Le climat une affaire moissagaise

Moissac a connu dans les années 30 de terribles inondations qui ont laissé des traces dans la mémoire collective. Et donné à la ville quelques beaux exemples d’architecture art-déco ! Le temps a passé et l’histoire s’est emballée. Le réchauffement climatique nous menace aujourd’hui de catastrophes semblables. Pluies torrentielles, orages de grêle, sécheresses persistantes… ici comme ailleurs, la grande horloge céleste est déréglée et nous oblige à repenser notre rapport à l’espace habité et à la nature environnante.

Notre ville doit se préparer au pire et s’adapter à ce réchauffement climatique, conséquence indubitable de l’activité humaine. Elle le peut et elle le doit à ses habitants qui pâtissent de plus en plus en plus des intempérances du ciel. L’eau ! Nous voilà confrontés à un double défi, gérer le trop plein, faire face au manque. Faire des réserves, des retenues collinaires en prévision des jours sans, pour l’arrosage des cultures et abreuver le bétail, mais aussi sécuriser notre approvisionnement en eau potable, et supprimer les fuites dans nos vieux réseaux de distribution. Car l’eau coûte cher, de plus en plus cher, pour la dépolluer, la débarrasser de tous les résidus médicamenteux et autres phtalates perturbateurs endocriniens. Il faut aussi séparer les réseaux, eaux pluviales et eaux usées, pour ne pas engorger notre station d’épuration qui est au bout de ses capacités. On peut aussi s’engager sur des projets nouveaux, comme la REUTE, la « réutilisation des eaux usées traitées » que promeut la Région Occitanie. Bien sûr tout cela coûte cher, demande une planification sérieuse,  du temps, et la contribution de chacun.

Planifier

 La planification écologique, c’est aussi la gestion des espaces naturels, permettre aux sols d’absorber l’eau, y laisser la végétation reprendre ses droits. Cela conduit à des actions très concrètes : remettre du vert partout, dans les parkings, dans les cours d’école, dans les squares de la ville, dans les rues. Il faut, dans le respect du patrimoine historique si cher à notre ville, réconcilier le végétal et le minéral, créer partout des havres de verdures comme autant d’ilots de fraîcheur car les canicules deviennent de plus en plus insupportables, dangereuses pour la santé des plus âgés comme des plus jeunes. C’est bien pourquoi l’isolation de tous les bâtiments publics comme des habitations s’impose. Un plan d’envergure qui suppose la mobilisation d’importants moyens financiers mais qui offre à nos entreprises locales de belles perspectives. Et le PPRI (Plan de prévention des risques d’inondations) ? Il énerve parce qu’il interdit de construire n’importe où. Mais il protège et chacun peut aujourd’hui le vérifier.

Et la voiture qu’en fait-on ? Difficile de s’en passer, mais on peut en ville réduire sa place, diminuer son empreinte écologique, en abaissant la vitesse, en donnant la priorité aux piétons, en favorisant les déplacements doux. En créant de nouvelles pistes cyclables, en sécurisant celles qui existent déjà. Certains participants à cette table ronde qui fut moins un débat qu’un échange à bâton rompus, ont préconisé la création de navettes électriques, évoqué ce qui est déjà en place ailleurs, par exemple chez notre voisine, Castelsarrasin.

Se désintoxiquer des carburants fossiles c’est aussi multiplier nos capacités à produire une énergie propre, renouvelable. Le soleil en est une. Un plan d’installation de panneaux solaires, sur tous les bâtiments publics, mais aussi sur les immeubles privés est nécessaire. Il est écologique et économique. La méthanisation de nos déchets verts est une autre piste. L’entreprise Boyer le fait déjà. Pourquoi ne pas monter une unité municipale de production ? 

La conversation s’est poursuivie sur d’autres sujets, plus ou moins liés à notre thème du jour. Nous nous sommes parfois un peu égarés, conscients cependant qu’il fallait prendre le taureau par les cornes, pour la santé de nos ainés, de nos enfants, pour notre santé, celles des animaux domestiques ou sauvages, pour la bonne santé de l’environnement en général, car nous dépendons les uns des autres, nos destins sont liés. Au Moulin de Moissac, en contemplant ce Tarn impassible dans une nature d’octobre qui s’habille d’automne, nous étions tous convaincus d’une chose : n’attendons pas que le ciel nous tombe sur la tête !

GV