Européennes : s’emparer du débat!

Moissac. Jour de marché. FN et UMP au coude à coude pour une opération « tractage » autour des Européennes. La gauche singulièrement absente. Il faut dire que du côté du PS, le moral n’y est pas. Comment pourrait-il en être autrement avec un programme qui est un copié-collé du précédent scrutin, et une liste dont la tête a été choisie par Solférino, au grand dam des militants.

Et pourtant pas moins de 25 listes briguent les suffrages des électeurs. L’embarras du choix direz-vous? Même pas!

Comment croire sérieusement que ces 25 listes ont une opinion intéressante sur l’Europe? Comment expliquer une telle affluence, alors que la grosse majorité des impétrants dit pis que pendre de l’Europe, quand elle ne souhaite pas tout simplement sa disparition. Il y a là un curieux paradoxe : se présenter à l’élection des députés européens et vouloir détruire l’institution. Probablement une forme d’entrisme que pratiquait jadis l’OCI, une organisation trotskiste disparue depuis de nos écrans radars.

Mais revenons à ce scrutin et à ses enjeux. L’Europe est malade, malade de son organisation et de son projet. Une organisation coupée des peuples, reposant sur une bureaucratie tentaculaire et qui dispose de confortables privilèges. Un projet qui prône exclusivement le libéralisme, la loi des marchés que les Eurocrates veulent étendre toujours plus loin, toujours plus profond. Jusqu’à ce traité en négociation aujourd’hui avec les USA qui va immanquablement ouvrir un peu plus les frontières du vieux continent aux exportations américaines. La réciproque sera-t-elle vraie? On peut en douter au vu de la confidentialité des pourparlers et de l’état d’esprit des négociateurs.

Mais un malade, ça se soigne! Et on peut soigner l’Europe, on le doit, parce quoi qu’on en dise, elle est notre horizon. Celui des générations futures. Ces élections donnent en effet aux citoyens européens l’occasion de s’emparer du débat. Pour forcer le cours des choses.

Entre délires nationalistes et résignations candides, il y a place pour des options offensives, constructives. Il est encore temps de faire entendre une autre voix, d’ouvrir une autre voie.

Nota bene : la majorité UMP de Moissac s’inquiète pour l’organisation du scrutin européen, un jour de fête des mères de surcroît. Il se pourrait bien en effet que les volontaires pour tenir les bureaux de vote ne se pressent pas aux portillons, qu’ils soient d’ailleurs de droite ou de gauche!

 

 

Moissac ronronne

Quel calme! Moissac se serait-elle endormie, comme harassée après la furia électorale? Du côté de la mairie, on va son petit train, de réunions programmées puis annulées sine die, on se met laborieusement en place. Du côté de la presse, ou de ce qu’il en reste, on fait profil bas. Tout soudain Moissac a retrouvé les charmes d’antan, finies les graves questions d’insécurité, d’endettement, aux oubliettes le débat surréaliste sur le patrimoine…

Ne soyons pas naïfs, on le sait bien, les périodes électorales provoquent une vaste agitation neuronale et c’est heureux quand le débat est franc et  de qualité. Toutes choses qui furent on s’en est rendu compte, étrangères à la campagne du mois de mars. Mais tout de même, nous ne sommes pas entrés encore dans ce qu’on appelle la torpeur estivale… On devrait au contraire sentir dans le débat public monter la sève printanière, cet élan vital qui emporte l’hiver, les mauvaises querelles, et porte comme le bourgeon l’espoir du fruit.

Rien… Moissac sommeille, Moissac ronronne et les élus jouent aux élus. Le FN a désormais pignon sur rue et cherche à le montrer. L’opposition Baylettiste fait service minimum, déboussolée par les annonces présidentielles. Son objectif était en effet de conserver le canton. P. Guillamat s’était déjà attelé à la tâche. Et voilà que F. Hollande annonce le report des élections, voire leur suppression dans sa forme actuelle. Coup dur, Plus d’espoir… plus d’espoir!

