L’Europe et la petite souris

Probablement qu’il ne faut pas en rajouter sur l’Europe, la gifle est déjà assez monumentale comme ça… Et pourtant, à peine élus, les députés européens tournent le dos à leurs engagements de campagne. UMP et PS nous avaient juré qu’il fallait voter pour élire enfin au suffrage universel le Président de la commission. Promesse de gascons, c’est le cas de le dire. Voilà que déjà la nomenclatura bruxelloise s’interroge sur le bien fondé de ce dispositif, commence comme elle sait si bien le faire des tractations tous azimuts.

Logiquement la Présidence aurait dû revenir au Luxembourgeois, grand argentier libéral, Jean Claude Juncker, héros du PPE. Et voilà que même Angela Merckel hésite, se demandant si un autre candidat ne ferait pas l’affaire, y compris un social démocrate de la carrure de Martin Schulz. On ne va pas pleurer, mais tout de même! Une fois encore on berne les électeurs, on ne respecte pas les promesses. L’Europe est illisible pour le commun des mortels. Pire, elle s’érige en objet de ressentiment.

Et pendant ce temps là, le FN parade, passe des alliances avec ses cousins européens, histoire de constituer un groupe et d’avoir ainsi accés au pactole. Car l’Europe donne beaucoup, beaucoup d’argent aux groupes politiques, leur assurant ainsi un train de vie plus que confortable. Le cynisme est ici total. Le FN dénonce l’Europe, son organisation, ses institutions… mais n’oublie pas de passer à la caisse. Toutes celles et tous ceux qui ont voté pour ce parti en croyant qu’il est le défenseur des plus démunis, des laissés pour compte vont vite voir que son premier soucis est de reconstituer sa puissance financière, d’engraisser (il n’est hélas pas le seul) ses ouailles. Tout le reste n’est que propagande, effets de tribune que l’actualité de l’UMP, hélas, attise et crédibilise.

On disait naguère « le FN pose les bonnes questions et donne les mauvaises réponses ». C’est toujours vrai! Le problème, c’est que les autres, ceux qu’on appelait les partis républicains n’ont aujourd’hui plus de réponse, pas de solution aux crises que nous vivons. Crise économique et sociale, avec un chômage endémique, une croissance introuvable, une industrie en perdition. Crise sociétale qui efface les repères, crée des tensions de toute nature. Crise du sens!

Nos espaces démocratiques sont malades de la mondialisation qui vide chaque jour davantage le pouvoir de toutes ses prérogatives. Aucun état, pas même Bruxelles n’a prise sur le monde de la finance, sur les logiques capitalistiques. La recherche partout et toujours du profit maximum gangrène ce qu’il restait d’humain dans le monde des affaires. A preuve, ces ordinateurs qui jouent en bourse, tout seuls, réagissant au millième de seconde à une situation donnée. La misère, les difficultés des uns,  la richesse des autres sont à la fois les causes et les symptômes du vertigineux désespoir de l’humanité. Nous sommes comme la souris dans le labyrinthe, elle court en tous sens et s’épuise à répéter les mêmes parcours.

Prenons garde. La bête immonde comme disait Brecht pourrait bien sortir de son long hiver et croquer la petite souris. Le danger est là, en nous, en nous qui désespérons de tout et de nous mêmes. En nous, trahis comme toujours par une mémoire accommodante et une lucidité somnolente.

 

 

La France en Europe : forcer le destin

Le FN à plus de 25%. L’UMP et le PS (surtout) dans les choux. Les écolos et le Front de Gauche à la ramasse. Sans parler du parti des abstentionnistes, de loin le plus important! Après une soirée de débats, de controverses franco-françaises, reste une question, une seule et monumentale question : qu’ont dit les Français, qu’ont-ils voulu dire?

Que l’Europe est un machin comme dirait De Gaulle, trop loin de tout et de tous. Que l’Europe a été confisquée par une caste de technocrates et de politiciens recyclés,  qu’elle n’a d’autre ambition perceptible que de porter toujours plus loin ses frontières, que d’étendre sa conception ultra libérale de nos sociétés . Il fallait voir d’ailleurs les politiques et les commentateurs applaudir à l’élection du président Ukrainien. Un milliardaire dont la fortune est plus que douteuse, et qui fut ministre sous l’ancien régime. Mais cet homme, ce qu’il représente plait. Il plait parce qu’il fait les yeux doux à Bruxelles et que Bruxelles adore être draguée. Les Français en tout cas n’ont pas dit qu’il fallait gonfler la bulle, faire de l’Europe une grosse vache impotente, enflant comme la grenouille de la fable.

