A l’occasion de ses voeux aux Français, le Président de la république a très précisément employé ces mots. Il parlait bien sûr de la France, mais il aurait pu parler du sort que lui réservent les médias et en particulier les réseaux sociaux. Pas un mot, pa
s une attitude, pas une décision de François Hollande qui ne soient l’objet de critiques (c’est la démocratie), de commentaires idiots (c’est l’effet mass médias) ou d’accusations aussi grotesques qu’énormes. C’est vrai pour la déchéance de la nationalité pour les terroristes condamnés par la justice française, c’est vrai des incidents de Corse, c’est encore vrai de la politique étrangère du Président… On pourrait multiplier les exemples à l’infini et pour s’en convaincre il suffit de taper sur Google le mot « Hollande » pour voir remonter des tréfonds du net des myriades de vidéos, photos et autres commentaires mal embouchés. Humour diront les esthètes de comptoir. A doses massives et répétées, cela ressemble hélas à un pilonnage en règle, à une entreprise de dénigrement systématique qui participe du rabaissement de la politique, et qui fait le lit du FN.
Mais revenons au fond. Il dit juste le Président quant il pointe du doigt les problèmes de la formation professionnelle. Quand il veut massifier l’action dans ce secteur, trop longtemps considéré comme le parent pauvre de l’éducation. Certes, il faudra, ici comme ailleurs, bousculer des habitudes, obliger à de déchirantes révisions de méthodes, mettre de la rigueur, fixer des objectifs comme autant d’impératifs catégoriques… Il y a gros à parier que très vite vont se faire entendre des grincements de dents, monter au créneau médiatique des spécialistes du « y’ a qu’à, faut qu’on »… On sait bien qu’en France, la réforme est à ce prix. Espérons, souhaitons, exigeons que le gouvernement tienne bon, qu’il ose aller au bout de cette louable démarche. L’emploi, encore moins le plein emploi , ne reviendront pas par le seul miracle de la croissance. Et d’ailleurs de quel type de croissance parle-t-on?
Dans ce pays, en matière d’emploi, le fossé est trop profond entre l’offre et la demande. Et si l’on doit tout faire pour réduire le chômage, mettre ou remettre dans la vie active des milliers de personnes qui désespèrent du système, il faut agir à tous les niveaux, tirer tous les bouts de la pelote: favoriser l’investissement productif, assouplir les règles en toilettant en profondeur le code du travail, lancer de grands travaux d’intérêt général, réorienter une partie de la recherche, et former, former, former les jeunes et les moins jeunes pour en faire de vrais acteurs de l’emploi et de la création de richesses. Y associer les partenaires sociaux et contractualiser le tout! Le Président a raison, l’emploi, le développement économique doivent être nos préoccupations premières. Nous n’avons pas le droit de nous abîmer dans de stériles et vains débats. En finir avec le dénigrement! Yes we can!