La commune de Paris. Documentaire

Le film qui suit, co produit par Médiapart avec France5 fait un récit contextualisé de la Commune de Paris. 150 ans après, on n’a tendance à retenir de ces quelques mois que les images spectaculaires, dramatiques, ou les récits militants. Le documentaire de Medhi Lallaoui va plus loin, plus profond que les clichés. Il est, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, comme pour ceux qui, comme moi se sentent un peu héritiers de la Commune, un travail de la première importance. https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/culture-idees/sur-les-traces-de-la-commune-de-paris-1871?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

Il y a 150 ans: la Commune de Paris

https://moissacinfos.fr/wp-content/uploads/2021/03/commune-de-paris.pdf

Moissac: l’ordre nouveau

La mairie RN de Moissac fait le ménage. Après le démantèlement du CCAS qui constitue une véritable reprise en main, elle s’attaque à la culture. Le Festival des voix, qui était un temps fort de la saison culturelle vient d’être supprimé, rayé du calendrier sans autre forme de procès, et le Conseil municipal mis devant le fait accompli. Chez ces gens-là on ne débat pas. On tranche… dans le vif !  Pour faire bonne mesure, le maire a annoncé sur Facebook qu’il récupère la programmation des spectacles jusqu’à présent confiée à l’association Moissac culture vibrations (MCV). Il ne reste donc plus à l’association que les yeux pour pleurer et aux Moissagais d’attendre le bon vouloir du prince.

C’est toujours ainsi que les populistes, les autoritaires au petit pied procèdent : s’attaquer à la culture, à ceux qui la font et la font vivre. La compagnie « Arène théâtre » a été la première à en faire les frais. La culture représente une liberté, une ouverture aux autres, une force de subversion que l’extrême droite déteste, dont elle a peur. Ces gens-là ne la tolèrent que soumise, peureuse, porte-voix de leur idéologie. Le RN municipal, comme d’autres autoritarismes à travers l’histoire, sait ce qui est bon pour le peuple. Surtout ne pas le laisser s’égarer, penser en dehors des clous, s’autoriser le vagabondage intellectuel. Bref, lui interdire le sel de la vie !  

La mise au pas de toute ambition culturelle aura d’autres conséquences pour la ville. Outre que ce choix politique ne va guère encourager la créativité locale, l’émergence de jeunes talents qui ont besoin de se frotter au travail de leurs ainés, ce sont l’image, le rayonnement de Moissac qui vont pâlir à proportion. Comment dès lors donner envie de Moissac, amener la jeunesse instruite à rester, attirer de nouveaux habitants, encourager les entreprises à investir sur notre territoire ? Le développement économique, la prospérité d’une ville reposent, on le voit un peu partout en France, sur sa capacité à offrir le meilleur environnement intellectuel et culturel. Moissac n’en prend pas le chemin.

Le grand ménage touche aussi le personnel municipal. Jean Marc Fuentes qui présidait aux destinées des spectacles et du festival de Moissac, a rendu son tablier. D’autres ont fait de même, à commencer par le Directeur des services techniques et son adjoint. La directrice des ressources humaines a également quitté le navire. Plusieurs services municipaux ont vu depuis quelques mois, leurs effectifs diminuer, suite à des non renouvellement de contrats. C’est vrai à la communication, à la politique de la ville, au patrimoine… Ça déboise !

Et gare aux récalcitrants. Le maire qui mélange en permanence sa fonction officielle et sa position de militant frontiste n’hésite pas à faire la leçon aux agents municipaux ou même aux parents d’élèves. Dernière sortie en date le respect des horaires d’accueil dans les centres de loisirs. Une règle dont l’édile moissagais s’affranchit allègrement quand ses enfants sont concernés. Mais il ne fait pas bon de le faire remarquer. Pour un simple mot d’une animatrice, la responsable du service jeunesse a eu droit à une admonestation courroucée du maire-papa.    

                                                                                                                                                                                                                                                         

                                                                                                                                                                                                                                                            

J.M. Baylet accusé de viol sur mineur

Le récit de Médiapart est glaçant. ( Cliquez ici pour le découvrir dans son intégralité.)

Le témoignage de la victime, 12 ans alors, qui raconte par le menu ses jeunes années aux côtés de celui qu’elle appelait son « tonton », la description d’une époque, les années 80 et d’un milieu social travaillé par toutes les représentations de la JET SET nous renvoie inévitablement à d’autres histoires qui ont fait l’actualité de ces dernières semaines. Derrière tout cela, il y a la responsabilité des parents, des proches dont l’aveuglement est coupable, forcément coupable comme aurait dit Marguerite Duras. Il y a aussi la situation de l’enfant prisonnier d’affects contradictoires, contraint en quelque sorte à jouer le jeu des conventions sociales et de la respectabilité familiale, pris comme le lapin dans les phares, dans un faisceau d’intérêts dont il ne peut mesurer, pour lui, pour elle, les conséquences dévastatrices. C’est bien plus tard, toutes les affaires similaires le confirment, que l’enfant, devenu adulte parvient, après des années de souffrances atroces et indicibles, à mettre des mots sur ces initiations forcées, parce que jamais consenties. On lira à ce sujet l’excellent article du quotidien Le Monde qui explique comment nos société ont toléré la pédophilie, allant jusqu’à transformer les petites victimes en monstres diaboliques. Lire « Inceste, pédocriminalité: de l’enfant coupable à l’enfant victime, la lente reconnaissance du non-consentement »

