Elle compte trois élus. Ainsi en a voulu le vote des Moissagais. Après discussions au sein de la liste « Libres et ensemble pour Moissac » et conformément aux textes en vigueur, il a été décidé que siègeraient au CM : Christine FANFELLE, Frank BOUSQUET et Gérard VALLES.
Budget : contes et comptes
Jeudi 24 avril : premier vrai conseil municipal de la mandature Henryot, avec le vote du budget pour 2014. Mon petit doigt me dit qu’il n’y a pas de grosses surprises à attendre, la surprise étant plutôt qu’il n’y en a pas. Autant dire que les diatribes de campagne, les envolées sur la dette, sur les économies nécessaires et tutti quanti sont déjà derrière nous. Fort sagement, parce qu’elle ne peut pas faire autrement, la nouvelle majorité de droite a mis ses pas dans ceux de Jean Paul Nunzi, rendant ainsi involontairement et tardivement hommage à sa gestion.
Nous le disions il y a quelques temps, il serait bien difficile, surtout à des novices, de faire autrement, d’inventer dans un univers de contraintes de plus en plus serrées, une autre voie, une alchimie positive qui permette dette zéro, investissement, maintien de la masse salariale et impôts réduits. C’était des contes de campagne et à l’heure des vrais comptes, force est de constater que la droite, je ne parle pas de l’équipe UDI de Guillamat qui fut encore plus déplorable, a dupé les électeurs. Des sornettes pour conter fleurette!
Dès lors, on peut avoir deux sentiments. D’abord, on peut se réjouir, et se dire que nous avions raison, que nous avons été compris et que la politique est bien ingrate. Mais on peut aussi se dire que la barre a été mise bien bas. Si peu d’ambition, si peu de courage… Chacun à Moissac trouvera des raisons de s’en satisfaire. Mais est ce ainsi qu’on prépare l’avenir, qu’on s’inscrit dans la nouvelle donne qui oblige à un double effort : réformer, réduire les dépenses et en même temps chercher des marges nouvelles. A Moissac, le temps se serait-il arrêté?
Rendre à Nunzi ce qui n’est pas à César
«C’est vrai que 2013 a été une année très marquée par les vols et les tentatives de vols sur les maisons principales. Mais les moyens mis en place dès le mois d’août, renforcés par l’aide de brigades voisines à partir d’octobre ont permis d’enrayer cette progression. Elle est d’ailleurs en nette baisse sur le premier trimestre 2014, reconnaissait Cédric Lambert, lors de sa visite annuelle dans cette COB qui regroupe les brigades de Castelsarrasin, Moissac et Saint-Nicolas-de-la-Grave. Les délinquants sont des locaux bien identifiés. Et les récentes interpellations en flagrant délit prouvent une bonne surveillance de nos territoires. Je vous en félicite.»
Voilà ce qu’on pouvait lire vendredi 11 avril, suite au bilan de la gendarmerie dans le journal de Guy Michel Empociello, mentionné tout aussitôt pour son auguste présence.
Alors ça y est, auraient-ils enfin retrouvé le manuel du petit journaliste? Et bien NON! Relisez, si vous trouvez le nom de Nunzi vous gagnez un abonnement… à la Dépêche.
Mais qui a demandé des moyens de gendarmerie dès le mois d’aout 2013, qui a réorganisé la police municipale, qui a obtenu des réservistes de cette même gendarmerie? Jean Paul NUNZI, le maire d’alors. Et personne d’autre.
Campagne électorale oblige, les folliculaires enchaînés n’ont eu de cesse de taper à bras raccourcis sur les mesures Nunzi, sur l’insécurité grandissante, sur les cambriolages… sur Moissac Chicago sur Tarn… A l’époque il fallait faire gagner le tandem Empociello/Guillamat. On sait ce qu’il en est advenu. Et aujourd’hui, qui faut-il ménager?
Alors rendons à César ce qui lui appartient et à Nunzi la clairvoyance, le sens de l’intérêt général et une certaine efficacité dans ses fonctions.
