Au pays des Cathares, nul n’est parfait

Montpellier et Toulouse promises l’une à l’autre par la grâce de la réforme territoriale, ne sont pas loin de se crêper le chignon. Le mariage ne s’annonce pas gai!

En fait, les élus de gauche se chicanent sur les attributions de leurs métropoles respectives. Ville rose, ou Surdouée, chacune se rêve capitale. Et à l’évidence, le bras de fer tourne vinaigre, au point d’inquiéter F. Hollande et Manuel Valls. Pour calmer ce petit monde mais surtout faire le point sur l’imbroglio politique, le premier ministre  convoque les protagonistes à Matignon, en terrain presque neutre. Date de cette rencontre : le 15 juin. Y sont conviés, Martin Malvy, président de Midi Pyrénées, Damien Alary, président de la région Languedoc Roussillon, Carole Delga, vice présidente de la région Midi Pyrénées, tête de liste socialiste aux prochaines régionales et Philippe Saurel, l’empêcheur de convoler en rond, par ailleurs maire de Montpellier. Pour Paris, il est temps de contraindre à une paix des braves, faute de quoi, la gauche risque de perdre la nouvelle région.

Car à droite des socialistes, un autre danger les menace, une liste « radicale fourre tout » que cherche à construire Sylvia Pinel, ministre du logement et protégée de Jean Michel Baylet. Elle a récemment intronisé Didier Codorniou, l’ex rugbyman, vice président de la région et membre des radicaux depuis octobre 2014, comme le deuxième de sa liste. Elle continue à faire les yeux doux à Philippe Saurel qui s’interroge sur sa candidature, mais ne cache pas ses relations avec le PRG : « Il nous appartient de donner aux populations dont nous avons la charge une autre représentation que celle d’un Parisien ou d’un apparatchik » a-t-il déclaré récemment à la Dépêche du Midi.

A l’évidence, Jean Michel Baylet qui n’a pas digéré ses défaites dans son propre département, cherche à faire payer l’addition à ses anciens alliés locaux. Chantage ou détermination sans faille? L’homme entêté ne décolère toujours pas. Il faut ajouter à cela que le ministère régalien qu’il convoite risque fort de lui échapper. Voilà donc qui pourrait hâter l’heure de vérité entre radicaux et socialistes des terres cathares.

Com-com : parodie de démocratie

C’est à Montesquieu que s’est tenue la réunion du Conseil communautaire de Terres de Confluences. Trois dossiers importants étaient à l’ordre du jour.

Zig-ZAC

La ZAC de Fleury est en panne depuis des années. Prévue sur 127 hectares, elles apparait aujourd’hui sur-dimensionnée. Il a été décidé de la réduire des deux tiers, soit un peu plus de 40 hectares et de lancer les procédures administratives afin de pouvoir y accueillir la fameuse caserne des pompiers et peut-être un jour la piscine intercommunale.

Préfabriqués

A l’étroit dans ses locaux, la Communauté de communes va s’agrandir. Des bâtiments provisoires vont accueillir sur 206 m2, une dizaine d’agents de l’urbanisme pour travailler sur le PLUI, le plan local d’urbanisme intercommunal. Coût de l’opération estimé à 251 000 euros. Mais ces préfabriqués ne dureront qu’un temps, il faudra bientôt construire en dur, donc repasser à la caisse. Double dépense, qu’il était possible d’éviter. On peut en effet aujourd’hui, avec les moyens informatiques, faire travailler des équipes techniques dans des lieux différents, en l’occurence Castelsarrasin et Moissac,  Mais les délégués communautaires ne semblent guère préoccupés par les économies. Gérard Vallès s’est abstenu pour dire son opposition à ce mode de gestion.

Praesidium

Opposé aussi à la nomination d’une nouvelle vice-présidente, Colette Rollet en remplacement de Daniel Botta, démissionnaire, Un poste à 940 euros mensuels alors que l’exécutif communautaire est inutilement pléthorique.

Le Contrat

Et puis, les délégués devaient se prononcer sur le Contrat de ville de Moissac. Un contrat  dont bien peu connaissaient le contenu et qu’ils ont pourtant approuvé comme un seul homme, ou presque. L’autre hic, c’est que l’exécutif a mis la charrue avant les boeufs. Ce contrat n’a même pas été discuté en conseil municipal de Moissac. il le sera jeudi prochain. Et serait-il amendé que cela ne servira à rien, il est déjà entre les mains des services de l’état! Bousculé sur ce terrain, le maire de Moissac s’est réfugié derrière un calendrier très serré qui l’aurait empêché de faire les choses dans l’ordre. Il n’empêche, il lui appartient de respecter les règles. Cette parodie de démocratie ferait rire, jaune tout de même,  si le sujet n’était pas d’importance. Jeudi on remettra le couvert.