Et puis, il y a les prédateurs qui se défendent comme ils peuvent. JMB parle de complot politique, d’autres de règlement de comptes au sein de la cellule familiale. Piètres lignes de défense que construisent la plupart de ces personnages dont la sollicitude, les gentillesses (le gentil toton) masquent très souvent un appétit insatiable de sexe et de pouvoir, et par dessus tout le sentiment inébranlable d’impunité! Car on le sait aujourd’hui, toutes les études le disent: l’enfant n’est pas consentant, il ne peut pas l’être, il est sous influence.

« J’ai formellement contesté ces allégations mensongères et apporté toutes les précisions nécessaires à la recherche de la vérité ». a aussitôt répliqué JM Baylet. Il est ressorti libre, les faits, 41 ans après, sont en effet prescrits. Mais la justice veut savoir s’il n’existe pas d’autres victimes, silencieuses jusque-là. En 2002, c’est une toute autre victime qui fait parler d’elle dans les médias. La scène se passe dans l’imposante maison familiale de Valence d’Agen. Son attachée parlementaire, qui est aussi sa maîtresse de l’heure, le rejoint nuitamment. Leur relation est aux dires de la jeune femme, chaotique, émaillée de ruptures et de réconciliations sur l’oreiller. Cette nuit- là, « se sentant trahi » il lui demande d’écrire sa lettre de démission, puis la frappe au visage et finalement la jette toute nue dans les rues de la ville. L’éconduite porte plainte aussitôt, puis accepte une transaction, un dédommagement pour le préjudice subi. Les poursuites sont aussitôt levées, l’affaire étouffée n’émeut guère la bonne ville de Valence d’Agen, habituée aux « frasques » du « patron ».

L’homme est puissant et se plait à le montrer et à le faire savoir. Ancien ministre, ancien député, ancien sénateur, ancien président du Conseil général, président de la Communauté de communes, maire, il est jusqu’à la caricature la figure du notable. Il est de tous les réseaux d’influence. Franc-maçon, comme son père, J.M. Baylet est aussi un patron de presse. Le journal radical, dans lequel écrivit Jean Jaurès, est devenu sous la férule familiale, de sa mère en particulier, un puissant groupe média qui en Occitanie a fait et défait bien des carrières politiques. 

Pour l’instant, difficile de dire quelles conséquences auront ces révélations. Mais, coïncidence ou pas, le maire de Valence d’Agen a annoncé à ses amis du PRG réunis à Pommevic, qu’il ne se présenterait pas aux élections départementales, lui qui rêvait de reprendre le « Château », où siège le conseil départemental.

CCAS: on démantèle

Le rapport d’orientation budgétaire (ROB) pour 2021 est clair. Le CCAS va concentrer ses moyens sur les Ainés de la commune (aide et accompagnement au domicile, interventions 7 jours sur 7 dans le cadre du maintien à domicile, développement de l’aide à la mobilité…) Ainsi la mairie qui envisage de porter sa subvention d’équilibre au CCAS à 735 000 euros (658 000 en 2020) va récupérer l’accompagnement au logement, l’accompagnement des publics les plus défavorisé, le programme de réussite éducative… En clair, il ne restera au CCAS qui emploie à ce jour 60 agents titulaires dont 18 à temps complet, guère plus que le pôle Séniors.

Officiellement, il s’agit de maîtriser les charges dans un contexte d’augmentation permanente et de déficit des principaux services à l’exception du pôle sénior dont les efforts de gestion sont soulignés dans le ROB. En fait, la mairie veut reprendre la main sur des secteurs où elle veut pouvoir imposer sa marque et où les difficultés de gestion se sont multipliées : difficultés de remplacement, absentéisme… En 2020, le CCAS a connu une grave crise sociale, suivi d’un audit qui dans le cadre des missions en place préconisait une réflexion sur la politique RH de la structure. La mairie RN en a décidé autrement. Tout en affichant sa volonté de travailler sur la formation professionnelle, la prévention des risques et la gestion prévisionnelle des emplois, elle s’attaque directement au périmètre d’action du CCAS. Elle démantèle, elle va opérer ce qu’elle appelle des transferts de compétence et la mutualisation des services, à tel point que le poste de directeur (directrice) n’aura dès lors plus de raison d’être.

Pour justifier ce changement de cap, la mairie met en avant la situation de la commune : vieillissement de la population où les plus de 60 ans sont en deux ans passés de 27 à 31% ce qui aurait généré une importante hausse des frais de fonctionnement. A noter qu’à Moissac, les plus de 75 ans représentent 18% de la population. Pas de doute, le maire met en œuvre ses choix de campagne. Il voulait donner la priorité aux séniors. En voilà une traduction concrète. Et un signal d’alarme pour le reste de la population, les jeunes en particulier,  qui ont déjà bien du mal à trouver leur place au sein de la communauté moissagaise.