Afin que nul n’en ignore

Mentir par omission, c’est mentir. Le quotidien régional s’en est fait une spécialité, surtout quand il parle des gens qu’il déteste. Et ils peuvent être nombreux ! Donc, dans la dernière livraison du dit journal, un encadré évoque les prises de position de personnalités ou de partis, dans l’élection moissagaise. Sont cités toutes et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre s’opposent au RN et à son candidat. Tous, sauf « Moissac naturellement » qui demeure, en dépit de son échec du premier tour, un collectif auquel près de dix pour cent des moissagais ont manifesté leur confiance et la République en marche 82. Chacun de leur côté, et en toute indépendance ainsi qu’il en a toujours été, le collectif et le parti ont appelé les électeurs à dire non au RN, à manifester par leur vote leur refus de voir s’installer à la mairie de Moissac, un homme et un parti, étrangers à l’histoire de notre ville et qui à coup sûr la conduiraient dans le mur. (Qu’on lise ici le communiqué de « Moissac naturellement » et celui de « Larem 82″)

Mais de cela, le quotidien ne souffle mot. C’est ballot ! Vive la démocratie, avec ou sans le dit journal!

 

Communiqué Moissac Naturellement

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, nous appelons les Moissagaises et Moissagais à dire non au Rassemblement National et à son candidat. L’idéologie qu’il porte est incompatible avec les valeurs que nous avons défendues pendant la campagne et qui constituent le socle de notre engagement citoyen. Soyons fidèles à l’histoire de notre ville qui n’a jamais transigé sur l’essentiel, notamment sur les valeurs républicaines.

Dans le contexte politique local et face aux difficultés de tous ordres que Moissac connaît, un large rassemblement, une sorte de Front républicain s’imposaient. Nous l’avons inlassablement appelé de nos vœux. Nous n’avons pas été entendus. Nous le déplorons. Pour autant, nous restons déterminés : non au RN et à ses nostalgies!

Moissac le 24 juin 2020

« Moissac naturellement »

Communiqué  La République en Marche 82

 

Second tour de l’élection municipale à Moissac 

Dire non au Rassemblement National

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, fidèle à ses valeurs, attachée à la défense en tous lieux de la démocratie, prônant le rassemblement au service de la nation, La République En Marche 82 appelle tous les électeurs, dans toutes les communes où le Rassemblement National, et ses épigones demeurent en lice, à lui faire barrage.

Le RN tente à la faveur de ces élections, à Moissac comme ailleurs, à Perpignan par exemple, de se donner l’image d’un parti comme les autres, ouvert même à d’autres sensibilités. Il n’en est rien. Il avance masqué, mais n’a rien abdiqué de son idéologie contraire aux valeurs de notre République faite du rejet de l’autre, d’un refus des solidarités, d’un mépris pour la culture.

Lundi 22 juin 2020

L’équipe départementale de La République En Marche 82

Une histoire moissagaise (suite)

Par ces temps covidés, agités, déboussolés, le révisionnisme fait flores. Je ne parlerai pas des déboulonneurs de statues, des « intellectuels » dont la pensée a sombré dans les abîmes de la mauvaise conscience, des starlettes et autres artistes qui n’ont souvent pas grand-chose à réviser, ni même de ces politiques qui en mal de cause nouvelle, voient dans le moindre zéphyr contestataire la cause d’un peuple depuis longtemps perdu de vue.

