Le dahu de la municipale


La confiture ça dégouline, ça colle aux doigts. Pris la main dans le pot, le RN ne sait plus comment s’en sortir. Marine Le Pen a bien tenté, devant ses juges de faire amende honorable, d’en rabattre sur sa morgue coutumière, mais en vain. L’avocat général de la Cour d’appel ne s’est pas laissé berner par le repentir tartuffe des cadres du parti. Cela obscurcit l’avenir de la patronne qui en juin prochain devrait être fixée sur son sort.

Pour autant, son poulain, Jordan Bardella, voit bien que même pour lui, le ciel n’est pas sans nuage. Une condamnation lourde de la direction du RN en ferait l’héritier d’un système corrompu. Nul doute que ses adversaires politiques, et ils auraient bien raison, ne manqueraient pas l’occasion de l’obliger à s’expliquer, voire à se repentir…

Cette perspective n’est pas sans conséquences immédiates. Voici le RN contraint à une modestie qui confine à l’effacement. Quand fleurissent un peu partout les listes citoyennes, les listes des partis politiques, de droite comme de gauche, le RN donne l’impression de s’être absenté, d’avoir déserté le pré politique, y compris dans notre département que le maire de Moissac, il y a quelques temps encore, rêvait d’ajouter à ses trophées. Ne pas sortir du bois, se faire attendre, si ce n’est désirer ! Tactique ou pas, ses supporters feignent de ne pas s’inquiéter de ce qui ressemble à un trou d’air, jurent même « que c’est tactique, qu’il n’a, contrairement à ses adversaires, rien à prouver » 

Diantre ! Mais a-t-il quelque chose à défendre. Son bilan ?  Inconsistant, qui sur l’immigration, la sécurité, la santé, la culture brille par sa vacuité. Voilà qui pourrait expliquer cette tactique de l’esquive. Ne pas s’exposer, ne pas affronter, en tout cas le plus tard possible, les questions et les débats. Laisser les adversaires s’étriller. Réduire la confrontation démocratique à peau de chagrin. N’a-t-il pas, ce qui à Moissac est une première depuis l’avènement de la République, interdit les préaux d’école aux candidats ! Privé les quartiers de ces débats du soir qui sont le sel de la démocratie ! Et que reste -t-il de l’affichage libre ? Quelques malheureux panneaux ! 

Embarras, on l’a compris, suffisance et mépris, voilà ce que tout ça raconte. Suffisance à se croire dispensé de descendre comme les autres dans l’arène. Mépris aussi pour des électeurs qui plébiscitent pourtant l’élection municipale. Mais ces postures cacheraient-elles une difficulté, bien concrète celle-là ? Le candidat fantôme, le dahu dont tout le monde parle et que personne n’a encore vu, semble avoir du mal à boucler son tour de table. Le voilà donc parti à la pêche et les informés murmurent qu’il aurait ramené dans ses filets quelques anciens élus, un arboriculteur,  un employé de banque et quelques autres qui firent les riches heures de la droite moissagaise.

On verra bien. Les listes doivent être déposées en Préfecture avant le 26 février. Il restera alors une quinzaine de jours pour la campagne officielle.  Bien peu pour éclairer l’électeur!

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