Rentrée scolaire 2019

 

En avant-première voici comment se présente la rentrée scolaire 2019 en région Occitanie. On constate :

  • 1er degré : 55 postes créés pour 1053 élèves de moins !
  • 2nd degré : 41 postes supprimés pour 2787 élèves de plus !
  • C’est à l’évidence la mise en application de la priorité au 1er degré, priorité financée par les suppressions de postes dans le 2nd degré.

1° degré

 

La baisse démographique absorbe les suppressions de postes dans les 5 départements ruraux.

Le Tarn et Garonne s’en sort bien avec un poste en plus et 310 élèves en moins

 

 

2° degré

  • Collèges : 18 postes supprimés.
  • Lycées Professionnels : 13 postes supprimés
  • Lycées : 10 postes supprimés

Au niveau des départements, le Lot est curieusement favorisé, le Tarn présente un curieux bug

Le Tarn et Garonne bénéficie d’un traitement de faveur.

Au delà des chiffres brut, il faudra analyser les situations au cas par cas qui peuvent expliquer les apparentes disparités d’un département à l’autre.

Débat autour de l’hôpital

La salle municipale du Moulin était presque trop petite pour accueillir les quelque 80 personnes invitées à débattre autour des services publics et de la fiscalité. Jean Paul Nunzi, le président du Comité de défense de l’Hôpital qui avait associé des gilets jaunes à cette soirée ne pensait peut-être pas que l’actualité allait lui donner un inattendu et inquiétant coup de pouce. Tonnerre dans un ciel déjà bien encombré, on apprenait dans la journée le départ du docteur François Belair pour Pézénas. Chirurgien gastrique, il avait pris la succession depuis quelques semaines à l’hôpital de Moissac du docteur Lemaire décédé à la suite d’un accident cardiaque. Venu d’Aurillac, le docteur Belair dont les compétences semblaient reconnues par les patients et le personnel, a mis fin à l’attente dans laquelle le maintenait la direction de l’hôpital. Cette dernière estime en effet que le poste de chirurgien gastrique est incertain, l’Agence régionale de santé, devant prendre d’importantes décisions en avril. Oui mais lesquelles ?

un débat citoyen et serein

C’est bien la question. L’hôpital de Moissac serait-il à nouveau dans la balance, alors qu’à Montauban s’organise autour du docteur Mardegan, la campagne autour du projet de grand hôpital ? Alors que le gouvernement envisage la création d’hôpitaux « communautaires » ? De taille intermédiaire, ces hôpitaux seraient en fait des centres où les patients pourraient avoir dans un même lieu, des consultations hospitalières, des radios ou des interventions chirurgicales simples. Ni tout à fait des petites maisons de santé, ni tout à fait des gros hôpitaux, la rencontre en quelque sorte de la médecine de ville et de la médecine hospitalière. Reste encore à savoir ce qu’est la « chirurgie simple », l’orthopédie en fait-elle partie et quelles seraient les conséquences sur l’ensemble des services de l’hôpital de Moissac ? Voilà qui ouvre la porte à toutes les supputations, aux pires craintes. La population moissagaise est en droit d’obtenir rapidement des explications ! Elle va devoir les exiger !

EHPAD

On l’a compris, cette affaire a occupé une bonne partie de la soirée. D’autant qu’on a parlé aussi du grand âge et de l’accueil des personnes dépendantes.  Le projet du nouvel l’EHPAD de Castelsarrasin, met en lumière la faiblesse des subventions publiques, ce qui oblige le CHIC, le Centre hospitalier intercommunal à contracter sur 20 ans un emprunt qui risque de peser sur le prix des séjours. Ce qu’on appelle désormais le cinquième risque, la dépendance, n’est pas financée à la hauteur des besoins qui vont croissant. Pourquoi ne pas imaginer un impôt sur les plus grosses fortunes pour y faire face ? Pourquoi ne pas mettre en place, comme le préconise la mutualité Française, une politique tarifaire différente selon les revenus des résidents ? On a peu parlé du maintien à domicile qui est pourtant un dispositif plébiscité par les personnes âgées. Il lui faut de plus gros moyens, des personnels en plus grand nombre et le secours des nouvelles technologies… bref de l’argent et une volonté des pouvoirs publics. On n’a pas du tout évoqué les résidences séniors, qui permettent aux personnes encore autonomes, de vivre en toute indépendance et en toute sécurité. La demande existe, il est donc nécessaire de trouver dès maintenant les bonnes réponses, en sachant articuler les orientations nationales et les dispositifs locaux.

