Il ne devrait pas y avoir de candidat socialiste, dissident ou pas, aux prochaines sénatoriales, le 28 septembre en Tarn et Garonne. Ainsi en ont décidé les militants.(voir article précédent)
Pourtant en Tarn et Garonne, les raisons de la colère demeurent, avivées encore par les décisions de l’exécutif et l’attitude de la direction nationale du PS.
Les militants socialistes du Tarn et Garonne s’insurgent contre l’absence de démocratie au sein du parti, mais aussi contre le « système Baylet » et le chantage qu’il exerce sur la majorité présidentielle.
Le Président du PRG a parait-il obtenu le maintien des départements ruraux dans la réforme territoriale! Cela pourrait être cependant une victoire sans lendemains, un engagement sans frais de F. Hollande. Un de plus? Le Conseil constitutionnel validera-t-il en effet un dispositif qui instaure une inégalité de traitement entre les départements?
En ces jours troublés, qui sèment le doute jusque dans les esprits les mieux disposés, un constat s’impose : la politique est affaire de rapports de forces. Il n’est pas dans ce département favorable aux socialistes. Il reste à construire.
Moissac
Sénatoriales: l’épine tarn-et-garonnaise
Dans quelques semaines, les grands électeurs, pour l’essentiel les élus, seront convoqués aux urnes pour élire deux sénateurs dans le département. Les sortants, Jean Michel Baylet (PRG) et Yvon Collin entendent bien retrouver leur fauteuil du Palais du Luxembourg.
Sauf que la situation s’est sérieusement compliquée. Le PRG a obtenu, dans le cadre des accords nationaux avec le PS que les deux sièges lui soient réservés. Conséquence, les élus PS et apparentés du département sont sommés de voter pour les deux candidats présentés par les radicaux, JM Baylet et Francis Labruyère, maire de Villemade. C’est la deuxième fois, en quelques mois, (il y avait eu la crispation des Européennes) que Paris décide pour la base, sans même faire semblant de la consulter.
Du coup, ça grogne dans les rangs socialistes, tellement fort que lors d’un premier vote, les militants du département avaient décidé de présenter un candidat. Vote entériné par le Conseil fédéral qui a confirmé en juillet dernier la candidature d’ Etienne Astoul, vice président du CG 82. Indicative faute de quorum, cette proposition sera à nouveau discutée par les adhérents prochainement réunis en assemblée générale.
Avant même de connaître le résultat de cette consultation, c’est le PRG qui à son tour rue dans les brancards. Son président n’a pas de mots assez durs pour condamner l’attitude de son partenaire socialiste « incapable de faire respecter les accords ». Sa colère est d’autant plus grande qu’il affirme n’avoir rien demandé, que c’est François Hollande, avec l’aval de tous les responsables nationaux du PS, qui lui a offert sur un plateau cette répartition des rôles. Vrai ou faux, la situation se tend, alors même, qu’outre Yvon Collin en délicatesse avec son ancien mentor, s’annonce une autre candidature à gauche, celle d’Annie Bonnefont associée à Alain Jean (EELV, les Verts) qui va élargir encore l’offre électorale.
Au moment où chacun s’interroge sur la couleur de la majorité sénatoriale qui sortira des urnes – il y a un risque non négligeable de voir le Sénat re-basculer à droite – cette énième péripétie tarn-et-garonnaise montre à quel point la situation politique dans le département est délicate. Nombre d’élus, et de militants socialistes rejettent pêle-mêle le système Baylet, et son omnipotence mais aussi les oukases de l’Elysée ou de la rue de Solférino. Si les militants socialistes confirment leur choix initial, on n’a pas fini d’entendre parler du Tarn et Garonne.
Embouteillages de marché
On ne dira jamais assez combien est important, pour l’économie, pour l’image de la ville, le marché des producteurs de Moissac. Un régal de couleurs, de senteurs, de mélanges qu’aurait pu évoquer Gilbert Becaud, chantre des marchés de Provence.
Jour de marché, c’est aussi jour d’embouteillages, surtout l’été quand les touristes cherchent produits de qualité et instants authentiques. Voilà que maintenant s’ajoutent aux automobiles les campings cars, qui stationnent n’importe où, là où se présente une place vacante. Disons le tout net, ce ne sont pas des véhicules comme les autres. Ils doivent donc être soumis à une réglementation particulière. Or la mairie laisse faire, ne règlemente pas, n’aménage pas. Ces véhicules doivent bénéficier d’emplacements spécifiques qui existent déjà, au bord du Tarn et qu’il faut développer.
Ils prennent la place des automobiles, empêchant même les cars de touristes de s’arrêter en toute sécurité. Scène vue ce dimanche matin d’un car de Tarbes contraint à de périlleuses manoeuvres sur le parking du séminaire et obligé finalement de renoncer et de partir. Ce n’est pas ainsi qu’on va redorer l’image de Moissac. Le laisser faire n’a jamais conduit bien loin. Il faut organiser tout ça. Y compris le stationnement des cars de touristes. Moissac a besoin d’un plan d’ensemble, la ville attend des actes, une volonté politique qu’on ne voit pas venir. Il y va du bien-être de tous, des Moissagais, des campings-caristes et des touristes en général.
