Départementales, faites vos jeux

Ça bouge, à un mois de Noël, ça bouge sur le canton de Moissac! Aux dernières nouvelles, on n’est pas à l’abri de quelques surprises. Si du côté du FN, les choses semblent décidées, il y aura bien un binôme marine aux élections de mars prochain, partout ailleurs, ce n’est que palabres et tractations.

il est vrai qu’il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que l’enjeu est de taille. Rien de moins que le département. On sait que le scrutin sera serré, difficile à gauche, que la droite se sent pousser des ailes. Dans ce contexte, chacun se démène pour que le 23 mars, date du premier tour, il s’offre un coup gagnant.

A droite, à l’UMP, on suppute : le fils ou le père, quel HENRYOT est le meilleur? Jean Luc ou Jean Michel. Ce dernier serait dans les starting-blocks, persuadé que l’effet municipales peut encore jouer en sa faveur. Du côté des radicaux, la défection semble confirmée. Guy Michel EMPOCIELLO abandonne la partie, et voilà qu’on annonce un retour gnan-gnan, en la personne de Pierre GUILLAMAT. Ira-t-il jusqu’au bout? Jean Michel BAYLET qui mesure les difficultés qui sont devant lui est bien entendu à la manœuvre. Il a besoin de préserver sa majorité, ça oblige parfois à quelques arrangements!

Les Ecolos sont désormais copains avec le Parti de gauche, ils tentent de construire des binômes  un peu partout dans le département… On verra donc ce qu’il en advient pour Moissac. Quant aux socialistes moissagais, ils discutent avec leurs amis de la liste NUNZI,  persuadés malgré tout qu’une présence dans ce scrutin s’impose, sous une forme ou sous une autre, mais conscients aussi que le paysage politique tarn-et-garonnais est en train de changer.

 

 

Un petit conseil municipal

La taxe d’aménagement, qui en regroupe en fait deux, et que vous payez quand vous construisez une maison  pour la raccorder par exemple aux réseaux reste inchangée : 2, 5%. Mais les résidences les plus modestes, les immeubles classés, et les petits commerces de détails en seront partiellement ou totalement exonérés.

Le CCAS, le Centre communal d’action sociale, dont le budget 2014 est de 540 000 euros va bénéficier d’un coup de pouce de la mairie. Elle lui a versé 540 000 euros au titre d’une subvention d’équilibre, il a été décidé de rajouter au pot 80 000 euros histoire de compenser les baisses de recettes. En cause, le Conseil général qui fait des économies sur le dos de la commune.

OPAH. Ca marche. Une création Nunzi qui trouve grâce aux yeux de la majorité UMP. Il faut dire que 62 logements, dont 39 appartenant à des propriétaires occupants, ont à ce jour bénéficié pour travaux des différentes aides prévues dans ce dispositif. Le montant s’élève à 1 million 850 000 euros. Les artisans moissagais en récupèrent 62%. Mais malgré ce bilan, le maire ne reconduit ce dispositif que pour un an, avec quelques 37 000 euros de subventions nouvelles et quelques modifications en faveur des propriétaires très modestes.

Par ailleurs, La Bobine qui promeut le cinéma d’auteur, et le festival Lettres d’automne ont vu leurs conventions reconduites. Pour le Festival de la Voix, une subvention sera demandée, comme chaque année, au Conseil régional.

Les gros morceaux

Il a fallu attendre la fin du Conseil et les questions écrites du groupe Divers gauche pour que soient abordées les questions qui fâchent.

  • Les Lycées.

Le lycée agricole. Une énième réunion a eu lieu avec la Région MP. Et toujours pas de fumée blanche. Le lycée agricole qui voulait déménager pour être plus près des terrains qu’il cultive, a reçu une fin de non recevoir. Tout au plus, quelques travaux seront faits pour améliorer l’état des bâtiments.

Le lycée général. Son problème c’est le PPRI, le Plan de prévention des risques d’inondations. Il lui interdit de construire. Du coup, la Région M.P. s’abrite derrière ce plan pour refuser l’agrandissement des locaux. Ce n’est pas encore un niet définitif, mais ça en prend le chemin. Deux nouvelles études vont être réalisées, l’une sur l’aménagement du PPRI, l’autre sur les travaux possibles.

