Quo vadis (où vas-tu ?)

Il est enfin sorti du bois. Sans tambour ni trompette. Juste un communiqué sur le réseau social X, avec en prime ce qui sera son affiche de campagne. Et un slogan invitant les Moissagais à poursuivre avec lui. 

Sur cette affiche, il y a lui et rien d’autre. Pas une fois n’est évoqué ou mentionné le RN, son parti. Il y a, à n’en pas douter, comme un malaise chez les lepénistes. Cependant à quelque chose malheur peut être bon : l’absence du parti ouvre la porte aux ralliements de premier tour. L’objectif se confirme donc (voir le Dahu de la municipale) : réunir autant que possible les droites compatibles, éviter l’éparpillement des voix. Se poser en rassembleur !

La posture du chef. Ce que confirme cette affiche dont l’esthétique semble chercher ses marques en Italie. Jusqu’au lettrage du slogan qui rappelle à s’y méprendre ces fameux péplums des années cinquante. 

Le dahu de la municipale

La confiture ça dégouline, ça colle aux doigts. Pris la main dans le pot, le RN ne sait plus comment s’en sortir. Marine Le Pen a bien tenté, devant ses juges de faire amende honorable, d’en rabattre sur sa morgue coutumière, mais en vain. L’avocat général de la Cour d’appel ne s’est pas laissé berner par le repentir tartuffe des cadres du parti. Cela obscurcit l’avenir de la patronne qui en juin prochain devrait être fixée sur son sort.

Pour autant, son poulain, Jordan Bardella, voit bien que même pour lui, le ciel n’est pas sans nuage. Une condamnation lourde de la direction du RN en ferait l’héritier d’un système corrompu. Nul doute que ses adversaires politiques, et ils auraient bien raison, ne manqueraient pas l’occasion de l’obliger à s’expliquer, voire à se repentir…

Cette perspective n’est pas sans conséquences immédiates. Voici le RN contraint à une modestie qui confine à l’effacement. Quand fleurissent un peu partout les listes citoyennes, les listes des partis politiques, de droite comme de gauche, le RN donne l’impression de s’être absenté, d’avoir déserté le pré politique, y compris dans notre département que le maire de Moissac, il y a quelques temps encore, rêvait d’ajouter à ses trophées. Ne pas sortir du bois, se faire attendre, si ce n’est désirer ! Tactique ou pas, ses supporters feignent de ne pas s’inquiéter de ce qui ressemble à un trou d’air, jurent même « que c’est tactique, qu’il n’a, contrairement à ses adversaires, rien à prouver » 

Diantre ! Mais a-t-il quelque chose à défendre. Son bilan ?  Inconsistant, qui sur l’immigration, la sécurité, la santé, la culture brille par sa vacuité. Voilà qui pourrait expliquer cette tactique de l’esquive. Ne pas s’exposer, ne pas affronter, en tout cas le plus tard possible, les questions et les débats. Laisser les adversaires s’étriller. Réduire la confrontation démocratique à peau de chagrin. N’a-t-il pas, ce qui à Moissac est une première depuis l’avènement de la République, interdit les préaux d’école aux candidats ! Privé les quartiers de ces débats du soir qui sont le sel de la démocratie ! Et que reste -t-il de l’affichage libre ? Quelques malheureux panneaux ! 

Embarras, on l’a compris, suffisance et mépris, voilà ce que tout ça raconte. Suffisance à se croire dispensé de descendre comme les autres dans l’arène. Mépris aussi pour des électeurs qui plébiscitent pourtant l’élection municipale. Mais ces postures cacheraient-elles une difficulté, bien concrète celle-là ? Le candidat fantôme, le dahu dont tout le monde parle et que personne n’a encore vu, semble avoir du mal à boucler son tour de table. Le voilà donc parti à la pêche et les informés murmurent qu’il aurait ramené dans ses filets quelques anciens élus, un arboriculteur,  un employé de banque et quelques autres qui firent les riches heures de la droite moissagaise.

