j’en peux plus de me taire


Pitié, Astérix avait raison, le ciel nous est tombé sur la tête. Et depuis, je déprime, j’enrage, je volte-face, je sombre, j’explose et je me sens impuissant, tellement impuissant devant le cours des choses. La rumeur publique me serine que les carottes sont cuites, que le résultat du vote est quasiment acquis tant une bonne partie de la société française s’est lepénisée. Il est vrai que, comme à Tchernobyl, la réaction s’accélère, échappe à tout contrôle, répand ses miasmes au vent mauvais. Le peuple du ressentiment, des aigreurs acides, des passions tristes se lâche sans vergogne, sans même attendre le verdict des urnes. Au point que ses chefs se croient obligés de rappeler à l’ordre les plus hardis, ces impatients, ces imprudents qui en quelques punch lines sur les médias Bolloré déchirent le voile de respectabilité du parti, au risque de compromettre une victoire annoncée.

Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi est-on tombé si bas, si vite ? Renvoyons cette immense et complexe question à plus tard, quand nous aurons le temps, quand nous pourrons y réfléchir sereinement, avec intelligence. Car ni les débats électoraux, ni les péripéties de cette courte campagne, ne le permettent. On fera le procès de la période, il nous faudra bien, le jour d’après le vote, travailler à comprendre, humblement, sans anathèmes inutiles, pourquoi la gauche, les démocrates, les républicains, n’ont pas su endiguer la vague brune, gagnante ou pas le 7 juillet. Qu’est ce qui a foiré dans nos choix, dans nos pratiques politiques ?

Mais pour l’heure, il faut que la classe politique, les responsables des formations démocratiques, de gauche bien sûr, mais aussi de droite et du centre cessent avec leurs postures mortifères, mettent en sourdine leurs querelles de cours de récréation. De grâce, ne nous abimons pas dans les calculs cyniques. Un seul objectif : battre le RN, l’empêcher d’accéder au pouvoir. Et dès lors peu importe, comme disait Deng Xiaoping, architecte du réveil de la Chine, qu’un chat soit blanc ou noir pour peu qu’il attrape les souris ! 

Je sais qu’il y a un peu partout des comptes à régler, des espoirs à construire, des attentes à satisfaire. Il ne s’agit pas d’être naïf. Mais quand la maison brûle, on se moque bien de la couleur du camion des pompiers, comme du nom de l’architecte qui la rebâtira. Chaque circonscription de France, dimanche, connaîtra sa bataille, décisive pour le sort du pays. Alors, choisissons, là où nous sommes, le ou la meilleure pour l’emporter, pour empêcher le RN de rafler la mise. Et au second tour, pas d’hésitations ou de pudeurs opportunes : désistement, désistement pour le candidat capable de réunir le plus de suffrages! Ceci n’est pas un mot d’ordre, mais un appel à l’intelligence des électeurs progressistes et démocrates. 

Une réflexion sur “j’en peux plus de me taire

  1. Désespérant mais hélas prévisible… dès les Gilets jaunes. On aurait oublié ces images de l’assaut à l’Arc de Triomphe? Tu as raison, il faudra instruire pour le procès de ce désastre.

    En attendant, préparons-nous au pire… à moins d’un sursaut surprise auquel je ne crois guère, mais sait-on jamais.

    L’esprit de résistance nous fera survivre.

    J’aime

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.