Triste époque où le révisionnisme est aussi localement tendance. Un récent article du quotidien régional consacré à la situation électorale à Moissac, en donne si je puis dire une nouvelle illustration. Chacun sait que le plumitif de service ne veut à mes amis et à moi même que du bien, c’est pourquoi il s’attaque d’abord à l’ancien maire socialiste pour l’exécuter d’une formule lapidaire : « il a préféré offrir la ville à la droite ». Pour oser pareille conclusion, il faut être amnésique ou aux ordres, ou les deux ! La défaite de Jean Paul Nunzi en 2014 ne fut que l’épilogue d’un long conflit au sein de la majorité de gauche. Dès 2012, les élus PRG rompirent le pacte majoritaire, refusant même de voter le budget en fin de mandat. L’objectif était clair, faire tomber le « vieux » ! Ainsi en avait décidé le grand manitou du radicalisme cassoulet, qui enrôla derechef son journal dans ce combat. Pendant deux ans, le quotidien tapa à bras raccourci sur le maire en place, usant de toutes les vieilles ficelles que n’aurait pas boudé la Pravda. Le PRG fit donc liste à part. Jean Paul Nunzi ne voulut pas céder au dictat. On connaît la suite. Les électeurs sanctionnèrent les deux.

Mais revenons à 2020. C’est mon tour. Le journal de la Démocratie, dont on ne sait pas au juste pour qui il roule, a manifestement un problème avec les faits. J’ai dès 2019, ne lui en déplaise, lancé l’idée d’un rassemblement allant de la droite à la gauche. Cette proposition, dont le seul objectif était de faire pièce au RN, s’adressait à E Hemmami comme à M. Baulu. Elle se solda par un échec. On peut en lire le détail en cliquant ici. Malheureusement, le premier tour de la municipale, en mars dernier valida nos analyses. Le RN manqua de peu l’élection. Bien que n’étant pas qualifiés pour le second tour, et pensant qu’il n’est jamais trop tard, mes amis et moi, avons alors relancé l’idée d’un rassemblement, un Front républicain, de la gauche à la droite, avec Hemmami et Baulu.  Pas pour nous refaire la cerise, ou tenter je ne sais quelle manœuvre de contournement. Juste pour rassembler, pour permettre aux électeurs de retrouver confiance dans l’avenir. Refus catégorique de Tems. Dès lors, j’ai indiqué à Maryse Baulu, que cette démarche, amputée sur sa gauche, perdait tout son sens. Exit le Front républicain ! Exit Valles et son équipe.

Voilà pour les faits. Mais comme on connaît ses saints on les honore. Qu’on me permette donc d’aller un peu plus loin. Pourquoi cet acharnement de la Dépêche à nier les évidences ? A taire l’attitude de Tems qui n’a jamais voulu entendre parler de quelque rassemblement que ce soit ? Pour une raison simple : il faudra au lendemain du 28 juin, trouver un responsable, voire un coupable. En 2014, la droite a gagné, c’est la faute à Nunzi. En 2020, si  le RN l’emporte, ce sera la faute à Vallès. La Dépêche prépare ainsi les esprits et cherche à réécrire la petite histoire moissagaise.  Mais les faits sont têtus. On saura le lui rappeler. Et rappeler à chacun ses aveuglements. Ce n’est pas la fin de l’histoire!

PS: je suis l’ancien directeur du Pôle sud ouest de France3 (message personnel au grand quotidien qui est si souvent fâché avec les faits…)

 

Autant en emporte le vent

L’autre soir, alors que je zappais d’une chaine à l’autre, je tombe sur Olivier Marchal, barbe de boucanier, œil mouillé et voix étranglée d’émotion. Il faisait une déclaration d’amour à ses anciens collègues, les flics. Le réalisateur du « 36 quai des Orfèvres » et de la série « Flics », tentait, témoignage personnel à l’appui, de faire entendre un autre son de cloche, de faire la part des choses. Certes, disait-il, chez les policiers, il y a des brebis galeuses, mais  la majorité n’est pas raciste et de décrire les conditions de travail, notamment dans les banlieues, qui sont devenues extraordinairement difficiles. Mais dans cet exercice de défense et illustration de la condition policière, Olivier Marchal était et reste bien seul.

