Le ver est dans le fruit

Dubitatifs quand ce n’est pas un peu perdus… les Moissagais étaient pourtant venus en nombre le dimanche à la Fête des Fruits rebaptisée par la majorité municipale « Fêtons Moissac ». Il est vrai que les fruits, il fallait les chercher! Le chasselas, le prince doré de nos collines, était exilé autour de l’uvarium, au prétexte que jadis ici on buvait du jus de raisin. Fausse bonne idée et vrai échec. Les producteurs étaient les premiers à ne pas comprendre ce nouveau dispositif… quant aux chalands, il erraient comme âmes en peine.

Heureusement, il y avait les Sites remarquables du goût. C’était leur fête. Tous bien alignés sur l’Allée des Justes, sous leur pagodes blanches. Tous regorgeant de victuailles du terroir, plus appétissantes les unes que les autres. Ils ont tenu tables ouvertes, transformant l’esplanade en un immense restaurant. Le beau temps aidant, ils ne furent pas déçus.

Le comice agricole fut égal à lui-même. Deux chevaux, trois vaches, quatre ânes et une dizaine de moutons… Quelques enfants pour les distraire. Tout cela  manquait de panache et d’envergure. Tout comme l’inauguration, le samedi. Pas de ministre, pourtant si prompte à l’accoutumée à courir ce type de manifestation, pas de préfet, pas de sous préfet qui après une apparition s’est fait représenter par son chef de cabinet. Pas de président du Conseil départemental, souffrant il est vrai, et représenté… par Maryse Baulu, l’adjointe de Moissac. Au jeu des doubles ou triples casquettes, il sera bientôt difficile de reconnaître les siens. Ce qui est sûr, c’est que ce « Fêtons Moissac » qui avait pourtant bénéficié d’une promotion à la télé, grâce aux Sites du goût,  est apparu comme une fête de patronage, loin, très loin de la manifestation socio économique que la « Fête des fruits » devrait être… aussi!

 

Patrimoine: portes ouvertes

Oui, je sais, l’exercice est facile… comment y résister?IMG_2775

Mais tout de même, portes ouvertes sur les lieux d’aisance, le jour du patrimoine!!!  

Voilà qui va redorer l’image de Moissac…  Vous avez dit Grands sites?

Un territoire en mal de projet

La salle des fêtes de Durfort la Capelette accueillait mercredi dernier les élus des six communes rassemblées sous la bannière Terres de Confluences. Plus de 90 personnes pour ce qui était annoncé comme un moment fort d’une démarche visant à doter la Communauté d’un projet global et qui sait d’une politique…Déception!

Combien? Combien a coûté et va coûter ce diagnostic territorial? Au vu des conclusions présentées par les deux cabinets chargés de ce travail, on est en droit de poser la question. Mais, disons le tout net, ce n’est pas le travail de MC2 et de Exfilo, les deux consultants, qui va changer la face de Terres de Confluences.

Pendant plus d’une heure, ils ont compilé des lieux communs, des informations qu’on peut trouver d’un clic sur internet ou qui dorment dans des rapports aussi volumineux qu’inutiles dans les différentes mairies de la communauté.

Soyons francs, le diagnostic n’a pas fait tourner les têtes, et n’a guère suscité de questions. On notera cependant les priorités mises en avant comme devant structurer la réflexion intercommunale :

  • installation des entreprises
  • tourisme (culturel et vert)
  • aménagement du territoire (accés à l’internet haut débit)
  • transports

Des groupes de travail vont être constitués. Les Conseils municipaux concernés, devraient délibérer sur ce projet de territoire (s’il est terminé à temps) d’ici la fin décembre 2015.

Mais quand on sait que les possibilités d’investissement de l’intercommunalité ne dépassent pas deux millions d’euros, on voit vite que les marges de manoeuvre sont plus que limitées. Savez-vous que la caserne des pompiers qui sera édifiée derrière le magasin Leclerc à Castelsarrasin, nécessite la construction d’une route de quelques centaines de mètres. Coût de l’affaire: 2,5 millions d’Euros… Il est encore temps de demander au département d’assumer ses responsabilités. Rappelons à ceux qui oublient vite que les casernes de pompiers sont encore de sa compétence et qu’il doit donc les financer.

