Le départ du chirurgien

Faux espoir pour l’hôpital de Moissac. François Belair, chirurgien viscéral pressenti pour remplacer le docteur Lemaire, récemment décédé, a finalement décliné l’offre de la direction du CHIC. (lire ici) C’est l’épilogue d’un feuilleton à multiples rebondissements qui pose une fois de plus la question des déserts médicaux, ces territoires où médecins libéraux et médecins hospitaliers deviennent des denrées rares, donc convoitées. On dit que le docteur Belair aurait finalement opté pour un poste dans une clinique de Pézénas, probablement mieux disant en matière de rémunération.

Le poste de chirurgien viscéral va donc être remis sur le marché courant mars. Dans cette affaire, on a le sentiment, et ce depuis le début, que chacun des protagonistes s’est cru dans une partie de poker. C’était à qui blufferait le mieux. Un directeur qui dans un premier temps ne veut pas s’engager sur l’avenir du poste, proposant une rémunération très en deçà des prétentions du candidat, puis qui sous la pression des élus et du Comité de défense de l’hôpital trouve un montage financier qui s’est vite avéré bancal. En effet l’hôpital de Montauban n’a pas semble-t-il de besoins en matière de chirurgie viscérale et il l’a fait savoir au docteur Belair, dont l’enracinement Moissagais semblait par ailleurs incertain. Sortie par la porte du bloc opératoire, la question salariale revenait donc par la fenêtre de la salle de repos. L’affaire était dès lors entendue. Refus définitif du candidat au poste.

Les Moissagais doivent-ils s’inquiéter pour l’avenir de leur hôpital ? Oui et non. Oui car la réforme Buzin va revoir les périmètres des hôpitaux de proximité, oui car la pénurie de praticiens de qualité est bien réelle, oui mais car le poste de chirurgien viscéral sera bien mis en consultation. Non car sur les 6 hôpitaux que compte à ce jour le département, d’autres, plus petits que Moissac devraient entrer dans la catégorie des hôpitaux de proximité. Une chose est sûre, le dossier n’est pas refermé et la vigilance de tous s’impose plus que jamais.

Notre France

photo DDM

Nous étions un bon demi-millier à Montauban, réunis en silence, esplanade des Fontaines, pour dire que la France, notre France n’est pas antisémite. Pour dire, ensembles, au delà des partis politiques, des chapelles et confessions, notre détermination à combattre le retour de la « bête immonde » pour reprendre l’expression attribuée à Bertold Brecht. Pour proclamer notre attachement aux valeurs de notre République.

Depuis quelques mois, une certaine France bave sa haine, sur les réseaux sociaux, dans les manifs de « gilets jaunes ». Comme avant guerre, les juifs deviennent une cible privilégiée. Louis Chedid ne croyait pas si bien dire:

« Anne, ma sœur Anne
Si j’ te disais c’ que j’ vois v’nir
Anne, ma sœur Anne
J’arrive pas à y croire, c’est comme un cauchemar
Sale cafard! »…..                                                                        
Oui j’ai le cafard. Et plus que ça! No pasaran!

Les doléances des Moissagais

Les Moissagais ne se sont pas précipités en masse pour remplir les cahiers de doléances. A ce jour, une cinquantaine de nos concitoyens se sont déplacés en mairie pour contribuer à leur manière au Grand débat. Certains sont même venus avec des pages imprimées, histoire de développer à loisir leur pensée.

Pas de grosses surprises dans ces contributions où l’on retrouve l’essentiel des revendications, remarques ou suggestions déjà affichées un peu partout en France et listées par les medias. On notera cependant les propos sur Moissac, un centre ville « triste » et à l’abandon, le réseau routier en mauvais état, ou le manque de considération pour les employés municipaux. Un citoyen souhaite même le retour de Moissac Plage.

La transition écologique, son financement par les grandes entreprises, l’arrêt du glyphosate et le développement d’une agriculture « durable » sont plusieurs fois mentionnés. Mais au hit parade, ce sont les doléances sur la fiscalité, le pouvoir d’achat qui arrivent largement en tête avec souvent toute une panoplie de mesures. Supprimer les taxes sur les carburants, sur les produits de première nécessité, supprimer la CSG, la majoration de 1,7% sur les prélèvements sociaux… Traquer les fraudes y compris aux services sociaux, contrôler et plafonner les allocations chômage, les hauts salaires, les prix des loyers, de l’électricité, du gaz… Revaloriser le SMIC, indexer les retraites sur le coût de la vie, restaurer l’ISF mais aider les entreprises, les PME,  qui créent de l’emploi, faire de la justice fiscale et même taxer les robots… Refondre notre système social, mettre en place un régime unique de retraite…

L’organisation de l’état et les services publics font également partie des préoccupations premières des Moissagais. Suppression des hauts fonctionnaires, des « privilèges » accordés aux élus, aux anciens Présidents, refonte de l’Assemblée nationale, voire suppression du sénat, mise en place de la proportionnelle… Suppression des subventions aux syndicats et aux partis politiques… S’opposer aux groupes de pression, aux lobbies, Plus de moyens pour les services publics, lutte contre les déserts médicaux, renationalisation des autoroutes, rétablissement du 90kms/h. Suppression de l’immigration quand un autre contributeur demande des mesures pour favoriser l’intégration des étrangers, plus d’autonomie pour les régions (une seule mention)

La citoyenneté suscite aussi des propositions. Rendre le vote obligatoire, créer le RIC (trois citations), ne pas réduire les libertés individuelles, favoriser l’égalité salariale entre les femmes et les hommes…

Enfin, j’ai noté qu’un de nos concitoyens était inquiet pour l’avenir des barrages hydrauliques, menacés de privatisations, quand un autre demande la mise en place d’un accompagnement pour la fin de vie, comme en Suisse ou en Belgique, quand une autre encore se préoccupe du droit des victimes.

