Alors chante, Terres de Confluences?

Le Festival « Alors chante » qui avait fait de Montauban un des hauts lieux de la chanson française, va s’installer à Castelssarasin. La maire UMP de Montauban n’en voulait plus. Elle lui a coupé les subventions pour mettre sur rails, un nouveau festival : « Montauban en scènes » Après des mois de demi-silences, de fausses rumeurs et vrais démentis, l’association « Chants libres » confirme. Le festival fêtera son 30° anniversaire avec un concert unique, le 12 septembre à Castelssarasin. Et c’est désormais dans cette ville qu’il va élire domicile dès 2016.

Une bonne nouvelle pour la culture qui en ce moment subit de plein fouet les coupes sombres budgétaires opérées par les municipalités. Une mauvaise nouvelle pour le Festival de la Voix de Moissac. Est-il en effet raisonnable d’avoir sur le territoire de Terres de Confluences deux festivals? L’un ne condamne-t-il pas l’autre de facto? Pourquoi les élus de l’intercommunalité ne se sont-ils pas à ce jour saisis de la question? A quoi joue le maire de Castelssarasin qui jure de son engagement dans la communauté de communes et n’a de cesse de conforter, sur tous les plans, la prédominance de sa ville? Est-ce ainsi qu’on se montre bon camarade? Que fait le maire de Moissac qui semble totalement absent du débat?

Sur cette question, comme sur d’autres, il faudra bien que les élus en charge de nos communes, se mettent à table et cessent de se cacher derrière leur petit doigt. Pour les inciter, un bon débat, des états généraux de la culture sur le territoire Castel-Moissac s’imposent!

Hôpital: le ciel reste plombé

Un peu long au démarrage, mais ça y est: le moteur tousse. Personnels et usagers se mettent à faire entendre leur inquiétude quant à l’avenir de l’hôpital de Moissac. Il y a longtemps que nous le disions, seuls alors : les projets de l’ARS (l’Agence régionale de santé) et notamment ce fameux « projet hospitalier de territoire » n’annoncent rien de bon pour Moissac. Et devant l’Association des usagers, les explications de Jacques Cabrieres, le directeur du Centre hospitalier intercommunal n’ont rien de rassurant. Tout au plus cherche-t-il à gagner du temps, à calmer les esprits.

A propos de la chirurgie. Il admet qu’un projet de restructuration impliquant Montauban et Moissac existe. Et pour cause, on l’a lu. Il veut faire croire que tout peut encore bouger. On voudrait le suivre, mais ne dit-il pas dans la foulée que la chirurgie ambulatoire est une « tendance dans laquelle l’hôpital doit s’inscrire ». Autant dire : exit tout le reste, la chirurgie viscérale par exemple et bonjour la compétition entre Mautauban et Moissac pour récupérer les miettes du gâteau!

A propos des urgences, là aussi le dossier avance lentement. Quand Jean Paul Nunzi a laissé la place à Jean Michel Henryot,  ce projet était financé. Il ne l’est plus. Il était de réalisation imminente. Plus d’un an après, le directeur parle « d’un avant projet détaillé en cours de réalisation ». Nuance de taille! Les Moissagais vont devoir prendre leur mal en patience.

Quant à la maison de retraite de Castelsarrasin, vétuste et dépassée en ce qui concerne la prise en charge des résidents, « on y réfléchit » parait-il. Avec une étude à venir sur les besoins,  qui sera suivie d’un projet architectural… Mais les financements là aussi sont inconsistants. C’est dire que rien n’est encore fait.

Une bonne nouvelle cependant : le déficit de l’hôpital s’est semble-t-il réduit. Il était de 1,1 millions d’euros. Il est tombé à 470 000 euros… en partie grâce à la chirurgie!  Qui pourrait perdre l’un de ses spécialistes si une solution n’est pas trouvée pour lui conserver son salaire, garanti par contrat jusqu’à la fin juin. Bref, le ciel est loin d’être dégagé. Il est temps d’exiger un grand débat public sur les offres de soins dans le bassin de vie qu’on appelle Terres de Confluences ».

Donnez de la Voix

Il faut aider, il est encore temps le Festival de la Voix à Moissac qui a du mal à boucler son budget. Une adresse:

 https://fr.ulule.com/festival-voix/

Allez y, c’est facile comme un clic!

