Les trolls n’aiment pas Séverine Laurent

Non, ce ne sont pas les Russes qui ont attaqué les comptes Facebook de l’Union citoyenne moissagaise, ce ne sont pas les Russes qui en veulent à Séverine Laurent. Du moins pas encore ! Le coup est parti de plus près, de bien plus près. Toujours est-il que vendredi 30 mai, Facebook a suspendu tous les comptes de l’UCM à la suite d’une attaque massive de trolls, 

Le système est imparable. Il suffit qu’une bande bien organisée et nombreuse, des trolls, alertent d’un simple clic l’hébergeur des comptes visés, dénonçant des contenus, pédopornographiques, violents, criminels… ou toutes autres qualifications susceptibles de tomber sous le coup de la loi française. Dès lors, par mesure conservatoire les comptes sont fermés, dans l’attente que leur détenteur, en l’occurrence ici Séverine Laurent, fasse la preuve qu’elle respecte les règles.

Bien sûr, elle n’aura pas de mal à prouver que l’UCM ne fait ni dans l’injure, ni dans l’appel au meurtre ou à la charia. Mais en attendant, plus de compte, donc plus d’accès pour les Moissagais aux informations de la can didate et de son équipe ! Alors, si ce ne sont pas les Russes, c’est qui l’auteur de ce mauvais coup ? Si l’on en croit l’adage populaire, pour trouver le responsable, il faut se demander à qui profite le crime. La réponse ne semble pas si difficile à trouver. Séverine Laurent annonce qu’elle va de toute façon porter plainte.

Clairement l’UCM qui ne cesse de grossir, dérange, agace, inquiète peut-être ! On peut en tout cas le penser au vu de cette attaque qui nous dit que certains, certaines, commanditaires de l’opération, ne supportent pas la liberté d’expression, ont de la démocratie une vision pour le moins trumpiste, à moins qu’elle ne soit poutinesque, car au final, elles se ressemblent. Mais comme nous sommes en France, et en démocratie, n’en déplaise aux contempteurs de Macron, l’élection municipale de 2026, à Moissac, verra bien l’affrontement entre un RN qui montre chaque jour son vrai visage et un projet citoyen, porté par Séverine Laurent qui promet aux électeurs « un bel avenir » et un renouveau démocratique.

Trolls : A la fin des années 1980, les internautes ont adopté le terme « troll » pour désigner une personne qui perturbe intentionnellement les communautés en ligne. En fait, ce sont maintenant des machines, des IA, qui répondent à la commande. Elles sont regroupées et coordonnées au sein de ce qu’on appelle des fermes de trolls.

Au bonheur des chercheurs

Jean Louis Chauzy, président du CESER Occitanie (Conseil économique, social et environnemental régional) lançait le 2 mai dernier un appel en faveur des chercheurs américains victimes de l’obscurantisme trumpien. « …En Occitanie, terre d’accueil et 1re région française pour l’effort consacré à la recherche (publique et privée) avec plus de 3 % du PIB, le CESER exprime sa solidarité et sollicite l’appui financier de l’État, de grandes collectivités, pour permettre aux universités et organismes de recherche de toute l’Occitanie, de trouver une place et de s’installer pour contribuer au développement des filières scientifiques et technologiques, dans la plus grande liberté. » (lire l’intégralité de cette tribune en cliquant ici). La section prospective du CESER Occitanie avait aux lendemains de l’élection de Donald Trump, alerté, dans une note de conjoncture (lire ici l’intégralité de la note), sur les chambardements qui s’annonçaient. 

Carole Delga, présidente de la Région a donc décidé de réserver 2 millions d’euros pour l’accueil d’une quinzaine de chercheurs américains. Annonce faite à l’Université de Perpignan avec cette précision : « ces compétences viendront alimenter les dynamiques scientifiques dans des domaines stratégiques, comme…  les énergies renouvelables ou les maladies émergentes… » En 2017, lors de la première présidence Trump, l’Occitanie s’était déjà engagée aux côtés de l’Etat.

