94 millions d’Euros pour l’Occitanie. 5, 27 millions pour le Tarn et Garonne. L’état au chevet des territoires, dans le cadre du plan « France Relance », un plan qui vise à accompagner financièrement des projets d’investissement des communes et de leurs groupements. Ce qui devrait bénéficier de manière indirecte au secteur du bâtiment et des travaux publics.
Ce plan d’un montant de 100 milliards d’euros sur deux ans, financé à 40% par l’Union Européenne, a été présenté début septembre et s’ajoute aux 470 milliards débloqués au printemps dernier par le gouvernement pour faire face aux conséquences économiques et sociales de la COVID. Il couvre trois domaines : l’écologie, la compétitivité et la cohésion des territoires.
Ce sont donc 47 projets qui vont être soutenus dès l’année prochaine en Tarn et Garonne, loin derrière les Pyrénées Orientales qui vont bénéficier d’une aide de 11,3 millions, pour financer notamment le projet de Centre de préparation à la haute performance de Font Romeu.
En Tarn et Garonne, Montauban se taille la part du lion : 1 million d’euros pour la Place nationale et 500 000 autres pour le Pont Vieux. Le Centre départemental de l’enfance et de la famille obtient 670 000 euros, et 430 000 euros iront à la construction de la Cuisine centrale de la communauté de communes « Terres des Confluences ». Le Bas Quercy et Lauzerte-Montaigu s’octroient respectivement 600 000 et 200 000 euros pour la rénovation des réseaux d’eau potable. C’est d’ailleurs un des rares projets « écologiques » du département, avec la rénovation thermique de la salle polyvalente d’Auvillar, et l’installation d’une chaufferie biomasse à Verlhac-Tescou qui obtient 30 000 euros de subventions.
En fait, rien de décoiffant dans ce département. On reste dans le classique, le prévisible : rénovation d’espaces publics, de bâtiments communaux, d’équipements sportifs… A travers ces dotations, on ne distingue aucune priorité, aucun choix politique, sinon celui « d’arroser » les territoires, de répartir la manne. On peut s’étonner que le tourisme ne soit pas mieux doté, 100 000 euros vont aller à la rénovation de la pente d’eau de Montech ; mais surtout s’inquiéter que les élus n’aient pas saisi l’occasion pour lancer un véritable plan dépendance autour du grand âge. On connaît les besoins dans ce domaine, or à peine 320 000 euros seront affectés aux EPHAD du département. Enfin on peut aussi dresser le « palmarès » des Communautés de Communes. Montauban très loin devant avec plus de 1,5 millions d’euros, ensuite « les Deux Rives », présidée par J.M. Baylet avec plus de 600 000 euros et troisième « Terres des Confluences », 430 000 euros. A chacun d’en tirer la conclusion qu’il veut !
Les maires de Castelsarrasin et de Moissac, soutenus par le président de la Communauté de communes « Terres des Confluences » viennent d’écrire au préfet de Tarn et Garonne pour demander que soit maintenue une juste « concurrence entre les petits commerces et les grandes surfaces » Ils s’élèvent en effet contre la fermeture des boutiques de centre-ville, alors que les grandes surfaces demeurent ouvertes, proposant dans leurs rayons toutes sortes de marchandises, qui ne peuvent pas à l’évidence être répertoriées dans les biens essentiels. La maire de Montauban, qui ne rate pas une occasion de se faire mousser avait dès hier pris un arrêté pour autoriser les commerces de sa ville à rester ouverts. Arrêté parfaitement illégal dont l’objectif était double : s’opposer ouvertement au gouvernement et flatter sa clientèle électorale. Réponse du berger à la bergère, le préfet lui a aussitôt demandé de retirer son arrêté et l’a menacé de poursuites judiciaires.
Mais au-delà de cette péripétie qui s’inscrit dans la guérilla que mène la droite contre le gouvernement, il faut regarder les choses en face. Les modalités du confinement, saison deux, en dépit d’une progression inquiétante de l’épidémie, n’ont pas été comprises et semblent difficilement acceptées par la population.
