Moissac, mon voisin est vigilant

A titres divers, nous devons tous l’être. Alors soyons-le! La mairie a rassemblé il y a quelques jours 300 personnes au Hall de Paris pour parler sécurité. Normal, la majorité UMP en avait fait un de ses principaux thèmes de campagne. Et chacun sait que Moissac s’inquiète de l’augmentation de la délinquance. Pour autant, la réponse que gendarmerie et mairie ont conjointement mis en place est-elle la bonne?

Certes, « vigilants ou référants », les citoyens impliqués, ils ont été nombreux à se porter volontaires, ont ainsi le sentiment de se sentir responsables, utiles à la communauté. Cette initiative, comme nous l’écrivions peut même créer du lien social, ou en donner l’illusion. Et pourtant, elle est inadaptée, voire dangereuse. Inadaptée en cela qu’elle ne règle rien et surtout pas  la délinquance qui suppose, répétons le, la conjugaison de mesures de prévention et de répression, assorties de décisions administratives visant à responsabiliser les familles et en particulier les parents des adolescents. Dangereuse, parce qu’elle peut conduire, même si la loi dispose que le système doit être encadré,  à la création de groupes de citoyens soudain nantis d’une mission… Dès lors, on n’est pas loin de la milice. Vigilant fait en effet écho, notamment dans le monde anglo-saxon aux auto-justiciers, à ces bandes qui entendaient dans le far-west faire régner l’ordre, le leur. Et pour ceux qui auraient besoin de quelques références supplémentaires, les vigilants prennent leur nom dans la Rome impériale, les « vigiles urbanis », chargés de donner l’alerte incendie, mais aussi de chasser les mendiants et de rattraper les esclaves en fuite.

Un citoyen, soit-il de bonne foi, n’est pas un policier, ni un gendarme. C’est à eux qu’il incombe de faire régner l’ordre, de donner la chasse aux trafics, de poursuivre les délinquants, de conduire les enquêtes nécessaires. C’est aux pouvoirs publics qu’il incombe de prendre les mesures nécessaires à la tranquillité des citoyens. En donnant aux forces de l’ordre des missions et objectifs clairs, en mettant sur le terrain les effectifs nécessaires, en organisant mieux les différents corps, en mettant en place aussi des dispositions à caractère social et administratif, sans lesquelles la lutte contre la délinquance nous renverra inéluctablement au mythe de Sisyphe.

 

Conseil municipal du 10 juillet

Le dernier de la saison. prochain le 11 septembre.

Beaucoup d’absents, et peu de débats.

Le Lutosa.

Suite et fin. la mairie versera 10000 euros à la propriétaire au titre des loyers impayés par l’ancien locataire.

Moissac métiers d’art et de création.

Cette nouvelle association est dotée de 5000 euros pour organiser à l’occasion de la fête du Chasselas une exposition photos sur les abeilles. L’intiative est bonne, mais avec l’Association de la rue des arts, cela fait deux associations qui travaillent sur le même domaine. Il y en a peut-être une de trop alors que la dernière née semble être une émanation de la majorité municipale. A suivre!

Rythmes scolaires

Peu de changements, mais une augmentation substantielle des tarifs des CLAE (centres de loisirs associés à l’école) pour les enfants qui participeront aux activités du midi et du soir. Il s’agit clairement pour la majorité de décourager les familles dont les enfants sont aux dires de l’adjointe en charge du dossier, trop nombreux à rester en fin de journée. A noter que les parents d’élèves n’ont pas été concertés sur cette décision qui risque de pénaliser les familles les plus défavorisées.

Voeu

le maire a souhaité associer la ville de Moissac à un voeu de l’AMF (association des municipalités de France) qui dénonce la baisse importante des subventions de l’état. Le groupe Divers gauche a souhaité et obtenu que ce voeu, en cette période de vaches maigres, propose une meilleure répartition des dotations, entre villes pauvres et villes riches.

