Demain Moissac: un projet pour le département

Dimanche, les Français, les Moissagais vont élire leurs conseillers départementaux. Le résultat final dépendra beaucoup de l’abstention.

Autant dire qu’il faut aller voter!

L’enjeu est d’importance: réduire l’influence du FN, faire pièce aux ambitions de la droite UMP-UDI qui se voit déjà à la tête du département, construire avec tous ceux qui veulent en finir avec les pratiques actuelles, une nouvelle majorité, respectueuse des citoyens, attachée aux solidarités individuelles et territoriales, consciente des défis environnementaux.

Moissac demain, avec Franck Bousquet, Estelle Hemmami, Eric Holbé et Marie Dourlent entendent, à gauche, relever le défi. Ils sont la chance de Moissac et des communes du canton. Ils sont la chance d’un département qui a besoin de renouveler en profondeur son personnel politique et ses pratiques.

Entretien.

Nous sommes à moins d’une semaine du 1° tour. Vous avez arpenté tout le canton, tenu des réunions publiques un peu partout sur le territoire, comment avez-vous trouvé les électeurs?

Marie Dourlent, Estelle Hemmami, Franck Bousquet, Eric Holbé

Marie Dourlent, Estelle Hemmami, Franck Bousquet, Eric Holbé

Finalement nous les avons trouvés attentifs et intéressés mais surtout assez peu au courant des enjeux et de la façon dont va se dérouler cette élection. La plupart savent qu’il y a des élections mais ils ne connaissent pas les limites du canton, le mode d’élection, et surtout ils ne savent pas vraiment à quoi va servir leur vote.

Les sondages annoncent une très forte abstention, la craignez-vous?

C’est un peu la conséquence de la première question. Lorsque les enjeux d’une élection ne sont pas bien identifiés, soit on vote pour répondre à une question qui ne se pose pas, soit on ne vote pas…..

La gauche ne risque-t-elle pas de faire les frais de la division, comme aux municipales?

Là encore nous pensons qu’il faut bien définir ce que l’on appelle la gauche. Nous sommes la seule liste qui se revendique d’une gauche en capacité de diriger le département et de changer les choses. M. Guillamat se place volontairement à droite, en faisant une nouvelle fois équipe avec des membres de la liste de droite des élections municipales de 2008 et M. Dupleix est dans une posture protestataire qui ne prend en compte aucun enjeu départemental.

Par ailleurs, lors de cette campagne, nous avons eu l’occasion de rencontrer des candidats de différents cantons ; nos valeurs sont partagées par un certain nombre d’entre eux. Il faut comprendre que cette fois-ci, nous avons une chance unique de changer la gouvernance de ce département en construisant une majorité sur un projet et des valeurs et non sur des services rendus.

Dans votre programme, vous insistez fortement sur le gouverner autrement, sur la solidarité, la défense des services publics et sur l’écologie… Pensez-vous que la majorité sortante, PRG et PS a failli sur ces questions?

La majorité sortante n’a pas de couleur politique revendiquée. Elle s’est construite par une politique d’échange de financement et de services rendus entre élus. C’est aussi à cela que nous voulons mettre fin. Gouverner autrement c’est gouverner pour et avec les citoyens, en finir avec les petits arrangements.

Le Conseil Général a été incapable de construire une véritable politique d’aménagement et de solidarité territoriale en réfléchissant au département dans son ensemble. Il faut tenir compte des forces et des faiblesses du Tarn et Garonne et ne pas agir au coup par coup sans vision du développement local. Le gaspillage de la taxe rapportée par la centrale nucléaire de Golfech dans des projets improductifs est une catastrophe. Nous aurions pu construire des zones d’attractivité économique et touristiques extraordinaires et non pas entretenir des clientèles locales. La solidarité c’est aussi et surtout aider à s’en sortir, pas entretenir la dépendance : ce qui est vrai au niveau individuel l’est aussi au niveau territorial.

Concernant l’écologie, il faut savoir que notre département est encore en grande partie rural avec une forte activité agricole. Cela signifie que la préservation de ses ressources est un élément vital pour son activité. Mais l’évolution doit s’accompagner de solutions pour aider à la vente et à la promotion de nos produits. La politique du département a été correcte pour la promotion mais il faut absolument favoriser la vente des produits locaux. Une première étape sera l’aide aux circuits courts dans la restauration collective.

Quant aux services publics on ne peut pas dire qu’en ce qui concerne le Lycée ou l’Hôpital notre canton ait été franchement soutenu par le Conseil Général. Mais je crois que c’est souvent rappelé dans ce blog….

Sur le plan des services publics il faudra donc continuer à défendre (en particulier pour l’hôpital) mais aussi attaquer. La piste de l’installation de sections d’IUT doit être creusée. Il faut rappeler que le Tarn-et-Garonne est l’un des seuls départements de Midi-Pyrénées à n’avoir qu’un seul centre universitaire, à Montauban.

