A Castelsarrasin, le RN a finalement investi Cyril Jannic, policier à Valence d’Agen et gendarme de réserve. Là aussi, ça trainait, là aussi on se demandait ce qui pouvait bien se passer. On imaginait un calcul tactique, une opération savante, un coup politique de dernière minute… Il ne fallait pas. La vérité, comme toujours, est plus simple, plus triviale. L’homme pressenti pour conduire les troupes RN posait un gros problème. Un problème qui met le parti d’extrême droite dans un état proche de la sidération et qui pourrait mettre un coup d’arrêt à la carrière de Marine Le Pen. L’homme, Marc de Vergnette, est assistant parlementaire de la députée européenne Anne-Sophie Frigout.
On voit le tableau. En plein procès sur ces assistants parlementaires qui ont servi à détourner l’argent public au profit de leur parti, un autre, encore un, allait passer ses jours à faire campagne en Tarn et Garonne, payé bien entendu par les contribuables de l’UE. Ça fait plus que désordre. C’est de la provocation à l’état pur et on imagine ce que les magistrats auraient pensé d’un tel pied de nez.
Décidément, le RN n’est pas fortiche dans la gestion des ressources humaines. Au sein de ses organisations, comme dans les municipalités qu’il dirige, il fait montre d’une légèreté préoccupante quand ce n’est pas comme à Moissac, d’un autoritarisme dont les fonctionnaires territoriaux ont fait les frais. On attend avec gourmandise de connaître à Castelsarrasin comme à Moissac les candidats que le RN aura trouvés, alors que le parti avance masqué. Pas de logo, pas de référence à Le Pen ou à Bardella. Juste le candidat et un slogan ! Tant de modestie confond !