La communauté de communes « Castelsarrasin-Moissac » s’est semble-t-il, mise au diapason. Si l’on en croit l’ordre du jour de la prochaine réunion, l’urgence c’est d’élire ou de coopter, le terme est plus approprié, ses représentants dans les différents organismes ou syndicats. Certes, c’est nécessaire, mais ne pouvait-on pas aborder les questions de fond, comme le nom de cette communauté ou encore les investissements prioritaires et les initiatives de développement économique?

Ici même (voir plus bas) on réclamait de l’audace… Il faudra encore attendre pour en voir le bout du nez!

 

8 mai

Cérémonie traditionnelle au monument aux morts. Gauche et droite en rangs serrés pour un hommage aux combattants et aux résistants de la deuxième guerre. La ministre, Sylvia Pinel  a clos son allocution sur un plaidoyer en faveur de l’Europe, aujourd’hui espace de paix et de fraternité entre les peuples. A quelques jours des élections européennes, le propos était de circonstance. Comme à l’habitude, la cérémonie a été suivie d’un vin d’honneur offert au Moulin par la municipalité.

Droite ou gauche, les Moissagais ne courent pas volontiers ces manifestations. Cette année encore, l’assistance était clairsemée, quoique renouvelée. On notait aussi l’absence de délégations des écoles. On peut le regretter.

 

La com-com cherche son souffle

Il s’appelle Bernard Garguy. Il est maire de Lizac et surtout, comme on vous l’annonçait, le nouveau président de la communauté de communes, l’intercom comme on dit parfois et qui regroupe depuis janvier dernier Moissac, Castelsarrasin, Boudou, Lizac, Durfort-Lacapelette et Montesquieu. Soit plus de 30000 habitants. Une élection sans problème face à Patrice Charles (FN), candidat de dernière minute.

Dans son discours, Bernard Garguy, fruit d’un compromis entre J.M. Henryot et J.P. Besiers, a tout de suite pointé les compétences de l’intercom : économie, déchets et restauration, évoquant les sujets qui allait venir prochainement en discussion : piscine et caserne des pompiers. Ce n’était pas le jour des empoignades, donc il n’y en eut pas. Elles viendront quand sera étudiée la construction de cette fameuse caserne, pour laquelle le président du Conseil général n’entend pas mettre un euro. Un oukase inacceptable dénoncé régulièrement par Jean Paul Nunzi.

Etrange atmosphère lors de cette première réunion de la nouvelle com-com. Un brin coincée du col, avec des conseillers, 34 au total qui ont été, c’est encore une première, directement élus par les citoyens. Il faut dire que l’ancien président, Bernard Dagen, ex maire de Castelsarrasin n’a pas dans son allocution d’ouverture, vraiment détendu l’atmosphère. Plaidant pour son bilan, dont chacun connait la vacuité absolue, il a quitté la séance dans l’indifférence générale. Mais le nouveau président, un peu perdu dans la procédure, n’a guère pris la mesure de l’événement. On s’attendait à quelques envolées, à un discours fondateur, on eut quelques mots convenus, faisant écho au silence des autres conseillers.

Le public, nombreux,  était venu vivre un temps fort de notre territoire. Il n’a eu droit qu’à une succession de votes. Sept vice-présidents ont en effet été élus. Il y en a eu pour tout le monde : tous les maires ont été servis. Un élu de Moissac, Daniel Botta  et un élu de Castelsarrasin, Serge Lannes, complètent l’exécutif.

La prochaine réunion devra prendre des décisions immédiates, mais nécessaires. Quel nom pour cette intercom? Ce qui n’a pas de nom n’a pas d’existence. Pourquoi ne pas lancer un concours auprès de la population? Quel lieu pour l’installer? Nous avions proposé la création d’une maison dédiée, sur une des zones intercommunales. Le nouvel exécutif n’a pas rejeté l’idée. En attendant l’ouverture de cet espace, il serait souhaitable, ne serait-ce que pour le symbole, là aussi, de réunir alternativement les conseillers communautaires, à Moissac et à Castelsarrasin.

