Ne pas se laisser mener en bateau


« Overlord » à Lampedusa. Des dizaines de bateaux chargés à ras bord d’immigrés africains, accostent sans discontinuer. Un débarquement qui met l’île en émoi et l’Europe au bord de la crise de nerf. L’extrême droite française a sauté sur l’occasion pour porter le fer là où ça fait mal, dénonçant l’inertie de L’Europe et du gouvernement Macron en particulier. Giorgia Meloni, présidente d’extrême droite du Conseil italien devait mettre fin à ces migrations incontrôlées. Paroles, paroles comme dit la chanson ! Aujourd’hui, elle implore l’aide de Bruxelles et doit ravaler, toute arrogance digérée, ses promesses électorales.

Pour autant, le sujet est grave. L’Europe qui est divisée sur la conduite à tenir, le cas de l’Allemagne est à cet égard terriblement révélateur, ne peut sans réagir continuer à absorber ces vagues de migrants, dont l’ampleur et la fréquence montrent que le système ne fonctionne plus, que les accords passés avec les pays d’Afrique du nord sont devenus des chiffons de papier. Les migrants deviennent, volens nolens, un moyen de déstabiliser la prospère Europe en y semant la zizanie. Le rejet de la France dans son ancien empire colonial ne témoignerait-il pas de cet antagonisme grandissant entre une partie du continent africain et le continent européen ? Nul doute que la Russie qui est experte en la matière, on se souvient des 19000 migrants tentant de forcer la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, ne voit pas cette situation d’un mauvais œil.

Mais ces crises migratoires sont aussi une énorme menace pour les politiques de lutte contre le réchauffement climatique. D’abord, parce qu’elles détournent l’attention des opinions publiques européennes. La figure du migrant risque d’occulter la question du carbone. Jusqu’en France où la future loi sur l’immigration alimente jusqu’à l’écœurement les débats dans les médias et sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, le projet de loi sur la Planification écologique s’élabore à bas bruit, la place publique semble ne pas en avoir cure. Et maintenant, les progressistes européens s’inquiètent, à la veille des élections de 2024, sur la mise en œuvre du Pacte vert. Une victoire de l’extrême droite et des conservateurs de tous poils pourrait en effet lui donner un coup d’arrêt.

 https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr

 Qu’on ne s’y trompe pas. La question migratoire peut diviser encore un peu plus notre pays et fracturer profondément l’Europe. Il faut donc prendre à l’échelle du continent des mesures courageuses et efficaces. Il faut aussi que dans chacun de nos pays, et en particulier ici, on en finisse avec l’hypocrisie générale, avec cette bonne conscience achetée sur le dos des clandestins qui viennent, pour le plus grand bonheur d’un patronat cupide et irresponsable, accomplir les tâches que les nationaux ne veulent plus faire. Mais il faut surtout ne pas procrastiner plus longtemps sur la question du climat. L’urgence est là! Le dérèglement dans les relations internationales ne doit pas nous faire oublier le dérèglement climatique. Les deux ont même partie liée. Mais le climat est la mère des batailles. L’occasion de refonder nos modèles économiques et sociaux et de repenser à l ‘échelle du continent la géopolitique, La tâche est colossale. L’Europe ne saurait s’y soustraire un seul instant. En 2024 nous avons rendez-vous avec notre destin!

 

 

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