Tout a commencé avec la fronde des libraires, ulcérés de devoir fermer boutique, alors que les grandes surfaces et Amazon vont pouvoir pleinement profiter de l’aubaine. Le soutien du ministre de la culture et surtout la colère des milieux intellectuels aura rapidement fait reculer, ce qui fait désordre, le gouvernement. On annonce déjà que les grandes surfaces ne vont plus pouvoir vendre des livres. Dont acte, mais Amazon ? Le géant de la distribution en ligne échappe à la contrainte, du coup, la solution pourrait s’avèrer pire que le mal. Reste donc au gouvernement une seule porte de sortie : permettre aux librairies, sous strictes conditions sanitaires, de rester ouvertes. Ce sera probablement fait d’ici la semaine prochaine. Mais on peut s’inquiéter d’un tel couac qui donne en partie raison à tous ceux qui dénoncent une concertation en trompe l’œil et des décisions mal préparées. Il est à craindre que d’autres secteurs s’engouffrent dans la brèche. Malgré les aides financières affichées, les maires qui, un peu partout en France dénoncent, à la veille de Noël, le mauvais coup porté aux commerces de proximité, ont déjà pris la tête de la contestation.
Ligne de crête
Quelle solution reste-t-il au premier ministre ? Faire de nouvelles exceptions, c’est vider le confinement d’une grande partie de son efficacité. Tenir bon, sauver ce qui reste du confinement, c’est le risque de s’aliéner un peu plus l’opinion qui à l’évidence ne veut pas admettre la gravité de la situation sanitaire. A preuve, le premier jour de ce confinement qu’on peinait à distinguer d’une journée ordinaire, tellement il y avait de monde dans les rues de nos villes et sur les routes de nos campagnes.
La ligne de crête, pour reprendre l’expression du président Macron, à savoir faire reculer la deuxième vague du Covid et maintenir à flot l’économie nationale, semble bien difficile à tenir. La population n’y trouve pas ses repères, fait semblant de ne pas comprendre la cohérence des dispositifs ; s’indigne tout à la fois d’être confinée et de ne pas l’être ; s’inquiète pour l’avenir et s’accommoderait d’une fermeture des écoles et des lycées ; pleure les victimes de l’épidémie et voudrait pouvoir faire la fête comme si rien n’était ! Bref, on est en plein désarroi.
Il faut dire que l’attitude des élus de la République ne nous aide pas à y voir clair. Dans une période aussi troublée, aussi difficile pour le pays qui affronte en même temps une crise sanitaire inconnue à ce jour, une crise sécuritaire avec d’abominables attentats et d’inquiétantes agressions extérieures, et une crise économique dont personne ne sait aujourd’hui comment nous en sortirons, on aurait pu s’attendre à un minimum d’unité nationale, de solidarité avec le gouvernement, quitte à assortir les critiques, toujours nécessaires en démocratie, de propositions concrètes et réalistes. C’est tout l’inverse que nous vivons. La droite parlementaire, comme revigorée par les difficultés du pays, fait flèche de tout bois, dénonce, vitupère, fait de la surenchère sans frais, de l’obstruction systématique, traque le gouvernement dans ses moindres hésitations. La droite tente pitoyablement de se refaire la cerise sur le dos du pays. La gauche n’a pas fait guère mieux, à l’exception notable du PS qui a voté les mesures de confinement. Les débats à l’Assemblée nationale et au Sénat ont été ces jours derniers particulièrement révélateurs de ce climat de discorde nationale. S’annonce alors pour le gouvernement une nouvelle bataille, celle de l’opinion !
« Vraisemblablement » Le propos est laconique, mais dit bien ce qu’il veut dire. J. Michel Baylet sera candidat aux élection départementales de 2021. Il le dit dans un entretien au journal régional, qui ne lui a pas demandé s’il ambitionnait de reprendre à Christian Astruc la présidence du département. On peut cependant penser que le maire de Valence d’Agen, président de la communauté de communes des « Deux rives », n’entend pas, s’il est élu, faire de la figuration. Il y a gros à parier qu’avant de se prononcer, il veut voir si le coup est jouable. Quelle majorité il peut construire ! Seul avec ses amis socialistes et communistes, il lui sera difficile, sauf retournement de situation, de constituer un groupe majoritaire. A moins qu’il parvienne, au terme de palabres dont il a le secret, à embarquer dans cette galère, Brigitte Barèges, la maire de Montauban, dont il ne parvient pas dans les propos cités plus haut à dire du mal : « Nous sommes sur la même longueur d’ondes, mais elle est de droite ; je suis de gauche ». Cela a le mérite d’être clair !
