Hôpital: en observation!

Une pétition rassemblant plus de 2500 signatures, une mobilisation massive de la population au cours de deux réunions publiques, la montée au créneau des élus, à Moissac comme à Castelsarrasin, n’ont pas eu raison du dispositif imaginé par l’ARS (Agence régionale de santé). Le poste de chirurgien viscéral laissé vacant à la mort du docteur Lemaire, ne sera pas pourvu.

Pour autant, Moissac continuera à faire de la chirurgie viscérale, du lundi au jeudi, avec le concours de 5 chirurgiens montalbanais qui interviendront à tour de rôle. Le week-end, les urgences digestives seront dirigées vers Montauban. L’ARS estime que ce dispositif permettra de maintenir l’activité du plateau de Moissac, et d’en améliorer la technicité avec la présence de chirurgiens issus du CHU de Toulouse. Et pour couper court aux doutes sur l’efficacité du système, les autorités hospitalières se sont engagées à dresser avec le collectif de défense du CHIC, un bilan d’activité tous les mois.

C’est la moindre des choses, car les chiffres pour l’instant ne plaident guère en faveur de cette organisation : du 14 octobre à aujourd’hui, le docteur Bécade a pratiqué quelque 42 interventions, quand ses confrères Montalbanais n’en ont fait que 10. Il y a donc là une sérieuse marge de progression.

A défaut d’avoir obtenu satisfaction sur le comblement à Moissac du poste de chirurgien, la mobilisation a obligé l’ARS à abattre son jeu, une transparence bienvenue au moment où les doutes alimentent les rumeurs les plus folles. Cette mobilisation a également arraché des engagements précis, qui seront vérifiés au fil du temps, l’ARS acceptant de fait un contrôle citoyen sur l’activité de l’hôpital. C’est toujours ça de pris, même si vous en conviendrez avec moi, rien n’est définitivement acquis. D’autres initiatives, d’autres mobilisations nous attendent. Après les élections !

Hôpital: ne pas perdre de vue l’objectif!

Après Moissac, le Comité de défense de l’hôpital a réuni près de 400 personnes à Castelsarrasin. Une salle qui a manifesté à plusieurs reprises sa mauvaise humeur à l’encontre des élus, accusés de ne pas faire assez en faveur de l’hôpital. Même le Comité de défense en a pris pour son grade au point qu’on peut se demander si à vouloir jeter ainsi l’équipage par-dessus bord, les passagers ne risquent pas bientôt de se retrouver à bord d’un bateau ivre. L’avenir de l’hôpital peut-il s’accommoder de querelles subalternes, de petits règlements de comptes, de postures opportunistes qui nuisent plus à la cause de la santé qu’à la réputation de leurs auteurs ?

Car en fait de quoi s’agit-il ? Rien de moins, rien de plus que de faire en sorte que la chirurgie digestive à Moissac soit tenue par un chirurgien, présent à plein temps sur le site, afin de répondre aux besoins du territoire et de rassurer les médecins de ville et leur patientèle. Tout le reste n’est qu’effets de manche ou postures politiciennes dont Moissac n’a pas vraiment besoin. Chacun qui a eu à gérer de telles situations, sait bien qu’à vouloir embarquer une mobilisation citoyenne sur des objectifs de politique nationale, on la pousse dans l’impasse et la condamne à l’impuissance.

Ce mardi 3 décembre, le directeur de l’hôpital de Moissac avait rendez-vous avec le maire, le Comité de défense et des représentantes du personnel. Apparemment, il n’est rien sorti de cette entrevue, si ce n’est la confirmation d’un processus en cours : le poste de chirurgien est confié à la fédération des chirurgiens digestifs de Tarn et Garonne qui assureront à tour de rôle des vacations dans l’établissement de Moissac. Tout au plus a-t-il été concédé un petit allongement de leur présence hebdomadaire, mais week-end exclus. Apparemment, le GHT, le groupement hospitalier de territoire qui prévoit, des complémentarités entre l’hôpital de référence, Montauban, et ses satellites, est en place. Mais naguère occasionnelle, la pratique du renfort a débouché, en catimini, sur une réforme de structure et ce depuis le décès il y a plus d’un an du docteur Lemaire. Personne, ni les représentants du personnel, ni les élus qui siègent dans les instances de contrôle, ne semble avoir eu vent de ce tour de passe-passe. Et pourtant, le poste de chirurgien digestif a bel et bien disparu des organigrammes de Moissac. Envolé sans laisser d’adresse ! Dans le même mouvement, naissait en plein cœur de l’été, sur le modèle du service départemental des Urgences, une fédération de chirurgiens digestifs, physiquement installée à Montauban, et instrument d’intervention du GHT. C’est cette fédération, ses 5 chirurgiens, qui sont aujourd’hui en capacité de pratiquer à Moissac

Cette situation est hélas invivable. Ces jours derniers, les personnels soignants du bloc opératoire ont pu dire leur désarroi, leurs inquiétudes devant la baisse d’activité consécutive à cette nouvelle organisation. Là encore, il s’agit de vécu, car de chiffres il n’y a pas ! la direction de l’hôpital ne communique pas. Vécu encore, l’histoire de ce patient opéré dans la journée et conduit le lendemain à Montauban parce que le chirurgien de service à Moissac ne voulait pas se substituer à son confrère. Pas besoin d’être expert pour comprendre que cela fait peser une menace sur la pérennité du service, voire du secteur chirurgie tout entier.

