L’entrée était gratuite samedi 19 octobre au Hall de Paris, pour une soirée « culturelle » consacrée… à l’Ukraine. Curieusement, la police municipale et la gendarmerie avaient été mobilisées en nombre pour la tenue de cette conférence. Le maire de Moissac craignait-il des incidents ? La personnalité du conférencier était-elle susceptible de poser un problème, de créer un trouble à l’ordre public ?
Une escouade de militants « Rassemblement national », dont Brigitte Poma, la cheffe départementale du parti avaient fait le déplacement pour assurer la claque. Quelques réfugiés ukrainiens, avec drapeaux et calicots étaient également venus se montrer et au besoin se faire entendre. Une petite dizaine de Moissagais constituaient le gros du public. C’est dire l’intérêt soulevé par l’intervenant, une certain Nicola Mirkovic, passé, nous dit son CV, par une école de commerce et président aujourd’hui d’une association énigmatiquement intitulée « Ouest-Est».
Les auditeurs ont très vite compris de quoi il retournait. Ils avaient devant eux « l’ami russe », plus exactement une des voix de la propagande russe, qui tente de tordre le cou à l’histoire et veut faire passer tous les Ukrainiens pour d’affreux nazis. On imagine que les réfugiés présents ne l’ont pas entendu de cette oreille. D’autant que le maire de Moissac, historien au petit pied et gaulliste d’opérette, avait en préambule longuement utilisé la figure du Général pour taper sur… les Américains, coupables de tout, fomenteurs en chefs de la guerre en Ukraine et de bien d’autres conflits que connaît notre pauvre monde. Chacun sait qu’on ne prête qu’aux riches. Mais tout de même ! Résumons donc cette grande soirée culturelle : haro sur les Yankees, gloire à la sainte Russie et vive Poutine !
C’est clair, le RN a de la culture une vision très partisane, très politique. Pour lui, elle doit servir à mener une bataille idéologique, à établir sa domination. A Moissac cela passe aussi par la disparition de certains livres de la bibliothèque municipale, ou la suppression des abonnements aux revues qui lui déplaisent. Sans oublier les bulletins municipaux qui depuis 4 ans tressent à grand renforts de photos, la louange de l’édile RN. A l’évidence, la soirée de propagande anti-ukrainienne ne fut pas un franc succès. Et les quelques spectateurs de bonne foi oublieront cette tentative de falsification de l’histoire. Mais le contribuable moissagais peut se demander qui paye une telle exhibition, qui paye la location de la salle, qui paye le cachet du conférencier, qui paye les frais annexes ? Toi, brave contribuable ! Alors heureux ?