Pas de réfugiés à Moissac

Voilà près de trois mois que le Conseil municipal de Moissac ne s’était pas réuni. Et pourtant, comme si on n’avait pas grand chose à se dire, pas de gros problèmes à régler, l’ordre du jour s’annonçait terriblement banal. Ce qu’on appelle régler les affaires courantes!

Heureusement, il y avait les questions diverses. L’opposition de gauche avait décidé de remettre sur la table les gros dossiers qui inquiètent Moissac et de lancer le débat sur l’accueil des réfugiés syriens.

Réfugiés

Dans une interpellation il y a dix jours au maire et au Président de la communauté de communes, le Parti socialiste de Moissac proposait en effet la tenue d’une réunion entre élus et associations afin d’évaluer les possibilités d’accueillir sur le territoire quelques familles. Dans une lettre adressée aux maires cette semaine, le préfet du département faisait de même. Pas assez à l’évidence pour réveiller la fibre solidaire d’une droite, son maire, qui ne veut pas prendre ses électeurs à rebrousse poil. C’est donc non aux réfugiés, non à l’étude de la situation, non au moindre geste. Et tout ça la main sur le coeur. « On voudrait bien, mais ce n’est pas possible. On ne saurait pas les recevoir dignement, et puis il y a déjà trop de misère à Moissac ». En gros, à nos pauvres on ne va pas ajouter les malheureux de Syrie ou d’ailleurs. Le FN jubile qui félicite publiquement le maire. In extremis, ce dernier  voit le piège se refermer : « Je ne suis pas dans le refus de l’autre ». De retour chez moi, je tombe sur un reportage montrant l’accueil des boat people dans les années 70 et l’action de Kouchner, Chirac et Giscard… Sans commentaire!

Hôpital

Le maire est formel, la communauté de communes a décidé de mouiller la chemise pour défendre l’hôpital. Après une entrevue avec la directrice de l’Agence régionale de santé (celle qui préside aux destinés de nos structures de soins), les édiles en sont convaincus : l’hôpital a de beaux jours devant lui. La mise en place du projet de territoire (la fusion avec Montauban) devrait bientôt avoir lieu. La rénovation des urgences de Moissac, annoncée il y a si longtemps, devrait commencer à la fin du mois.

Pour autant, la vigilance s’impose. D’où l’intérêt du Comité de défense. Les deux maires de Moissac et de Castelssarasin, ainsi que le Président de Terres de confluences, sont entrés au Conseil d’administration de l’association. Ils sont désormais partie prenante de la manifestation du 7 octobre, au Hall de Paris. Ils parlent de mettre en place un projet de santé à l’échelle de l’intercommunalité, dans lequel bien entendu l’hôpital de Moissac tiendrait le rôle principal.

Trésorerie

Et oui, les services sont redéployés, dispersés au quatre vents. Une partie à Castelsarrasin, une partie à Montauban. Notamment le contrôle de gestion de l’hôpital! Des permanences seraient cependant organisées pour accueillir les Moissagais. Il parait qu’il faut se faire une raison: c’est partout pareil, le trésor public restructure et redéploie. En attendant, c’est Moissac qui en fait les frais.

Festival de la Voix

Oui, il a un problème de fin de mois, si on peut dire. Non la mairie ne va pas fournir une rallonge. Elle vient de se souvenir que MCV, l’association qui porte ce festival, avait demandé une subvention au Conseil départemental. Demande retoquée en son temps. Le maire, qui est aussi vice président du Département a donc conseillé à MCV de refaire sa demande, avec la promesse cette fois que les élus veilleront au grain. Le montant? Le maire ne sait pas. Mais il promet de revoir l’année prochaine la dotation de cette manifestation. En attendant, il a engagé, dit-il,  des discussions avec son homologue de Castelsarrasin sur l’existence des deux festivals. Mais il se refuse à dire vers quoi elles vont conduire.

Tourisme

Les élus ont du mal à accepter les évidences: les touristes ont boudé Moissac, comme ils ont boudé le département. La faute à la canicule hasardent-ils penauds!  Voilà qui tombe mal alors que l’Office de tourisme, désormais exonéré de redevance (plus de 100000 euros) n’a jamais eu autant de moyens pour développer sa politique.