PS 82 : Le message de la Fabrique

Le vote des militants socialistes de Tarn et Garonne est sans appel. Ils ont donné à la motion de Valérie Rabaut, secrétaire Fédérale du parti une très large majorité. 56,7% des voix contre 26,6% à celle de Jean Christophe Cambadélis, le patron national du PS. Les Frondeurs ont obtenu 14,4% voix et la motion de Florence Augier: 2,1%.

La Fabrique, la motion de Karine Berger et Valérie Rabaut, arrive en troisième position au national. Ce texte, un brin critique sur la politique gouvernementale, se veut à mi chemin entre les frondeurs et la majorité actuelle du parti. Il entend redonner aux militants un rôle majeur, tout en proposant une approche économique plus conforme aux orientations et valeurs de la gauche. Il est le manifeste d’un parti socialiste capable de prendre en charge, sans démagogie, ni renoncement, les aspirations du peuple de gauche et au delà de tous les citoyens de ce pays, bousculés, déboussolés parfois, par la brutalité du système. Certes, le congrès de Poitiers, en juin prochain, ne ménagera pas de surprise. La ligne Hollande sera validée et JC Cambadélis sera réélu. Mais le parti, le gouvernement ne pourront pas ne pas entendre les messages de la base. Entre les frondeurs critiques, sans que l’on sache s’ils veulent un retour aux thèses du Programme commun et la Fabrique, réaliste, qui propose une voie médiane, donc une inflexion de la ligne économique, l’avertissement pèse son poids : 40% des électeurs. Ce n’est pas rien!

Autre message et non des moindres, le taux d’abstention pour ce scrutin militant. Mais les chiffres ne disent pas tout. Ils ne disent pas que nombre de militants, socialistes encore, n’ont pas pu voter parce qu’ils n’étaient pas à jour de cotisations. En cette période de crise, certains « oublient » de payer une année. Erreur fatale, car le jour du scrutin venu, le militant rechigne à faire « le gros chèque ». Certes un parti de militants est un parti de cotisants. Mais là aussi, le PS serait bien avisé de revoir un tantinet les procédures et surtout d’embarquer plus souvent, plus profondément, tous ses membres dans la réflexion et la proposition. Le monde bouge vite et les engagements de congrès ne tiennent souvent pas la distance à l’aune du réel.

Enfin, disons le, le vote militant en Tarn et Garonne est un appui clair et sans détour à la politique menée dans le département par la secrétaire fédérale. Il la conforte dans ses pratiques démocratiques et dans la manière dont elle a conduit les relations, puis les négociations avec les partenaires de gauche. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Le Front de gauche, les Verts et surtout les Radicaux ne sont pas des partenaires faciles. On a vu les conséquences désastreuses de la ligne Baylet, fermé à tout compromis. Il est temps que chacun comprenne qu’il n’y aura pas de succès électoraux, sans un minimum d’union. Les prochaines régionales n’échapperont pas à cette règle. Si la gauche part à la bataille en ordre dispersée, elle risque fort au second tour de rester sur le bord du chemin et du coup de perdre les deux régions, Midi Pyrénées et Languedoc-Roussillon réunies, dont les réalisations font honneur à ses Présidents et aux majorités qui les ont dirigées.

Calvi, c’est fini…

Voilà donc un premier amour qui tourne court. La politique ne fait pas dans le sentiment. Daniel Calvi vient de l’apprendre. Le maire, Jean Michel Henryot n’a pas pour le coup tergiversé. Il faut dire qu’il a acquis une certaine habitude, il y a quelques mois, et pour des raisons encore mystérieuses à ce jour, il avait poussé vers la sortie Daniel Botta, un autre de ses adjoints et non des moindres puisqu’il était le grand argentier de cette équipe UMP.

Daniel Calvi vient donc de perdre sa délégation au développement économique et à la recherche d’entreprise. Risque de conflit d’intérêts explique le maire. Possible! L’adjoint en question, dont le commerce est en liquidation judiciaire, souhaitait récupérer un terrain de la zone du Luc. Un terrain qui ne serait pas commercialisable pour l’instant. Bref l’embrouille s’annonçait dangereuse. De quoi écorner un peu plus l’image de cette équipe qui a bien du mal à maintenir sa cohésion. Et qui va devoir étaler ses bisbilles lors du prochain Conseil municipal, le 4 juin.

Sans délégation, Daniel Calvi peut cependant rester conseiller municipal. Il perd ses indemnités mais conserve son poste à la Communauté de communes. Pierre Fontanié, son remplaçant putatif, risque de récupérer un dossier délicat, celui de la zone du Luc, restée en jachère depuis l’implantation d’Intermarché. Mais la majorité UMP n’est peut-être pas au bout de ses peines. On dit que Daniel Calvi pourrait bien contester devant les tribunaux la décision de la mairie de lui refuser le terrain qu’il convoitait.

