Moissac: l’adjoint aux finances tire sa révérence.

C’est confirmé, ce sera officiel lundi quand le préfet aura reçu le courrier : Daniel Botta, adjoint aux finances, bras droit de Jean Michel Henryot, a démissionné de tous ses mandats, mairie de Moissac et communauté de communes. C’est l’aboutissement d’une crise qui couvait depuis déjà longtemps. L’adjoint indisposait nombre de ses colistiers, qui acceptaient mal disent-ils, ses « caprices », sa propension à mettre sa démission dans la balance, à vouloir être calife à la place du calife. Il aurait mal vécu, si l’on en croit certains élus de la majorité, le fait de ne pas être le candidat de sa famille politique aux départementales.

Tout cela est certainement vrai, Jean Michel Henryot qui a gagné de l’appétit, depuis qu’il est entré à la mairie,  lorgne maintenant sur un poste d’élu départemental, embarquant dans l’aventure la mairesse de Montesquieu, Annie Feau, comme suppléante et Maryse Baulu, adjointe à Moissac, comme co-équipière. Mais au fond, ce sont deux conceptions, deux approches de la gestion municipale qui s’affrontaient. Celle du maire, faux modeste de la politique, mais qui aux dires de nombre de Moissagais, apparait de plus en plus comme l’ombre du maire de Castel et celle de Daniel Botta, grand argentier,  jaloux de ses prérogatives et guère enclin à la fantaisie budgétaire.

En fait, la crise s’est dénouée dimanche dernier, au cours d’une réunion privée chez le maire qui habite la commune de Montesquieu. Réunion discrète avec les adjoints du premier cercle, sans Daniel Botta qui a séché le conclave. Mais ce dernier avait  déjà tiré ses conclusions et sa révérence :  la démission! Au final, cela ressemble à une purge, l’adjoint aux finances qui se revendique de l’UDI, étant devenu persona non grata au sein de l’équipe UMP, en tout cas au yeux  de certains.

Et maintenant qui pour le remplacer à ce poste stratégique? Ça gamberge sec, d’autant que les compétences en la matière ne sont pas légion dans l’équipe municipale. Il y aurait bien Michel Cassignol, membre du Modem. Mais l’avocat se dit fâché avec les chiffres et jure qu’il ne veut en aucune façon de cette charge. On parle maintenant de Christine Hemery, la très discrète élue à la cohésion sociale, qui travaille dans une banque. Bref le maire n’aura pas la tâche facile, avec des élu (e)s où aucune personnalité ne parait à ce jour capable de s’imposer dans ce compartiment du jeu.

Mais la crise n’est pas finie. Entre un élu qui semble avoir disparu des écrans radar, arguant d’obligations professionnelles, et un autre de plus en plus marginal au sein de l’équipe Henryot, c’est 9 mois après son élection, la première vraie et grosse difficulté de cette équipe municipale dont on mesure déjà toutes les fragilités.

 

Ma ville : « Vivre là dedans c’est coton »

« Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On peut se croire égaux ». Claude Nougaro

Ma ville! Notre ville! Qu’en avons nous fait? Voilà que maintenant deux quartiers, le centre, jadis prospère, et le Sarlac, notre petite banlieue, sont éligibles à la Politique de la ville. Autant dire que le gouvernement y a vu des poches de pauvreté, des espaces où se délite le vivre ensemble. Eligibles, cela veut dire que Moissac pourra bénéficier de subventions nouvelles pour mettre en oeuvre des projets qu’il lui appartient d’élaborer et de défendre auprès des services de l’état. Des projets qui doivent concerner la jeunesse, promouvoir la cohésion sociale, améliorer le cadre de vie, développer l’économie…

Jeudi se tient à Moissac une grand-messe qu’affectionnent les acteurs institutionnels, politiques, associations, fonctionnaires du social, et au cours de laquelle, de grandes et belles phrases, aussi définitives que la neige de printemps, seront reprises en choeur. Le risque est grand qu’une fois de plus on s’en tienne au constat, au bilan satisfait d’acteurs dits de terrain. Pour ça Moissac a déjà donné.  Le Colloque sur la précarité, organisé en 2013 par l’équipe de Jean Paul Nunzi, a déjà fait le tour de la question. Le constat on le connait, il s’aggrave, à mesure que la crise morale et économique s’approfondit: chômage, fermetures des commerces de proximité, jeunes en déshérence, parfois en rupture de lien familial, ségrégation sociale, territoriale, petite délinquance, communautarisme, le discours religieux tenant  lieu de plus en plus d’idéologie!

Une grand messe donc, mais s’il faut en passer par là, pour intéresser les Moissagais au destin de leur ville, qu’il en soit donc fait ainsi. Car l’enjeu n’est pas mince. Au delà des aides attendues, c’est toute une vision de la ville qu’il faut reconstruire. Et pour cela, il faudra mobiliser la population, l’embarquer dans la construction des projets.  Il faudrait aussi une forte, mais c’est une autre affaire, une opiniâtre volonté politique, capable de nommer le non dit pour mieux passer aux actes… La réflexion ne part pas de rien, il faut juste à situation exceptionnelle, trouver des réponses appropriées, exceptionnelles, capables de bousculer le conformisme et les situations établies.