FISCALITE

Du coup, le débat sur la fiscalité a été anecdotique. On retiendra pourtant une charge appuyée contre la politique de la mairie de Moissac, qui investit dans un musée, quand la pauvreté s’installe dans la ville. Pour le coup, ce procès n’est pas juste. Moissac dispose d’un patrimoine exceptionnel, qu’il faut encore valoriser. Le tourisme culturel demeure en effet un vecteur économique fort. Et quitte à froisser les esprits chagrins, je ne crois pas judicieux de lever le pied dans ce domaine. En même temps, il faut analyser sans tabou les causes du dépérissement de la ville et mettre en œuvre les solutions, forcément complexes, et longues. Contrairement à ce que raconte Jean Luc Henryot, ces deux dernières années, les dotations de l’état n’ont pas baissé. Moissac bénéficie même d’aides particulières, au titre de la politique de la ville ou du FISAC pour les commerces. Encore faut-il en faire un usage judicieux et là il y a fort à dire. Curieusement, personne n’a évoqué l’empilement des structures locales, le coût que cela représente, le clientélisme que cela génère, la course aux équipements souvent inutiles que cela provoque. A-t-on besoin tous les trois kilomètres d’une salle des fêtes à un million l’unité, pour quelques jours par an d’utilisation? Il faut aussi apprendre à balayer devant sa porte.

 

« On nous cache tout, on nous dit rien »

Dialogue avec des Gilets Jaunes

14 heures, ce vendredi 18 janvier, marché gare de Montauban. Rencontre, la quatrième pour ce qui me concerne,  avec une délégation d’une quinzaine de gilets jaunes, dans un local sommairement aménagé, mis à disposition par la mairie. Ponctuels, les GJ nous ont accueillis, avec courtoisie, affichant d’entrée de jeu leur volonté d’ouvrir sans agressivité le dialogue…Voilà qui nous changeait de l’hostilité menaçante qui nous avait été réservée sur le rond-point d’Aussonne au nord de Montauban.

Le mépris

Sur la quinzaine de Gilets présents dans la salle, une écrasante majorité de retraités, hommes et femmes, certains cabossés par la vie, un jeune chômeur de 24 ans et deux commerçants, chefs d’entreprise, dont les interventions se voulaient plus politiques. Le tour de table a vite mis en évidence le nombre et la diversité des questions soulevées par les GJ. Mais d’abord, les petites phrases du Président de la République! Ces séquences qui ont prospéré sur les réseaux sociaux leur sont apparues comme un insupportable mépris, une atteinte à leur dignité, Un président ne doit pas parler comme ça » a sobrement conclu une retraitée.

Le pouvoir d’achat

Après bien sûr est venue la question du pouvoir d’achat.  Une revendication : l’augmentation des prestations et l’indexation des pensions sur l’inflation avec la création d’une sorte de revenu universel, une pension unique qui mettrait un peu d’ordre et de lisibilité dans un système qui leur paraît trop compliqué. Je leur ai fait remarquer que tout cela est dans le programme présidentiel et est en cours de discussion actuellement avec les partenaires sociaux dont nos interlocuteurs ne veulent pas entendre parler.

Les pensions

On a à peine évoqué le chômage, les GJ se plaignent surtout de Pôle emploi, dénoncent le manque d’écoute et exigent des stages gratuits de formation. On leur a fait remarquer que sauf cas particulier, c’est déjà la règle. Le CICE est aussi arrivé sur la table. Je leur ai expliqué que c’était fini, transformé en baisse pérenne des charges pour les entreprises. Difficile à entendre pour des retraités qui ne demandent pas un emploi, mais veulent des allocations, des pensions plus fortes, dit autrement du pouvoir d’achat.