Alors des solutions messieurs-dames? Oui, il faut apprendre à communiquer, il faut faire mieux connaître la ville, travailler avec le département disent-ils. On se demande ce qu’ils attendent, ça fait bientôt deux ans qu’ils sont au pouvoir.

En fait, l’affaire de la rue de l’Inondation est révélatrice du manque de savoir-faire de cette majorité. Voilà un projet de rénovation (mise en sens unique avec cheminement piéton) qui est estimé à un million d’euros. La mairie va prendre à sa charge 72% de la dépense, alors que région et département n’apporteront que 7,5% chacun. Mais si ce projet avait été inscrit dans la politique des Grands sites, les deux collectivités auraient pu apporter jusqu’à 30% chacune. Pour cela, il aurait simplement fallu découper les travaux en plusieurs tranches. Et parler à nos partenaires, la région entre autre! Ce sont donc les contribuables moissagais qui paieront la facture.

Petits bras

Moissac joue petits bras. Et à chaque problème, la majorité propose une thérapie de perlimpin, des emplâtres sur des jambes de bois. Faute de courage, d’ambition, de savoir construire des solutions adaptées, elle s’en prend à la baisse des dotations de l’état qui transfère au passage de plus en plus de charge aux communes. Cela est vrai, mais il est tout aussi vrai qu’il faut réformer, regrouper, en finir avec ce millefeuille (communes, communautés, départements, régions, syndicats de tout poil…)  qui gaspille les moyens, et affiche souvent son inefficacité. Tout comme il faut revoir au sein de notre département, la répartition des ressources, mettre en place une ambitieuse et réaliste politique d’aménagement du territoire. Les motions de l’Association des maires de Tarn et Garonne ne disent rien sur ces sujets là. La gauche ne les a pas votées!

Moissac ne veut pas de réfugiés

Le Tarn et Garonne se distingue. Sur la question des réfugiés, il est officiellement aux abonnés absents. Silence radio du Conseil départemental, pas une commune, par une intercommunalité représentée à la réunion de samedi dernier, chez le ministre de l’intérieur où s’étaient retrouvés près de 700 maires et adjoints.

Interpellées il y’a dix jours par le Parti socialiste, la mairie de Moissac, tout comme l’Intercommunalité, n’ont même pas daigné répondre. Non, la question des réfugiés ne les concerne pas. Probablement que dans leur esprit simplement l’évoquer les rendraient suspectes. Suspectes de vouloir esquisser un geste. Rendez-vous compte! Ne pas en parler, c’est faire en sorte, conduite magique, d’évacuer le problème, d’évacuer la question qui dans l’instant relève de l’éthique. Le FN peut ainsi mesurer son influence qui met en demeure (lire sur ce blog sa réaction à l’appel du PS) le maire de Moissac, le sommant en quelque sorte de choisir son camp. On verra donc jeudi 17 septembre, lors du Conseil Municipal de quel côté penche la majorité moissagaise.

Le silence a donc parlé: Moissac n’est pas concernée par la tragédie méditerranéenne. Moissac tourne le dos à son histoire, Moissac se recroqueville frileusement sur ses peurs, et s’enferme dans ses impasses.

Pour autant, la question des réfugiés demeure. Elle est d’abord morale. Comment ne pas réagir à ce que nous voyons, à ce que nous savons?  Oui, nos communes, nos intercommunalités, toutes nos structures officielles qui n’en finissent pas de grossir, peuvent faire un petit, un tout petit effort. Car bien évidemment, la question est aussi économique et sociale.

Moissac peut à bon droit faire valoir qu’elle a de plus en plus de mal avec ses immigrés économiques. (on y reviendra).  Pour autant, cela ne nous exonère pas  d’un geste de solidarité envers des hommes, des femmes, des enfants qui fuient la guerre et la mort. Nous avons les lieux, les bonnes volontés et même les moyens matériels. Bien entendu, tout cela s’organise, se prépare, avec l’Etat, le département et les acteurs de terrain, sachant que, il faut le redire,  notre ville ne saurait « accueillir toute la misère du monde ». Mais là, nous parlons d’autre chose qui tient à nos valeurs, à ce que nous croyons être et au final à ce que nous sommes réellement.