Il faut donc redresser la barre, vite et bien. Fort de la mobilisation populaire, le Comité de défense qui a par ailleurs lancé une pétition, a demandé à rencontrer en urgence les directeurs du GHT et de l’ARS (agence régionale de santé) Avec une seule revendication : un chirurgien digestif à Moissac, ce qui permettrait de retrouver nos capacités initiales dans ce secteur, soit un poste et demi de chirurgien. Mais il y a fort à parier que pour faire entendre raison aux décideurs, une nouvelle mobilisation citoyenne ne sera pas de trop.

Cette crise, presque cyclique, il y a trois ans l’orthopédie était menacée, n’est pas bonne pour notre hôpital. Elle risque d’en écorner l’image et donc de détourner les patients vers d’autres structures hospitalières, voire vers les cliniques privées. C’est pourquoi, il faut lui trouver rapidement une issue. Rassurer malades, personnels soignants et médecins de ville. Leur concours est absolument nécessaire. Il faut les convaincre, si certains venaient à en douter, de la qualité de nos services hospitaliers. A cet égard, une journée portes ouvertes sur l’hôpital, pourrait fédérer et enrôler dans ce noble combat, l’ensemble des acteurs de la santé sur le territoire.

Hôpital: l’heure de la mobilisation

Signez la pétition du Comité de défense en cliquant ICI

 

Si les directeurs réunis de l’ARS (agence régionale de la santé) de l’hôpital de Moissac, et de l’hôpital de Montauban n’ont pas compris le message, c’est qu’ils sont aveugles. Près de 600 moissagais, réunis dans la salle Confluence ont dit leur attachement au CHIC, le centre hospitalier intercommunal. Ils l’ont dit presque silencieusement, avec une détermination palpable et attentive, opinant aux propos des différents orateurs qui toutes et tous ont demandé le maintien de la chirurgie digestive et par voie de conséquence le recrutement d’un chirurgien. La demande n’est pas exorbitante, le poste existe et attend d’être pourvu.

Ce lundi soir, les élus, les syndicalistes de l’hôpital ont fait le procès du GHT (groupement hospitalier de territoire), une structure censée créer des synergies entre les deux entités de Moissac et Montauban, et qui chez nous, dans ce bassin de population de 80000 personnes, n’a rien organisé, sinon l’affaiblissement de notre hôpital, sa lente déréliction. Créés en 2016, les GHT, il y en a 14 en Occitanie, fonctionnent plutôt correctement, sauf ici en Tarn et Garonne. C’est à se demander si nous ne sommes pas victimes d’une sorte de malédiction, voire d’acharnement. Déjà en 2015 l’alerte avait été chaude et la mobilisation de tous, personnels, population et élus, avait permis de sauver l’orthopédie et donc une bonne part de l’activité de l’hôpital.

Il y a eu très peu de questions dans la salle, dont l’inquiétude muette, a, et cela était clair, donné mission aux élus de trouver une solution, d’organiser la riposte, y compris en occupant l’ARS à Toulouse. Il ne faut pas attendre, c’est sûr!. La situation financière de l’hôpital se dégrade, pour partie en raison d’une notable baisse d’activité. Il est vrai que la T2A, la tarification à l’acte a mis les hôpitaux dans l’obligation de faire du chiffre. Pour Moissac, c’est encore pire. Faute de chirurgien viscéral à demeure, faute de pouvoir compter sur les chirurgiens montalbanais qui semblent prendre les choses avec grand détachement, le service chirurgie viscérale voit son chiffre d’affaire baisser dangereusement et entraîner dans sa dégringolade d’ autres services.

Une nouvelle réunion publique aura lieu la semaine prochaine à Castelsarrasin pour affirmer, s’il en était besoin, l’intérêt territorial de ce CHIC. Si malgré cela,  l’ARS ne prend pas ses responsabilités, nous devrons, tous ensemble, la forcer à réagir. C’est pourquoi, il faut maintenir, amplifier encore la mobilisation de la population tout en se préparant au bras de fer. Nous ne céderons rien!

A la tribune, JP Nunzi président du Comité de défense, Jean Philippe Besiers et JM Henryot, les maires de Castelsarrasin et de Moissac, Bernard Garguy, président de la Communauté de communes, le sénateur F. Bonhomme et les représentantes des personnels de l’hôpital.

