Vous souvient-il de la « Gauche plurielle » et des années Jospin? En ce temps là, les Verts, le PCF, Chevènement, les Radicaux aussi, faisaient cause commune, ramaient tous en cadence aux ordres d’un timonier qui ne s’en laissait pas compter. La gauche avait un projet, un discours, une méthode.
Puis comme toujours, les vieux démons de la politique sont revenus, les états d’âme avec. D’une péripétie, certains voulurent faire une affaire, une cause, LA cause du peuple aurait pu dire Jean Paul Sartre. Jean Pierre Chevènement fut le premier à claquer la porte, en 2000, à la suite de la reconnaissance officielle des mouvements nationalistes Corses. Et puis vint le séisme de 2002, l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de la Présidentielle. Plus qu’un problème de personne,cet échec pointait cruellement la difficulté pour la gauche, pour les gauches, à construire un corpus idéologique en phase avec l’époque.
Ainsi s’annonçait les temps où il n’y aurait, comme le prophétisait déjà Léo Ferré, « ni cause, ni peuple ». Faute de savoir cerner les contours de celui-ci, évaporé dans la mondialisation, happé par l’économie de marché! Il y a quelque chose du destin de Frankenstein dans cette situation: le monstre a échappé à sa créature. Même les libéraux (la droite) ne savent comment le reprendre en main.
Alors chacun en est réduit au bricolage. Droite ou gauche, on rustine le système, on colmate les brèches, on tente des diversions. La classe politique, c’est bien encore le seul domaine dans lequel on ose employer le mot classe, apparait impuissante, hors sol, réduite à de grandiloquentes gesticulations, à des engagements que le réel, c’est à dire le marché, balaie d’un revers de bourse.
Le gouvernement est bien dans cette situation. François Hollande avait promis de ré-enchanter la France. Voilà qu’elle se morfond, aigrie et apathique, comme harassée par ses gué-guerres intestines. Sa politique est-elle en cause? Certainement, mais aussi celle de l’Europe, bornée, apeurée, introuvable le plus souvent. Dans un tel contexte, le naturel revient au galop et les ambitions personnelles qui demeurent la chose la mieux partagée dans le petit monde politique, font grand tapage au moindre désaccord, et n’hésitent plus à quitter le navire. Ainsi les écolos qui réinventent le soutien conditionnel sans participation, se livrant, au travers du livre de l’ancienne ministre du logement, à un pilonnage de la politique qu’elle a pourtant portée. Ainsi les PRG, qui menacent de quitter le gouvernement si celui-ci ne revoit pas le découpage territorial. En jeu : l’avenir des départements ruraux. Le Tarn et Garonne disposerait-il ainsi du sort du quinquennat?
Le chantage est permanent, prend prétexte de tout et souvent de pas grand chose, mettant le Président et son premier ministre dans une position intenable. Le PS qui va de revers en déroutes électorales ne dit rien, n’a manifestement rien à dire, pas même sur le comportements de ses ex partenaires. L’université d’été de la Rochelle sera l’occasion de prendre la température de ce parti qui se vide peu à peu de ses militants. Alors? Alors, il faut d’abord admettre que la gauche plurielle est un hologramme sans chair, que la gauche dans son entier, au premier chef le PS, est entrée dans une zone de profonde dépression idéologique. Qu’il n’a actuellement ni les ressources conceptuelles, ni les hommes, ni les femmes pour le sortir de ce pot au noir. Il faut peut-être que le PS se donne du temps, s’émancipe un tantinet, accepte l’idée d’une re-fondation qui concernerait son organisation, son fonctionnement, son rapport à la société et bien entendu son projet politique y compris dans ses relations avec les autres formations politiques. Bref une petite révolution!
Moissac compte désormais six « Justes parmi les nations »
Moissac compte deux Justes de plus. Deux « Justes parmi les nations ». Ernestine-Maria et Albini-Jean Ginesty qui s’illustrèrent pendant la dernière guerre en accueillant des enfants juifs et en participant activement à la Résistance.
A la faveur du 70° anniversaire de la libération de Moissac, une belle et émouvante cérémonie, en présence du Président du Yad Vashem France, Jean Raphaël Hirsch, a été organisée, allée des Justes, à proximité du Moulin. L’occasion de rappeler le comportement exemplaire des Moissagais en ces temps abominables qui non seulement ne dénoncèrent pas, mais cachèrent les enfants juifs, réfugiés pour beaucoup de toute l’Europe.
L’an dernier, l’Association « Moissac ville de Justes oubliée », dirigée par Jean Claude Simon et Annie Claude Elkaim, avait organisé une grande manifestation dont le retentissement fut international, afin de revendiquer le titre de Ville de Justes pour Moissac. Jusqu’à présent Israël qui décerne cette distinction, l’attribuait aux seuls individus, vivants ou à leurs descendants directs.
