Un conseil…

Le Conseil municipal est dans toutes les communes, le lieu par excellence du débat démocratique. Il permet aux élus, mais aussi à la population, les séances sont obligatoirement publiques, de débattre des affaires de la cité et de décider des choses de la vie communale. C’est dire combien ce rendez-vous est important! A Moissac, naguère, le Conseil municipal était réuni tous les mois. Aujourd’hui, la majorité de droite, le réunit tous les mois et demi après l’avoir mis en sommeil tout l’été.

Qu’en conclure? Que la droite a peu de goût pour le débat citoyen? Rien de surprenant à cela. L’histoire le raconte lieu après lieu, époque après époque. Dans ce domaine, comme dans d’autres, la droite moissagaise ne se démarque pas de la famille. Mais ce calendrier révèle surtout combien cette majorité est sans projet, sans ambition pour notre ville. D’un conseil à l’autre, on règle les affaires courantes, on autorise des actes administratifs, on valide comme la loi nous y oblige des délégations de signatures… A l’image de la ville, le Conseil  s’ennuie, se désespère, se languit au sens flaubertien du terme.

Jeudi 12 novembre, on va donc traiter une fois encore des affaires courantes. Heureusement qu’il y a l’OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) mise en place par l’équipe Nunzy, sans quoi l’ordre du jour aurait ressemblé à un courant d’air. Où sont les projets, quel est le devenir de l’hôpital, comment la trésorerie va-t-elle fonctionner, pourquoi le tourisme est-il en panne à Moissac, pourquoi le commerce de centre ville dépérit-il, pourquoi la pauvreté progresse-t-elle, où est en est la politique de la ville, que va devenir MAJ (Moissac animation jeunesse) quand au printemps prochain elle risque d’être sans ressources?

Les Moissagais pourraient ajouter à la liste des questions, tant ils voient leur ville décliner, et la majorité de droite, qui contrôle maintenant le département,  sans imagination, sans volonté, inerte devant l’adversité. Attention, les Moissagais vont finir par s’en rendre compte!

Moissac perd sa trésorerie (bis)

Moissac perd sa trésorerie. L’information n’est pas nouvelle, je vous l’avais donnée il y a quelques semaines et l’opposition de gauche avait dû demander des explications au maire qui s’était bien gardé jusque là d’ébruiter la décision des services fiscaux.

Devant l’inquiétude de la population contrainte dès lors d’aller à Castelsarrasin ou à Montauban pour déposer un dossier, la mairie s’est sentie obligée de faire mouvement. Dans un communiqué de presse, le maire nous fait savoir qu’il est allé rencontrer les autorités de l’Etat, appuyé par deux sénateurs et un député. Rien que ça!

Forcément, pareil équipage ne pouvait que peser fortement sur la situation. Moissac perd donc comme prévu, sa trésorerie!

Mais que les chagrins, les chafouins, les inquiets se rassurent: les contribuables Moissagais – foi de Jean Michel- disposeront toujours… d’une boîte aux lettres pour y déposer leur dossier. Quant à l’hôpital, pas de stress! Sa gestion sera délocalisée, certes, mais séparée de celle de l’hôpital de Montauban. Pas de confusion, et surtout pas de fusion jure le bon M. Henryot!

Voilà qui force le respect! Tout ça pour ça! La montagne qui accouche d’une souris! Du coup, Moissac perd sa trésorerie et le maire son crédit. Mais, il le répète à l’envie: « il est vigilant ». Alors pourquoi s’inquiéter!

Gros temps sur le département

Le budget 2016 sera-t-il voté? La question est posée au vu des réactions des différents groupes politiques qui ont annoncé par avance qu’il ne voulaient pas du projet de budget évoqué par le Président Astruc. Il prévoit en effet une hausse de 12% des impôts ce qui fait bondir à gauche comme à droite, y compris dans les rangs de ses propres amis.

Plutôt que de faire des économies, sur le fonctionnement, mais aussi sur certains investissement (ronds points, salles des fêtes et autres équipements complaisamment offerts aux amis politiques…) les élus départementaux balancent entre une hausse des impôts et l’augmentation de la dette, ce qui est une façon de passer la patate chaude aux générations à venir. Comment imaginer qu’un département qui est déjà l’un des plus endettés de France, puisse encore alourdir la charge de la dette, grévant un peu plus ses capacités d’investissement? Comment imaginer, alors que le l’état se targue de réduire la fiscalité des ménages, que le Tarn et Garonne va augmenter aussi lourdement les impôts?

Sauf à mettre de l’eau dans son vin, le Président du Conseil départemental pourrait bien se retrouver d’ici quelques jours dans une situation délicate, sans budget, ce qui ouvrirait une grave crise politique dans une institution dont on mesure chaque jour davantage l’impuissance.

