L’office de tourisme aura un budget

Dur dur un conseil municipal juste avant le match de l’équipe de France de foot. Et ça valait le coup! Le match bien sûr! Pour le conseil, on retiendra la délibération concernant l’Office du tourisme toujours sans budget depuis que le préfet l’a retoqué. Sur recommandation de la Chambre régionale des comptes, la majorité a suggéré d’effacer la dette de l’OT envers la mairie, soit près de 90000 euros (34000 euros d’avance remboursable et 55000 euros de redevance non payée en 2013 sur un total de 110000 euros) . Faute de quoi, l’Office serait sans budget, donc paralysé.

P. Guillamat  a voulu y voir argument pour dénoncer la gestion de la majorité précédente, dont il était l’adjoint aux finances. La trahison lui colle comme un chwing gum à la godasse et certainement pour longtemps encore. Dur dur en effet de justifier la sédition! Mais pour montrer leur petits muscles, les 4  de « Moissac Avenir » ont donc voté contre les propositions de la majorité UMP. Des propositions qui faisaient écho aux initiatives prises par Jean Paul Nunzi juste avant les municipales. Et que les élus de l’opposition divers gauche n’ont pas manqué de rappeler, histoire de rétablir les faits et de tacler le quotidien régional qui se croit encore en campagne.

Extraits de l’intervention du groupe Divers gauche

 » … La situation de l’OT est un os que la presse locale aimerait ronger. Elle en sera pour ses frais, sauf à consentir à mouiller dans ce dossier, tous ceux qui naguère étaient aux affaires, y compris les adjoints qui étaient en charge du dossier. Mais nous n’en sommes pas là, car il n’y a pas d’affaire… Sur l’OT, on nous dit que la Cour des comptes régionale enquête. Tant mieux. Elle fera litière des sous entendus, et des assertions sans fondement.

 On nous dit que le rapport n’est pas encore disponible, il n’y a donc pas lieu de se précipiter et de voter une exonération de redevance, sans savoir les tenants et les aboutissants de la situation comptable de l’OT. Je vous demande donc monsieur le maire de reporter cette délibération, dans l’attente de ce rapport dont je demande communication.

La commune a en effet consenti une avance remboursable de 34000 euros à l’OT pour la création de son nouveau site internet. En 2013, la municipalité a décidé la mise en place d’une nouvelle signalétique. Elle a confié ce travail à l’OT qui pouvait bénéficier plus facilement de subventions. En contrepartie, il avait été décidé d’effacer la dette de 34000 euros… effacement qui devait faire l’objet d’une délibération en Conseil municipal.

 Alors pourquoi cette délibération n’a-t-elle pas été présentée? D’abord pour des questions de calendrier, on était fin 2013 et le calendrier, électoral entre autre, s’accélérait. Ensuite, et c’est probablement la vraie raison, en janvier 2014, le maire est informé des difficultés financières de l’office qui déclare ne pas pouvoir payer la deuxième tranche de sa redevance 2013, soit 55000 euros.

 Immédiatement la mairie demande à ses services une enquête interne, une sorte d’audit dont les conclusions sont présentées au maire le 11 février 2014. Il ressort de cette enquête que l’office s’est lancé dans des dépenses hasardeuses au regard de ses capacités financières. Je parle là de participations à des salons, à des manifestations, utiles certes, mais pas indispensables et qui coûtent cher. Par ailleurs, l’enquête pointe le très mauvais bilan touristique 2013. Déficit sur le camping, mauvaises rentrées de la taxe de séjour, baisse de la fréquentation du cloître et de la boutique… bref une perte de recettes de plus de 48000 euros. Soit à quelque chose près, le montant de la deuxième tranche de la redevance. Je rappelle qu’en 2010, 2011, 2012, l’OT a toujours acquitté cette redevance, soit 110000 euros par an…

 Il est alors décidé un plan de redressement visant à baisser les dépenses de fonctionnement, à améliorer le rendement de la taxe de séjour, à procéder à des réorganisations. Il est aussi envisagé de surseoir à la perception du solde 2013 de la redevance. Mais pas d’exonérer l’OT de toute redevance, l’OT qui bénéficie de surcroît d’un emploi payé par la mairie.

 Il nous semble important en effet que cet EPIC maintienne un lien contractuel et donc financier avec la mairie. Nous sommes favorable au maintien d’une redevance, quitte effectivement à effacer le dû 2013. Mais l’OT doit se réformer, améliorer sa performance économique, mieux intégrer dans son budget prévisionnel les éléments de conjoncture économique… sinon, c’est lui donner un chèque en blanc… »

En fait la Chambre régionale des comptes ne fera pas de rapport. Précision du maire. Devant cette situation, le groupe Divers gauche a donc décidé de voter l’effacement des dettes de l’OT, obtenant de la majorité l’engagement qu’il sera procédé à une mise à plat de son fonctionnement et à la fixation d’une nouvelle redevance. Un appel à candidature a été lancé pour le recrutement d’un nouveau directeur.