Pour une Com-Com dynamique
Qui va présider la communauté de communes, Castelsarrasin, Moissac, Boudou, Lizac, Durfort, Montesquieu? Exit Dagen et son « tout pour Castel ». Les 34 conseillers communautaires vont devoir trouver la personnalité consensuelle, disponible et volontariste pour gouverner la nouvelle entité à laquelle il faudra tout de suite donner un nom.
La chose ne sera pas aisée, les représentations sont éclatées : 13 sièges pour Besiers, 2 pour Dagen, 11 pour Henryot, 2 pour Guillamat, 1 pour Nunzi, 1 pour Charles et un siège pour les quatre autres communes.
D’où la tentation à Castel comme à Moissac de trouver une personnalité de compromis, étrangère aux deux villes. Les contacts sont en cours, les maires se parlent et se demandent si celui de Boudou ou de Lizac ne pourrait pas faire l’affaire. D’autres y ont pensé.
Il faut en effet d’entrée de jeu afficher la couleur. Les électeurs ont clairement dit qu’ils voulaient une intercommunalité efficace, à la dimension du bassin de vie où les besoins sont immenses, dans les transports, les équipements collectifs (piscine, centre de loisirs), la formation, le développement économique… Rappelons que les zones de Barès et surtout Fleury sont en jachère, donc disponibles pour des implantations industrielles ou commerciales.
Tout est à faire, à commencer par la création d’une maison de l’intercommunalité, avec un personnel dédié. Il faudra ensuite définir les priorités et mutualiser au mieux les services et équipements. On sait que l’état, par le biais des dotations, veut encourager les coopérations intercommunales. Les élus commettraient une faute grave en différant encore les décisions, en s’abandonnant aux petits jeux politiciens.
Pour autant, cette nouvelle intercommunaiité, dont la vocation est de construire un pôle d’équilibre à l’ouest du département, doit s’affranchir de la tutelle du CG. Il ne doit pas lui imposer ses règles. A ce titre, la question de la caserne des pompiers constitue d’ores et déjà la pierre d’achoppement : si la communauté de communes peut fournir les terrains, il appartient, au Conseil général, comme le prévoit la loi, de construire les locaux et de pourvoir à leur fonctionnement. C’est dans une répartition bien comprise des compétences et obligations de chacun que pourra enfin prospérer une intercommunalité que les citoyens appellent de leurs voeux.
Le test budgétaire
Jeudi 24 avril, au cours du prochain Conseil municipal, Jean Michel Henryot présentera son premier budget. Le budget 2014. Jean Paul Nunzi avait pris soin, et cette attitude l’honore, de ne pas faire voter un budget définitif, afin de laisser à la nouvelle majorité, quelle qu’elle soit, la responsabilité d’établir un budget à sa convenance.
C’est donc bien le budget Henryot sur lequel les 33 élus de Moissac seront amenés à se prononcer. Nous pourrons dès lors juger sur pièces des intentions de la nouvelle majorité. Elle a promis de baisser les impôts, de réduire la dette, et de faire des économies. Elle y est d’ores et déjà contrainte en raison de la baisse des dotations de l’état.
Mais des économies dans quel secteur? Sur la masse salariale, qui représente 56% du budget de fonctionnement de la mairie? Compte tenu de la pyramide des âges, la majorité de droite ne peut guère attendre de solution immédiate de ce coté là. Sur les subventions aux associations, le financement de la politique sociale? Elle a promis de ne pas y toucher. Sur les investissements, l’usine de l’eau par exemple? Lourde responsabilité au regard des besoins de la population!
Bref, l’exercice ne sera pas simple pour une équipe totalement novice en la matière et qui s’est aventurée bien imprudemment en promettant tout et son contraire. Jean Michel Henryot va vite se rendre compte que la politique budgétaire de son prédécesseur était sérieuse, réaliste, dimensionnée aux besoins de Moissac. Il n’est donc pas impossible cette année au moins, que le nouveau maire reconduise, dans leurs grandes lignes les choix budgétaires de J.P. Nunzi, Ce budget sera de toute façon le premier révélateur des intentions réelles de la droite moissagaise.