Quelques jours plus tard, Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron embrayent avec un autre appel intitulé « Choose Europe for Science », 500 millions d’euros dans la corbeille, dont une centaine pour la France. Certaines de nos universités, dans la région des Hauts de France ou en Provence Côte d’Azur, avaient déjà ouvert la voie et procédé au recrutement de quelques dizaines de chercheurs. Il est vrai que la situation de la recherche aux USA est plus que critique. Au-delà des coupes sombres dans les crédits et les aides accordées aux grandes universités, des pans entiers de la recherche scientifique, sur la santé, le climat, les sciences dites humaines sont désormais mis à l’index, les universitaires privés de ressources, voire montrés du doigt par l’administration fédérale. Mille neuf cents chercheurs américains, bravant l’inquisition trumpiste, ont dénoncé dans un manifeste « Stand up for science », inédit outre atlantique, la situation qui leur est faite. Pour autant, l’opinion publique US reste encore sur la réserve.

Les Français semblent plus réceptifs aux appels qui montent de toute part de la communauté scientifique, même si les manifestations populaires demeurent rares et clairsemées. Mais ceci expliquant peut-être cela, la recherche tricolore est à la peine. Nous sommes, l’Europe en général, à la traîne, loin derrière les USA qui font encore mais pour combien de temps, la course en tête dans le domaine de l’intelligence artificielle ; mais surtout loin derrière la Chine qui est en train de se tailler une domination planétaire à la mesure de son poids démographique. Le déficit de nos finances publiques n’est pas sans conséquence sur la recherche et l’enseignement supérieur, même si pour 2025, il n’y aura pas de coupes sombres, les Universités bénéficiant d’une rallonge bienvenue. Mais globalement la recherche est sous financée et probablement mal pilotée, mal structurée, ce qui suscite la fuite des meilleurs cerveaux. L’enjeu donc de ces temps tourmentés, c’est de limiter les départs et d’accueillir les chercheurs dont nous avons besoin, dans les secteurs où nous sommes en difficulté. Il faut donc établir une planification des besoins, et des moyens possibles, afin de construire un écosystème à la mesure des défis qui nous attendent.

Peur sur la ville

En mars 2026 Séverine Laurent représentera la meilleure chance, sauf si de rances ambitions venaient à se réveiller d’ici là, de battre le maire RN de Moissac. Ce dernier a compris qu’il se passait quelque chose de sérieux et qu’il était temps pour lui de reprendre l’étendard. Voilà donc que dans la dernière livraison du magazine municipal, l’édile s’efface déjà derrière le candidat, même si certains, à coup sûr en service commandé, laissent dire que le sortant pourrait caresser d’autres ambitions. Il ne faut rien en croire ! Le RN doit consolider ses implantations locales, alors que les condamnations de sa cheffe et de sa camarilla, en première instance, pour détournement de fonds publics, ont fortement écorné son image, et semé le doute dans ses chapelles militantes. 

Un deuxième mandat ne serait pas pour déplaire à Romain Lopez qui n’a pas su, ou pas voulu, c’est plus probable, laisser au vestiaire sa défroque de militant, mais dont certains de ses proches se plaignent à mots couverts de l’autoritarisme têtu. Certes, on est encore loin du tremblement de terre, du « pu-putch » que raillait l’ancêtre de Montretout. Mais comme en politique, on craint moins ses ennemis que ses amis, il faut neutraliser toutes les velléités dissidentes et donner du grain à moudre à son électorat. D’où ce titre en couverture de la dernière livraison du magazine de Moissac, pur jus de rhétorique d’extrême droite : « la tolérance zéro porte ses fruits ». A qui veut-il faire gober ce gros mensonge ? Il y a peu la gendarmerie publiait ses statistiques d’où il ressort que sur 4 ans de mandat (2020-2023), le RN n’a pas fait bouger les lignes, bien au contraire. 

Le tableau qu’on peut consulter en cliquant ici

étaye le propos. Les statistiques de l’Etat indiquent clairement que la situation à Moissac s’est dégradée. Et pas qu’un peu ! Quant aux chiffres pour la seule année 2024 que publie la mairie, on n’en trouve pas l’origine. Une fois encore le maire tord sans vergogne le cou à la vérité, persuadé comme le fait si bien Trump que plus le mensonge est gros, plus il apparaît incontestable. Alors qu’il prend la pose, pleine page, avec deux policiers municipaux, le maire s’affirme aujourd’hui comme un adepte de la « post vérité ». 

