Juillet: pas bon! Aout à peine mieux! C’est le premier bilan que fait l’Office du tourisme de Moissac. Les touristes ont boudé la ville. Ils ont même boudé le département qui fait un peu le même constat. Les premiers chiffres qu’avancent certains professionnels de la restauration confirment une baisse de 10 à 20% d’activité. Attendons d’avoir des statistiques précises, mais d’ores et déjà, il faut se rendre à l’évidence, mauvais été pour la ville, même si les animations du samedi soir ont permis cette année encore d’améliorer l’ordinaire.
Moissac chute, le département itou alors que la France bat tous les records de fréquentation touristique. Comment expliquer ce paradoxe? Quelle en est la raison? A qui la faute? Au soleil se risquent certains qui ne sont pas à une contorsion intellectuelle près!
Certes, Juillet fut chaud, mais Aout pas plus que d’habitude. Alors? Risquons quelques pistes de réflexion. Le Lot, département voisin, a fait le plein. Pas le Tarn et Garonne. L’un a une image, l’autre pas. Peu de monde est en effet capable d’identifier notre département, de lui coller une étiquette, d’en parler comme d’un des vergers du sud ouest, de le rêver comme une destination touristique! Le Tarn et Garonne n’est pas tagué. Il faudra donc, si l’on veut récupérer une partie de la manne touristique, construire pour le département une image forte et symbolique. Il faudra se doter d’une communication moderne et efficace. Mais il faudra d’abord repenser l’offre touristique, la ré-inventer, pour retenir le tourisme familial.
Moissac est devant le même défi. Son exceptionnel patrimoine religieux est un efficace produit d’appel. Pas plus! Le touriste, fut-il féru d’art cistercien, a besoin de plus. Il a besoin d’une ville accueillante, avec des commerces nombreux et ouverts. Il a besoin d’équipements sportifs et culturels, d’animations régulières y compris pendant le mois d’aout. Il a besoin d’aventure, de découvertes, de surprises y compris gastronomiques. Il besoin d’eau, pour jouer, se baigner, canoter… Toutes choses que Moissac peine à lui offrir. Mais pour ce faire, il faudrait une exceptionnelle mobilisation du territoire. Des élus d’abord, qui a de rares exceptions près, se satisfont de la situation. Des professionnels ensuite qui feraient bien d’aller voir ce que font leurs voisins des départements d’à coté.