Kiosque de l’Uvarium. Le gérant pressenti pour la saison d’été a pris la tangente et ne répond même pas aux huissiers. Dans l’urgence, la direction du Moulin s’est portée candidate à l’exploitation. Candidature qui a fait l’unanimité, étant entendu qu’il faudra pour la prochaine saison voir plus loin et plus grand pour permettre de créer une activité plus pérenne sur ce site qui le mérite bien.

Rythmes scolaires. Pas de gros changements à attendre à la rentrée de septembre. La majorité, répondant à une question écrite du groupe Divers Gauche, a assuré qu’elle reconduisait à quelques détails près le dispositif mis en place par l’équipe Nunzi.

Piscine de Saint Nicolas. Si l’on en croit le journal de Jean Michel Baylet, le président de la Com-Com a pour projet d’investir dans la couverture de la piscine de Saint Nicolas de La Grave, qui est un équipement départemental. La majorité municipale de Moissac est-elle disposée à le soutenir? A cette question le maire a répondu que ce n’était pas dans les projets de la Com-Com et démenti du même coup les propos prêtés à son président.

Quartiers pauvres. Moissac vient de bénéficier d’une publicité dont on se serait bien passé. Notre ville, avec Castelsarrasin est désormais éligible à la politique de la ville en tant que territoire prioritaire dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Quels en seront les conséquences? La ville va-t-elle bénéficier d’un fond spécial? Réponse : on a été informé mais on n’en sait pas plus. Une réunion aura lieu en préfecture le 9 juillet.

PS : le FN a voté contre une demande de subvention dans le cadre de la lutte contre la délinquance. Allez donc y comprendre quelque chose!

 

 

 

Coup de pompe

Inauguration avec tambours et trompettes de la nouvelle station service du magasin Intermarché de la zone du Luc à Moissac. Conseillers généraux et municipalité avaient été conviés à cette manifestation qui se voulait culturelle avec concerts de chants et petits fours. A priori très sympathique. Sauf qu’aucun des orateurs, pas même le directeur de la grande surface n’a cru bon d’associer à cette réussite l’ancien maire de Moissac, Jean Paul Nunzi, pourtant invité avec insistance.  Pas un mot, pas une allusion à sa présence. Et pourtant, n’était-ce pas sous son mandat, grâce à son engagement, à sa ténacité que ce magasin a pu s’installer et prospérer?

Une amnésie révélatrice d’un manque de savoir faire, à moins qu’elle ne fût volontaire et donc politique… Allez savoir. Devant une telle indélicatesse, Jean Paul Nunzi et quelques  invités ont préféré laisser la soirée se poursuivre sans eux.

 

Oser la réforme territoriale!

En publiant sa nouvelle carte des régions, François Hollande veut forcer le pas. Obliger les acteurs régionaux à prendre position. Il est vrai que ce dossier lambine depuis trop longtemps. Plus de dix ans qu’il est en panne, que les rapports succèdent aux rapports et que les plus beaux esprits s’ingénient à les enterrer, au nom de l’histoire, d’une prétendue réalité. On oublie trop souvent que nos régions, telles que nous les connaissons aujourd’hui ont été créées en 1982, il y a seulement 36 ans et qu’elles sont le résultat d’un coup de crayon qui en son temps fut tout aussi arbitraire que celui de 2014.

Pourtant, puisque les choix ne sont pas définitifs, on est en droit de se poser quelques questions. Pour ce qui concerne le grand sud ouest, le mariage du Limousin et du Poitou-Charentes n’est pas dénué de fondements. Mais que vient faire dans cet attelage la région Centre, dont la capitale Orléans apparait de plus en plus en plus comme l’arrière cour de la région parisienne? Le cas des régions Midi-Pyrénénes  et Languedoc Roussillon interroge lui aussi. Outre qu’il fera de Montpellier un satellite de Toulouse, cet assemblage colle mal à la réalité vécue par les populations. Si le département de l’Aude est indéniablement tourné vers la capitale occitane, les autres sont méditerranéens, appartiennent à l’arc qui va de Marseille à Perpignan, à l’exception de la Lozère qui est terre du massif central.

Du coup, on perçoit la faille du raisonnement présidentiel. Rassembler les régions, sans remettre en cause leur périmètre actuel, sans interroger leur cohérence, c’est faire le travail qu’à moitié. C’est ne ne pas oser remettre en cause la régionalisation des années Mitterrand. Certes le choix de François Hollande procède du désir d’aller vite et de ne pas ajouter des complications aux complications. Mais vu l’enjeu que cette réforme représente, il faudrait oser, oser aller plus loin, retravailler les pièces du puzzle. On ne fait pas une telle réorganisation territoriale tous les 10 du mois.

