La venue de Bardella à Moissac se solde par un bilan chagrin. Certes la France entière connaît, si ce n’était pas encore le cas, le nom de Moissac. Mais qu’a-t-elle retenu de cet épisode ? Ce que les medias et le RN ont bien voulu lui livrer.
En premier lieu, le coup de l’œuf. « Une agression » pour reprendre la phraséologie du RN. La droite s’est aussitôt emparée de l’incident, faisant assaut de communiqués indignés, de condamnations définitives, sommant au passage la gauche de prendre position. Ce qu’elle n’a pas fait.
Depuis deux jours, les chaînes d’infos en continu, mais aussi une partie de la presse écrite reprennent en boucle les circonstances de l’incident pour gloser, débattre jusqu’à plus soif sur la sécurité, sur la protection des responsables, sur la violence en politique, installant le RN, qui n’y voit que des avantages, dans le rôle de la victime innocente.
On avance ainsi à front renversé, c’est le cas de le dire. Le champion de l’omelette Bardella mesure-t-il le service rendu au RN ? Ne voit-il pas que son geste fédère et élargit cet électorat déjà puissamment installé en nos contrées ? Communistes, CGT, quelques voix socialistes, sans oublier toute l’extrême gauche, avaient appelé à manifester, à s’opposer à la venue de Bardella, ce que résumait parfaitement un de leurs slogans : « Bardella casse-toi ! ». Dire qu’on n’est pas d’accord est certes un droit démocratique. Mais les medias n’ont retenu de la séquence que l’incident, faisant souvent l’amalgame entre l’œuf et la manif. Faut-il aujourd’hui s’en étonner ?
Voilà les gauches en vrac et indistinctement l’objet d’un procès en totalitarisme, accusées de faire litière des règles démocratiques, suspectes d’encourager la sédition œuvée ou pas. Cela s’inscrit dans la détestable campagne de la droite réactionnaire, des medias Bolloré et consorts contre le Service public de l’audiovisuel, mais aussi contre les efforts de l’Etat pour réguler les réseaux sociaux dont pourtant on mesure chaque jour l’effet dévastateur, en particulier chez les adolescents.
Et puis faut-il le signaler, nous sommes à trois mois d’une élection municipale. On en connaît l’importance, singulièrement à Moissac. Raison de plus pour ne pas prêter le flanc à la critique, pour être à la hauteur des situations et du moment. Il n’est pas interdit de mesurer la portée de ses actes.
Contre vents et marées, L’UCM s’y emploie. L’Union citoyenne moissagaise et sa candidate Séverine Laurent ont choisi de concentrer leurs efforts sur cette élection. De préparer avec sérieux et efficacité ce grand rendez-vous démocratique. La dénonciation du RN, son affaiblissement, son effacement supposent de gagner la confiance des électeurs tant au plan idéologique que politique. Il n’y a pas d’autre voie pour reprendre le terrain conquis par l’extrême droite.