que les propos de Jean Castex n’étaient que vaines paroles et que ce projet ne verrait jamais le jour.
En cette rentrée, la nouvelle majorité départementale sous la férule de Jean Michel Baylet s’est montrée sous son vrai jour : forte en gueule pour dénoncer la gestion précédente, sans vision pour un département qui doit affronter le défi climatique qui ne sera pas sans conséquence pour l’agriculture et le défi démographique avec l’arrivée de populations nouvelles à la recherche d’un cadre de vie et d’un environnement culturel satisfaisants. Mais le radicalisme à la mode cassoulet, touille toujours les vieilles recettes et au passage règle ses comptes sur le dos des collégiens : les sixièmes n’auront plus droit à un ordinateur personnel ! Pour le coup, le département fait figure de précurseur et s’illustre à sa manière dans le club des collectivités territoriales : un président fantôme, un conseiller omnipotent et une majorité de « gauche » absente. Ça pourrait ressembler à quelque république bananière, n’est-ce pas ?
A Moissac, où vit une importante population de harkis, on s’est souvenu aussi et devant un maigre aréopage d’élus et de « personnalités », le maire RN a célébré à sa manière ce soixantième anniversaire. Il a cru bon pour l’occasion de délivrer son sempiternel message militant. Au cours d’une allocution qui s’est autorisée de quelques historiens pour rendre plus crédible son propos, il s’est permis sans que personne ne relève l’outrecuidance, de qualifier le geste du Président de mesure électoraliste, tout en convoquant les thématiques de l’extrême droite qu’il a complaisamment développées pour finalement faire un appel du pied un peu balourd à cet électorat. Et oui, il est en campagne pour le RN ! Et comme toujours, les donneurs de leçons sont pris le doigt dans le pot de confiture. Le Moissagais ne fait pas exception, qui ne sait pas faire une apparition publique, sans pratiquer la rhétorique frontiste, oubliant qu’il est, faut-il le lui rappeler constamment, un élu de la République et que la fonction devrait l’inciter à manifester un peu plus de hauteur de vue.