La politique a ses raisons que la raison ignore

Le PRG sera tête de liste dans le Sud ouest aux élections européennes. Et les socialistes n’ont qu’à bien se tenir, se ranger sans piper mot derrière une noble figure radicale, dont à cette heure on ne connait rien, même pas le nom. Et pourtant, les militants socialistes vont devoir se prononcer cette semaine sur cette candidature. Autant dire que Solférino ne leur demande pas de donner un avis, de manifester une opinion divergente. Il est demandé aux socialistes de faire semblant, de faire comme si c’était un vrai vote, avec un vrai choix. Ubu, Brejnev, Amin Dada ont fait école!

On peut en prendre le parti d’en rire. On peut même, foi du charbonnier,  trouver quelques raisons à cette opération. Les militants ont avalé d’autres couleuvres dans leur vie. Mais ici en Tarn et Garonne, ce choix est un véritable coup de poignard dans le dos du PS. On avait bien compris que Jean Michel Baylet avait su imposer ses vues en matière de découpage cantonal. Voilà que le PS lui donne un nouveau gage, croyant ainsi acheter sa solidarité au sein de la majorité présidentielle. Nous savons dans ce département comment se comportent les hommes de JMB, nous savons qu’ils sont passés maîtres dans le chantage, nous savons donc ce que valent leurs promesses et leurs engagements.

Quant au nom de la tête de liste… qui est une femme… mystère…Serait-elle une future ex ministre à qui il faut par avance  donner un lot de consolation?

L’intercommunalité est un combat

Le maire de Castelsarrasin persiste et signe. Pas d’intercommunalité avec Moissac et encore moins dans le cadre élargi fixé par le préfet. Pas content du tout Bernard Dagen, voilà qu’il fait voter une délibération l’autorisant à attaquer devant le tribunal administratif l’arrêté préfectoral. Si la démarche a peu de chances d’aboutir, elle risque fort, n’en était-ce pas le but,  de paralyser pour un bon moment encore cette intercommunalité née sous le mauvais signe, affligée d’un parrain bien mal disposé, sacrifiée aux intérêts de Jean Michel Baylet.

Mais peut-on quand tout vacille autour de nous, quand partout chacun cherche à rassembler ses forces, se payer le luxe de l’isolement, proclamer qu’en dehors de Castelsarrasin point de salut? Attitude totalement irresponsable, suicidaire à terme, dictée par l’apparente bonne santé du commerce Castelsarrasinois, si ce n’est par une aversion de plus en plus patente pour Moissac et sa population. Il est cependant de première importance de rappeler que premièrement, la situation économique est incertaine, que faute de pouvoir d’achat des franges entières de nos populations peuvent être amenées à arbitrer dans leurs dépenses; que deuxièmement les Moissagais font eux aussi vivre en partie  la zone commerciale de Castelsarrasin, prouvant s’il en était besoin, que les deux communes ont sort lié.

Dès lors, il faudra bien que Moissac et Castelsarrasin se mettent  autour de la table des négociations, pour fixer les règles d’une intercommunalité renouvelée, élargie, ouverte aux communes du bassin de vie. Il s’agit en fait de constituer à l’ouest du département un pôle d’équilibre, capable de contre-balancer la puissance montalbanaise, un pôle susceptible d’attirer entrepreneurs et commerçants. Mais pour cela, il faudra repenser la place de chacun des partenaires, grands ou petits, faire jouer les solidarités territoriales, et accepter cette idée simple : ensemble nous avons tout à gagner, seuls nous sommes condamnés au déclin. Les citoyens de Castelsarrasin et de Moissac l’ont compris depuis longtemps. Il doivent en mars prochain se donner les moyens d’imposer cette vision, en choisissant celles et ceux qui ont décidé de faire de l’intercommunalité leur combat. Celles et ceux qui savent que l’avenir de nos populations et de leurs territoires ne peut se construire à l’ombre de son arbre ou de son clocher!

Moissac : la majorité change de braquet

Le Comité de soutien à Jean Paul Nunzi et à son équipe, a fait sa première apparition électorale sur le marché de Moissac. Absents jusque là des tréteaux, entièrement occupés à gérer seuls la mairie, les élus de la majorité sortante, amputée des quelques radicaux qui rêvent d’offrir Moissac à JM Baylet, en appellent à la population. Pour qu’elle disent clairement son rejet du système politique Tarn et Garonnais, pour qu’elle appuie le travail et la démarche entrepris par les élus de gauche de Moissac, pour élargir aussi la base de ce projet citoyen. Il s’agit en effet pour le scrutin de 2014, d’associer dans un nouvel élan, toutes celles et tous ceux qui peuvent faire progresser Moissac, lui permettre d’échapper aux conséquences de la crise, lui donner les moyens de son développement.

L’accueil sur le marché fut bon. Nombre de Moissagais ont dit leur crainte de voir le FN s’installer fortement dans le paysage politique local, comme ils ont manifesté leur rejet de la politique des radicaux,  de leur boulimie électorale, et de cette hargne qu’ils mettent à vouloir  prendre Moissac. Samedi et dimanche, beaucoup de Moissagais ont dit leur espoir que le maire sortant et une équipe profondément renouvelée, soient en capacité de faire échec à cette entreprise.  Et prennent toutes les dispositions pour donner un nouvel élan à la ville.

Tarn et Garonne : la majorité présidentielle en charpie

Le PRG, comprenez les radicaux de JM Baylet, ont semble-t-il décidé de faire liste à part pour les prochaines municipales à Montauban. Il parait qu’ils n’aiment pas Roland Garrigues le candidat investi par le PS. La décision définitive devrait être prise cette semaine. Si cela se confirmait, le Tarn et Garonne ferait tâche au sein de la majorité présidentielle. Après Moissac que les radicaux veulent prendre, Montauban pourrait constituer la nouvelle pomme de discorde entre PS et PRG. Et ce jeu là pourrait avoir de très graves conséquences. A  Moissac,  le FN se retrouvera en  position de force, à Montauban,  les espoirs de la gauche de reprendre la ville seraient probablement ruinés.

Plus que jamais il est vital pour la gauche de rééquilibrer les forces dans ce département. Les prochaines cantonales seront l’occasion de rebattre les cartes. Mais quand on voit le comportement des radicaux singulièrement au Sénat, on peut se demander si la majorité présidentielle survivra jusque là.

Paysage électoral à Moissac

Le siège de Moissac continue. Jean Michel Baylet a même rameuté une maigre troupe en renfort, celle de Gilles Benech.  Il vient officiellement de faire sa demande en mariage avec le prétendant à la mairie, de surcroît conseiller général. Un « rassemblement » qui ne trompera personne tant il est cousu de fil blanc. Le scénario a été écrit de longue date par GME,  l’éminence grise  qui espère ainsi faire tomber la ville dans l’escarcelle du Président du Conseil général.

Mais il ne suffira pas de quelques obligés spadassins, dûment équipés du vocabulaire en vigueur au château, et de quelques épées en bois pour convaincre les électeurs. Ce sont les Moissagais qui auront le premier et le dernier mot. Et ils le disent déjà sur le marché et en privé. Moissac que la Dépêche du Midi pilonne à longueur de colonnes, ne doit pas être rattachée au château. Comprenez le Conseil général. Nous n’avons pas l’intention de les contrarier!