Le PRG fait basculer le Sénat

Ah la belle alliance! UMP, PC et Radicaux, unis comme un seul homme pour faire capoter la réforme territoriale. Ces messieurs, les dames ne sont pas nombreuses au Sénat, sont le dernier carré de la réaction, un concentré de conservatisme, de notables arc-boutés sur leurs privilèges.

Oubliés les discours pontifiants sur les valeurs, sur la République et tout le reste. Il suffit que leurs intérêts soient en jeu pour qu’ils révèlent leur nature profonde. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’ils représentent la France profonde?

Les communistes, on les savaient à l’ouest (c’est drôle non?). Mais les radicaux, les meilleurs amis du président, ne ratent pas une occasion (ils ont déjà fait leurs preuves au Sénat) de s’opposer à la politique du gouvernement. Groupuscule surreprésenté par le jeu des alliances avec le PS, ils font preuve d’une ingratitude remarquable qui leur permet en ces temps où la majorité se cherche, de montrer leurs petits muscles, convaincus qu’à eux seuls ils vont conserver l’ordre ancien.

Heureusement que le premier ministre tient bon. Il faut maintenant que le PS tirent les bonnes conclusions de cet épisode politicien. Il est temps d’en finir avec les bonnes manières et de rendre coup pour coup à un allié aussi détestable.

Les élections sénatoriales de septembre en sont l’occasion. En Tarn et Garonne, les radicaux veulent s’octroyer les deux sièges. Les grands électeurs socialistes et leurs amis seraient bien inspirés de porter leurs suffrages sur d’autres candidats. Pas une voix pour le PRG. Il faut refonder les pratiques politiques, renouveler en profondeur la représentation nationale, à commencer par le Sénat!

Un plan d’envergure contre la délinquance

Le miracle n’a pas eu lieu, la délinquance grande ou petite n’a pas pris la poudre d’escampette à la seule vue des nouveaux élus moissagais. Bien au contraire!

Cambriolages, incivilités… tout pareil que sous l’ancien régime.

Il fallait bien que dans ce contexte, l’UMP tente de montrer sa différence, prenne l’initiative. Tout au long de la campagne électorale, elle avait évoqué le rôle des « voisins vigilants », ce mouvement qu’on voit se développer dans nombre de villes, et qui regroupe des citoyens censés alerter les forces de l’ordre à la moindre anomalie. Un jeune qui traîne un peu longtemps dans la rue, et hop, on appelle la police. Une voiture « étrangère » qui stationne sur le trottoir, et vlan on alerte le réseau…

Efficace ces espèces de comités de quartiers? Difficile à dire, il n’y a pas d’étude sur la question. Mais ça rassure, ça crée du lien comme dit, ça donne le sentiment de faire quelque chose, de se prendre en main.

 La mauvaise réponse

Ce type d’initiative pose donc question. Elle doit être regardée avec circonspection, elle doit être pour le moins fortement encadrée, car elle n’est pas la bonne réponse.

En convoquant une « assemblée du peuple », le 16 juillet prochain, la municipalité de Moissac a certes le mérite de mettre le problème sur la table, d’inviter au débat et en même temps, elle risque d’ouvrir la boîte de Pandore, de libérer le fantasme sécuritaire. Elle peut du même coup exacerber les passions. Terrible responsabilité! Terrible aveu d’impuissance!

La bonne réponse

La tranquillité publique est l’affaire des pouvoirs publics qui disposent de deux outils: la prévention et la répression.

La prévention, c’est l’encadrement des jeunes, en remettant sur le terrain des animateurs sociaux, la mise en place de dispositifs de formation et d’accompagnement, la responsabilisation des parents qu’il faut obliger à tenir leur place. Il faut aussi enrôler dans ce travail de prévention, toutes les institutions, y compris communautaires et religieuses, qu’on n’entend pas sur ces questions. Il faut encore ouvrir des opportunités, créer localement des activités d’utilité sociale,… donner de l’espoir aux laissés pour compte!

Et puis, il y a la répression, l’affaire des forces de police et de gendarmerie, des tribunaux aussi. Il faut, comme Jean Paul Nunzi avait entrepris de le faire, réorganiser en profondeur les forces de police, obtenir encore des renforts de gendarmerie, redéfinir leurs missions. Il ne faut lâcher sur rien, éradiquer les trafics qui ne sont pas, contrairement à ce que certains disent, un régulateur social. Ne rien tolérer qui mette en péril les équilibres sociaux, fragiles, malmenés par la crise et ses conséquences sur les catégories les plus défavorisées. Une étude récente montre une fois encore qu’en cette période, les plus riches s’enrichissent, les plus pauvres s’appauvrissent. Vue de cette lucarne, la délinquance peut aussi être un cri de désespoir.

 La réparation

Reste qu’un délinquant, jeune ou vieux doit être puni. Mais pas forcément par de la prison. Il y a mieux: la réparation envers les victimes, les travaux d’intérêt général, et l’obligation de se former à un métier. C’est un dispositif lourd et complexe dont nous avons besoin. La ville seule ne peut l’assumer.