Comment envisagez vous de rendre compte aux citoyens en dehors des périodes électorales?

Nous nous engageons à tenir des permanences hebdomadaires pour recevoir nos concitoyens et à organiser plusieurs réunions annuelles pour rendre compte de nos actions. Nous sommes également favorables à l’organisation de référendums départementaux sur les grands projets d’aménagement et à l’expérimentation d’une assemblée participative dotée d’un petit budget d’investissement. Notre démocratie est en danger et il faut tout tenter pour que la chose publique redevienne la chose de tous.

Vous êtes contre le cumul des mandats… le maire de Moissac, candidat UMP aux départementales est aussi vice président de la communauté de communes. Nos concitoyens vont-ils apprécier cette boulimie?

Ce sont eux qui jugeront. Mais se dédire aussi vite, même pas un an après son élection, après avoir annoncé que l’on serait l’homme d’un seul mandat laisse un goût amer dans la bouche…. Ce type de comportement participe fortement au désenchantement démocratique.

Cependant le danger principal réside dans le leadership exercé par Mme Barèges. Parfois nous avons l’impression que c’est elle qui décide qui va être candidat à Moissac… Si elle prend les manettes du département nous craignons fortement pour l’avenir de notre territoire. Tout risque d’être concentré à Montauban : le développement économique mais aussi les services publics.

 

 

Parlons de l’hôpital

Hôpital, silence! L’ARS (l’Agence régionale de santé), le maire de Moissac, la maire de Montauban ont du se donner le mot. Silence, on « campagne ». Pas un mot avant les élections. Concerté ou pas, ce motus et bouche cousue est troublant, je dirai même inquiétant.

Voilà plusieurs mois que s’empilent les rapports, se succèdent les réunions pour esquisser ce qu’ils appellent un projet de territoire. En clair, on revoie la carte des hôpitaux, on en réduit le nombre ou les capacités, on mutualise quand on le peut. Le tout parait-il pour mieux soigner. Plus prosaïquement pour faire des économies!

Des économies, il faut bien entendu en faire, y compris dans le domaine de la santé, mais avant de s’attaquer aux hôpitaux, l’état serait bien inspiré, maintenant qu’il est en délicatesse avec les médecins libéraux de se pencher sur leur cas. Et sur l’offre globale de soins qui aujourd’hui répond de plus en plus mal aux besoins des populations.

Mais revenons à l’hôpital de Moissac. Les vautours tournent autour, prêts à fondre sur la bête pour la mettre en lambeaux. Il s’agit en effet de créer à Montauban un « grand hôpital » qui récupérerait le meilleur de ce que Moissac fait, la chirurgie orthopédique par exemple. Et si le projet voyait le jour, parions qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour voir le reste, toute la chirurgie, partir à son tour. Nous avons les premiers tiré la sonnette d’alarme, interpellé le maire en Conseil municipal, cherché à comprendre pourquoi le Comité de défense de l’hôpital, les syndicats, naguère si vigilants quant au devenir de l’établissement, sont aujourd’hui aux abonnés absents.

Ils en parlent

On peut maintenant s’interroger sur ces candidats aux élections départementales, UMP et FN, aveugles et sourds à ce qui se trame. Seuls à gauche Franck Bousquet et Estelle Hemmami, posent clairement la question du devenir de notre hôpital qui n’est pourtant pas de la compétence du département. Mais ne pas utiliser la tribune d’une campagne électorale aurait été un renoncement coupable. Depuis peu, le ci-devant notaire, PRG qui ne l’est plus si l’on en croit sa propagande, a découvert le dossier. Mieux vaut tard que jamais!

Mais à une semaine du scrutin, il y a gros à parier que l’omerta va continuer. Les choses sérieuses auront lieu après. Le réveil risque d’être douloureux pour les Moissagais.

Point de vue

Les hôpitaux au bord de l’asphyxie

Jean Paul NUNZI. Ancien maire de Moissac

 « 10000 morts supplémentaires du fait de la gravité particulière de l’épidémie de grippe qui a frappé au cours de l’hiver 2014/2015.

Des hôpitaux dont les services d’urgence et de médecine étaient débordés avec, comme le signale le porte-parole des urgentistes, des personnes âgées qui sont mortes sur des brancards dans des couloirs, faute de lits.

Le gouvernement a réagi à temps, trop tard ? En tout cas, le plan ne permet pas une extension subite du nombre de lits disponibles.

La canicule de 2003 avait provoqué la mort de milliers de personnes (on estime à 15000 l’excédent de décès durant les deux premières décades d’août 2003), et là, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et son Ministre de la Santé Jean-François Mattéi n’avaient pas mesuré à temps la gravité du problème.