Et puis reste entière la question des départements. Pourquoi remettre à plus tard ce chantier, pourquoi ne pas l’ouvrir dans la foulée? Sauf à ne pas vouloir mécontenter davantage des élus qui s’y sont construit leur fief! Sauf à ne pas vouloir s’attaquer réellement à cet héritage de l’empire! Cette prudence, qui pourrait passer pour de la pusillanimité ne servira à rien. La grogne grognera. On l’entend déjà. Pour autant, elle ne doit pas détourner le gouvernement de son objectif : réduire le mille-feuille administratif pour plus de cohérence et d’efficacité.

Tarn et Garonne: la percée du front

Les élections européennes ont été marquées par la percée du FN, arrivé en tête sur l’ensemble du territoire français. Ce succès incontestable présente cependant des disparités que la sociologie éclaire en grande partie.

Ainsi en région parisienne, très fortement urbanisée, peuplée d’actifs plus jeunes en moyenne que dans le reste de la France, travaillant essentiellement dans les secteurs secondaire et tertiaire, le FN ne parvient pas à creuser l’écart. Il est même souvent relégué en queue du peloton. En revanche, dans les pays d’industrie lourde, en déclin, voire moribonde, le FN supplante les traditionnels partis de gauche, en particulier le PCF en voie de disparition y compris dans ses bastions historiques.

Même chose dans les zones rurales. Le FN y fait un tabac auprès d’une population composite où se retrouvent agriculteurs, commerçants, déclassés ou marginalisés, inquiets de voir arriver des immigrés plus pauvres qu’eux, qu’ils ressentent instinctivement comme une menace. Le Tarn et Garonne en est la parfaite illustration. le FN y obtient ses meilleurs  résultats en Midi Pyrénées, avec même des scores qui dépassent ici ou là les 40%.

A quoi sert le PRG?

Ces résultats doivent interroger sur le PRG dont la domination reste sans partage ou presque lors des élections locales dans ce département. En son fief, ce parti, qui présentait l’une de ses adhérentes montpelliéraine comme tête de liste, est totalement impuissant à contenir la poussée frontiste. Autant dire qu’il est incapable de construire une barrière idéologique, de rassembler ses électeurs autour d’une vision un tant soit peu progressiste, de donner corps aux valeurs dont il se réclame… Donc il ne sert politiquement à rien. Dans la bataille des idées, dans le choc des idéologies, il n’est d’aucun poids. En fait l’électorat tarn-et-garonnais vote le lundi PRG ou associés et le mardi se jette sans retenue et sans vergogne dans les bras du FN. Voilà le résultat d’un système clientéliste, fondé non pas sur l’adhésion à un projet politique, mais sur la constitution d’un petit monde d’obligés, avides de subventions et autres prébendes, spectaculairement et opportunément  distribuées par le »patron » du département. Tout est affaire d’intérêt et dans leur majorité, les électeurs tarn-et-garonnais votent localement PRG en guise de remerciements, histoire aussi de gagner leur ticket d’entrée au tirage suivant. Comme à la Française des jeux, 100% des gagnants sont des votants.

A contrario, la situation de l’Aveyron, terre rurale s’il en est, mais marquée par un catholicisme dominant est intéressante. Certes, elle compte elle aussi son lot de notables. Mais elle résiste beaucoup mieux au virus frontiste, parce qu’elle a su construire, depuis des décennies, à travers ce catholicisme pratiqué et exigeant, voire social, un corpus idéologique et religieux, radicalement réfractaire à une partie des thèses du FN.

Sénatoriales : le PRG veut faire la loi

En Tarn et Garonne, à Gauche, en dehors du PRG, point de salut. JM Baylet a arraché à la direction nationale du PS un accord qui prévoit qu’en Tarn et Garonne, les deux candidats seront Jean Michel Baylet et un radical de gauche, pas encore désigné. Bref le PS n’existe pas, passé une nouvelle fois à la trape par la direction d’un parti préoccupé de sauver ce qui reste de sa majorité présidentielle et prêt pour cela à tous les lâchages. A  Moissac on en sait quelque chose.

Qu’importe que la Fédération ne soit pas d’accord et qu’elle ait écrit à C. Borgel le secrétaire national aux élections. Qu’importe l’avis des militants, floués et sommés de s’exécuter! Il y a gros à parier que ça va tousser dans les chaumières socialistes du département. Le PRG et son leader, mais aussi les responsables socialistes nationaux ou régionaux peuvent s’attendre à des candidatures dissidentes, histoire de dire que le PRG ne plumera pas une fois de plus la volaille socialiste.