Ces premiers cahiers vont être transmis au préfet du département, qui remontera l’ensemble à la Commission nationale en charge du Grand débat. C’est Opinion way, une société d’analyse de l’opinion, qui traitera les données issues des débats citoyens et des cahiers. Au gouvernement ensuite d’en faire son miel! Une première dans l’histoire de la République !

Le PAM gadget électoral

Le PAM est né. Le Pôle d’attractivité de Moissac entend « attirer des habitants, des leaders d’opinion, des clients pour le camping ou l’abbaye et cultiver la marque Moissac en coordonnant la communication… » Employée municipale, Aude Cance devient responsable de ce pôle Elle avait déjà dans son périmètre de compétences la gestion du cloître et du camping. Ancienne directrice de l’Office de Tourisme de Moissac, elle n’avait pas été retenue pour prendre la tête de l’Office intercommunal qui en vertu de la loi NOTRe a compétence en matière de tourisme sur les 22 communes des Terres des Confluences.

Du coup, le mille feuilles moissagais grossit, grossit encore alors que les élections municipales approchent. Une belle brochette d’élus et quelques dizaines de commerçants et artisans pour la plupart dubitatifs, ont découvert, mardi soir le nouveau bébé municipal. Opportuniste en diable, cette initiative pose de fortes et graves questions. Comment s’articule-t-elle avec la politique de la ville dont bénéficie Moissac? Comment s’intègre-t-elle aux dispositifs de la Communauté de communes, compétente en matière de développement économique? Pour répondre aux éventuelles objections, la directrice du PAM avait fait des ronds (voir tableau) et invité Elodie Carrier, responsable du développement économique à la Com-Com, ainsi que Christine Defin en charge pour Moissac de la Politique de la ville.  Difficile pour ces deux fonctionnaires de poser les questions qui fâchent. Et pourtant il y en a. La communauté de communes est en charge du marketing territorial. Que fait donc le PAM sur ce terrain? La Com Com accompagne les porteurs de projets. Que fait donc le PAM sur ce terrain? La Com Com définit les politiques de financement. Que fait donc le PAM sur ce terrain? Le contrat de ville, signé avec l’état pour la période 2015-2022 prévoit le recrutement d’un animateur centre-ville. Il fait l’objet d’un dossier FISAC (fond interministériel de soutien aux commerces). Et le PAM a mis ce poste dans ses objectifs. Comme on dit dans les campagnes, une vache n’y retrouverait pas son veau!

Tout ça promet des jours difficiles… Tout ça va coûter cher, en études, en cabinets conseils, en postes nouveaux, quatre pour ce PAM. Et pour quelle efficacité? On a déjà la réponse! « Et pourquoi si tard » a osé un commerçant? Mieux vaut tard que jamais a rétorqué un Jean  Luc Henryot qui confond désormais réunion d’information et campagne électorale. Il faut dire que passé le discours de la patronne du PAM, les commerçants ont fait fête à l’adjoint en charge de la sécurité et de la circulation. Les parcmètres trop chers et trop sophistiqués, les immigrés qui font fuir les chalands, les poubelles qui débordent, la police qui interdit aux commerçants de casse-croûter sur leur pas de porte…On était bien loin des questions de stratégie économique et d’aménagement de la ville. Maryse Baulu s’est pourtant risquée à évoquer la rénovation urbaine et la mauvaise image de la place des Récolets. Tollé dans la salle et imperator, un Jean Luc Henryot qui empêcha sa collègue adjointe de s’expliquer! Fin de partie!

 

Le retour du chirurgien

François Belair, chirurgien gastrique remplaçant à l’hôpital de Moissac (voir article précédent) n’ira pas à Pézénas. Il a signé cette après midi son contrat avec le CHIC (le Centre hospitalier intercommunal) un contrat à plein temps qui lui accorde même la possibilité de faire un jour par semaine des interventions à Montauban, histoire de diversifier sa pratique professionnelle. C’est à l’évidence une très bonne nouvelle pour Moissac qui se trouve ainsi conforté avec le maintien d’un pôle chirurgie conséquent. Voilà qui rassure aussi quant à l’avenir de cet hôpital dont son directeur disait il y a encore quelques jours qu’il attendait des décisions importantes pour le mois d’avril.

Cette volte face s’explique en partie par la réaction du Comité de défense  et la mobilisation de tous ceux qui à un titre ou à un autre sont concernés par l’avenir de l’hôpital moissagais. Reste cependant un mystère dans cette affaire. Jeudi dernier, il n’y avait plus de poste envisageable pour accueillir le chirurgien. Dès samedi, la direction du CHIC faisait savoir au principal intéressé qu’elle était prête à lui faire une offre. Et lundi 28 janvier, les deux parties tombaient d’accord! De qui se moque-t-on? Comment une situation peut-elle se retourner aussi vite? Les syndicats de l’hôpital dénoncent depuis longtemps une gestion humaine calamiteuse. Mais au-delà, ne faut-il pas voir dans ce rétro-pédalage, un management inconséquent, voire perfide? D’ici quelques semaines nous devrions être éclairés sur la question.