Pourtant, cet attelage baroque a bien du mal à avancer, comme si le sol se dérobait de plus en plus sous ses pieds. Après l’échec patent des sénatoriales où il n’est pas parvenu à faire élire son candidat, Jean Paul Terrenne, maire de Donzac, J.M. Baylet vient de connaître une nouvelle déconvenue avec l’élection du Président des maires de Tarn et Garonne. C’est finalement le maire de la Salvetat Belmontet, Bernard Pouzous qui succède à Francis Labruyère qui ne se représentait pas. L’étonnant dans l’affaire, c’est que l’ancien vice-président départemental de l’AMF (association des maires de France) l’a largement emporté devant Claude Vigouroux, maire de Reyniés, soutenu par Brigitte Barèges… mais aussi par Jean Michel Baylet et Valérie Rabaut qui pour la circonstance ont joué les agents électoraux.
Deux revers en quelques semaines, voilà qui commence à faire et qui confirme que le département échappe peu à peu à ses parrains historiques.
Les réseaux sociaux, prisés par une écrasante majorité de la population, sont désormais sur la sellette. Ils sont l’objet de critiques récurrentes, directement mis en cause dans les affaires de terrorisme. A tel point qu’un débat est ouvert sur leur utilité « sociale », voire sur leur nocivité en cela qu’ils contribuent davantage à défaire le corps social qu’à le souder autour de valeurs partagées. Ces temps derniers, la France, s’inquiète pour ses valeurs républicaines, très entamées par les propos et les vidéos échangés sur facebook, twitter, instagram, Tik tok et quelques autres. Chaque âge, voire même chaque groupe social ou culturel, ayant semble-t-il son réseau de prédilection, ce qui rajoute encore à la segmentation de la société.
Sur internet, personne ne sait que tu es un chien
Certes, il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain. Chacun peut en effet mesurer dans sa vie quotidienne toutes les facilités qu’offre l’internet. Et en ces temps de COVID, de couvre-feu, de confinement, les réseaux maintiennent le contact entre les personnes, et permettent par le télétravail la poursuite des activités, y compris dans l’enseignement. Mais les réseaux sociaux, c’est un peu docteur Jekyll et mister Hyde. Ces réseaux revendiquent la liberté d’expression qu’ils assument comme valeur cardinale, bien que la loi en encadre la pratique (1). Ces réseaux permettent aussi à des anonymes de déverser leur bile, leurs injures, leurs appels à peine masqués au lynchage. En toute impunité ! Plus grave, cet énorme babil, cet « umvelt », cet environnement sémiotique… peut conforter, désinhiber, motiver certains esprits qui passent alors du verbe à l’acte, parce qu’ils se sentent, intellectuellement, psychologiquement, moralement « autorisés » à le faire. Cela conduit à ce que Gilles KEPEL, dans un récent article du journal Le Monde appelle un « djihadisme d’atmosphère ».
Dès lors, faut-il interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux ; modérer en amont, avant mise en ligne, les posts des internautes ; contraindre les hébergeurs à se plier aux règles qui prévalent dans le monde de l’édition ? Et peut-on le faire dans un seul pays, quand les GAFA qui sont des entreprises mondiales, s’exonèrent en partie des règles de la fiscalité propres à chacun des états où elles ont une activité (2)?
Les tenants de l’anonymat arguent que sa remise en cause serait une atteinte à la liberté d’expression. Porte-drapeaux d’un individualisme néo-libéral, ils érigent les réseaux sociaux en instruments d’une démocratie post moderne, une agora numérique ouverte à tous et tout le temps. Une sorte d’utopie libertaire derrière laquelle se dissimule un modèle économique propre à ce secteur d’activité. « Si c’est gratuit, tu es le produit » comme le dit l’adage. De plus, l’anonymat ne saurait à leurs yeux être un problème, il est purement virtuel, les adresses IP peuvent en effet être tracées, et les auteurs de propos ou de vidéos illégaux, identifiés. C’est exactement ce que préconise le Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, qui porte le projet d’un « Digital service act », (DSA). Cette nouvelle législation européenne entend préserver l’anonymat ou le pseudonyme sur les réseaux sociaux mais donner plus de responsabilités aux hébergeurs qui pourraient être financièrement sanctionnés en cas de manquement à leurs obligations. En gros, ce qui est interdit « off line », doit l’être « on line ».