L’ignoble meurtre aux Etats-Unis de Georges Floyd a en effet mis le feu aux poudres. L’indignation, la colère légitimes de la jeunesse américaine se sont vite propagées, provoquant un peu partout dans le monde de nombreuses et fortes manifestations. La France ne pouvait être en reste. Par mimétisme, mais aussi parce qu’une partie de la population entretient avec la police -et c’est bien le cœur du problème- des rapports de défiance, voire d’hostilité manifeste. Il n’en fallait pas plus pour exhumer l’affaire « Adama Traoré », un jeune de banlieue, repris de justice, et décédé suite à son interpellation il y a quatre ans, dans des circonstances qui ne sont toujours pas élucidées, ce qui interroge sur l’extraordinaire lenteur de la justice.

Tout juste rescapés du Covid19, déconfinés de fraîche date, pressés de renouer avec les vieux démons hexagonaux, nombre de nos concitoyens se sont donc lancés toutes affaires cessantes, dans une croisade bruyante et ultra médiatisée contre la police, le racisme, les discriminations et plus précisément le sort malheureux que notre République réserverait aux minorités de couleur. Il en est même certains, du côté des « Indigènes de la République », mais aussi de quelques beaux esprits manifestement égarés, qui n’hésitent pas à parler d’un racisme institutionnel. Rien que ça !

Sous couvert de cet antiracisme sectaire pointe en fait une entreprise de démolition des principes républicains. Elle n’est pas nouvelle qui veut faire de la France un pays raciste où la ségrégation territoriale et ethnique serait la règle. Du coup se développe un discours communautariste visant à enfermer des populations entières dans un territoire, un statut social, dans une histoire, une mémoire qui seraient leur réelle et seule identité. Non pas citoyens confrontés aux mêmes problèmes que tous les autres, mais indigènes, colonisés au sein de l’espace républicain ! Ainsi sont par avance justifiées les résistances à l’ordre, à la loi, forcément étrangère et oppressive qui ne saurait s’appliquer dans ces territoires qu’entendent contrôler les réseaux de petite et grande délinquance. On comprend dès lors que la police, serait-elle irréprochable, n’est pas dans ces conditions la bienvenue. Elle devient le visage de cette France honnie.

L’extrême gauche, une frange des gilets jaunes, voire une partie de la gauche de gouvernement font de cette (im)posture une cause à porter, comme une manifestation opportune d’une décevante lutte des classes qui s’est partiellement vidée de sa substance. Persuadée de tenir là un levier anti-système, la gauche ne voit pas qu’elle est de fait instrumentalisée, réduite au rang de supplétive d’un combat dont la finalité ultime lui échappe. Elle en est l’idiote utile. De son côté le gouvernement, qui, après des mois d’agitation sociale et de paralysie économique, craint une résurgence de l’incendie, a tenté de donner des gages. Entre la vindicte des quartiers et la colère des policiers, la ligne de crête est, on le voit bien, acrobatique.

Les temps sont en effet difficiles comme dirait Léo Ferré. A l’indignation légitime, nourrie de bons sentiments, aux refus d’une violence policière intolérable même si elle procède plus de dérapages individuels que d’une politique assumée, s’ajoutent maintenant un révisionnisme sans boussole. Un peu partout en Amérique et en Europe on déboulonne des statues, on arrache des plaques de rue, on voue aux gémonies des auteurs, on crache sur des œuvres, comme si tout à coup le monde était saisi d’une fièvre contagieuse. La pandémie de Covid19 a installé une sorte d’hygiénisme au nom duquel tous les pays ont sacrifié le veau d’or : l’économie. Qui l’eut cru ? Un autre hygiénisme est en train de naître, il concerne la pensée et fait peu de cas de l’histoire. Il tente de réduire l’humanité à ses lubies du moment, à imposer, sous peine d’infamie, une lecture univoque de nos civilisations. Ce révisionnisme qui prend racine dans la communication de masse, porte en lui la menace d’un totalitarisme d’autant plus dangereux qu’il s’autorise de la bonne conscience.

Hier soir, j’ai revu ce grand film envoûtant « Autant en emporte le vent » que je conserve sur DVD. Mais l’esclavage me tord toujours autant les tripes.