La montée un peu partout dans la vieille Europe des partis anti-européens, ou simplement euro-septiques comme ils disent à Bruxelles, atteste à l’évidence que ces perceptions françaises sont largement partagées. Elles procèdent certes ici ou là de situations nationales différentes (entre  la Grande Bretagne et la Grèce, il y a tout un monde). Mais le vote de ce 25 mai dit clairement que les Européens sont de plus en plus nombreux à ne pas aimer cette construction politique, qu’ils ne la comprennent plus, qu’ils s’en défient, qu’ils veulent autre chose et autrement.

Voilà pour les premières conclusions.  Et puis très vite, arrive la question française. Ce vote est-il un vote sanction, le deuxième en quelques semaines, contre le pouvoir en place, contre François Hollande? Au delà, ce vote traduit-il un rejet de la classe politique dominante, englobant  l’UMP?

Oui, trois fois oui!

Ne serait-ce que parce que ces deux partis sont ou ont été aux affaires et qu’ils portent une lourde responsabilité dans le désamour croissant que les Français manifestent envers l’Europe. C’est eux qui ont construit cette Europe, sans les peuples, parfois contre eux (souvenons nous du référendum de 2005 qu’ils n’ont pas respecté!) C’est eux qui servent encore et toujours un catéchisme européen qui prend les électeurs pour des demeurés. C’est eux qui s’assoient sur les élémentaires principes démocratiques quand ils construisent un programme et choisissent leurs candidats! C’est eux encore qui à l’occasion font  de l’Europe le bouc émissaire de toutes leurs bévues nationales, brouillant un peu plus le message, embrumant définitivement les esprits.

Demain, au PS et à l’UMP, au Front de Gauche peut-être, les combats de coqs vont reprendre de plus belle. On va jouer à règlements de comptes à OK corral! Pas sûr que de ces scènes de ménage sortent des lumières nouvelles. Pas sûr que le pouvoir en place en tire les bonnes conclusions. Lesquelles d’ailleurs? La démission de François Hollande? Certainement pas, il ne faut pas confondre en démocratie les scrutins! La dissolution de l’Assemblée nationale? Pas plus! En revanche, ce scrutin somme le pouvoir, les pouvoirs, y compris la presse, de changer de discours. Et de pratique. De se réformer en profondeur, de revoir ses logiciels de gouvernance, de réhabiliter la maison Europe par des initiatives résolues.

Oui, Manuel Valls a raison. Pas d’autre alternative en France pour le gouvernement que d’aller de l’avant, de forcer le destin pour obtenir des résultats. Sur l’emploi bien sûr et le développement économique, mais aussi sur les grandes réformes. A cet égard tout atermoiement sur la réforme des collectivités territoriales sonnerait définitivement le glas du pouvoir en place et plus généralement ruinerait pour longtemps la crédibilité des tenants de la social démocratie. Il en va de même pour l’Europe qu’il faut aider à retrouver sa capacité à forcer le destin.

PS_ Moissac n’a pas échappé à la lame de fond FN qui obtient plus de 30%. L’UMP : 21, 2%. Le PS-PRG: 13,7. EELV : 9,5. Modem : 6,6 et Front de Gauche: 6,4. Bien des électeurs de gauche à Moissac ont dû se souvenir, au moment d’aller voter, du comportement du PRG lors des dernières municipales.

La COM-COM s’émancipe

En votant un budget de 16 millions d’euros, dont plus de 7 millions au titre de l’investissement, la COM-COM déploie ses ailes. Après des années de léthargie, pour ne pas dire d’hivernage, la voici qui semble se tourner vers l’avenir.

Et l’avenir passe par l’aménagement des zones intercommunales, Fleury d’abord,  laissée en jachère depuis le début de sa création. Il s’agit maintenant de viabiliser les terrains, d’y créer les réseaux, d’y amener l’internet haut débit par le biais de la fibre. Bref de donner envie aux entrepreneurs de se poser sur ces terrains. Plus d’un million et demi d’euros vont être investis dans cette zone.Il faut dire qu’il restait de l’argent dans les caisses, 2, 4 millions d’euros de report d’un exercice sur l’autre!

La maison de l’intercommunalité, la maison commune, verra bientôt le jour pour un investissement de plus de 300000 euros. Mieux, la COM-COM envisage de récupérer la compétence urbanisme, la DDT en ayant perdu la charge au début de l’année. Si elle y parvenait, les PLU, les plans locaux d’urbanisme (dont Castel n’est toujours pas doté) seraient désormais étudiés dans l’intercommunalité, tout comme les permis de construire.

On en mesure vite l’intérêt pour les territoires. En finir avec les concurrences mortifères entre zones commerciales, en finir avec le développement tous azimuts du pavillonnaire dévoreur d’espaces agricoles, construire enfin un aménagement de nos espaces urbains cohérent, raisonné, articulé. On peut rêver, mais notre qualité de vie et notre attractivité dépendent grandement de cette capacité, de cette volonté!