Moissac perd ses commerces?

Il faut déterminer les besoins (commerces de bouche…) lancer dans le cadre d’un schéma directeur, des appels à projets, monter des partenariats avec la CCI, créer un fond d’aide et d’intervention, prendre des mesures incitatives et réglementaires pour faire baisser les baux… bref intervenir dans le sacro saint espace libéral. Conséquence de cela: une ville plus belle, plus attractive, plus riche aussi.

Moissac manque d’emplois et d’entreprises?

Il faut penser global, au sein de la Com-Com bien sûr,  et agir local! Il faut attirer les jeunes sociétés, susciter les vocations, faire éclore les projets dans le cadre d’une pépinière d’entreprises, pour les installer sitôt sortie de l’oeuf sur les terrains communautaires organisés en clusters. C’est de la promesse d’emplois, du pouvoir d’achat injecté dans la ville et à terme de la richesse nouvelle. La municipalité en place imagine installer sa pépinière au sein de l’ancien tribunal. Cela lui permettrait de bénéficier des subventions de l’ANRU (l’agence nationale pour la rénovation urbaine)

Il faut aussi impliquer les entreprises du secteur dans un vaste programme de stages et d’emplois saisonniers, taillés sur mesure pour les jeunes en recherche. Ce plan pourrait donner lieu à des conventions entre la puissance publique et les entreprises, leur permettant de bénéficier d’aides ciblées, limitées dans le temps.

Moissac manque de logements?

Il faut recréer une OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat). Celle en cours, lancée par Jean Paul Nunzi, se termine en 2017. Il faut aller plus loin et plus fort. En amplifier le succès, mais veiller aux effets d’aubaine. Faire en sorte  que les propriétaires ne se « refasse pas la cerise » aux frais de la collectivité.

Moissac désespère sa jeunesse?

Il faut dire qu’à Moissac (ce n’est pas propre à notre ville) il y a au moins deux jeunesses. Celle qui se débrouille et qui une fois le lycée terminé, va chercher ailleurs formations et emplois. Celle qui « tient le mur » et qui a bien du mal à trouver sa place dans le système.

Il faut remettre dans la rue des animateurs, des médiateurs, capables d’aller à la rencontre de cette jeunesse, de lui parler – c’est très important- et de bâtir avec elle les projets qui vont l’intéresser et l’occuper, lui redonner espoir. Il faut l’aider à se prendre en main, à retrouver le chemin de l’autre. Il faut créer un espace de rencontre, un lieu ouvert, portant en son sein des projets culturels, un lieu autogéré, susceptible de développer le sens des responsabilités et de l’initiative. De ce point de vue, les sous sols de l’ancien tribunal pourraient s’avérer idoines, et permettre ainsi la rencontre de deux mondes.

Il faut renforcer l’activité de MAJ, Moissac animation jeunesse dont l’importance n’est plus à démontrer. Mais il faut réorienter certaines de ses interventions, l’amener à moins se disperser, pour mieux prendre en charge les demandes les plus pressantes.

Il faut aussi ouvrir davantage les lycées sur la ville, les associer au sein de projets d’établissements ambitieux aux objectifs de citoyenneté et de développement personnels qu’exige le contrat républicain. Il est par exemple souhaitable de faire entrer la presse à l’école, pour aider les jeunes à en comprendre le fonctionnement, mais surtout à développer un esprit critique par rapport à internet notamment.

Il faut enfin donner au plus grand nombre le goût du sport loisir, du sport spectacle. Il faut que les équipements  municipaux, stades et autres terrains de jeux soient accessibles tout le temps et en particulier pendant les vacances. A ce niveau, le rôle des animateurs est central. Mais là aussi, il faut mobiliser les clubs, lier les subventions municipales à un travail en profondeur, cadré et évalué sur des objectifs précis, auprès de la jeunesse la plus défavorisée.

Il y a certainement d’autres pistes à explorer, d’autres projets à bâtir, autour des transports urbains par exemple…

 

 

L’ancien tribunal: une pépinière d’entreprises?

Le dernier Conseil municipal, le premier de 2015 était consacré aux affaires courantes.Une fois n’est pas coutume, il fut donc court. Le groupe Divers Gauche avait posé trois questions écrites, sur l’ancien tribunal, les lycées et l’hôpital.

A propos de l’hôpital

Le bras de fer se poursuit entre Montauban et Moissac sur fond de schéma territorial que veut imposer l’Agence régionale de santé. Un cabinet spécialisé est chargé de rapprocher les positions. D’après le maire, les choses avancent assez bien dans le domaine de la chirurgie viscérale, mais achoppent sur le dossier de la chirurgie orthopédique. Le maire affirme être tenu au courant de l’évolution des travaux. Mais il serait préférable qu’il en soit un acteur impliqué. L’hôpital est un sujet trop sérieux pour le laisser aux seuls soins des professionnels de santé.

