En mars 2026 Séverine Laurent représentera la meilleure chance, sauf si de rances ambitions venaient à se réveiller d’ici là, de battre le maire RN de Moissac. Ce dernier a compris qu’il se passait quelque chose de sérieux et qu’il était temps pour lui de reprendre l’étendard. Voilà donc que dans la dernière livraison du magazine municipal, l’édile s’efface déjà derrière le candidat, même si certains, à coup sûr en service commandé, laissent dire que le sortant pourrait caresser d’autres ambitions. Il ne faut rien en croire ! Le RN doit consolider ses implantations locales, alors que les condamnations de sa cheffe et de sa camarilla, en première instance, pour détournement de fonds publics, ont fortement écorné son image, et semé le doute dans ses chapelles militantes.
Un deuxième mandat ne serait pas pour déplaire à Romain Lopez qui n’a pas su, ou pas voulu, c’est plus probable, laisser au vestiaire sa défroque de militant, mais dont certains de ses proches se plaignent à mots couverts de l’autoritarisme têtu. Certes, on est encore loin du tremblement de terre, du « pu-putch » que raillait l’ancêtre de Montretout. Mais comme en politique, on craint moins ses ennemis que ses amis, il faut neutraliser toutes les velléités dissidentes et donner du grain à moudre à son électorat. D’où ce titre en couverture de la dernière livraison du magazine de Moissac, pur jus de rhétorique d’extrême droite : « la tolérance zéro porte ses fruits ». A qui veut-il faire gober ce gros mensonge ? Il y a peu la gendarmerie publiait ses statistiques d’où il ressort que sur 4 ans de mandat (2020-2023), le RN n’a pas fait bouger les lignes, bien au contraire.
Le tableau qu’on peut consulter en cliquant ici…
étaye le propos. Les statistiques de l’Etat indiquent clairement que la situation à Moissac s’est dégradée. Et pas qu’un peu ! Quant aux chiffres pour la seule année 2024 que publie la mairie, on n’en trouve pas l’origine. Une fois encore le maire tord sans vergogne le cou à la vérité, persuadé comme le fait si bien Trump que plus le mensonge est gros, plus il apparaît incontestable. Alors qu’il prend la pose, pleine page, avec deux policiers municipaux, le maire s’affirme aujourd’hui comme un adepte de la « post vérité ».
Cette populiste inclination transpire dans chacune des pages de ce magazine de propagande. Il serait fastidieux d’en faire la recension exhaustive, bien que la question de la fiscalité et du budget municipal mérite qu’on s’attarde quelques instants. En 2025, nous dit Moissac magazine, les impôts baissent, les investissements progressent, la dette et les charges diminuent et les associations profitent. « Le monde n’a jamais manqué de Charlatans : Cette science, de tout temps Fut en Professeurs très fertile » disait Jean de Lafontaine. Mais n’accablons pas notre faiseur de miracles, La taxe foncière a effectivement baissé à Moissac, sur la part communale, de 0,5% en 2025. Pas de quoi cabrer Bercy : pour un propriétaire moissagais, cela représente au mieux le prix de deux baguettes de pain. Et c’était déjà le cas lors de l’exercice budgétaire précédent. Lire: La taxe et la baguette .
Parlons des associations. Celles qui ont survécu à la purge politique de la mairie, s’estiment en effet heureuses de leur sort et se gardent bien de ne pas déplaire au maître qui les tient bourses serrées. Mieux encore. L’homme joue de la menace comme d’autres du révolver. Tel agent municipal est convoqué par le maire pour avoir « liké » une publication jugée hostile. Tel autre se retrouve au placard, privé de promotion. C’est aussi un commerçant qui voit débarquer un élu municipal venu le sermonner pour ses prises de position publiques. A Moissac, les salariés de la mairie, mais aussi les simples citoyens évitent le moindre propos qui pourrait indisposer le maire et le RN par crainte de représailles qui à tout moment pourraient contrarier leurs projets. L’omerta règne et ceux qui osent se confier le font sous le sceau du secret absolu. Et pour cause, le RN n’y va pas par quatre chemins : « ou tu es avec nous, ou tu te fais oublier. » L’intimidation, la sanction à l’occasion, le coup de gueule permanent sont en cette fin de mandat la norme « démocratique » à Moissac. L’opposition municipale elle même, pourtant protégée par son mandat, dénonce à son encontre une vindicte sans retenue. Mais qui pouvait croire qu’il en irait autrement !