  • L’hôpital. Notre article a suscité l’agacement de la majorité municipale qui a du reconnaître la véracité de nos informations (voir plus bas). Mais comme à l’accoutumée, elle ruse, elle esquive, elle s’indigne… Le maire devrait quand même, avec son collègue de Castelsarrasin et le président de la Communauté de communes tenter une démarche auprès de l’ARS. Il est en effet grand temps qu’il prenne toute la mesure de la situation qui est en train de se créer.
  • L’école Saint Benoît enfin. Elle a besoin d’une aire de jeux pour les enfants. Jean Paul Nunzi avait décidé d’acheter un terrain mitoyen appartenant à divers propriétaires dont certains étaient introuvables. Plusieurs années de recherche avaient enfin permis de boucler ce dossier. Mais le changement de majorité a soudain stoppé net ce bel élan. La mairie avoue à demi mot que cette affaire la dépasse.

L‘Audit social

C’est le fameux questionnaire  soumis aux agents municipaux et dont nous vous avions parlé il y a quelques semaines (voir plus bas). Les résultats, dans une version très allégée et vite exposée, ont enfin été présentés aux élus, au cours d’une réunion à huis clos. On peut s’interroger sur la méthode, aucun document n’a été remis à l’opposition ni avant, ni pendant la réunion, ce qui faute d’avoir pu analyser en amont le document, l’ a limité dans le questionnement.

Cela témoigne à l’évidence d’une curieuse conception du rôle des élus. Un audit n’est pas un acte banal. Celui là  coûterait plus de 15000 euros à la commune (le coût réel n’a pas été communiqué) et pourrait avoir des conséquences sur la situation des personnels municipaux. L’opposition de gauche l’a dit, elle entend bien ne pas être réduite au rôle de spectateur muet.

Nous reviendrons sur sur les résultats de cet audit qui devrait, et c’était peut-être bien son seul et unique objectif, conduire à des changements de têtes dans l’encadrement du personnel municipal. Doit-on craindre une chasse aux sorcières?

N.B.

Le FN a boycotté cette réunion et le Conseil qui suivait.

L’hôpital est-il menacé?

Finie la chirurgie orthopédique à Moissac?

Le 28 octobre s’est tenue à Montauban une réunion consacrée à la filière chirurgie au sein des hôpitaux publics de Tarn et Garonne. Ses conclusions dessinent d’inquiétantes perspectives pour Moissac. On  parle dans une note de synthèse, de créer un pôle de chirurgie orthopédique à Montauban avec l’ambition de développer la chirurgie du rachis (la colonne vertébrale) et de créer une unité « SOS main ». Mais surtout on  dit, première hypothèse, que Moissac serait contraint de ne faire que de la chirurgie ambulatoire (on entre le matin et on sort le soir). Les lits en chirurgie orthopédiques seraient donc fermés au profit de Montauban.

La deuxième hypothèse est pire. On évoque la fermeture totale de la chirurgie orthopédique, ne laissant à Moissac qu’un service de consultations assurées par les chirurgiens du pôle. Il est vrai que Montauban lorgne depuis longtemps sur les patients de l’hôpital de Moissac, toujours plus nombreux à faire confiance à ses chirurgiens et à ses équipes médicales, au demeurant de grande qualité. L’arrivée du docteur Nesri, spécialisé dans les articulations, épaules et genoux, a de ce point de vue dopé une demande provenant d’un bassin de plus de 70 000 personnes. A tel point que l’embauche d’un deuxième chirurgien, serait envisagée par la direction de l’hôpital de Moissac. L’enjeu, en fait, c’est la chirurgie programmée, celle qui ne relève pas des urgences. Celle qui constitue, l’expression est rude, le fond de commerce des hôpitaux. Mais c’est oublier un peu vite ce qui s’est passé lors de la fermeture de la maternité de Moissac: Montauban n’a récupéré que 10% à peine des accouchements, les autres sont partis ailleurs, dans le privé.

