Il y a du bleu, beaucoup de bleu dans les rues de Moissac. Équipés de pieds en cap, les policiers municipaux, auxquels deux ou trois gendarmes viennent parfois prêter main forte, arpentent quotidiennement les rues de la ville. Il faut, c’est la doctrine du maire, rassurer le Moissagais, agiter par tous les moyens le grelot sécurité, histoire de convaincre jeunes et vieux qu’avec le RN la délinquance n’a qu’à bien se tenir.
Mais l’image d’Épinal ne résiste pas aux chiffres. Ils sont accablants pour le maire qui se faisait fort pourtant, tel un archange Saint Michel, de terrasser le démon. Les diables modernes, petits ou grands délinquants ont la vie dure, le coup de poing facile et la cupidité solide. En trois ans, de 2020, date de l’élection du maire d’extrême droite, jusqu’en 2023, les crimes et délits ont progressé de près de 30% à Moissac. Et les chiffres de 2024 ne promettent pas une embellie !
Bien sûr le bilan n’est pas uniforme. Si les coups et blessures intra-familiaux ont augmenté de 193%, les vols d’accessoires sur véhicules ont baissé de 60% quand les vols de véhicules, eux, ont progressé de 120%. Dans chaque cas, pour bien mesurer l’état des lieux, il serait utile d’en connaître les raisons, le contexte, de se pencher par exemple sur la démographie locale ou l’évolution du parc automobile. Totalement révélateurs de l’échec du maire sont les autres résultats. Plus 57% de cambriolages, plus 83% de coups et blessures, plus 61% de vols sans violence contre des personnes, plus 32% de dégradations. N’en jetez plus !
Mais si ! Car on continue de se droguer à Moissac, plus 11% de PV pour usage de produits interdits. Ce chiffre corrobore d’ailleurs une autre statistique de la gendarmerie qui nous dit que la conduite sous stupéfiants a fortement augmenté dans le département. Petite lueur d’espoir dans cette sinistrose moissagaise, la baisse des violences sexuelles : moins 42%. Hélas pour la mairie, il y a gros à parier que l’arsenal sécuritaire déployé avec force communications n’y est pas pour grand-chose.
Faut-il en conclure que le tout répressif, l’exhibition de la force brute ne règlent pas tous les problèmes ? C’est à croire, c’est même sûr ! Il n’est pas de bonne politique en matière de sécurité publique qui fasse l’économie de la prévention et de l’accompagnement des plus fragiles. Voilà qui devrait alimenter le futur débat municipal .