Cette populiste inclination transpire dans chacune des pages de ce magazine de propagande. Il serait fastidieux d’en faire la recension exhaustive, bien que la question de la fiscalité et du budget municipal mérite qu’on s’attarde quelques instants. En 2025, nous dit Moissac magazine, les impôts baissent, les investissements progressent, la dette et les charges diminuent et les associations profitent. « Le monde n’a jamais manqué de Charlatans :  Cette science, de tout temps Fut en Professeurs très fertile » disait Jean de Lafontaine. Mais n’accablons pas notre faiseur de miracles, La taxe foncière a effectivement baissé à Moissac, sur la part communale, de 0,5% en 2025. Pas de quoi cabrer Bercy : pour un propriétaire moissagais, cela représente au mieux le prix de deux baguettes de pain. Et c’était déjà le cas lors de l’exercice budgétaire précédent. Lire:  La taxe et la baguette   . 

Parlons des associations. Celles qui ont survécu à la purge politique de la mairie, s’estiment en effet heureuses de leur sort et se gardent bien de ne pas déplaire au maître qui les tient bourses serrées. Mieux encore. L’homme joue de la menace comme d’autres du révolver. Tel agent municipal est convoqué par le maire pour avoir « liké » une publication jugée hostile. Tel autre se retrouve au placard, privé de promotion. C’est aussi un commerçant qui voit débarquer un élu municipal venu le sermonner pour ses prises de position publiques. A Moissac, les salariés de la mairie, mais aussi les simples citoyens évitent le moindre propos qui pourrait indisposer le maire et le RN par crainte de représailles qui à tout moment pourraient contrarier leurs projets. L’omerta règne et ceux qui osent se confier le font sous le sceau du secret absolu. Et pour cause, le RN n’y va pas par quatre chemins : « ou tu es avec nous, ou tu te fais oublier. »  L’intimidation, la sanction à l’occasion, le coup de gueule permanent sont en cette fin de mandat la norme « démocratique » à Moissac. L’opposition municipale elle même, pourtant protégée par son mandat, dénonce à son encontre une vindicte sans retenue. Mais qui pouvait croire qu’il en irait autrement !

Le printemps moissagais

Séverine LAURENT vient donc d’ouvrir le bal des municipales à Moissac. Face à Michel CASSIGNOL qui était l’autre postulant, elle a été élue par l’Union citoyenne moissagaise (UCM) pour porter en 2026, les couleurs d’un mouvement, né de rien, si ce n’est de l’impérieux besoin ressenti par nombre de Moissagais de prendre leurs affaires en main, de s’affranchir de la tutelle de partis qui à ce jour sont restés impuissants face au rouleau compresseur du RN. La question est toujours la même : comment construire localement une alternative crédible à l’extrême droite, que proposer aux électeurs déboussolés par l’esprit de chapelle et ses querelles byzantines ?

Un mouvement citoyen

L’UCM s’est donc attaquée à cette tâche en voulant tout d’abord passer par-dessus les clivages partisans, rassembler dans un large mouvement tous les Moissagais, de gauche comme de droite, intéressés par la chose publique, désireux de construire ensemble des perspectives d’avenir pour notre ville. Et si l’on en croit les adhésions qui vont croissant, la participation aux assemblées, le mouvement est loin de laisser les citoyens indifférents. Il y a un véritable appétit pour cette initiative, qui a désormais un cadre et une incarnation.  Mais il ne faut pas se méprendre, c’est du moins mon point de vue, l’UCM n’est pas un nouveau parti politique, de gauche, voire de droite. Elle ne veut prendre la place de personne. Elle cherche depuis ses débuts et avec constance à installer localement une dynamique inclusive. C’est bien pourquoi, dès octobre 2024, elle a tendu la main aux partis de l’arc républicain, invités à se joindre sans drapeau ni cocarde au mouvement. Tous les adhérents, les historiques comme les derniers venus, sans oublier les représentants des partis se sont retrouvés, après des heures de palabres, sur des valeurs communes, des objectifs partagés, tous mus par la même passion pour Moissac.

Voilà qui promettait !  Pour travailler sur le programme de la future liste, plusieurs groupes s’étaient constitués. Depuis, ils ont grossi, se sont diversifiés
et appellent toutes les bonnes volontés, toutes les compétences à les rejoindre. Autonomes dans leur organisation, coordonnés pour plus d’efficacité, ils forment une sorte de forum éclaté où s’évalue le bilan du maire sortant en même temps que se discutent les projets de la prochaine mandature. Mais derrière cette vitrine aguichante, les premiers craquements, les premières critiques, venues comme souvent de l’intérieur, se sont vite fait entendre.