Avec une population française qui vieillit, on peut penser que d’autres catastrophes de ce genre peuvent se produite à nouveau.

En tout état de cause, les mesures successives prises pour économiser sur les dépenses hospitalières nous amènent à une situation critique en cas de crise sanitaire. Les services hospitaliers qu’on restructure depuis des années travaillent à flux tendu en permanence et une crise sanitaire peut provoquer une catastrophe, les services d’urgences et de médecine ne pouvant faire face à une augmentation soudaine du nombre de malades.

C’est le moment que choisit le gouvernement pour annoncer des économies substantielles à réaliser dans les hôpitaux au cours des trois prochaines années. Trois milliards d’Euros de réduction de dépenses, un milliard par an ! Ce sont 22000 emplois menacés de disparition ! Ce sont des menaces graves sur des services hospitaliers de petits établissements comme Moissac ! Ce sont des conditions plus difficiles pour les personnes âgées dépendantes (2 personnes en Allemagne pour une personne dépendante en établissement, moins de une en France !)

Je considère cette attitude comme irresponsable et pour le moins inopportune.

Certes, des réductions de dépenses sont à faire. A l’occasion de ces élections départementales qui intéressent bien peu de monde, on pourrait réduire de façon significative certaines dépenses de fonctionnement en particulier le train de vie dans cette institution, puisque on ne la supprime pas malgré ce qui avait été dit. Les réductions de moyens à l’hôpital, c’est un mauvais coup pour nos concitoyens qui considèrent que la santé est leur bien le plus cher.

 Cela n’exonère pas la droite, au contraire, qui préconise en permanence des réductions de dépenses supplémentaires et dont on aimerait entendre, que certains services publics comme l’hôpital méritent d’être protégés. On peut attendre longtemps une prise de position de ce genre ! »

 

 

La couleuvre et le hérisson

Tout piquants dehors, le premier ministre est parti ferrailler avec le FN, décrété danger pour la France. Pas de doute là dessus, ce parti n’est pas ce qu’il prétend, et il suffit de gratter un peu la croûte pour mettre au jour de vieilles purulences. Il faut donc le combattre, mais pas seulement par la dénonciation vertueuse, par le prêche appelant à ne pas dîner avec le diable. Il faut le combattre dans son nid, lui opposer une politique capable de prendre en compte les angoisses et les difficultés d’une grande partie de la population française, singulièrement la partie la plus défavorisée. Il faut donner du sens à l’action gouvernementale, l’inscrire dans un projet global dont on a perdu les contours.

Nombre de nos concitoyens parmi les plus pauvres souffrent du chômage, des difficultés économiques dont ils sont les premières victimes. Ils sont encore plus nombreux à ne plus vraiment savoir, littéralement, où ils habitent. Ils s’angoissent, ont le sentiment que tout fout le camp, qu’ils ne reconnaissent plus rien et que plus personne ne les reconnait. Classe tout juste moyenne, vivant dans les territoires ruraux,  qui croyait à la méritocratie, aux valeurs de l’école républicaine, version Jules Ferry et que taraude maintenant la perspective du déclassement. Manuel, mes mannes ouvrières se révulsent, tout comme toi, quand je vois des bastions jadis rouges se donner corps et âmes à ce FN qui avance masqué. Mais il faut s’occuper des nôtres, des classes populaires,  répondre à leurs attentes, aller au bout des réformes annoncées et se garder de l’incantation vertueuse mais creuse, qui ne saurait tenir lieu de politique, celle qui justement a fait faillite auprès de nos électeurs de toujours.

Oui,  le FN te hérisse le poil, et te met en boule.  Mais en même temps,  te voilà obligé d’avaler une grosse couleuvre. Les frondeurs sont invités à l’Elysée, les torpilleurs de l’action gouvernementale vont toiser le président. Pas lui rendre hommage comme on disait jadis dans les châteaux, mais bien négocier le prix de leur trahison, sauver leurs petites prébendes  de la débâcle qui s’annonce. Faux semblant de la politique, qui égare les esprits les mieux disposés, grossier maquillage d’une réalité trop triviale!  Comptes et mécomptes qui racontent un début de panique au sein du pouvoir! Car à force de prendre les Français pour des gogos, et en particulier nos propres électeurs, il ne serait pas étonnant de les voir faire un bras d’honneur au cynisme et au cyniques. Et là,  tu as raison, Manuel, notre pays serait en danger, grave,  comme disent les jeunes à qui nous donnons ce misérable spectacle de basse politique!