Les élus

On a parlé de l’ISF, des impôts payés par les riches, de la justice fiscale, mais le domaine est technique et on a bien senti que la majorité des GJ avançaient en terre inconnue. En revanche, ils parlent d’une seule voix pour demander la réduction du nombre de députés, limiter leur mandat et leurs émoluments, voire supprimer le Sénat. Ils pensent que les élus, qui sont pour eux une caste coupée du peuple, vivent sur son dos, alors qu’ils demandent des sacrifices aux plus pauvres : APL, CSG, taxe gazole… Comment leur faire admettre que députés et sénateurs ont déjà sérieusement diminué leur train de vie ? Comment les convaincre que la démocratie représentative a un coût ? Que faire les lois, négocier les traités ça prend du temps, ça demande du savoir, de la technique, voire de la culture ? Du coup, on n’a pas parlé du RIC. A l’évidence, le greffon qui a poussé du coté de Marseille et ramifié dans les réseaux FN et Insoumis n’a pas pris chez nos interlocuteurs.

Les 10 milliards

J’ai voulu avant de nous séparer, rappeler que le Président de la République a mis 10 milliards mis sur la table pour améliorer le pouvoir d’achat. Ils n’ont rien vu et les plus politiques estiment que Macron aurait pu faire beaucoup plus… en rétablissant l’ISF. il est clair que les GJ nourrissent une grande hostilité, quand ce n’est pas de la haine à l’égard des politiques, et aussi des médias qu’ils regardent mais qu’ils ne croient pas. Ils sont persuadés comme le disait déjà Dutronc « qu’on leur cache tout, qu’on leur dit rien ». Qu’on, politiques, médias, élites confondues, leur ment. Bizarrement, ceux de Montauban, épargnent les grands patrons et chez les politiques, Brigitte Barèges « qui les soutient ». On l’a bien vu d’ailleurs à Souillac. Devant E Macron, la maire LR de Montauban parle comme ses GJ, s’indignant que la France soigne gratuitement les étrangers. Elle évoquait  la CMU, couverture maladie universelle qui fait pourtant honneur à notre pays.

Pour en savoir plus sur la nature des GJ:

https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

https://www.marianne.net/politique/christophe-bourseiller-les-gilets-jaunes-evoluent-dans-une-orbite-ideologique-de-droite

https://www.lesechos.fr/amp/57/2235557.php

Après les journalistes, à qui le tour?

« Souvent la foule trahit le peuple » disait Victor Hugo. Samedi après samedi, les manifestations de Gilets se suivent et empirent. Après le saccage des magasins, la destruction du mobilier urbain, l ‘incendie des voitures des particuliers, après les affrontements d’une rare violence avec les forces de l’ordre, voilà maintenant que la vindicte jaune s’en prend aux journalistes, presse écrite et télévisions confondues. Injures, menaces de viol (ce en dit long sur l’inconscient de ces groupes), menaces de mort, coups, blessures, destruction de journaux… Du jamais vu en France ! Couvrir les manifestations, c’est l’expression professionnelle pour dire faire un reportage, devient presque plus périlleux que de partir sur une zone de conflit. Les confrères sont désormais obligés d’avoir recours à des gardes du corps, Quatre ans après le carnage à Charlie Hebdo, le télescopage temporel est terrible où s’exprime encore et toujours la haine des journalistes, la volonté de museler la presse… Tous les intégrismes, toutes les dictatures s’attaquent d’abord à l’information, à la liberté d’expression. Il y a quatre ans, nous étions des millions à faire corps autour des valeurs de la République. Nous étions Charlie. Et aujourd’hui ?