Micro crèche

le projet de l’ancienne majorité, à la Mômerie, pour lesquels des terrains avaient été achetés, ne sera pas poursuivi. Les capacités d’accueil de la crèche des Grapillous  seraient suffisantes au regard des demandes. Mais les activités de la Mômerie seront développées, notamment l’accueil parents-enfants

Le PRG fait basculer le Sénat

Ah la belle alliance! UMP, PC et Radicaux, unis comme un seul homme pour faire capoter la réforme territoriale. Ces messieurs, les dames ne sont pas nombreuses au Sénat, sont le dernier carré de la réaction, un concentré de conservatisme, de notables arc-boutés sur leurs privilèges.

Oubliés les discours pontifiants sur les valeurs, sur la République et tout le reste. Il suffit que leurs intérêts soient en jeu pour qu’ils révèlent leur nature profonde. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’ils représentent la France profonde?

Les communistes, on les savaient à l’ouest (c’est drôle non?). Mais les radicaux, les meilleurs amis du président, ne ratent pas une occasion (ils ont déjà fait leurs preuves au Sénat) de s’opposer à la politique du gouvernement. Groupuscule surreprésenté par le jeu des alliances avec le PS, ils font preuve d’une ingratitude remarquable qui leur permet en ces temps où la majorité se cherche, de montrer leurs petits muscles, convaincus qu’à eux seuls ils vont conserver l’ordre ancien.

Heureusement que le premier ministre tient bon. Il faut maintenant que le PS tirent les bonnes conclusions de cet épisode politicien. Il est temps d’en finir avec les bonnes manières et de rendre coup pour coup à un allié aussi détestable.

Les élections sénatoriales de septembre en sont l’occasion. En Tarn et Garonne, les radicaux veulent s’octroyer les deux sièges. Les grands électeurs socialistes et leurs amis seraient bien inspirés de porter leurs suffrages sur d’autres candidats. Pas une voix pour le PRG. Il faut refonder les pratiques politiques, renouveler en profondeur la représentation nationale, à commencer par le Sénat!

Un plan d’envergure contre la délinquance

Le miracle n’a pas eu lieu, la délinquance grande ou petite n’a pas pris la poudre d’escampette à la seule vue des nouveaux élus moissagais. Bien au contraire!

Cambriolages, incivilités… tout pareil que sous l’ancien régime.

Il fallait bien que dans ce contexte, l’UMP tente de montrer sa différence, prenne l’initiative. Tout au long de la campagne électorale, elle avait évoqué le rôle des « voisins vigilants », ce mouvement qu’on voit se développer dans nombre de villes, et qui regroupe des citoyens censés alerter les forces de l’ordre à la moindre anomalie. Un jeune qui traîne un peu longtemps dans la rue, et hop, on appelle la police. Une voiture « étrangère » qui stationne sur le trottoir, et vlan on alerte le réseau…

Efficace ces espèces de comités de quartiers? Difficile à dire, il n’y a pas d’étude sur la question. Mais ça rassure, ça crée du lien comme dit, ça donne le sentiment de faire quelque chose, de se prendre en main.

 La mauvaise réponse

Ce type d’initiative pose donc question. Elle doit être regardée avec circonspection, elle doit être pour le moins fortement encadrée, car elle n’est pas la bonne réponse.

En convoquant une « assemblée du peuple », le 16 juillet prochain, la municipalité de Moissac a certes le mérite de mettre le problème sur la table, d’inviter au débat et en même temps, elle risque d’ouvrir la boîte de Pandore, de libérer le fantasme sécuritaire. Elle peut du même coup exacerber les passions. Terrible responsabilité! Terrible aveu d’impuissance!

La bonne réponse

La tranquillité publique est l’affaire des pouvoirs publics qui disposent de deux outils: la prévention et la répression.