Moissac, on l’avait mis en évidence au cours du colloque sur la précarité, cumule tous les handicaps. La population y est globalement plus pauvre que la moyenne, certains ne sont même plus capables de suivre des formations qualifiantes. Les jeunes diplômés fuient la ville. Les entreprises industrielles et artisanales y sont rares. L’agriculture consomme certes de la main d’oeuvre, mais seulement quelques mois par an. Et faute de trouver localement réponse à ses besoins, elle fait appel à des étrangers de la zone Schengen, qui s’installent souvent dans la ville avec leur famille élargie. Du coup, les aides sociales, le travail remarquable des associations caritatives ne parviennent pas toujours à satisfaire les demandes de ces populations.

Moissac a besoin, à son échelle, d’une sorte de plan Marshall contre la délinquance et contre la pauvreté. Un plan qui suppose l’engagement de l’état, mais aussi des collectivités territoriales, département et région. Moissac est désormais éligible à la politique de la ville dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il faut saisir l’occasion. Il est temps de mettre tous les décideurs autour de la table, ce qui n’interdit pas, bien au contraire, de rendre compte aux Moissagais. Le temps presse.

Les off du festival de la Voix

Le festival de la voix à Moissac s’est déroulé cette année sous la menace des orages. Du coup les organisateurs qui ont bien du mérite ont du se replier sur des solutions de secours. De quoi doucher l’enthousiasme des plus volontaires et refroidir les ardeurs du public!

C’était le premier festival de l’ère Henryot qu’on a beaucoup vu avec son équipe lors des représentations. Le conseiller général, P. Guillamat  a fait lui aussi l’ouverture de la manifestation, se fendant d’un discours qui en a contrarié plus d’un. Comment oser en effet se féliciter de la qualité, de l’intérêt de ce festival, quand pendant toute la campagne électorale, il n’a eu de cesse de le critiquer, de dénoncer la culture élitiste, ses « coûts exorbitants », promettant d’y mettre un terme s’il était élu.

On sait bien que les périodes électorales sont parfois l’occasion de dire n’importe quoi, mais tout de même, il est des limites à ne pas dépasser! Cela lui fut dit. Le monsieur partit vexé, et pour se justifier, chargea son compère, l’autre conseiller général.  « C’est pas moi, c’est lui » : bien piteuse justification!

L’office de tourisme aura un budget

Dur dur un conseil municipal juste avant le match de l’équipe de France de foot. Et ça valait le coup! Le match bien sûr! Pour le conseil, on retiendra la délibération concernant l’Office du tourisme toujours sans budget depuis que le préfet l’a retoqué. Sur recommandation de la Chambre régionale des comptes, la majorité a suggéré d’effacer la dette de l’OT envers la mairie, soit près de 90000 euros (34000 euros d’avance remboursable et 55000 euros de redevance non payée en 2013 sur un total de 110000 euros) . Faute de quoi, l’Office serait sans budget, donc paralysé.

P. Guillamat  a voulu y voir argument pour dénoncer la gestion de la majorité précédente, dont il était l’adjoint aux finances. La trahison lui colle comme un chwing gum à la godasse et certainement pour longtemps encore. Dur dur en effet de justifier la sédition! Mais pour montrer leur petits muscles, les 4  de « Moissac Avenir » ont donc voté contre les propositions de la majorité UMP. Des propositions qui faisaient écho aux initiatives prises par Jean Paul Nunzi juste avant les municipales. Et que les élus de l’opposition divers gauche n’ont pas manqué de rappeler, histoire de rétablir les faits et de tacler le quotidien régional qui se croit encore en campagne.

Extraits de l’intervention du groupe Divers gauche

 » … La situation de l’OT est un os que la presse locale aimerait ronger. Elle en sera pour ses frais, sauf à consentir à mouiller dans ce dossier, tous ceux qui naguère étaient aux affaires, y compris les adjoints qui étaient en charge du dossier. Mais nous n’en sommes pas là, car il n’y a pas d’affaire… Sur l’OT, on nous dit que la Cour des comptes régionale enquête. Tant mieux. Elle fera litière des sous entendus, et des assertions sans fondement.

 On nous dit que le rapport n’est pas encore disponible, il n’y a donc pas lieu de se précipiter et de voter une exonération de redevance, sans savoir les tenants et les aboutissants de la situation comptable de l’OT. Je vous demande donc monsieur le maire de reporter cette délibération, dans l’attente de ce rapport dont je demande communication.

La commune a en effet consenti une avance remboursable de 34000 euros à l’OT pour la création de son nouveau site internet. En 2013, la municipalité a décidé la mise en place d’une nouvelle signalétique. Elle a confié ce travail à l’OT qui pouvait bénéficier plus facilement de subventions. En contrepartie, il avait été décidé d’effacer la dette de 34000 euros… effacement qui devait faire l’objet d’une délibération en Conseil municipal.

