Moissac naturellement: municipales!

5 juin 2019 Terres des Confluence

« J’ai décidé avec mon équipe, de présenter ma candidature à la mairie de Moissac. Cette équipe dont les Moissagaises et les Moissagais pourront bientôt mesurer le dynamisme, l’engagement, la compétence et la diversité, se présente libre de toute attache partisane. J’ai cherché à rassembler des sensibilités différentes, conscientes des enjeux de ce temps et portant les mêmes valeurs de progrès, de justice sociale, et de responsabilité citoyenne.  Nous voulons promouvoir le développement durable, mobiliser les énergies autour d’un projet ambitieux, « l’Ecopôle », en phase avec l’époque, pour sortir Moissac et le territoire du marasme économique et social qui les accable.  Moissac doit aller de l’avant.

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Dossiers chauds de fin d’année

La situation de l’hôpital de Moissac fournit matière à un feuilleton, qui selon la loi du genre, connaît des hauts et des bas, courtes tempêtes et longues accalmies. La proximité des municipales oblige les acteurs principaux à forcer la cadence. C’est ainsi qu’à peine digéré le réveillon de Noël, le maire de Moissac annonce, qu’avec ses collègues du secteur, il va écrire à l’ARS (l’agence régionale de santé) pour demander qu’il soit fait droit à la revendication moissagaise : un chirurgien viscéral à demeure dans le CHIC ! A l’issue de la dernière entrevue avec le directeur départemental de la santé, on croyait l’affaire pliée, pas de communiqué, pas de déclaration publique pour s’insurger contre le dispositif de l’administration (voir ici la relation de cette réunion). C’était probablement mal connaître notre premier magistrat, il est vrai vertement sommé dans un courrier rendu public par l’un des chirurgiens de l’hôpital de « réagir immédiatement ».

Le maire qui doit décidément sur cette fin de parcours gérer les couacs de son équipe, avait dû aller au charbon pour s’opposer à un avis de la CDAC (commission départementale d’aménagement commercial) favorable à l’agrandissement du supermarché Leclerc de Castelsarrasin. Alors que sa première adjointe avait en effet voté pour ce projet, J.M. Henryot s’est vu obligé d’aller jusqu’à Paris, plaider la cause inverse devant la commission nationale. Il faut dire qu’entre temps les commerçants avaient fait connaître leur désaccord, dénonçant les incohérences de la politique locale. Moissac bénéficie en effet du dispositif « Bourg centre », et a obtenu de l’état (FISAC) près de 30 000 euros de subventions pour aider au maintien des commerces de proximité. Comment dès lors la première adjointe peut-elle accepter les yeux fermés l’extension des surfaces commerciales de périphérie dont on mesure aujourd’hui la responsabilité dans la désertification des centres-villes ?

Salut l’artiste

Firmin Bouisset. Un enfant de Moissac

Les temps difficiles

Marché pluvieux dimanche matin. A Moissac l’année se termine maussade, poisseuse, incertaine. Des fantômes de candidats à la municipale déambulent entre les étals, soucieux de ne pas écorner cette période de trêve de Noël. Les affaires sérieuses, c’est pour après, en 2020. Pour l’instant chacun se compte et les Moissagais s’interrogent : combien de listes, et avec qui ? Certains, à droite comme à gauche sont déjà sortis du bois, timidement, presque à reculons. D’autres attendent, interrogent les augures.  Mais tout ce petit monde, le monde politique, s’agite en coulisse, à la recherche du ou de la candidate idoine. Ce marché est depuis longtemps ouvert et les tentatives de débauchages sont légion. Mais chacun prend soin d’avancer avec Moissac pour seul drapeau. Le RN lui même a mis sa flamme sous l’éteignoir. Municipales obligent ! Il faut dire qu’en la période les porteurs d’étendards ne font guère recette. Les candidats à la candidature ne sont pas légion. Bref comme dirait Léo Ferré, « les temps sont difficiles ».