Hôpital: les Moissagais font bloc

« Votre présence en témoigne, votre mobilisation permettra de sauver notre hôpital. Nous vous tiendrons au courant de la suite » Cliquez pour lire le discours de JP Nunzi

C’est en ces termes que Jean Paul Nunzi, président du Comité de défense de l’hôpital Castelsarrasin-Moissac, a conclu la réunion publique, ouverte deux heures plus tôt au Hall de Paris.

Les Moissagais, les habitants du territoire étaient venus en masse, comme en témoignent la photo, dire leur attachement à ce centre hospitalier. Salle archi-comble donc pour la première réunion publique depuis que l’Agence régionale de santé a fait connaître ses intentions. Nous étions ici même IMG_2783IMG_2784les premiers à en dévoiler le contenu. Cliquez pour lire « Hôpital la potion amère »

Tableau d’honneur

Quelques « pointures » du milieu hospitalier ou simplement médical étaient venues spécialement pour expliquer en quoi un hôpital de proximité demeure une nécessité, et pourquoi les arguments de l’ARS sont fallacieux. Le docteur Nesry, chirurgien orthopédiste en poste à Moissac a démontré point par point la performance de la structure, la qualité des soins, osant même parler de rentabilité,  un terrain où généralement le secteur public hésite à s’aventurer. Il est vrai qu’il dispose d’arguments: hausse des consultations, hausse de l’activité chirurgicale, notamment en orthopédie. Le tout grâce à des équipes médicales soudées, efficaces, réactives, capables d’adaptation. Mieux, l’hôpital de Moissac a déjà atteint et dépassé les objectifs fixés par le gouvernement dans le domaine de la chirurgie ambulatoire.

L’hôpital a donc des arguments à faire valoir. De son côté, l’EHPAD de Castelsarasin qui est en piteux état devrait bénéficier bientôt de l’attention des pouvoirs publics. Une réhabilitation estimée à 17 millions d’euros. Le marché pour la maîtrise d’oeuvre vient d’être lancé. C’est la bonne nouvelle!

Politiques

Le banc et l’arrière banc des politiques locaux était là. Maires et conseillers des communes du bassin, élus de la communauté Terres de Confluences. Tous, la main sur le coeur, ont juré leur attachement à cet hôpital « qui les a accompagné toute leur vie » comme aime à le répéter le maire de Moissac. Son collègue de Castelssarasin a même proclamé que l’hôpital « ne serait jamais la variable d’ajustement » du territoire. Mais personne n’a clairement expliqué quelle serait son attitude face au projet de l’ARS. Car l’Agence n’a jamais dit qu’elle voulait fermer Moissac, elle parle de complémentarité, de mutualisation, d’échanges dans le cadre d’une offre de soins à l’échelle du territoire. Pas sûr que le public, les Moissagais présents ou pas,  aient compris ces subtilités. Il y a en effet au moins deux manières de procéder pour fermer une structure: soit l’annonce brutale avec le plan qui va avec, soit la mise en place d’un dispositif qui la vide progressivement de son efficience, donc de son utilité. IMG_2786

La période, on est à la veille des élections régionales, n’est pas propice aux grandes décisions. D’où le relatif silence de l’ARS. Mais passées les échéances, il faut s’attendre au pire. Le maire de Moissac a lancé un « appel à la vigilance », protestant de son engagement complet pour le maintien de l’hôpital. Cette prudence ne dit rien de bon pour la suite, quand on rentrera dans le dur. La fermeture de la trésorerie de Moissac a été de ce point de vue une manière de tester la détermination des élus. Concluant!

Le coup d’après

Mercredi soir prévalait une sorte d’unanimisme « apolitique » tant élus et citoyens étaient surpris, agréablement surpris, d’une si belle mobilisation. Mais quand viendra le temps de la confrontation avec l’administration, pas sûr que l’unité perdure entre partisans du « pas touche à mon hosto » et ceux qui sont déjà dans le coup d’après

Il faut d’ores et déjà prendre les devants.  Définir d’abord avec les hospitaliers et avec les médecins libéraux assez discrets l’autre soir,  la ligne jaune au delà de laquelle notre hôpital ne serait plus qu’un fantôme, deviendrait une coquille vide. Il faut travailler à un contre-projet! il faut en même temps une forte et constante mobilisation populaire, construite sur la circulation des informations, sur la transparence qui n’a guère prévalu jusqu’à aujourd’hui!  Voilà pour les prochaines semaines la tâche du Comité de défense au service duquel les élus doivent se mettre!