Contrat de ville: une approche lourde et complexe

Les services de la mairie mettent la dernière touche au Contrat de ville qui doit être présenté à l’Etat et signé avant le 30 Juin prochain. Ce contrat repose obligatoirement (c’est la loi) sur trois piliers : le développement économique, la cohésion sociale et le cadre de vie-rénovation urbaine. Il doit aussi associer les citoyens et l’intercommunalité. Deux quartiers sont concernés à Moissac : le Sarlac et le Centre ville. Derrière le formalisme affiché de la démarche, sont en jeu des aides de l’état, importantes, qui seront d’autant mieux venues que les dotations ont considérablement diminué en 2015 et devraient suivre la même tendance en 2016 et 2017.

Dans les documents élaborés à cette heure, on trouve beaucoup de préconisations du style faire mieux, faire plus, mettre les acteurs en synergie, optimiser les dispositifs existants… Bref beaucoup de bonnes intentions qui ne vont pas révolutionner l’ordre des choses et dont on peut se demander pourquoi à cette heure personne n’a eu l’idée et le courage de les concrétiser. Il est vrai que les organismes, les acteurs publics sont déjà très nombreux  à intervenir sur ces secteurs, développant chacun dans leur coin des stratégies dont on voit bien les limites. Beaucoup de monde, pas mal d’argent pour un résultat plus que mitigé! Ce qui d’entrée de jeu pose la question du pilotage de cette opération. il y faut bien sûr une volonté ferme et surtout une autorité incontestable. Elle ne peut venir que de l’Etat.

Au delà, il s’agit de repérer les stratégies innovantes, les réponses nouvelles qui pourraient, dans un contexte économique atone, dans un environnement social difficile et alors que la société française – Moissac en serait presque la caricature – se montre de plus en plus hostile aux politiques d’aide et de redistribution, construire un projet de ville où chacun et en premier lieu ceux qui vont en bénéficier,  trouverait sa juste place en tant qu’acteur de l’effort collectif. C’est probablement une des conditions essentielles pour que les citoyens, les électeurs tentés par le repli sur soi, acceptent et portent ce Contrat  de ville censé courir jusqu’en 2020.

Développement économique

Deux idées ressortent sous ce chapitre. La création d’une pépinière d’entreprises et la mise en place d’un observatoire des activités économiques. Au delà, s’affiche une double volonté: développer l’apprentissage (en direction des femmes en particulier) ce qui suppose des mesures incitatives à l’égard des entreprises, et aider ces dernières à se moderniser, dans le cadre de l’OMCA (Office municipal du commerce et de l’artisanat).

Pour l’emploi, rien de neuf sinon rapprocher l’offre de la demande, utiliser la Maison de l’emploi qui pour l’instant ne sert pas à grand chose, et sur la zone intercommunale, développer la clause d’insertion dans les marchés publics. C’est-à-dire l’obligation pour les entreprises retenues de faire appel à des jeunes locaux sur leurs chantiers.

Cadre de vie

Il est proposé la création d’un poste de chargé de la rénovation urbaine. En Centre ville, poursuite de l’OPAH. Au Sarlac, le document envisage la création d’équipements (médiathèque, complexes sportifs, espaces publics…) et la rénovation des immeubles existants.

Des ateliers de jardinage sont à l’étude afin d’impliquer la population. Pour ce qui concerne la sécurité, la vidéo surveillance est mise en avant comme outil de prévention, associée au renforcement des équipes de médiation. Et coup de génie : « il faudra faire des rappels à l’ordre! » (sic)

Cohésion sociale

La loi le prévoit. Des conseils citoyens seront créés. En parallèle la lutte contre les comportements sexistes devrait être intensifiée. Pour les jeunes, une solution, le volontariat, au sein du Service volontaire européen ou du Service civique. Un lieu d’accueil pourrait être créé et les actions éducatives renforcées. Et pour le vivre ensemble, des événements de quartiers seraient mis sur pied. Sans rire, on retiendra pour ce qui concerne le Conseil local de sécurité cette action : »Eviter le basculement dans la délinquance » (axe1). C’est bien le moins… mais comment?

Il est également envisagé de promouvoir la langue française et d’introduire le principe de diversité dans les recrutements (sexe, socio-culturels). Les parents seront mis à contribution et aidé dans leur tâche ainsi que les familles mono-parentales (crèches, cantines, logement…). L’encadrement du temps péri-scolaire devrait être renforcé. Chez les ados un effort devrait être consenti pour permettre aux filles la pratique des sports.

Il sera par ailleurs institué avec l’Agence régionale de santé,  un Contrat local de santé sur le territoire de Terres de Confluences. Ses objectifs : informer sur les addictions, promouvoir une alimentation équilibrée pour les scolaires. Repérages des problèmes de santé, éducation sexuelle et à la contraception dans les écoles, aide aux femmes victimes de violences sont les autres actions envisagées.

Le catalogue des actions à conduire est plutôt copieux.Trop, car il donne l’impression que le chantier est immense et que rien n’a été fait jusqu’ici. Il souffre surtout d’un manque de lisibilité, mettant sur le même plan toutes les orientations, comme si celles et ceux qui ont travaillé ces questions étaient encore incapables de définir des priorités. Mais peut-être que la rédaction définitive de notre Contrat de ville clarifiera les choses.