Il s’agit pour l’Europe et pour d’autres, de tenir une ligne de crête entre les impératifs du marché et un meilleur contrôle des contenus afin de remettre dans le droit commun cet espace informationnel. Mais cette approche évite soigneusement la question du temps. La recherche d’un auteur peut en effet prendre un certain temps, celui de l’acte technique d’abord, mais aussi celui de la justice, quand elle est amenée à ordonner pareilles investigations et à leur donner une suite appropriée. Le contrôle à posteriori ressemble à un coup d’épée dans l’eau, dès lors que la viralité a eu le temps de faire son œuvre et répandant un peu partout dans le monde des contenus, sans auteur ni origine ! Il peut dans le meilleur des cas permettre de poursuivre l’auteur de contenus délictueux, mais pas de les effacer des esprits. Mais en amont, avant mise en ligne, ne peut-on pas intervenir, modérer les publications par exemple ? Se posent alors une seule question : qui en sera chargé ? Les services de l’état ? Les GAFA (3) elle-même ? Clairement, l’état n’en a pas les moyens humains. Il ne faut pas compter sur le CSA qui peine déjà à la tâche, pas plus sur la Commission informatique et libertés, et ne parlons pas des GAFA… Ce sont des entreprises industrielles et commerciales qui cherchent à maximiser leurs profits et donc à réduire leurs coûts de fonctionnement. Du coup, vouloir comme certains le préconisent transformer des hébergeurs en diffuseurs, donc soumettre les réseaux au droit de la presse perd une grande partie de son sens. Les journalistes savent bien qu’informer c’est choisir. Tout ce que ne veulent pas, ne peuvent pas faire les GAFA dont le modèle économique s’accommoderait mal d’un contingentement drastique des messages.
Mais allons au bout de cette hypothèse : l’intelligence artificielle, (IA) pourrait-elle assurer ce travail de veille et de tri ? Bien sûr, elle y contribue déjà, à hauteur de ses capacités. Trois millions de messages sont annuellement retirés des réseaux. Une paille dans cet univers informationnel où circulent des milliards de messages. De plus, l’IA a ses limites : un sein nu sur un tableau de maître a pu être interprété comme une œuvre pornographique. Anecdotique, mais révélateur cependant du chemin qui reste à parcourir pour atteindre une efficacité sans faille. Sommes-nous certains de disposer de ce temps-là ?
Lever l’anonymat, obliger les internautes à justifier de leur identité pour ouvrir un compte aurait un grand mérite : mettre chacun devant ses responsabilités, l’empêcher de se dissimuler derrière un pseudo, brider en lui ses pulsions les moins avouables. Cela permettrait de réduire considérablement les torrents de boue et de haine que charrient à tout instant les réseaux internet et donc de soulager un tant soit peu l’atmosphère. Cela permettrait aussi de mieux contrôler les trolls, produits dans de véritables fermes installées majoritairement dans les pays de l’est, en Russie notamment.
Supprimer l’anonymat serait-il alors une atteinte à la liberté d’expression ? Certainement pas. Rappelons que cette liberté d’expression qui nous est si chère, est depuis longtemps fortement encadrée par différentes lois (4). On ne peut pas écrire ou dire n’importe quoi, qui serait diffamatoire ou apologétique du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme ou du meurtre…
Les réseaux nous ouvrent des espaces de liberté et de créativité, inédits dans l’histoire de l’humanité. Pour autant, ils ne doivent pas ignorer les constructions juridiques qui nous ont permis de faire société et qui reposent aussi sur le principe de responsabilité de l’individu et du citoyen. Certaines voix craignent enfin que la mise en place d’une telle réglementation soit une intrusion intolérable dans la vie privée des internautes. Mais posséder un smartphone, une carte bleue, un GPS ou tout autre objet connecté, expose tout autant, sinon plus, l’individu qui voudrait se fondre dans la nature. L’utilisation des outils numériques est quelque part l’acceptation d’une perte partielle de son anonymat.
L’Europe, on l’a vu plus haut, tente de légiférer dans cet univers numérique qui semble avoir pris sa propre autonomie, sous l’impulsion de ses créateurs, devenus des géants tout puissants, des entreprises systémiques qui ne veulent pas s’en laisser compter, même si, ici ou là, elles acceptent ponctuellement de coopérer. Le Commissaire européen au marché intérieur nous annonce le « Digital markets act » (DMA), une législation pour protéger le marché intérieur en l’ouvrant à d’autres opérateurs.
Que retenir de ces quelques considérations ? La protection et d’ouverture à la concurrence des marchés liés au numérique est un objectif affiché par l’UE. Il y va en effet de l’émergence d’entreprises nouvelles et européennes, susceptibles de présenter une alternative à l’offre des GAFA. La question du contrôle des contenus déversés par les réseaux sociaux est maintenant clairement posée. Si en France et en Europe, voire au-delà, tout le monde s’accorde à dire « que cela ne peut plus durer », les opinions divergent sur les moyens d’y parvenir. Les politiques ont encore la main qui tremble. Qui peut certifier que le renforcement des moyens de la plateforme Pharos, qui recueille les signalements de contenus suspects et la création d’un pôle spécifique au Parquet de Paris, suffiront à endiguer la marée montante ? Ne faut-il pas s’orienter vers un dispositif qui ferait la balance entre responsabilité individuelle de l’internaute, obligation faite aux hébergeurs et instances de contrôle de la puissance publique ?