Le fantôme de la gauche plurielle
Vous souvient-il de la « Gauche plurielle » et des années Jospin? En ce temps là, les Verts, le PCF, Chevènement, les Radicaux aussi, faisaient cause commune, ramaient tous en cadence aux ordres d’un timonier qui ne s’en laissait pas compter. La gauche avait un projet, un discours, une méthode.
Puis comme toujours, les vieux démons de la politique sont revenus, les états d’âme avec. D’une péripétie, certains voulurent faire une affaire, une cause, LA cause du peuple aurait pu dire Jean Paul Sartre. Jean Pierre Chevènement fut le premier à claquer la porte, en 2000, à la suite de la reconnaissance officielle des mouvements nationalistes Corses. Et puis vint le séisme de 2002, l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de la Présidentielle. Plus qu’un problème de personne,cet échec pointait cruellement la difficulté pour la gauche, pour les gauches, à construire un corpus idéologique en phase avec l’époque.
Ainsi s’annonçait les temps où il n’y aurait, comme le prophétisait déjà Léo Ferré, « ni cause, ni peuple ». Faute de savoir cerner les contours de celui-ci, évaporé dans la mondialisation, happé par l’économie de marché! Il y a quelque chose du destin de Frankenstein dans cette situation: le monstre a échappé à sa créature. Même les libéraux (la droite) ne savent comment le reprendre en main.
Alors chacun en est réduit au bricolage. Droite ou gauche, on rustine le système, on colmate les brèches, on tente des diversions. La classe politique, c’est bien encore le seul domaine dans lequel on ose employer le mot classe, apparait impuissante, hors sol, réduite à de grandiloquentes gesticulations, à des engagements que le réel, c’est à dire le marché, balaie d’un revers de bourse.
Le gouvernement est bien dans cette situation. François Hollande avait promis de ré-enchanter la France. Voilà qu’elle se morfond, aigrie et apathique, comme harassée par ses gué-guerres intestines. Sa politique est-elle en cause? Certainement, mais aussi celle de l’Europe, bornée, apeurée, introuvable le plus souvent. Dans un tel contexte, le naturel revient au galop et les ambitions personnelles qui demeurent la chose la mieux partagée dans le petit monde politique, font grand tapage au moindre désaccord, et n’hésitent plus à quitter le navire. Ainsi les écolos qui réinventent le soutien conditionnel sans participation, se livrant, au travers du livre de l’ancienne ministre du logement, à un pilonnage de la politique qu’elle a pourtant portée. Ainsi les PRG, qui menacent de quitter le gouvernement si celui-ci ne revoit pas le découpage territorial. En jeu : l’avenir des départements ruraux. Le Tarn et Garonne disposerait-il ainsi du sort du quinquennat?
Le chantage est permanent, prend prétexte de tout et souvent de pas grand chose, mettant le Président et son premier ministre dans une position intenable. Le PS qui va de revers en déroutes électorales ne dit rien, n’a manifestement rien à dire, pas même sur le comportements de ses ex partenaires. L’université d’été de la Rochelle sera l’occasion de prendre la température de ce parti qui se vide peu à peu de ses militants. Alors? Alors, il faut d’abord admettre que la gauche plurielle est un hologramme sans chair, que la gauche dans son entier, au premier chef le PS, est entrée dans une zone de profonde dépression idéologique. Qu’il n’a actuellement ni les ressources conceptuelles, ni les hommes, ni les femmes pour le sortir de ce pot au noir. Il faut peut-être que le PS se donne du temps, s’émancipe un tantinet, accepte l’idée d’une re-fondation qui concernerait son organisation, son fonctionnement, son rapport à la société et bien entendu son projet politique y compris dans ses relations avec les autres formations politiques. Bref une petite révolution!
Moissac compte désormais six « Justes parmi les nations »
Moissac compte deux Justes de plus. Deux « Justes parmi les nations ». Ernestine-Maria et Albini-Jean Ginesty qui s’illustrèrent pendant la dernière guerre en accueillant des enfants juifs et en participant activement à la Résistance.
A la faveur du 70° anniversaire de la libération de Moissac, une belle et émouvante cérémonie, en présence du Président du Yad Vashem France, Jean Raphaël Hirsch, a été organisée, allée des Justes, à proximité du Moulin. L’occasion de rappeler le comportement exemplaire des Moissagais en ces temps abominables qui non seulement ne dénoncèrent pas, mais cachèrent les enfants juifs, réfugiés pour beaucoup de toute l’Europe.
L’an dernier, l’Association « Moissac ville de Justes oubliée », dirigée par Jean Claude Simon et Annie Claude Elkaim, avait organisé une grande manifestation dont le retentissement fut international, afin de revendiquer le titre de Ville de Justes pour Moissac. Jusqu’à présent Israël qui décerne cette distinction, l’attribuait aux seuls individus, vivants ou à leurs descendants directs.
Mais le temps a passé. Et Yad Vashem envisage de clore la liste des Justes. Du coup, des territoires, des villes comme le Chambon sur Lignon (Haute Loire), ou Moissac et ses environs, pourraient bien être distingués en tant que tels. Le formidable travail de l’Association « Moissac ville de Justes oubliée » pourrait donc porter ses fruits. Et Moissac gagner une reconnaissance internationale de plus!