La mairie et ces étranges étrangers

Maryse Baulu, adjointe au maire de Moissac et élue départementale, a signé récemment dans le Petit journal un article dont on a du mal à comprendre de quoi il parle réellement et à qui il s’adresse. Il faut dire que le morceau est sensible: les immigrés de l’est européen (Bulgarie, Roumanie) particulièrement visibles,  dans notre centre ville.

A l’évidence, elle a tenté une ambassade auprès de quelques uns de ces étrangers, mais se voit tout de même obligée de concéder dans cet article qu’aucun d’entre eux ne peut parler pour l’ensemble des populations concernées. Et là commence l’embarras! Comment dire en effet sans les stigmatiser davantage, sans remettre en question leur utilité,  qu’ils sont désormais autant un problème qu’une solution? Comment admettre qu’après avoir claironné qu’elle résoudrait vite et bien cette question, la droite se retrouve impuissante, paralysée devant l’ampleur d’un phénomène qui la dépasse et met en lumière son incurie.

Alors, la mairie fait des ronds dans l’eau. Madrée, l’adjointe fait parler la vox populi pour dénoncer le comportement de ces migrants saisonniers. Catho., elle compatit à leur sort et feint de comprendre leurs agissements, y compris les plus contestables. Politicienne, elle se vante d’avoir ouvert  le dialogue en plein mois d’aout. Mais avec qui? Et pour faire quoi?

Bref, la droite Moissagaise après s’être imprudemment aventurée sur le dossier de l’immigration, donne l’impression de ne pas savoir comment se sortir de ce terrain miné, sommée par ces électeurs de faire « quelque chose », houspillée par un Front national qui,  s’il était aux affaires, aurait lui aussi bien du mal à concilier les positions idéologiques et les intérêts immédiats de son électorat, avec la recherche d’une main d’oeuvre bon marché et disponible. Là est le coeur du problème.

 

 

 

 

On se Dépêche…

Marciac. Gers. Le festival bat son plein. Concerts magnifiques, public à l’unisson. Manuel Valls en visite. Tout le gotha régional se doit d’y être. Au premier rang, les nouveaux magnats de la presse régionale, la famille Baylet père et fils. Au premier rang, pas tout à fait, pour le concert du soir, monsieur fils est placé par inadvertance au troisième rang (le meilleur selon moi, mais…)

Monsieur père explose, éructe, menace comme à l’accoutumée. Et des mots aux actes! Voilà que la Dépêche, ce journal de la Démocratie, boycotte maintenant un festival dont il est pourtant partenaire si on en croit les banderoles et calicots qui décorent Marciac.

En Tarn et Garonne, toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans les petits papiers du maître, ont depuis belle lurette l’habitude de disparaitre des photos, de perdre leur nom ou leur titre, de passer à la trape régulièrement. Bref le président de l’Azerbaïdjan a des leçons à prendre. On va lui envoyer une dépêche!

Moissac perd sa trésorerie

Il s’agit en fait de la perçeption, des services fiscaux qui vont pour une partie émigrer à Castelsarrasin, pour une autre rejoindre Montauban. Le maire de Moissac qui s’est bien gardé d’en informer son Conseil municipal était au courant depuis le mois de janvier. L’information a finalement transpiré à l’occasion d’une réunion intercommunautaire sur le devenir de l’hôpital.

Ce jour là étaient convoqués le Président de Terres de Confluences, le maire de Castelsarrasin, le président du Comité de défense de l’hôpital et le maire de Moissac, Jean Michel HENRYOT  qui avait oublié l’heure de la réunion. Il s’agissait juste de faire le point sur l’avancement du projet de l’ARS, l’Agence régionale de santé qui veut rapprocher les hôpitaux de Montauban et de Moissac. Un projet (lire plus bas) qui inquiète fortement les Moissagais et sur lequel l’opposition socialiste au Conseil municipal ne cesse d’interpeller le maire.

Faute d’informations précises et rassurantes, le Comité de défense a décidé de s’adresser directement au préfet de Tarn et Garonne. Ci dessous vous pourrez lire le principal de ce courrier qui n’a pas encore reçu de réponse.

Nous avons appris incidemment la réduction très importante du service public qu’est la Trésorerie de Moissac.
Dans ce cadre, il semblerait que la gestion de l’hôpital Castel-Moissac serait transférée à la Trésorerie de Montauban, ce qui serait préjudiciable pour les familles des résidents des EHPAD de Castelsarrasin et Moissac qui perdraient ainsi un service de proximité.
Notre inquiétude, et la raison de notre intervention, est la menace d’une gestion commune des établissements hospitaliers de Montauban et Moissac, ce qui pourrait constituer une première étape vers la fusion de ces deux établissements.
Aucune information n’a été communiquée, ni aux médias, ni à la population, ni au personnel, ni au Conseil de Surveillance.
Nous vous serions très reconnaissants de nous faire connaître rapidement le contenu de cette éventuelle décision administrative.

Moissac, la droite fait le ménage

C’est le moment, c’est l’été, la saison des mauvais coups! Fin de contrat pour Jean Pierre Simonot. Après plus d’un an de bons et loyaux services à la tête de la communication municipale, il vient d’apprendre que son contrat ne sera pas renouvelé. Son péché originel : avoir été choisi et nommé par l’ancienne majorité de gauche. Qu’importe son engagement au service de la ville, ses qualités professionnelles, son savoir faire, son ouverture aux autres!

