
L’UCM, l’Union citoyenne moissagaise qui présente la candidature de Séverine Laurent à la mairie de Moissac, organisait samedi 11 octobre dans les salles du Moulin un forum citoyen. Le premier du genre dans cette ville qui ne sait plus ce qu’est la démocratie locale et qui commence à suffoquer tant la gestion du Rassemblement national la prive d’oxygène, l’enferme dans ses obsessions maladives.
Il en est ainsi de l’immigration que le RN dénonce avec des cris d’orfraie et dont ici, il s’accommode sournoisement, détournant le regard pour se focaliser sur un discours sécuritaire censé faire avaler la potion amère à certaines de ses ouailles.
L’immigration est, n’en déplaise à certains, une réalité économique et démographique. Moissac a besoin de bras, Moissac a besoin de jeunes. Tout ce que ne parvient pas à lui procurer la population moissagaise vieillissante! Dès lors, la seule question qui vaille est comment on accueille ces Roms, de nationalité bulgare, membres de plein droit de notre Communauté européenne. Comment on leur permet de s’intégrer, de faire société avec ces Moissagais issus eux aussi de siècles d’immigration. L’UCM a voulu entendre les Moissagais mais aussi les Roms qui sont venus, pour la première fois, à la rencontre de leurs voisins de palier, de rue ou de quartier.
Lire: Des Roms qui se rêvent Moissagais.
La grande salle du Moulin ressemblait à une ruche, où de tables en tables, des dizaines de Moissagais ont butiné ici une information, là un avis, donnant au passage leur sentiment. Une après midi entière, chauffée par un soleil généreux, des conversations nourries mais apaisées, sur l’urbanisme, la culture, la santé, l’école, la sécurité… Après un séminaire militant, une enquête et ce Forum ouvert à tous, l’UCM veut faire des Moissagais les acteurs de leur devenir. Avec eux, elle écrit un programme électoral, trace des perspectives pour la ville dont nos concitoyens pourront prendre connaissance d’ici la fin de l’année.

A se rencontrer ainsi, en dehors des contingences, des assignations à se revendiquer d’un camp, d’ un drapeau dont les couleurs ne résistent pas longtemps aux egos boursouflés, et aux pronunciamentos d’opérette, il y avait ce samedi quelque chose de réconfortant, comme une une parenthèse enchantée dont nous étions nombreux à souhaiter la poursuite. Et dans ce monde qui turbule à tout va, qui oublie que le changement climatique n’est pas une chimère, mais bien un danger pour notre humanité, pour les mondes animal et végétal, nous ne pouvions fermer les yeux « sur la maison qui brûle » . Nous nous sommes donc interrogés collectivement sur les adaptations à entreprendre. Changer la ville pour le bien-être des Moissagais.