 

 

 

Régionales: Pinel fait le ménage

Carole Delga pourra-t-elle présenter une liste PS-PRG en Tarn et Garonne? La question est posée tant est grande la détestation entre radicaux et socialistes. Les bisbilles  deviennent maintenant publiques avec un article de la Dépêche qui met en accusation la députée et secrétaire de la fédération socialiste du département. Le torchon brûle et le pyromane est connu : il est patron de presse et a fait de son journal un outil totalement inféodé à ses intérêts personnels.

Carole Delga n’a certainement pas choisi seule de confier ses couleurs à son ex collègue de gouvernement, l’incontournable Pinel. Celle-ci après un épuisant bras de fer, fut imposée comme tête de liste par le PS national. Ultime camouflet à la fédération socialiste de Tarn et Garonne, obligée jours après jours d’avaler couleuvres et boas. Comme si J.M. Baylet, dont le verbe tonitruant et le geste menaçant font trembler jusque sous les ors de l’Elysée, voulait faire payer ses défaites (Sénat et Département) à tous les socialistes Tarn et Garonnais. Comme si le PS avait déjà fait son deuil de la fédération du 82!

« C’est la merde… »

Il reste un mois pour constituer « la dream team », le dépôt des listes doit en effet avoir lieu en préfecture avant le 9 novembre. En Tarn et Garonne, la liste affichera 9 noms, mais les analystes un peu avisés, estiment que seuls les trois premiers ont quelques chances d’être élus. Vision foncièrement optimiste dans un contexte politique, régional et national, qui est loin d’être favorable! En fait, comme le déclare sans ambages  un vieux militant socialiste: « c’est la merde dans ce département ». On ne saurait mieux dire!

Pourtant tout avait bien commencé. Confiants dans la candidature Delga qu’ils avaient largement approuvée, les militants socialistes du département avaient établi, c’était avant les vacances, une pré-liste, avec à sa tête la secrétaire fédérale Valérie Rabault, députée et rapporteur du budget à l’Assemblée nationale. Les trois autres candidats étaient dans l’ordre, Patrice Garrigues, Rose Cambon et Michel Benazet. Les Radicaux menacèrent alors de faire lit commun avec d’autres candidats. Grosse ficelle qui fit pourtant son effet. Ainsi au terme d’un psychodrame de plusieurs semaines, Cambadelis et Baylet, réconciliés sur intervention de l’Elysée, tenaient le 27 juillet une conférence de presse pour dire combien ils s’aimaient. Les radicaux  n’obtenaient pas la tête de Delga, mais, en cas de victoire, imposaient Pinel comme numéro un bis à la région et tête de liste en Tarn et Garonne! Bonne poire le PS leur concédait de surcroît 18 élus en MP-LR et plusieurs têtes de listes départementales, un sort particulier étant par ailleurs  promis à Didier Codorniou.

En Tarn et Garonne, les socialistes s’étranglèrent. Motions, courriers, cris d’orfraies… C. Borgel, le patron des fédérations et J.C. Cambadélis restèrent de marbre. On ne fâche pas « l’ami » radical du président! Valérie Rabault fit donc le sacrifice de sa personne. Patrice Garrigues qui tenait dur comme fer à sa position s’accrocha.  Le 24 septembre, le Conseil fédéral a même voté une motion pour tenter de lui garder la place. Mais derrière lui, tout s’est effondré. Michel Benazet, le 4° a jeté l’éponge. Même décision pour la candidate numéro trois, Rose Cambon qui annonçait fin septembre son passage avec armes et convictions dans le camp de Philippe Saurel, maire de Montpellier et ancien de la bande de G. Frêche. Approché par Saurel, Roland Garrigues, l’ancien maire PS de Montauban, a finalement renoncé.

scénario catastrophe

Les socialistes ont maintenant une idée claire du scénario. Au dernier moment, le PRG à qui Paris ne refuse rien, poussera l’avantage. Il exigera une place de choix pour Dominique Salomon, vice présidente radicale du conseil régional de MP. Autant dire que les socialistes, pourtant majoritaires au sein de la gauche tarn-et-garonnaise, risquent d’être réduits à la portion congrue et ce avant le premier tour. Sans parler de ce qui pourrait arriver au second tour, quand sera venu le temps des tractations avec telle ou telle liste susceptible de faire une majorité.

Souvent, la nuit, les militants, les amis du PS font un même cauchemar: ils sont devenus des ombres, inaudibles, précipités dans les enfers de la politique… Sylvia Pinel qui est restée ministre, court au grand jour la campagne et à sa manière fait le ménage. Mais Carole Delga qui n’y voit que poussière est en train de perdre une bonne partie de sa base militante tarn-et- garonnaise.