Du côté de Valence d’Agen, Vinci nettoie enfin l’autoroute. Presque un mois que la circulation est interdite entre Agen et Montauban sur cette portion de l’A62, bloquée par des tas de fumier et d’immondices, déposées là par la colère paysanne. Pourquoi tant de temps ? Les préfectures avaient-elles des consignes ou craignaient-elles tout simplement la réaction de la Coordination rurale très active dans le coin ? Les paysans se disent incompris et maltraités mais quelle organisation de salariés, quel syndicat, quel groupe d’écologistes enragés auraient bénéficié de la même écoute, de la même mansuétude ? Aucun !
Certes, les paysans ont des difficultés et certaines de leurs revendications sont parfaitement fondées. Ils ont été entendus. Le catalogue des mesures que le gouvernement leur a concédées est impressionnant. Il est même problématique quand il gomme les mesures environnementales sur les haies, les pesticides, les engrais et la préservation des ressources en eau. Agriculture, environnement, les grandes causes, comme les a décrétées le Président et le Premier ministre, finissent par se contrarier. Et à céder sur tout, le pouvoir se discrédite sans pour autant satisfaire les organisations agricoles qui à l’évidence ont en tête l’agenda européen. Car c’est là l’objectif de cette jacquerie continentale : faire tomber le Green new deal, la grande ambition de l’Europe en matière d’environnement, et dans le même élan, balayer à la faveur des élections du 9 juin, l’actuelle majorité au parlement de Strasbourg.
Pas un jour sans que tel ou tel dirigeant agricole, y compris le président de la FNSEA, qui dans les plaines d’Ukraine ne déparerait pas aux côtés de quelques oligarques céréaliers, ne raconte à qui veut l’entendre que « le compte n’y est pas » ne menace de nouvelles actions violentes. Étourdie ou peureuse la presse s’est bien gardée de faire le bilan de ce Salon de l’agriculture, le pire du genre où des activistes déchaînés voulaient interdire au Président de la République de discuter avec les professionnels de la filière. Du jamais vu ! Quelques heures plus tard, les mêmes paradaient tout sourire avec les chefs du RN dont le maigre programme en matière d’agriculture laisserait le monde rural la langue pendante et les exploitations en jachère. Mais la politique, la bataille idéologique qui fait rage par ces temps tourmentés a des raisons que la raison ignore. Raison de plus pour tenir le terrain et convaincre les électeurs de France et du continent que nous avons besoin d’une Europe démocratique, à la manœuvre sur les grands enjeux géopolitiques, sur les problèmes du monde agricole mais aussi sur les questions environnementales qui rappelons le, engagent existentiellement les générations futures.
Bravo!!!
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