L’aile dure de la majorité municipale voulait sa peau. Le maire a emboîté le pas à ses ultras. La communication municipale perd donc un de ses piliers. Une seule personne désormais pour faire le travail, c’est bien peu quand on sait  le poids de la communication aujourd’hui. Sauf à sacrifier un peu plus l’avenir de la ville, la droite va devoir trouver des pis-allers, comme le transfert de certains personnels. Mais la « com » c’est un métier! Alors? Autre solution: le recours à des prestataires de service.  D’autant plus probable que la directrice de l’Office du tourisme, dont on dit qu’elle pourrait superviser la com municipale, a ses entrées dans ce petit monde.

Pour justifier ses décisions, le maire a recouru à l’argument économique : il faut en ces temps de vaches maigres diminuer la masse salariale. Foutaises ! Quand on sait qu’il embauche des vacataires pour remplacer les congés, quand on sait que l’audit sensé proposer une réorganisation du personnel et des modes de gestion a accouché… de  la mise au placard du DGS.

Fatigué, écoeuré, sans perspective professionnelle, ce dernier, Eric Trescazes a décidé de tirer sa révérence. Il quitte Moissac et laisse la place libre à son successeur, dont le profil convient mieux aux élus de droite. Une droite qui en dépit de ses engagements n’hésite pas à pratiquer le « spoil system ». En bon français cela pourrait s’écrire croisade!

Régionales: le coup de Pinel

Une conférence de presse nationale nous l’a appris, l’accord PS-PRG est enfin conclu! La fin d’un interminable suspense… Au bras de fer, Baylet est bien meilleur que Cambadélis. Obligé de sauver ce qu’il reste de la majorité présidentielle, le chef du PS a du passer sous les fourches caudines du nouveau magnat de la presse régionale.

Car l’accord en question concerne en priorité et presque exclusivement le Sud (Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon), le nouveau terrain de chasse de la maison Baylet.

« Nous ne pouvions pas nous permettre de perdre un allié, on ne peut pas gouverner qu’à coups de 49/3 »

disent en coeur les caciques socialistes. Certes! Mais 18 places éligibles (contre 16 en 2010), 3 têtes de liste départementales, une 1° vice présidence garantie à Sylvia Pinel, le prix de cette cynique poignée de main n’est-il pas déjà trop élevé?

Dans cette affaire, le PS risque d’être le seul, le grand, perdant. D’abord au niveau national: rien ne garantit la loyauté d’un partenaire qui au Sénat a souvent fait défaut à ses alliés. Au niveau régional ensuite où le PRG s’assure d’une représentation sans commune mesure avec ses capacités militantes. Mais cela serait sans grande importance, si à l’issue d’un premier tour que cette fois on prévoit difficile, il ne faudra pas négocier avec d’autres listes et donc leur offrir des places éligibles. Elles ne seront pas légion! Voilà qui réduira sérieusement le nombre d’élus socialistes, au risque de faire perdre au parti la majorité au sein du Conseil régional. Et donc la présidence à Carole Delga! Au niveau du département enfin. Le PRG a obtenu la tête de liste pour Sylvia Pinel. Le coup… de Pinel, un véritable hold up politique! Le énième bras d’honneur à une Fédération socialiste qui élection après élection avale toutes les couleuvres radicales, sans jamais en être payée de retour.

Les roses voient rouge

Municipales perdues, cantonales perdues, sénatoriales perdues et chez les socialistes comme une envie de prendre la tangente…! Le radicalisme, réduit au Bayletisme, gangrène la vie politique dans le département, ramène la réflexion à des gesticulations électorales, pour en faire une pitoyable  course aux échalotes. Le système s’est effondré, mais le cadavre bouge encore et métastase en profondeur les corps politiques, de gauche comme de droite.

Réunis en Conseil fédéral, les socialistes ont réitéré leur entier soutien à la candidature « Delga-Alary », mais ils ont refusé dans un texte envoyé à Jean Christophe Cambadelis d’être placés sous la curatelle Pinel. Ils revendiquent des places éligibles dans la future liste et ne veulent pas faire les frais des négociations avec les possibles, éventuels, improbables alliés de dernière heure. Ils demandent également au PRG de s’engager par écrit et publiquement à soutenir la candidature à la présidence de région de Carole Delga. Ils estiment enfin qu’en l’état, et à défaut d’évolution positive dans la constitution de la liste départementale, il appartient au seul PRG d’organiser localement la campagne.

Bref, et il fallait s’y attendre, les socialistes tarn-et-garonnais qui ont voté majoritairement il y a quelques semaines contre l’hypothèque radicale, voient rouge. Et ils le font savoir! Il est vrai que le dernier gag de cette affaire qui est à l’évidence loin de sa conclusion, revient à Manuel Valls, qui pour complaire à Baylet et sauver malgré tout le soldat Alary (actuel président du Languedoc Roussillon) est prêt à inventer un nouveau poste, celui de co-président de région. Et à le faire voter en automne par le parlement. On sait depuis longtemps que le ridicule ne tue plus. Mais on sait aussi qu’à trop prendre les électeurs pour des gogos, on s’expose au retour de bâton. Décidément, on ne se méfie jamais assez de ses « amis »…!