Pour Moissac, sans partis pris

Voilà l’UCM sommée de dire pour qui elle roule : le PS, (sous couverture NFP,  le Nouveau front populaire) ou Macron ? On croyait pourtant que les textes initiaux étaient clairs pour tout le monde : ni NFP, ni Macron, ni personne… mais Moissac ! Il fallait donc trancher, au risque de voir s’étioler le bel enthousiasme de début. En janvier 2025, un vote à main levé est organisé, confirmé par une AG le mois suivant. L’UCM demeure fidèle à son acte de naissance : citoyenne et sans drapeau. PS et PC en tirent immédiatement les conséquences. Ils quittent le navire et laissent entendre à qui le veut qu’ils feront liste à part. Dans une récente livraison de la Dépêche du Midi la socialiste Estelle Hemmami confirme, tout en concédant que nombre de ses adhérents ne la suivent pas. 

La rupture est consommée ! L’histoire pitoyablement se répète. Pourtant, jusqu’au bout, les membres de l’UCM ont espéré le retour de cette dissidence socialiste, comme un retour à la raison, comme la fin, enfin, des chicayas personnelles. Ultime péripétie, le 27 mars, au cours de l’AG qui s’est tenue au Moulin de Moissac, des voix se sont élevées, dont on peut se demander si elles étaient téléguidées, pour demander la suspension du processus de désignation de la future tête de liste. Autant dire, demander aux adhérents de plier devant l’oukase des partis de gauche. A mains levées, l’AG a tenu bon, puis choisi à bulletins secrets sa future candidate. Dont acte !

Transformer l’essai

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Le maire RN aurait tort de se réjouir trop vite du mauvais coup qui vient d’être porté au mouvement citoyen par quelques apparatchiks.  L’UCM constitue en effet un événement majeur de la vie politique moissagaise de ces dernières années. Les sympathisants de gauche la rejoignent massivement, refusant les logiques mortifères des appareils locaux, car cette Union constitue à leurs yeux, comme à ceux des sympathisants de droite, la seule force capable de battre le RN et de faire revivre la démocratie locale. Mais pour cela, elle va devoir s’affirmer fidèle à sa promesse et construire avec les Moissagais un projet humaniste, solidaire et rassembleur pour notre ville. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain est parti

Un ami, Alain Jean, est parti au terme d’un long combat contre la maladie. Il est parti entouré des siens, de son épouse dont le stoïcisme m’impressionne, de ses enfants et petits enfants auxquels vont mes pensées. Maître des horloges, il a réuni il y a quelques jours, les uns après les autres, ses très nombreux amis , venus d’ici et de plus loin. Lui et nous, lui et moi, on s’est parlé, presque comme d’habitude, de l’actualité un peu, de la suite qu’il tenait à mettre en place, de sa douleur aussi, même si Alain ne l’évoquait qu’avec une extrême pudeur, comme si tout cela était de l’ordre de l’anecdotique, comme s’il ne voulait pas embarrasser davantage nos esprits affligés. C’est dans ces moments là qu’on mesure l’homme.

Fort et généreux! Alain était généreux. Sa vie, ses vies, intime, professionnelle et citoyenne en témoignent. Fort, il l’était tout autant, dans sa façon de défendre ses convictions, de ne rien céder sur l’essentiel, accommodant cependant sur l’accessoire pour ne rien perdre du goût des autres. Alain était un citoyen engagé, un écolo de toujours, un militant au long cours qui, pour reprendre la formule de Jean Jaurès, avait le « courage… d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »

Avec quelques autres, nous formions jadis une bande, pas voyou pour un sou, de camarades comme on disait alors, rassemblés sous la houlette de Jean Paul Nunzi, candidat et maire de Moissac. Alain, je dois en convenir, m’éveilla à l’écologie municipale si j’ose la formule. Le début d’une longue et fructueuse fréquentation qui ne nous dispensa pas de quelques homériques coups de gueule, qui ne gomma pas non plus nos parcours philosophique ou politique, mais qui devint sans crier gare une solide amitié. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». aurait dit Montaigne.