On verra bien. Les listes doivent être déposées en Préfecture avant le 26 février. Il restera alors une quinzaine de jours pour la campagne officielle.  Bien peu pour éclairer l’électeur!

Ah la belle équipe!

Ils ont mis leurs beaux habits, accroché aux lèvres leur sourire avenant, photo prise devant la permanence, au 1 rue du général Gras qui fait angle avec la rue Camille Delthil. Le général natif de Saint Amans de Pellagal et le poète et homme politique moissagais qui à sa mort en 1902 eut droit à des obsèques grandioses. Comme un double parrainage qui n’est pas fait pour déplaire à Séverine Laurent qui ce samedi de mi-janvier voulait présenter les 20 premiers de sa liste, donner à voir la première ligne de cette équipe dont la suite sera bientôt présentée aux électeurs moissagais et à la presse. Une bien belle équipe rassemblant des compétences multiples, reconnues pour certaines d’entre elles au delà de Moissac, toutes mues par la même volonté: ne pas s’encombrer d’ étiquettes politiques, travailler ensemble pour faire gagner Moissac. Et le résultat est là, sous nos yeux. Il sera confirmé dans quelques jours quand Séverine Laurent lèvera le voile sur les 13 autres candidats.

L’évènement était attendu et une centaine de Moissagais sont venus ce samedi matin rencontrer les candidats de l’UCM, s’informer sur le programme ou tout simplement discuter politique avec leur voisin ou leur voisine, un verre de jus de fruit ou de punch maison à la main. Certains s’interrogent? Y aura-t-il d’autres candidats? Mais où donc est passé le maire RN? A deux mois de l’élection, celui à qui la rumeur prête de grandes ambitions, n’est toujours pas sorti du bois. Pure tactique disent les vieux loups de la politique. Moins il s’expose et mieux il se porte! Il est vrai que cette discrétion le protège de prévisibles déconvenues, tant son bilan lui échappe comme sable entre les doigts. Moissac retient son souffle. Même pas! Deux autres candidatures ont bien été annoncées, mais elles ont semble-t-il du mal à prendre forme. On ne va pas s’en plaindre nous qui avons, ici même, plaidé de longue date pour un rassemblement des bonnes volontés. En attendant, Séverine Laurent est en campagne. Ça se voit, ça s’entend et ça donne espoir!

Séverine Laurent

en plein discours qu’on peut écouter en cliquant sur ce lien.

Une allocution qui était retransmise dans la salle voisine afin que les nombreux invités puissent l’écouter dans de bonnes conditions.

Et dans le détail, voilà ce que donne le trombinoscope

Le père fouettard

Pour ce dernier conseil municipal de l’année, le maire de Moissac semblait avoir la tête ailleurs, préoccupé semblait-il par son téléphone qu’il avait du mal à quitter du regard. Craignait-il de mauvaises nouvelles ? En attendait-il une bonne? Le fait est qu’il n’a pas hésité à répondre à un long appel, abandonnant de facto l’examen des quelque 32 délibérations inscrites à l’ordre du jour. L’histoire bien-sûr ne dit pas quelle était la nature d’une si urgente conversation. Mais un peu plus tard dans la soirée, on apprenait une nouvelle candidature à la mairie de Moissac, une candidature venue de la droite celle-là.

Retour au Conseil. Le maire RN était pressé d’en finir, de se débarrasser de la corvée, n’accordant pas plus d’attention aux votes des élus qu’au vol d’une mouche. Cette désinvolture d’ailleurs interroge. Elle révèle en tout cas le peu d’intérêt que le maire porte aux échanges démocratiques. Elle raconte aussi dans quelle estime le premier magistrat de Moissac tient les élus, majorité et opposition réunies pour l’occasion dans le même panier.

Cependant l’opposition a eu un droit à traitement de faveur. En particulier les femmes livrées au détour d’un bon mot aux rires de la meute. Imperator maîtrisant parfois avec peine son ubris, le maire s’est mis à faire la leçon à certaines. Le procédé est éprouvé : l’infantilisation produit généralement les résultats escomptés. L’opposition s’est tue! Aurait-elle voulu donner la réplique, qu’elle ne le pouvait plus : il avait coupé les micros. Du coup, les questions qui fâchent, celles de l’UCM entre autres, sont restées sans réponse. Pourtant posées dans les temps et dans la forme requise, elles n’ont même pas été évoquées en séance, renvoyées aux calendes grecques. Déni de démocratie ! Opposition muselée ! Citoyens moissagais floués ! 