 

 

Hôpital: « le dark projet »

Quelque chose s’est enclenché qui laisse penser que l’hôpital de Moissac est menacé. Non pas de fermeture, mais de dépérissement, lent, inéluctable, de cette petite mort qui chaque jour éteint un atome de vie, avant la survenue, parfois lointaine de la grande bascule. En 2018, les instances ad hoc avaient conclu sur le maintien de la chirurgie digestive et orthopédique à Moissac, le tout dans le cadre d’une organisation territoriale, le GHT, qui devait mettre en place les synergies entre Montauban et notre ville. De tout ça, rien! Les chirurgiens montalbanais se font tirer l’oreille pour prêter leur concours à leurs confrères moissagais, tandis que notre CHIC ruse avec les emplois, jonglant maladroitement avec les remplacements, incapable dit-il de trouver des candidats crédibles sur des postes encore existants.

Bonne ou mauvaise foi? Au vu de ce qui vient de se passer dans ces instances de direction dont le nombre dilue efficacement les responsabilités respectives, on serait tenté de penser qu’il y avait dans tous les atermoiements des mois précédents quelque chose de prémédité. Comme un dark projet, à l’oeuvre dans la coulisse, et dont on commence à mesurer les contours.: des emplois du temps erratiques, des permanences introuvables, des emplois vacants, ou comment organiser sans le crier la baisse d’activité de de la chirurgie viscérale et dans la foulée celle de l’établissement moissagais. Jean Philippe Béziers maire de Castelsarrasin et membre du Conseil de surveillance du CHIC en a spectaculairement tiré les conclusions en  claquant la porte de cette instance: « J’ai clairement dit que « la promenade des malades » entre deux établissements et « les promotions sur les prix de la santé » n’étaient pas dans ma conception ». Sylvia Pinel, la députée de la circonscription a également haussé le ton en demandant au directeur de l’ARS de pourvoir rapidement le poste vacant de chirurgien à Moissac

Mais il faudra hélas plus que ça pour faire plier la technostructure, qui prend au pied de la lettre les orientations nationales, qui a sur le réel, sur les hommes et les femmes de ce territoire, la sensibilité d’un tableau EXCEL. Il faudra une réelle mobilisation des personnels des patients et des citoyens. L’hôpital de Moissac est dans une impasse. Il peut en sortir au prix de révisions qui ne seront pas indolores, qui risquent de bousculer certaines situations acquises. Mais si l’on ne veut pas se contenter d’un emplâtre sur une jambe de bois, il faudra aller plus loin, oser réfléchir à l’échelle du territoire, avec ces quelque 80 000 Tarn et garonnais qui mesurent chaque jour près de chez eux ce qu’un désert médical veut dire.

En attendant, venez tous à la salle Confluences à Moissac, lundi 25 novembre à 18h30!

Conseil municipal: revoir la copie

Les rangs sont de plus en plus clairsemés au sein de ce conseil municipal, séance tenue en présence d’une petite escouade RN installée au fond de la salle.  Le ROB, le Rapport d’orientation budgétaire, était le principal plat de résistance de la séance.

(Voir ici le détail du document)

Ce rapport ne fait l’objet, c’est la loi, d’aucun vote. Il est simplement discuté au sein de l’assemblée. Et cette année, la discussion a vite tourné court, faute d’abord de participants en nombre suffisant, et parce que c’est le dernier ROB de la mandature. C’est précisément ce que j’ai fait remarquer. Il ne fallait pas s’attendre à des audaces, à des changements de cap. Sagement, la majorité a mis ses pas dans les orientations budgétaires du gouvernement. On nous annonce donc pour 2020, des frais de fonctionnement contenus sous les 1%., tandis que l’encourt de la dette est affiché à la baisse, moins 27% sur la période 2014-2019, soit un peu plus de 3,5 millions d’euros. Ce chiffre sera obligatoirement révisé en 2020, car cette année, pour enjoliver le tableau, le maire a interdit tout emprunt supplémentaire, alors  qu’en 2018 et en 2017, il s’était autorisé une rallonge de 1 et 1,3 million d’euros.

Deux opérations ont cependant retenu notre attention. Le contrat de ville qui court jusqu’en 2022, va bénéficier de 25000 euros supplémentaires, pour « repérer et mobiliser les publics invisibles », ces jeunes qui échappent à tous les radars sociaux et qui sont de plus en plus nombreux sur le territoire. Par ailleurs, l’OPAH, opération programmée d’amélioration de l’habitat va aussi profiter de la période, 180 000 euros pour les façades et l’amélioration des logements.

Les investissements témoignent une fois de plus de la frilosité ambiante. 600 000 euros pour le musée de l’abbatiale, 750 000 euros pour le complexe aquatique intercommunal, 240 000 euros pour l’extension de l’école Montebello, 700 000 euros pour des aménagements urbains et 100 000 euros pour des démolitions en vue de l’agrandissement du lycée. Bref, la majorité évacue les affaires courantes, mais se garde bien de lancer de nouveaux chantiers. Comme si elle doutait de son avenir, comme si demain n’était plus son affaire. Certes on ne connait pas le résultat des élections, on ne sait même pas au jour d’aujourd’hui quelles seront les équipes en compétition. Mais cet attentisme fait perdre du temps à Moissac. En gelant tout projet nouveau, la majorité en place fait prendre une année de retard à la ville.

La prochaine équipe municipale devra revoir la copie.