Il sent le danger le maire de Moissac, il découvre déjà que la patience des électeurs a des limites et qu’ils attendent de leurs élus autre chose qu’un électro-encéphalogramme plat. Ses antennes doivent en effet lui faire remonter des quartiers moissagais, le même message : mais que fait-il, que se passe-t-il, que projette-t-il pour la ville ? Et la réponse de tomber de plus en plus souvent: RIEN! C’est ce rien qui a du faire sortir Jean Michel Henryot de sa réserve pour offrir aux Moissagais, en guise de cadeau de nouvel an, une grille de lecture de son action ou de ce qui en tient lieu, à la mairie.
Quoi de neuf M. le Maire?
Dans cette interview à la Dépêche du Midi, il annonce deux priorités: la sécurité et le tourisme. La sécurité, il est vrai, était une de ses promesses de campagne. Pas étonnant donc qu’il remette le couvert, même si son bilan n’est pas à ce jour plus flatteur que celui de Jean Paul Nunzi. Certes un nouveau commissariat va être inauguré, square Firmin Bouisset, à l’endroit même qui était naguère ouvert aux mômes, certes les policiers disposent maintenant de SUV avec Ray-bans, certes quelques caméras nouvelles vont être installées, mais cela ne suffit pas à faire une politique. Même dans le domaine de la sécurité!
Si l’on peut se féliciter, avec les Moissagais, que l’opération « Voisins vigilants » n’ait été qu’un feu de paille, force est de constater que la sécurité, le sentiment d’insécurité ne sont pas qu’affaire de police ou de gendarmerie. En toile de fond, il y’a la question sociale, la question économique. Et dans ce domaine, Moissac donne le spectacle d’une ville qui perd pied, où la pauvreté gagne du terrain, où le centre ville se délite, où le commerce s’étiole. Tout se tient et faute d’avoir une approche globale du problème, la mairie se condamne à l’impuissance. C’est à ce jour la question économique et sociale qui est la plus préoccupante, celle qui plombe tout et dont bizarrement M. le maire ne parle pas.
Comment dans ces conditions construire une offre touristique susceptible d’attirer et de garder les visiteurs? Notre ville est pauvre, mais la pauvreté est une spirale dans laquelle il ne faut pas se laisser prendre. Et tout indique que c’est aujourd’hui le cas.
La majorité de droite nous a précipités dans l’oeil de la dépression.
La ville ne dispose pas de grosses recettes fiscales, mais elle doit faire face à de gros besoins sociaux. Du coup elle investit peu ou mal (cf commissariat de police) et s’interdit un recours franc à l’emprunt par pusillanimité bien sûr, et pour ne pas alourdir la pression fiscale sur les assujettis à l’impôt.
La Petit Site attitude
Le maire annonce une aire de camping cars, sur le terrain de l’ancienne piscine. Il aurait pu obtenir une aide conséquente de la région. Il ne l’aura pas parce que cette aire ne répond pas au cahier des charges « Grands sites ». Même chose avec la Rue de l’Inondation dont il vante l’intérêt touristique. Outre qu’il n’y a derrière cet investissement aucune stratégie éco-touristique, il a, sur ce dossier aussi, perdu les aides régionales (« Grands sites »), parce qu’il n’a pas voulu, ou su, ou pu, scinder les travaux en plusieurs lots. Signataire d’un Contrat de ville avec l’Etat, la mairie en attend des retombées financières. Elles tardent à venir. Elles ne suffiront pas à remettre la ville en selle. Moissac, Castelsarrasin, le bassin de vie, des territoires qui ont besoin d’un sorte de plan Marshall! En attendant, la communauté de communes, Terres de Confluences, qui a différé sine die le projet de piscine, ne parvient pas à arbitrer entre les festivals des deux villes. « Alors chante » est venu à Castelsarrasin poser ses notes et ses pénates. A Moissac le Festival de la Voix s’inquiète à raison pour son avenir.
Notre ville perd du temps et désespère les énergies créatrices. Une crise dans l’agriculture la précipiterait dans des convulsions sociales lourdes de conséquences. Aujourd’hui, gérer la ville, développer l’inter-communalité, imposent un changement de logiciel. Faire de la politique autrement, c’est d’abord s’attaquer sans tabou aux questions économiques et sociales. Souhaitons nous l’envie, la force, le talent de faire gagner notre ville. Bonne année les Moissagais!