Pour le gouvernement aussi qui a du mal à convaincre avec son projet sur les retraites après deux ans de consultations, d’études, de négociations, de déclarations, parfois contradictoires. L’intention était certainement louable, mais elle a au final produit les effets contraires aux effets escomptés. Pensé pour rassurer, le projet inquiète. Conçu pour expliquer, le projet embrouille. Et le projet s’enferre, sur la pénibilité et sur l’âge pivot, l’âge de départ à taux plein. Sur ces deux questions, le premier ministre serait bien avisé d’offrir aux syndicats réformistes une porte de sortie. La CFDT qui ne veut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, n’attend que ça ! Avec raison, car un système universel de retraite, pour les salariés comme pour les indépendants, constitue un indéniable progrès social qui oblige, on le voit bien avec les enseignants, à remettre à plat les carrières et à revoir les rémunérations. Mais on pourrait aussi parler des pensions dont les minima dépasseront les mille euros nets, ou encore de la situation des femmes qui aujourd’hui perçoivent des retraites inférieures de 42% en moyenne à celles des hommes et qui verront, si la réforme est votée, leur situation s’améliorer considérablement.

On pourrait ainsi multiplier les exemples. Peine perdue ! On baigne en plein irrationnel. Tout devient suspect aux yeux de l’opinion, la parole des ministres comme les rapports techniques et officiels! Le pouvoir, parce qu’il est le pouvoir, n’est, par essence, que sournoiserie et perversité. Il ne saurait donc en être autrement quand il tente de réformer. Drôle d’époque dont la crise dite des « gilets jaunes » avait fourni une éclatante et inquiétante illustration. Pour autant, ce pays nous a aussi appris à ne pas désespérer. Il en va de ces crises sociales à répétition comme d’une catharsis collective, un passage obligé pour tout changement, pour toute évolution. Cela fait de la France un pays singulier.

Un cop pour RIEN

La COP 25, vous savez ce machin qui se passait à Madrid, faute d’avoir pu se tenir au Chili, ce machin qui réunit tous les ans la plupart des pays de la planète pour discuter des mesures à prendre pour freiner le dérèglement climatique, ce machin donc a accouché… de RIEN. « La maison brûle » disait Jacques Chirac… et les pompiers jouent aux cartes, au poker menteur.

Il est proprement révoltant de constater que les principaux responsables de la situation, les Etats-Unis en tête, qui vont d’ailleurs quitter la COP en 2020, ne veulent pas entendre le cri de la terre, voir l’accélération dramatique d’un processus qui va nous rendre notre planète étrangère,  pire hostile : montée des eaux, inondations, tempêtes, fonte des glaces, disparition de la biodiversité…

Seule l’Europe, et c’est heureux, semble vouloir redoubler d’efforts, à l’exception de la Pologne. Efforts insuffisants certes au regard de la situation, mais néanmoins notables quand la Chine, le Brésil, les USA et bien d’autres n’entendent pas réviser leurs politiques. Et pourtant, on SAIT, que même en réduisant drastiquement nos émissions de carbone, la température continuera d’augmenter pendant plusieurs décennies encore. L’humanité, une bonne partie d’entre elle, a sombré dans une mégalomanie destructrice, un aveuglement meurtrier.

Comparés à ces enjeux, nos bisbilles sur la retraite, les débats autour du brexit, le terrorisme islamiste et même les conflits régionaux ne sont que roupie de sansonnet. Sur la question du climat, il faut une mobilisation mondiale des opinions publiques. Mais comment faire taire les égoïsmes nationaux, avoir raison des corporatismes de tous poils ? Vaste question, abyssale interrogation à laquelle rien, ni personne aujourd’hui ne semble en mesure de répondre. Aux nombreuses raisons de désespérer de l’homme, s’ajoute maintenant celle-ci. Joyeux Noël les terriens !

Pour ceux que cela intéresse, on peut lire ici le rapport que j’ai rédigé pour le CESER   climatV5   sur les défis du changement climatique en Occitanie.