Après la glaciation, le dégel. C’est mieux que rien, les maires de Moissac et de Castelsarrasin ont voulu sortir d’un face à face mortifère. C’est pour l’instant réussi. On sait bien que c’est toujours le premier pas qui coûte. C’est fait. Alors mesdames-messieurs, à l’ouvrage et de l’audace que diable!

L’exécutif

Président :

  • Bernard Garguy (Lizac)

Vice-présidents :

  • Jean Philippe Besiers (Castelsarrasin)
  • Jean Michel Henryot (Moissac)
  • Dominique Forneris (Durfort)
  • Annie Feau (Montesquieu)
  • Marie Thérèse Vissieres (Boudou)
  • Daniel Botta (Moissac)
  • Serges Lannes (Castelsarrasin)

Un budget dans la continuité

Comme prévu, le budget 2014, le premier de la mandature Henryot n’a pas créé la surprise… si ce n’est qu’il tourne le dos aux promesses de campagne du candidat UMP. Ce qui a d’ailleurs permis au représentant du FN de faire une sortie dont il est généralement coutumier, sur le thème « Monsieur le maire vous avez trahi vos électeurs, vous êtes un clone de Nunzi » Et JM Henryot de répondre que ce budget n’était que de transition et que lors du prochain on verrait plus distinctement la marque de fabrique.Sans titre

Le groupe divers gauche, les élus de la liste Nunzi, ont pointé, pour s’en réjouir, la filiation entre le dernier budget Nunzi et le premier budget Henryot. Ils ont approuvé le choix de ne pas baisser les taux sur les différentes taxes, choix qui préserve un tant soit peu, en cette période de contraintes budgétaires grandissantes, les marges de manœuvre de la municipalité. Mais ils ont déploré que ce budget n’ouvre pas des perspectives, ne prépare pas l’avenir en fléchant d’ores et déjà les évolutions, les réorganisations qu’il convient de ne pas différer. C’est pourquoi, les trois élus du groupie se sont abstenus. Tout comme ceux de la liste UDI de P Guillamat qui fidèle à son discours de campagne a dénoncé le bilan Nunzi, sur la dette, sur la zone du Luc comme sur les impôts. Gérard VALLES a du rappeler à l’assemblée que les chiffres sont têtus, et P Guillamat au moins amnésique. Il fut six ans durant adjoint aux finances.

Sans titreDeux questions posées par le groupe divers gauche. Sur l’hôpital et le service des urgences. Réponse. Certes du retard a été pris, dû en grande partie à l’intérim de direction. Mais rien n’est remis en cause. La rénovation des urgences se fera en principe d’ici la fin de l’année. Même chose pour les consultations d’ostéopathie. Après étude du dossier et consultation des professionnels concernés, elles seront prochainement mises en place à l’hôpital de Moissac avec le concours de l’institut toulousain d’ostéopathie. Pour autant, il convient de rester vigilants au moment où l’état cherche désespérément de l’argent!

Il a également été procédé à la désignation des membres des 12 commissions

Pour le groupe divers gauche, siègeront…

Christine Fanfelle : Com. Education , jeunesse et sports/ com Voirie Travaux/ com Personnels

Franck Bousquet : Com.Urbanisme, logement, OPAH/Com.Finances/ Com.affaires agricoles, environnement/Com. culture et fêtes

Gérard Vallès : Com. aménagement du territoire/ Com.tourisme , patrimoine/Com.commerces et marchés/ Com. sécurité publique et aide aux victimes/ Com. communication.l

Par ailleurs Gérard Vallès siégera pour son groupe à l’intercommunalité. La réunion des conseillers intercommunautaires qui se tiendra le 29  avril devrait élire à sa tête le maire de Lizac, Bernard Garguy, les autres maires se partageant les vice-présidences.