Il faut arrêter de zoner

Castelsarrasin en a trop fait. Trop de zones commerciales. C’est le tribunal administratif qui le dit, il vient de rejeter la D.U.P, la déclaration d’utilité publique de « Terres blanches ». Cette décision, certes,  ne rayera pas d’un trait de plume les boutiques et autres commerces déjà en activité sur la zone, située en face du Leclerc. Mais elle dit clairement stop à la politique de Castelsarrasin qui sous le mandat de Bernard Dagen avait choisi de jouer totalement perso, alors que les terrains de l’intercommunalité, « Barrès et Fleury », restaient désespérément  vides. Le tribunal administratif est ainsi raccord avec la loi qui privilégie les regroupements de communes.

La nouvelle équipe avec Jean Philippe Besiers,  arrivée en mars dernier à la mairie de Castelsarrasin,  avait soutenu et repris ce projet à son compte. D’où sa stupeur, si ce n’est sa colère alors que la ville a déjà investi 1,3 millions d’euros sur Terres blanches et comptait bien  installer bowling, cinéma, cafétéria et autres activités commerciales sur les 26 hectares déjà aménagés. Et récupérer du même coup à son seul profit, les retombées économiques d l’opération!

Loyauté

C’est Moissac qui sous le mandat de Jean Paul Nunzi avait introduit un recours devant le tribunal administratif, estimant à juste raison qu’on ne pouvait ainsi concentrer les activités commerciales sur la seule commune de Castelsarrasin et se moquer comme d’une guigne des zones intercommunautaires. Dès son élection à la mairie de Moissac, l’UMP Jean Michel Henryot a cherché la conciliation, retirant même le recours de sa ville. En vain! Et pendant ce temps, Castelassarasin poursuivait son projet. ce qui au passage interroge sur sa loyauté vis à vis de ses partenaires de « Terres de confluences ». Quoiqu’il en soit, voilà Castelsarrasin obligé de choisir : stopper net le développement de sa zone commerciale ou bien la remettre dans le pot commun. Mais alors on peut se demander si l’intercommunalité a vraiment besoin d’autant de terrains, qui rappelons le, pour la majeure partie d’entre eux, restent vides.

Du coup, on est aussi fondé à se demander si les projets mis en avant par le Président de l’intercommunalité, Bernard Guarguy, sont bien à la hauteur des enjeux de l’heure.

Le DOB, le débat d’orientation budgétaires

Comme à Moissac, l’exécutif intercommunal se refuse à augmenter les taux des impôts, se voit contraint de mutualiser une partie des services d’instruction des autorisations d’ urbanisme de Moissac et de Castelsarasin. Il envisage même d’étudier le transfert à l’intercommunalité de certaines compétences communales, ce qui pourrait conduire à l’élaboration d’un pacte fiscal et financier.

Mais pour l’instant, ce sont surtout les dépenses qu’on voit venir. Plus 20% sur la masse salariale, plus 11% pour l’ensemble des crédits de fonctionnement. Mais comme l’institution n’avait jusqu’ici pas fait grand chose, il restait un peu d’argent disponible qui devrait permettre quelques opérations comme l’élaboration d’un plan local d’urbanisme intercommunal (frais d’études), la restructuration de la cuisine centrale, l’agrandissement de la maison de l’intersommundlité, déjà à l’étroit dans ses murs… et l’étude du projet de piscine intercommunale.

Pour ce qui concerne le développement économique, rien ou pas grand chose. Un peu de fibre pour l’internet, quelques aménagements sur la zone de Barrès et bien entendu des travaux de voirie pour desservir sur la zone de Fleury, la future caserne des pompiers, qui rappelons-le, est de la seule compétence des Départements.  Moissac  s’est engagée à verser 300 000 euros pour sa construction, en plus du terrain déjà offert, et des autres dépenses…

Du coup, il ne reste plus rien pour le développement économique, pour créer de l’emploi dans ce bassin de vie, délaissé par les services publics, accablé de charges sociales. La paupérisation de ses populations y saute aux yeux. mais personne ne semble s’en inquiéter plus que ça, alors qu’il y a urgence, qu’un plan d’envergure pour l’emploi et le développement économique devrait être la priorité des priorités.

La banquière et le conseiller

Daniel BOTTA, ayant rendu son tablier de grand argentier et de la manière qu’on sait (voir plus bas dans ce blog), c’est Christine HEMERY, employée de banque, qui le remplacera à cette éminente fonction, troisième adjointe dans la hiérarchie municipale, avec une indemnité de 1087 euros mensuels.Elle représentera également la ville au Syndicat intercommunal d’eau potable.

Le maire s’est refusé à tout commentaire sur les raisons de la démission de son adjoint.

C’est Laurent TAMIETTI, 25° de la liste HENRYOT,  qui récupère du coup une place de conseiller.

Il reste maintenant à la majorité UMP-UDI à désigner son représentant à la Communauté de communes. On parle de Pierre FONTANIE.