La prévention, c’est l’encadrement des jeunes, en remettant sur le terrain des animateurs sociaux, la mise en place de dispositifs de formation et d’accompagnement, la responsabilisation des parents qu’il faut obliger à tenir leur place. Il faut aussi enrôler dans ce travail de prévention, toutes les institutions, y compris communautaires et religieuses, qu’on n’entend pas sur ces questions. Il faut encore ouvrir des opportunités, créer localement des activités d’utilité sociale,… donner de l’espoir aux laissés pour compte!

Et puis, il y a la répression, l’affaire des forces de police et de gendarmerie, des tribunaux aussi. Il faut, comme Jean Paul Nunzi avait entrepris de le faire, réorganiser en profondeur les forces de police, obtenir encore des renforts de gendarmerie, redéfinir leurs missions. Il ne faut lâcher sur rien, éradiquer les trafics qui ne sont pas, contrairement à ce que certains disent, un régulateur social. Ne rien tolérer qui mette en péril les équilibres sociaux, fragiles, malmenés par la crise et ses conséquences sur les catégories les plus défavorisées. Une étude récente montre une fois encore qu’en cette période, les plus riches s’enrichissent, les plus pauvres s’appauvrissent. Vue de cette lucarne, la délinquance peut aussi être un cri de désespoir.

 La réparation

Reste qu’un délinquant, jeune ou vieux doit être puni. Mais pas forcément par de la prison. Il y a mieux: la réparation envers les victimes, les travaux d’intérêt général, et l’obligation de se former à un métier. C’est un dispositif lourd et complexe dont nous avons besoin. La ville seule ne peut l’assumer.

Moissac, on l’avait mis en évidence au cours du colloque sur la précarité, cumule tous les handicaps. La population y est globalement plus pauvre que la moyenne, certains ne sont même plus capables de suivre des formations qualifiantes. Les jeunes diplômés fuient la ville. Les entreprises industrielles et artisanales y sont rares. L’agriculture consomme certes de la main d’oeuvre, mais seulement quelques mois par an. Et faute de trouver localement réponse à ses besoins, elle fait appel à des étrangers de la zone Schengen, qui s’installent souvent dans la ville avec leur famille élargie. Du coup, les aides sociales, le travail remarquable des associations caritatives ne parviennent pas toujours à satisfaire les demandes de ces populations.

Moissac a besoin, à son échelle, d’une sorte de plan Marshall contre la délinquance et contre la pauvreté. Un plan qui suppose l’engagement de l’état, mais aussi des collectivités territoriales, département et région. Moissac est désormais éligible à la politique de la ville dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il faut saisir l’occasion. Il est temps de mettre tous les décideurs autour de la table, ce qui n’interdit pas, bien au contraire, de rendre compte aux Moissagais. Le temps presse.

Les off du festival de la Voix

Le festival de la voix à Moissac s’est déroulé cette année sous la menace des orages. Du coup les organisateurs qui ont bien du mérite ont du se replier sur des solutions de secours. De quoi doucher l’enthousiasme des plus volontaires et refroidir les ardeurs du public!

C’était le premier festival de l’ère Henryot qu’on a beaucoup vu avec son équipe lors des représentations. Le conseiller général, P. Guillamat  a fait lui aussi l’ouverture de la manifestation, se fendant d’un discours qui en a contrarié plus d’un. Comment oser en effet se féliciter de la qualité, de l’intérêt de ce festival, quand pendant toute la campagne électorale, il n’a eu de cesse de le critiquer, de dénoncer la culture élitiste, ses « coûts exorbitants », promettant d’y mettre un terme s’il était élu.

On sait bien que les périodes électorales sont parfois l’occasion de dire n’importe quoi, mais tout de même, il est des limites à ne pas dépasser! Cela lui fut dit. Le monsieur partit vexé, et pour se justifier, chargea son compère, l’autre conseiller général.  « C’est pas moi, c’est lui » : bien piteuse justification!