Un œuf vient d’offrir à Moissac son quart d’heure de célébrité. La presse dans un même élan a raconté le coup de l’œuf, écrasé par un « enragé » de 74 ans sur le chef de J. Bardella tout occupé à signer sa dernière contribution au rayonnement de la littérature française. Mais, une petite toilette achevée, le président du RN s’est remis à la tâche, après avoir annoncé son intention de porter plainte.
Immédiatement, les caciques du RN ont rivalisé de communiqués outragés, pour dénoncer la « lâche agression de la gauche » Une indignation calculée, visant à occuper l’espace médiatique en se victimisant. Il n’y a pas de petits bénéfices.
Présent bien évidemment sur les lieux, le maire de Moissac, connaisseur, a apprécié la situation. Lui qui retarde au maximum son entrée en campagne, consigne a été donnée de ne pas parler à la presse des municipales, sait bien tout l’intérêt qu’il peut tirer de l’événement. Il a aussitôt pris la balle au bond. Dans un message sur X, estimant « que cette agression… n’effacera pas le succès populaire de la séance de dédicaces à Moissac… » .
Des jeunes venus en nombre, des plus âgés qui ont battu la semelle sans broncher depuis tôt le matin. Tout ce beau monde a attendu, derrière les barrières, docilement, presque religieusement que la voie soit ouverte pour enfin toucher au graal, approcher le favori des sondages. Et pendant ce temps, à deux pas d’eux, séparés par un dispositif policier à hauteur de la situation, l’extrême gauche et une partie de la gauche cherchait à se montrer et à se faire entendre.
En effet, les réseaux sociaux avaient par avance dénoncé cette campagne de promotion, appelant depuis quelques jours à la mobilisation. Ainsi donc en cours d’après-midi, ils étaient une centaine, activistes de divers mouvements à crier, banderole à l’appui : « Bardella casse-toi ». Le cortège malgré tout un peu épars, a parcouru les rues de la ville, histoire d’occuper symboliquement le terrain, et de ne pas laisser le champ libre à l’extrême droite qui depuis 2020 à Moissac, se sent chez elle.
La journée s’est fort heureusement déroulée sans violence. Mais il y a gros à parier qu’elle n’aura pas changé grand-chose dans le paysage politique de Moissac. Le maire sait pouvoir compter sur ses soutiens, sans avoir effacé pour autant la pitoyable séquence de l’abbatiale (voir plus bas) au cours de laquelle il a gravement manqué à ses devoirs. Ses opposants seraient bien avisés de se retrouver pour préparer ensemble, comme le propose depuis le début l’Union citoyenne moissagaise et Séverine Laurent, sa candidate, l’élection de mars 2026, seule manière démocratique d’en finir avec le RN à Moissac.