Mais le temps a passé. Et Yad Vashem envisage de clore la liste des Justes. Du coup, des territoires, des villes comme le Chambon sur Lignon (Haute Loire), ou Moissac et ses environs, pourraient bien être distingués en tant que tels. Le formidable travail de l’Association « Moissac ville de Justes oubliée » pourrait donc porter ses fruits. Et Moissac gagner une reconnaissance internationale de plus!
Le retour
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Et toutes nos excuses pour cet abandon bien involontaire.
Moissac, où en est l’Office de tourisme?
L’office dispose enfin d’un budget pour 2014. Le préfet avait refusé d’entériner le précédent, au prétexte, bien réel, que l’Office serait dans l’incapacité de payer à la mairie la redevance annuelle qu’il lui lui doit. Le dernier Conseil municipal avait décidé d’effacer les différentes dettes de l’office, à savoir la redevance annuelle de 105000 euros et le remboursement d’un prêt de 34000 euros qui avait permis de financer le développement du site internet. Le nouveau budget 2014, voté par le Comité de direction de l’Office a donc pris en compte ces décisions. Il table aussi sur une baisse significative de la fréquentation touristique, ce qui va diminuer mécaniquement les recettes de l’Office, qui rappelons-le, est un EPIC, un établissement public industriel et commercial.
L’office est maintenant convalescent. Sa situation financière rétablie, il pourra en 2015, si les édiles en décident ainsi, repartir d’un bon pied, nanti-c’est un impératif absolu- d’un projet de développement touristique ambitieux et de moyens de financement supplémentaires. Un nouveau directeur sera choisi d’ici septembre. Une vingtaine de candidats ont répondu à l’offre d’emploi parue sur les sites spécialisés.
Moissac, l’été en demi-teintes
Le Tarn se languit dans la torpeur estivale. Le port flottant reste désespérément vide. En cette fin de juillet, le canal témoigne de la même désaffection. L’office de tourisme compte les touristes et les pèlerins. Et le compte n’y est pas! Moins 2000 entrées au cloître par rapport à l’année dernière! Les restaurateurs font grise mine. Comme le temps. La saison ne s’annonce pas brillante. La faute à qui? A la crise bien sûr. On dit partout que les touristes boudent l’hexagone, font des choix plus économiques, l’Espagne par exemple, optent pour la débrouille, préfèrent les grands événements aux joyaux du patrimoine.
Ce revers de fortune, il faudra attendre la fin de la saison estivale pour en mesurer l’ampleur réelle, ne condamne pas pour autant les choix de Moissac. Le tourisme reste un fantastique vecteur de développement économique pour les sites qui s’en donnent les moyens. Et dans ce domaine, Moissac fait preuve d’une singulière passivité, d’un coupable manque d’initiative.
Le touriste, fut-il amateur de vieille pierre, cherche les sensations fortes, Plus encore en période de crise et de doute généralisé. Il veut qu’on lui conte fleurette, qu’on lui propose toujours plus grand, toujours plus fort. Il n’est pas sûr que la ville ait bien perçu la demande nouvelle de ces consommateurs.
Le touriste culturel ou pas, a besoin d’un environnement qui le cajole. Il a besoin de se sentir attendu, aimé peut-être. Et Moissac n’aime pas assez ses touristes, tout du moins c’est l’impression que la ville donne. Un cloître ne suffit pas au bonheur de ce type de chaland. Il lui faut du grand, de l’épique, du roman. Jeune ou moins jeune, il a besoin de se projeter dans un autre monde, de se sentir emporté, comme dans les jeux d’arcades dont il est friand. Il faut mettre en scène les pierres, l’architecture, l’abbatiale qui fait petite figure comparée à Fontfroide (Aude) par exemple. Il faut élargir l’offre culturelle. A cet égard, l’expo sur « Les enfants de la Pub » constitue un rayon de soleil bien venu.
Le touriste veut un panier garni. Et aux nourritures de l’esprit, il ajoute celles du corps. Le manger et le boire, la convivialité que le sud-ouest est sensé lui offrir, des loisirs, sportifs ou pas, pour occuper ses journées et entretenir sa forme physique. Moissac plage, quel qu’en soit le mérite, ne répond pas à ce besoin. Tennis, stade, randonnées à thème, concours de boules, concours de pêche, soirées dansantes? Il faut chercher longtemps pour trouver ce type de rendez-vous. Même les jeux d’eau (canoë, ski nautique) demeurent discrets, comme réservés à quelques uns. Sans parler du manque cruel de piscine!
Moissac a besoin de repenser sa politique touristique. Pour reprendre un slogan qui a fait florès, il faut dans ce domaine, comme dans bien d’autres, penser global et agir local.