Tout commence et tout finira certainement par ce que les technocrates de la santé appellent un Projet médical de territoire.  Cette démarche a pour but en effet « de définir un projet médical restructurant sur le territoire qui permette de dégager des marges d’abord pour financer l’exploitation et ensuite pour investir »

Des décisions qui tardent à venir

Voilà donc un « beau » projet de territoire qui ressuscite le fantôme du Grand hôpital unique en Tarn et Garonne. Et si, on peut encore parler de gamberge, d’hypothèses de travail, il faut cependant s’inquiéter pour Moissac. Pourquoi, alors qu’il s’achève à la fin du mois, le contrat d’un des anesthésistes de l’hôpital n’a-t-il pas encore été renouvelé? On voudrait le voir partir qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Et chacun sait bien que sans anesthésiste, on peut faire une croix sur la chirurgie, orthopédique ou pas. Et donc sur l’hôpital en tant que tel! La mairie de Moissac ne semble pas avoir pris la mesure de ce qui se trame. A moins qu’elle préfère fermer les yeux sur un projet que porte nombre de ses amis politiques. Les personnels du Centre hospitalier s’inquiètent. Les couloirs  bruissent de mille rumeurs qui pourraient très vite se transformer en juste colère.

Pourquoi les travaux de rénovation des urgences n’ont-ils pas commencé? Différés une première fois, le maire de Moissac les avait annoncés pour la fin de l’année. Il n’en sera rien! Au mieux, ils commenceront à l’été 2015! Ces reports sont suspects et laissent planer un doute sur les engagements de l’ARS et de la Direction départementale des Urgences. Il est vrai que les 3 millions d’euros concédés naguère à Jean Paul Nunzi, auraient servi à boucher les trous de  gestion. Curieuse pratique qui aurait fait passer l’enveloppe de la case investissement à la case fonctionnement! On annonce maintenant un audit général des structures hospitalières de Montauban et de Moissac. Un audit dont on a du mal à imaginer qu’il pourrait être défavorable à la ville. Sauf à oeuvrer en service commandé. Certains, dans ce Tarn et Garonne vieillissant,  verraient bien l’hôpital de Moissac devenir une structure gériatrique, une sorte d’hospice qui ne dirait pas son nom!

 

 

Peur sur la ville

Le document est sobrement mais très explicitement intitulé « Questionnaire sur le sentiment d’insécurité. Ville de Moissac ». Vous ne l’avez pas encore reçu? Il est pourtant disponible, il provient d’une officine spécialisée. Le client est à l’évidence la mairie de Moissac qui se justifie en expliquant qu’elle a voulu donner suite à une proposition du CLSPD (Comité local de sécurité et de prévention de la délinquance). Et voilà que la même mairie en rajoute en signant avec le sous préfet et la gendarmerie une convention censée cadrer (entre autre) l’action des citoyens « référents ». L’appel à volontaires s’était fait lors d’un meeting, au Hall de Paris.

Il parait que ces vigilants ou référents (la sémantique n’y change pas grand chose) sont déjà 43 sur toute la ville. On a cependant du mal à comprendre leur rôle précis, même si le quotidien local s’évertue à en faire des pédagogues de la sécurité, une sorte de phalange anti-cambriolages. Et dans sa croisade, le quotidien en question, soudain converti aux thèses sécuritaires de la majorité municipale, dénonce l’augmentation de la délinquance… en 2013! Et 2014? Pas de chiffres! Vous avez dit bizarre?

Bref, Moissac aurait peur. Ses édiles tentent de l’en convaincre, pour lui faire mieux accepter les dispositifs sécuritaires  qu’ils mettent en place. Peut-être préoccupés, voilà nos concitoyens en tout cas occupés pour l’hiver. Alors que la ville dépérit -les commerces continuent de fermer-  alors que l’agriculture doit affronter de nouveaux maux, que le tourisme connait une sérieuse baisse de régime, alors que le développement de l’hôpital est incertain, celui du lycée tout autant, la droite a lancé ses fumigènes, et tente de masquer la dure réalité de notre ville! On la comprend, sur ces dossiers, elle est sans idée, sans projet, et peut-être même, ce qui est pire, sans volonté.

Pour avoir un aperçu : cliquez sur ce lien : Questionnaire Se?curite? Moissac

Le cadeau de l’UMP au Conseil Général

Lors de la séance d’octobre du Conseil municipal, plusieurs dossiers techniques n’appelaient pas débats particuliers. Ils ont donc été votés avec l’appui de l’opposition Divers gauche. C’est le cas de l’OPAH qui poursuit son bonhomme de chemin, de divers aménagements et même des subventions  aux écoles de sports…  A Moissac, les PV seront désormais électroniques (plus de papillon sur vos pare-brise, et le stationnement sera gratuit samedi, dimanche et jours fériés.