Alors, pour que nul n’en ignore, il faut savoir que les deux élus de l’UCM avaient demandé à connaître les conditions et le coût pour la ville de la venue de Jordan Bardella. Une curiosité sans agressivité mais légitime en démocratie. La projection d’un documentaire sur la municipalité de Béziers au cinéma Le Concorde avait agité quelque peu le landernau moissagais. La mairie avait-elle tenté d’en contrarier la diffusion comme le disait la rumeur ? Et puis il y a la drogue, les points de deal, et l’action de la mairie, curieusement silencieuse sur la question alors que ce commerce ravageur prospère jusque dans les villages les plus reculés de nos contrées. Mais ne désespérons pas : « tout vient à point à qui sait attendre » n’est-ce pas !

Petite leçon moissagaise

La venue de Bardella à Moissac se solde par un bilan chagrin. Certes la France entière connaît, si ce n’était pas encore le cas, le nom de Moissac. Mais qu’a-t-elle retenu de cet épisode ? Ce que les medias et le RN ont bien voulu lui livrer. 

En premier lieu, le coup de l’œuf. « Une agression » pour reprendre la phraséologie du RN. La droite s’est aussitôt emparée de l’incident, faisant assaut de communiqués indignés, de condamnations définitives, sommant au passage la gauche de prendre position. Ce qu’elle n’a pas fait.  

Depuis deux jours, les chaînes d’infos en continu, mais aussi une partie de la presse écrite reprennent en boucle les circonstances de l’incident pour gloser, débattre jusqu’à plus soif sur la sécurité, sur la protection des responsables, sur la violence en politique, installant le RN, qui n’y voit que des avantages, dans le rôle de la victime innocente. 

On avance ainsi à front renversé, c’est le cas de le dire. Le champion de l’omelette Bardella mesure-t-il le service rendu au RN ? Ne voit-il pas que son geste fédère et élargit cet électorat déjà puissamment installé en nos contrées ? Communistes, CGT, quelques voix socialistes, sans oublier toute l’extrême gauche, avaient appelé à manifester, à s’opposer à la venue de Bardella, ce que résumait parfaitement un de leurs slogans : « Bardella casse-toi ! ». Dire qu’on n’est pas d’accord est certes un droit démocratique. Mais les medias n’ont retenu de la séquence que l’incident, faisant souvent l’amalgame entre l’œuf et la manif. Faut-il aujourd’hui s’en étonner ?

Voilà les gauches en vrac et indistinctement l’objet d’un procès en totalitarisme, accusées de faire litière des règles démocratiques, suspectes d’encourager la sédition œuvée ou pas. Cela s’inscrit dans la détestable campagne de la droite réactionnaire, des medias Bolloré et consorts contre le Service public de l’audiovisuel, mais aussi contre les efforts de l’Etat pour réguler les réseaux sociaux dont pourtant on mesure chaque jour l’effet dévastateur, en particulier chez les adolescents.

Et puis faut-il le signaler, nous sommes à trois mois d’une élection municipale. On en connaît l’importance, singulièrement à Moissac. Raison de plus pour ne pas prêter le flanc à la critique, pour être à la hauteur des situations et du moment. Il n’est pas interdit de mesurer la portée de ses actes. 

Contre vents et marées, L’UCM s’y emploie. L’Union citoyenne moissagaise et sa candidate Séverine Laurent ont choisi de concentrer leurs efforts sur cette élection. De préparer avec sérieux et efficacité ce grand rendez-vous démocratique. La dénonciation du RN, son affaiblissement, son effacement supposent de gagner la confiance des électeurs tant au plan idéologique que politique. Il n’y a pas d’autre voie pour reprendre le terrain conquis par l’extrême droite.