Certes, la presse, nous les journalistes, ne sommes pas au-dessus de la mêlée. Nous ne sommes pas des intouchables qui échapperaient à la critique, au questionnement de nos pratiques. Cet exercice-là est démocratique. Mais les menaces de mort sont ce qu’elles disent : de la terreur pure et simple. Les confrères, les consoeurs peuvent certes porter plainte, mais cela réduit ces agressions, le climat ambiant à de simples faits divers. Précisément, ce qu’ils ne sont pas. Ces agressions, parce qu’elles visent aussi des élus, des responsables économiques, des intellectuels, sont politiques. Elles manifestent, au sens propre comme au sens figuré, un projet sociétal.  Aux pulsions de la foule, opposons une réaction de masse. Refusons tous ensemble cet engrenage qui pourrait bien être fatal à notre vivre ensemble. Disons-le, montrons-le !

Soyons Républicains!

Le gazole est au plus bas. Ils s’en moquent. Le gouvernement a mis 10 milliards sur la table pour le pouvoir d’achat des plus défavorisés. Peccadilles ! Il avait auparavant lancé un plan grande pauvreté, un plan Alzheimer. Déjà oubliés! L’orientation, la réforme du bac et le soutien aux élèves en difficulté. Bof! La transition énergétique, la lutte contre les pesticides, la promotion d’une agriculture paysanne… Qu’il s’occupe de nos fins de mois ! Les chantiers, retraites, chômage, dépendance, justice, ouverts avec les partenaires sociaux. Pas entendu parler !

C’est marrant, les ronds-points qui se servent à merveille des réseaux sociaux, et ceux qui par conviction ou panurgisme, qui en l’occurrence pourrait s’appeler pétoche face au jaune, font comme si, en 18 mois, il ne s’était rien passé. Comme si ces dernières semaines, le gouvernement n’avait rien fait pour répondre aux revendications aussi multiples que contradictoires. Pourtant, on peut comprendre, si l’on demeure un citoyen responsable, que la tâche est et sera rude et longue. Et que s’il faut changer des choses, il le faut, il sera nécessaire de s’assurer, par un dialogue le plus profond possible, que les citoyens dans leur ensemble approuvent les changements, en mesurent bien les tenants et aboutissants.

C’est certainement trop demander à ceux qui samedi après samedi s’exercent à la guérilla urbaine, aux techniciens de la manipulation de masse qui rêvent, pour reprendre le titre d’un opuscule de Julien Coupat, le gourou de Tarnac, de « l’insurrection qui vient ». Mais en dépit des samedis de vitrines brisées, de mobiliers urbains pulvérisés, de voitures particulières incendiées, Mélenchon, Le Pen, les commandos en gilets jaunes et cagoules noires, ne voient toujours rien venir. Et pourtant, ceux-là n’économisent pas leur peine, saturent les réseaux, occupent les médias, justifiant tout, la haine antisémite, le racisme le plus crasse, la violence sans limite, sans objet. Voilà Mélenchon et consorts rendus en 1793, rêvant de la terreur qui sut si bien faire tomber les têtes et dévorer ses propres enfants.

Répétons-le, chacun a le droit de ne pas être d’accord avec la politique du gouvernement. Il a le droit de manifester son opposition, dans la rue, dans la grève et dans les élections. Mais nous faisons société parce que, tous autant que nous sommes, dans notre diversité, nous nous acceptons, nous nous sommes donné des règles, des lois, nous nous reconnaissons dans le pacte républicain qui repose sur la démocratie représentative. Certes, on peut améliorer la République, faire en sorte que les citoyens participent plus aux délibérations, soient régulièrement consultés. Par exemple, dans certaines communes, les maires qui sont élus, et révocables tous les 6 ans, ont mis en place des budgets participatifs, à la discrétion des citoyens.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ne cédons pas aux modes médiatiques qui passent de plus en plus vite, ne cédons pas aux injonctions de la toile, aux mises en demeure, aux manipulations politiques, aux menaces, à l’hystérie ambiante. Prenons le temps de la réflexion, de la discussion collective, pacifiée, organisée, émancipatrice. Soyons Républicains !