Mais le gros de la soirée fut consacré à la caserne des pompiers. (Voir article précédent « Le prix de la caserne des pompiers »)

On peut schématiquement résumer les débats en deux chapitres.

Sur la légalité.

La majorité UMP estime ne pas être tenue par la loi de 1996 qui attribue la responsabilité du secours incendie au Conseil général. Elle se réfugie derrière des textes qu’elle ne connait pas, voire derrière l’exemple de Grisolles qui a accepté de payer une partie de sa caserne de pompiers. Il n’empêche, la majorité se trompe et force la loi à défaut de la violer.

Sur l’opportunité.

C’est bien là la vraie déculottée d’une majorité qu’on aurait pu imaginer mieux trempée. Elle plie , à six mois des élections départementales, devant les oukases du CG expliquant pèle mêle qu’il y va de l’intérêt des pompiers et des Moissassais, que le temps presse, qu’elle a obtenu des contre-parties (la restitution de l’actuelle caserne ou encore – ne pouffez pas- la construction d’un rond point… ) Pour au final admettre que la Communauté de communes ayant dit oui à Baylet, Moissac ne se voyait pas faire bande  à part. La majorité a donc voté avec l’aide des Radicaux un budget de 300 000 euros pour la caserne qui sera installée dans la zone inter-communale de Fleury, sur un terrain donné pour l’euro symbolique. Le cadeau est de taille, au moment où les capacités d’investissement des communes se réduisent comme peau de chagrin. Moissac aurait pu utiliser cet argent ailleurs, pour développer l’activité de la ville qui en a bien besoin. Moissac aurait du tenir la position qu’elle a toujours défendue, sous la précédente municipalité. Et demander au CG de faire ce qui lui incombe!

A propos d’un questionnaire sur le sentiment d’insécurité…

L’opposition divers gauche l’a dénoncé sous toutes les coutures, fond et forme.  Un document anonyme,  pas signé, pas expliqué, aux questions orientées. Le maire a cherché à se réfugier derrière le CLSPD (Comité de prévention de la délinquance). Il a aussi expliqué que ce questionnaire émanait d’une officine spécialisée… bref que ce travail était bien fait.   Mais on veut croire que gendarmerie et police, sans parler du bouche à oreille,  dans une petite ville comme Moissac,  suffisent à renseigner sur l’état d’esprit de la population, sur les secteurs en difficultés.  Y avait-il besoin d’un tel questionnaire? La réponse est non!

Le document sera disponible à l’entrée des lieux publics.  Il veut prouver que la mairie UMP s’agite sur le front sécuritaire, qu’elle prend en compte les « souffrances » de la population. Le brouet sécuritaire pourrait très vite donner la nausée à une bonne partie de la population moissagaise.

A propos des travaux des lycées, d’enseignement général et technique…

Rien de nouveau, le Conseil régional s’est décommandé et a fixé une nouvelle réunion au 5 novembre. Le temps passe. Moissac ne saurait attendre plus longtemps. La région semble chercher des échappatoires, elle fut plus diligente pour investir sur le Lycée de Valence d’Agen.  Si en novembre les résultats tardaient à venir, il faudra bien que gauche et droite, la population moissagaise réunie, disent son fait à la Région M.P.  Moissac a besoin de lycées accueillants, bien équipés, à la mesure de leurs résultats scolaires,  à la hauteur des attentes de sa jeunesse.

Il fut aussi question de la Subvention à l’Ecole Jeanne d’Arc dont on a appris que 2 cages d’escaliers (sur 5) n’étaient toujours pas aux normes. Mais il parait que la Commission de sécurité n’y trouve rien à redire…

Fin de ce Conseil  vers 23 heures, où on l’on vit une fois de plus que la majorité UMP est sourde aux remarques et suggestions de bon sens, campant sur ses certitudes, arrogante avec son opposition, couchée devant le pouvoir départemental. Ainsi va le Tarn et Garonne!