 Alors pourquoi cette délibération n’a-t-elle pas été présentée? D’abord pour des questions de calendrier, on était fin 2013 et le calendrier, électoral entre autre, s’accélérait. Ensuite, et c’est probablement la vraie raison, en janvier 2014, le maire est informé des difficultés financières de l’office qui déclare ne pas pouvoir payer la deuxième tranche de sa redevance 2013, soit 55000 euros.

 Immédiatement la mairie demande à ses services une enquête interne, une sorte d’audit dont les conclusions sont présentées au maire le 11 février 2014. Il ressort de cette enquête que l’office s’est lancé dans des dépenses hasardeuses au regard de ses capacités financières. Je parle là de participations à des salons, à des manifestations, utiles certes, mais pas indispensables et qui coûtent cher. Par ailleurs, l’enquête pointe le très mauvais bilan touristique 2013. Déficit sur le camping, mauvaises rentrées de la taxe de séjour, baisse de la fréquentation du cloître et de la boutique… bref une perte de recettes de plus de 48000 euros. Soit à quelque chose près, le montant de la deuxième tranche de la redevance. Je rappelle qu’en 2010, 2011, 2012, l’OT a toujours acquitté cette redevance, soit 110000 euros par an…

 Il est alors décidé un plan de redressement visant à baisser les dépenses de fonctionnement, à améliorer le rendement de la taxe de séjour, à procéder à des réorganisations. Il est aussi envisagé de surseoir à la perception du solde 2013 de la redevance. Mais pas d’exonérer l’OT de toute redevance, l’OT qui bénéficie de surcroît d’un emploi payé par la mairie.

 Il nous semble important en effet que cet EPIC maintienne un lien contractuel et donc financier avec la mairie. Nous sommes favorable au maintien d’une redevance, quitte effectivement à effacer le dû 2013. Mais l’OT doit se réformer, améliorer sa performance économique, mieux intégrer dans son budget prévisionnel les éléments de conjoncture économique… sinon, c’est lui donner un chèque en blanc… »

En fait la Chambre régionale des comptes ne fera pas de rapport. Précision du maire. Devant cette situation, le groupe Divers gauche a donc décidé de voter l’effacement des dettes de l’OT, obtenant de la majorité l’engagement qu’il sera procédé à une mise à plat de son fonctionnement et à la fixation d’une nouvelle redevance. Un appel à candidature a été lancé pour le recrutement d’un nouveau directeur.

Kiosque de l’Uvarium. Le gérant pressenti pour la saison d’été a pris la tangente et ne répond même pas aux huissiers. Dans l’urgence, la direction du Moulin s’est portée candidate à l’exploitation. Candidature qui a fait l’unanimité, étant entendu qu’il faudra pour la prochaine saison voir plus loin et plus grand pour permettre de créer une activité plus pérenne sur ce site qui le mérite bien.

Rythmes scolaires. Pas de gros changements à attendre à la rentrée de septembre. La majorité, répondant à une question écrite du groupe Divers Gauche, a assuré qu’elle reconduisait à quelques détails près le dispositif mis en place par l’équipe Nunzi.

Piscine de Saint Nicolas. Si l’on en croit le journal de Jean Michel Baylet, le président de la Com-Com a pour projet d’investir dans la couverture de la piscine de Saint Nicolas de La Grave, qui est un équipement départemental. La majorité municipale de Moissac est-elle disposée à le soutenir? A cette question le maire a répondu que ce n’était pas dans les projets de la Com-Com et démenti du même coup les propos prêtés à son président.

Quartiers pauvres. Moissac vient de bénéficier d’une publicité dont on se serait bien passé. Notre ville, avec Castelsarrasin est désormais éligible à la politique de la ville en tant que territoire prioritaire dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Quels en seront les conséquences? La ville va-t-elle bénéficier d’un fond spécial? Réponse : on a été informé mais on n’en sait pas plus. Une réunion aura lieu en préfecture le 9 juillet.

PS : le FN a voté contre une demande de subvention dans le cadre de la lutte contre la délinquance. Allez donc y comprendre quelque chose!

 

 

 

Coup de pompe

Inauguration avec tambours et trompettes de la nouvelle station service du magasin Intermarché de la zone du Luc à Moissac. Conseillers généraux et municipalité avaient été conviés à cette manifestation qui se voulait culturelle avec concerts de chants et petits fours. A priori très sympathique. Sauf qu’aucun des orateurs, pas même le directeur de la grande surface n’a cru bon d’associer à cette réussite l’ancien maire de Moissac, Jean Paul Nunzi, pourtant invité avec insistance.  Pas un mot, pas une allusion à sa présence. Et pourtant, n’était-ce pas sous son mandat, grâce à son engagement, à sa ténacité que ce magasin a pu s’installer et prospérer?

Une amnésie révélatrice d’un manque de savoir faire, à moins qu’elle ne fût volontaire et donc politique… Allez savoir. Devant une telle indélicatesse, Jean Paul Nunzi et quelques  invités ont préféré laisser la soirée se poursuivre sans eux.