La droite est bon élève

Le DOB (débat d’orientation budgétaire) n’avait pas créé la surprise, si ce n’est celle de la continuité. Les options prises dans différents domaines en matière d’investissements et surtout de fonctionnement, confirment la tendance : après avoir pendant la campagne des municipales critiqué les choix de Nunzi, son soutien aux associations, sa politique culturelle accusée d’élitisme, la droite moissagaise cherche maintenant à faire aussi bien que lui. Elle reconduit à quelques détails près les choix de l’ancienne majorité, en rajoutant même parfois au passage. Les bénéficiaires apprécieront. Les gestionnaires s’interrogeront. les politiques se marreront!

Un bonus pour le CCAS 

Le CCAS voit sa subvention augmentée de 40000 euros, le Tennis club touche comme en 2013 plus de 20000 euros, MCV (le festival de la Voix) touche une rallonge de 9000 euros, l’Avenir Moissagais dispose d’une subvention reconduite à hauteur de 43000 euros. MAJ, voit  sa subvention maintenue à hauteur de 112000 euros attribués en janvier dernier. Organum enfin perçoit 20000 euros auxquels s’ajoutent 20000 euros au titre des moyens matériels mis à disposition.

Bref, rien de bien neuf dans le meilleur des petits mondes moissagais. Les curieux pourront toujours consulter le montant des subventions attribuées aux associations dans nos pages (voir plus haut). Tout le monde retiendra que les chemins de Saint Jacques seront bientôt renforcés par le chemin Clunisien de Guyenne-Gascogne qui d’Agen à Moissac draînera les marcheurs et touristes d’Aquitaine. Moissac et son commerce ne s’en plaindront pas!

Plume de corbeau

Enfin un mot pour corriger la Dépêche du Midi, décidément incorrigible. Dans la triste affaire de notre policier agressé par des voyous, Jean Paul Nunzi avait fait son travail de maire, écrivant aussitôt au procureur de la république pour demander des mesures coercitives à l’encontre des auteurs de l’agression. La mairie n’avait pas pu se porter partie civile car la procédure judiciaire n’a été enclenché qu’après les élections. En le faisant, J.M. Henryot, le maire actuel n’a fait que suivre la voie tracée par son prédécesseur. Et si on doit se réjouir de cette identité de vue sur une question qui ne doit pas ouvrir la polémique, on ne peut que dénoncer une fois de plus la bassesse du journal de J.M. Baylet..

Com-com : quel est ton nom?

Il sont d’accord, les élus de la com-com : il faut rapidement donner un nom à cette communauté qui ne peut continuer à s’appeler « Castelsarrasin-Moissac ». Jean Paul Nunzi avait au cours de la campagne électorale évoqué cette nécessité. Le président et les vice-présidents de la  com-com ont dit ce mardi leur accord. Le temps est donc venu de trouver un patronyme adapté à notre réalité géographique et historique. Alors reprenons notre suggestion : pourquoi ne pas permettre aux citoyens de choisir ce nom. Il suffit de leur en proposer une dizaine et les sites internet, les journaux communaux, la presse locale assureront la collecte des suffrages. Une petite fête populaire, une sorte de baptème,  pourrait aider nos concitoyens à se pencher sur le berceau de la nouvelle-née.

Le DOB 2014,  le débat d’orientation budgétaire qui était présenté aux élus communautaires, annonce la création d’une maison de l’intercommunalité. En fait, la réfection d’un bâtiment ancien, sur la zone de Fleury, pour un montant évalué aujourd’hui à plus de 300 000 euros. C’est  la véritable et unique originalité de ce DOB,  qui est pour tout le reste la reprise plus ou moins travaillée du budget 2013.

Certes, on le sait, on l’a dit, nous sommes dans une année de transition. Mais il ne faudrait pas en prendre prétexte, pour ne rien faire, ne pas donner des signes de ce que doit être cette nouvelle intercommunalité. Gérard Valles l’a dit, Jean Philippe Besiers et Jean Michel Cassignol ont acquiescé : il faut prendre à bras le corps la question économique, aller chercher des entreprises, des artisans pour développer sur nos trois zones, Fleury, Bordes Rouge et Barrès des activités créatrices d’emplois, donc de richesses pour nos territoires. Il faut dans ce projet beaucoup de volonté, d’imagination et se doter des outils adaptés. Le budget qui sera prochainement discuté, dira si le message a été entendu, si les nouveaux élus sont prêts à envoyer un signal fort aux citoyens qui n’attendent que ça!


Le reste, c’était l’élection des représentants de la com-com dans les différents syndicats et organismes qui gèrent les services aux citoyens. Restent encore à élire les commissions, la commission du développement  économique entre autre, dont on voit bien l’importance. Prochaine réunion : le 21 mai.