Il manque en effet quelques centaines d’euros pour faire face aux engagements pris en matière de programmation. Les deux élues en charge de la culture à la Mairie de Moissac lancent régulièrement un appel aux dons. C’est nécessaire. Mais il aurait été mieux que la mairie de Moissac, tout comme la Communauté de communes assument leurs responsabilités en la matière et aident, par une subvention exceptionnelle pourquoi pas, ce Festival dont tout le monde vante ou feint de vanter les mérites et l’intérêt.

Pour la première fois, il va se décentraliser réellement, offrant aux communes de « Terres de confluences » des spectacles et des soirées. L’intercommunalité aurait pu dès lors être un peu plus généreuse et donner l’exemple. Cela n’aurait pas mis à mal sa balance comptable!

Reste qu’il y a aussi à dire sur la gestion du Festival. En général, on engage des dépenses en fonction des ressources dont on dispose. Ou bien, on a recours à l’emprunt. Il est plus que hasardeux de courir ainsi après les subsides alors que parait-il le sort du festival en dépend. Il n’est pas interdit aux saltimbanques de jouer un peu aux comptables.

Terres de Confluences: un budget de père tranquille

Le vote du budget de la Communauté de communes, Terres de Confluences ne fut qu’une formalité. Une seule petite abstention, Gérard Vallès, pour afficher un désaccord, ou plus exactement pour pointer le manque d’ambition d’un budget qui d’une année sur l’autre, baisse de 28% ses investissements. Ce n’est pas une paille! Cela témoigne bien sûr des difficultés de la période, avec une forte baisse des dotations de l’état, mais cela témoigne surtout d’une absence de projet, et d’un terrible renoncement. Comme à Moissac (voir plus bas)!

Les 2,2 millions consacrés à l’investissement vont financer un peu de fibre optique (projet déjà engagé précédemment), un benne à ordures, des travaux sur la cuisine centrale, des préfabriqués pour la maison de l’intercommunalité, déjà trop petite, et quelques menus aménagement sur l’aérodrome de Gandalou. Sans oublier les 300 000 euros pour le lancement d’un Plan local d’urbanisme intercommunal… et 30000 euros pour étudier le projet de piscine.

Voilà qui n’ouvre certainement pas les portes de l’avenir. Et qui solde à peine la période précédente. Forte de ses 32 agents, la Communauté de Communes embauche. Cela se traduit par une augmentation de 32% des frais de personnels. La mutualisation des services entre mairies et intercommunalité sera pour plus tard. Moissac a cependant décidé de mettre à disposition sur un mi-temps, sa directrice du CCAS. Un prêt intéressé puisque le projet de ville réclamé par l’état (subventions à la clé) doit être fait dans le cadre de la Communauté et profitera principalement à notre commune. Par ailleurs, l’opération « Boutiques à l’essai » va être lancée. Il s’agit d’aider avec l’association éponyme des porteurs de projets à ouvrir commerces dans les centres villes qui se vident.

Reste que l’exécutif Intercommunal,  s’est félicité, sans rire, d’un budget qui « ne nécessite ni augmentation des taux d’imposition, ni emprunt ». Un budget de père tranquille en quelque sorte!

  • Le budget principal de Terres de Confluences se monte donc 12, 5 millions d’euros
  • 9,3 millions d’euros pour le fonctionnement
  • 3,1 millions d’euros pour l’investissement.
  • Le budget annexe des zones Barrès-Fleury et Borde Rouge est en déficit de 1,7 millions d’euros, faute de recettes de commercialisation

Barèges et Astruc se tirent la bourre

Il y a déjà de la friture sur la ligne entre le nouveau président du département de Tarn et Garonne, « l’indépendant » Christian Astruc  et Brigitte Barèges, la maire UMP de Montauban. On les a vu  ce week end à Sapiac, oublier de suivre le match de rugby pour publiquement s’apostropher sur les délégations de signatures.

En clair, l’UMP veut contrôler l’exécutif départemental qu’elle a placé au Château grâce aux voix de ses 10 élus. Mais comme nous l’annoncions un peu plus bas, l’attelage n’est pas évident à mener. On vient donc d’assister à la première embardée. Autant dire que si ça continue, il y a du souci à se faire sur la conduite des affaires dans ce département.

Pendant ce temps, monsieur bons offices, le sénateur Yvon Collin, est nommé conseiller à titre bénévole, le temps dit-il de la mise en place de la nouvelle équipe. Il va devoir siffler rapidement la fin de partie, faute de quoi…