Les Talibans sont de retour en Afghanistan. A peine le retrait américain était-il engagé, qu’ils passaient à l’offensive, reprenant sans quasiment coups férir la totalité du territoire. Kaboul dont les experts disaient qu’elle serait le dernier bastion du gouvernement en place est tombée comme un fruit mûr. Le président du pays avait pris ses précautions, fuyant piteusement dans un des émirats du golfe. On connait la suite. Les hélicoptères de l’armée américaine qui tentent de récupérer les occidentaux en panique, Des centaines d’Afghans, candidats au départ qui s’accrochent aux avions sur le tarmac de l’aéroport. Un air de déjà vu. C’était à Saïgon au siècle dernier!
La France avait anticipé autant que faire se peut cette victoire des fondamentalistes. Voilà des semaines que des avions commerciaux ou militaires rapatrient nos compatriotes, mais aussi tous les afghans ou afghanes, au total plus de 1400, qui avaient travaillé pour nos troupes ou nos institutions éducatives ou culturelles. La France n’est donc pas restée inerte, soucieuse de ne pas reproduire le comportement indigne qu’elle eut avec les harkis pendant la guerre d’Algérie.
Pour autant, les contempteurs de Macron tentent de le mordre au mollet, décrétant que la France a vocation à accueillir toutes celles et ceux qui veulent tenter leur chance en Europe.
Voilà le gouvernement sommé d’ouvrir grand ses frontières, sans même prendre le temps de se concerter avec ses voisins, l’Allemagne entre autre qui n’a pas oublié l’épisode des réfugiés syriens en 2015. Cette gauche tricolore, une certaine gauche, toujours en retard d’une guerre, toujours en mal d’une cause, chicane même le président sur son vocabulaire. Parler de « flux migratoires » serait bien la preuve de l’inhumanité de Macron, » le banquier, le président des riches ». Faudrait-il alors mettre dans le même sac le président de l’association « Action contre la faim », qui sur cette même question s’autorisait dans une interview à France Inter les mêmes mots?
Décidément ce pays a besoin de polémiques aussi ineptes qu’improductives. En ce qui concerne l’Afghanistan, notre engagement passé nous impose d’aider toutes celles et tous ceux, intellectuels, artistes, enseignants, et principalement les femmes, qui ont de bonnes raisons de se sentir menacés par les obscurantistes de tous poils. Mais l’accueil de réfugiés, n’en déplaise à certains maires soucieux d’afficher sans frais leur générosité, suppose des dispositifs complexes. Et ils le savent bien. En premier lieu, l’accés à un logement. Difficile en ces temps de pénurie de logements sociaux! L’apprentissage de la langue, la formation professionnelle s’avèrent aussi nécessaires pour trouver un emploi. Faute de quoi on condamnerait ces migrants à une errance sociale dont on connait les effets délétères y compris dans les zones « d’accueil ». On doit donc sur ces questions agir avec discernement. Choisir le camp de la raison plutôt que celui de l’émotion! Surtout quand elle est grosse d’arrières pensées!
Mais il faut une certaine dose d’inconscience pour piquer une tête dans un tel bouillon de culture. Depuis quelques jours les algues prolifèrent à foison, tandis que les berges s’ourlent d’une mousse à l’origine indéfinie faute d’analyse un peu sérieuse.