Plusieurs lois encadrent les réseaux sociaux. Dernièrement la loi Avia, du nom de la députée, Laetitia Avia, visant à lutter contre les contenus haineux, a été censurée par le Conseil constitutionnel. Cette loi ne levait pas l’anonymat, mais aux yeux de la haute juridiction elle imposait aux hébergeurs des délais trop courts pour le retrait de contenus illicites. Par ailleurs le Conseil s’était inquiété de laisser à la seule administration la détermination des contenus illicites.
Elles sont deux fois moins imposées en moyenne que les autres entreprises. La France a voté en 2019, sa propre taxe GAFA, mais l’Europe ne parvient pas à un consensus sur la question où l’unanimité est requise.
GAFA : Google, Apple, Facebook, Amazon
La liberté de la presse dans les régimes démocratiques repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Consacrée en France par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 et la loi du 29 juillet 1881 qui en grave dans le marbre les grands principes.
Un professeur d’histoire assassiné, décapité en pleine rue dans une de nos belles provinces françaises par un jeune fanatique musulman, venu semble-t-il de Tchétchénie se réfugier au pays de Voltaire. La funeste chronique s’allonge. Au couteau, au marteau, à la feuille de boucher, les tueurs vont désormais au plus simple, ce qui, sauf notable exception, leur permet de passer sous les radars de la police. Comment prévoir en effet un geste meurtrier qui n’a besoin d’aucun réseau, d’aucune planque, d’aucune logistique ? C’est quasiment mission impossible pour les enquêteurs. Le fascisme islamiste a trouvé l’arme fatale : le fanatique qui fait don de sa personne à sa cause. Revendiqué par vidéo sur internet, le meurtre apparaît pour ce qu’il est : une abomination et une énième attaque contre les valeurs de la République.
Car ne nous y trompons pas. En frappant un professeur, c’est toute la communauté enseignante qui est visée, c’est le cœur de notre système qu’on cherche à atteindre. Ces femmes et ces hommes, ces hussards de la République comme on disait naguère, qui génération après génération nous donnent le savoir, et l’esprit critique, ont fait de nous et font de nos enfants des citoyens libres et responsables. C’est cette liberté, de penser, de croire ou de ne pas croire qui dérange les obscurantistes de tout poil et en particulier les fous d’Allah. Derrière ces attentats, derrière ces meurtres, il y a la volonté d’en découdre avec notre identité, de nous faire reculer sur nos principes, de mettre à mal notre pacte républicain qui s’appelle laïcité.
Il y a longtemps déjà, que tel le ver dans le fruit, le radicalisme religieux pourrit notre société. C’est vrai dans les quartiers où il importe, souvent sur fond de trafics de drogue, une charia de contrebande ; c’est vrai dans la sphère publique qu’il voudrait plier à ses dogmes ; c’est vrai de l’école où il voit un ennemi responsable de l’émancipation des individus et des femmes en particulier ; c’est vrai de la presse qu’il voudrait mettre au pas. Cet islamisme est en guerre contre nous et bénéficie parfois de la bienveillance aveugle, quand ce n’est pas de la complicité passive de certains de nos concitoyens, organisés ou pas.
Il ne suffira pas du travail de la police qui nous a pourtant épargné d’autres bains de sang, il ne suffira pas des mesures d’accompagnement du corps enseignant, du soutien à la presse, de quelques marches blanches aussi respectables soient-elles. Il faut une mobilisation de toute la société, une unité sans faille pour s’opposer partout, au quotidien, chacun à son niveau, à ce fascisme religieux. C’est une mobilisation qui ne souffre aucun répit, aucune tergiversation. Dans l’immédiat et pour dire notre colère et notre détermination, nous pourrions, partout en France, chez soi, dans la rue, nous arrêter pour une minute de silence ou pour chanter une Marseillaise. En hommage à ce prof et à toutes celles et à tous ceux qui ne baissent pas les bras. Je les en remercie, car je veux pouvoir, comme le fit Arthur Rimbaud, écrire encore « Merde à dieu » et me marrer de voir Mahomet à poil dans le kiosque au coin de ma rue.