A propos des lycées

Stand by comme on dit en français des affaires. La Région dont  chacun a bien vu qu’elle n’avait pas, en 2015,  un euros vaillant à investir dans les lycées de Moissac, réclame un nouveau PPRI (Plan de prévention des risques d’inondations). L’étude sera bientôt lancée, le Conseil municipal a voté 30 000 euros pour la financer. Reste à en connaître les conclusions. Sous l’ancienne majorité, la Région s’était déclarée favorable aux travaux d’agrandissement (lire plus bas l’article sur les lycées). Tout en se déclarant aujourd’hui prête à retravailler le projet architectural, elle attend les conclusions de la commission. Voilà un dossier qui n’aboutira, si rien ne vient le contrarier, qu’en 2016 au plus tôt.

A propos de l’ancien tribunal

Des travaux de mise en sécurité du bâtiment ont récemment été réalisés. Il s’agit de sauver l’édifice qui menace ruine. La majorité municipale envisage d’en faire, dans le cadre de la Communauté de communes, une pépinière d’entreprises. Jean Paul Nunzi avait dans son programme électoral, proposé une telle création, indispensable au développement économique de la zone. La majorité UMP compte inscrire ce projet dans la Politique de la ville et bénéficier des subventions de l’ANRU (l’Agence régionale de rénovation urbaine). Une aubaine en effet qui permettrait d’honorer la facture : on estime la rénovation de l’édifice à deux millions d’euros environ. Reste encore, et ce n’est pas anodin, à définir quel type d’entreprises pourraient y être accueillies, et avec quel accompagnement. Des conseillers, des tuteurs sont en effet nécessaires dans ce genre de démarche.

Carole Delga à Montauban

Carole Delga, secrétaire d’état au commerce et candidate à la primaire socialiste pour la tête de liste aux régIMG_2279ionales (*) a rencontré les militants de la fédération de Tarn et Garonne. D’ici le 5 février, jour de l’élection, elle aura fait le tour des 13 départements de la grande région M.P.-L.R. Après le Lot et le Tarn et Garonne, elle se rendra en Lozère.

Très en verve et très déterminée, Carole Delgas a présenté aux militants, venus très nombreux pour l’entendre, le sens de sa démarche, puis a échangé avec eux pendant plus d’une heure et demi sur le commerce, les solidarités territoriales ou encore l’aménagement des espaces ruraux. Elle a expliqué le rôle des métropoles appelées à s’insérer dans les politiques régionales et insisté sur le sens de sa candidature avec Damien Alary, président du Languedoc Roussillon. Reste la question des radicaux qui revendiquent encore la tête d’une liste commune. J.M. Baylet qui a perdu le téléphone de la secrétaire fédérale Valérie Rabaut,  risque pourtant d’en être pour ses frais : les socialistes ne veulent pas revivre l’arnaque des européennes où le PRG s’était octroyé la tête de liste. Dans les semaines qui viennent, les relations entre états majors risquent d’être vraiment tendues.

(*) L’autre candidat socialiste à la primaire est Christian Teyssèdre, maire de Rodez.

Sivens: un combat douteux

Décidément, le projet de barrage de Sivens  agite fort les écolos et la classe politique. Les départements de Tarn et Garonne et du Tarn faisaient partie des financeurs. A ce titre, ils devaient avoir communication du rapport des experts désignés par la ministre de l’environnement après la tragédie qui a coûté la vie à l’un des opposants.

Sage décision si ce n’était que les conclusions du rapport ont été rendues publiques avant même que les experts n’aient vraiment conclu. Une façon de faire  dénoncée à raison par le président du Conseil général  JM BAYLET qui s’oppose aussi à la remise en cause du projet.

Il est vrai qu’il aura fallu dix ans et l’opposition de quelques « zadistes »  soutenus par les Verts pour s’apercevoir que ce barrage était une hérésie au service, disent-ils, d’intérêts privés… Dix ans de débats, d’expertises, de votes quasi unanimes des élus locaux pour au final désavouer tout le monde! De quoi s’interroger et comprendre la colère de certains.

Car l’argument du respect des zones humides ressemble à un conte pour enfants. Le barrage au demeurant modeste, aurait pu rapidement recréer sur ses rives, à l’exemple de la retenue d’eau de Saint Nicolas de la Grave, un habitat que les espèces animales les plus diverses auraient tôt fait de coloniser. Ce barrage devait également servir à l’irrigation et à réguler le cours du Tescou, presque à sec tous les étés. Qui osera sérieusement soutenir que la gestion de l’eau n’est pas aujourd’hui une priorité?

Bref dans cette affaire tout le monde sort perdant, et au premier chef les élus locaux. Y compris l’environnement qui n’ y gagnera rien. Nombre de randonneurs s’émerveillent devant les lacs artificiels des Pyrénées. Ils furent construits de main d’homme, et personne n’en conteste aujourd’hui ni la beauté ni l’utilité.