Il faut arrêter de zoner

Castelsarrasin en a trop fait. Trop de zones commerciales. C’est le tribunal administratif qui le dit, il vient de rejeter la D.U.P, la déclaration d’utilité publique de « Terres blanches ». Cette décision, certes,  ne rayera pas d’un trait de plume les boutiques et autres commerces déjà en activité sur la zone, située en face du Leclerc. Mais elle dit clairement stop à la politique de Castelsarrasin qui sous le mandat de Bernard Dagen avait choisi de jouer totalement perso, alors que les terrains de l’intercommunalité, « Barrès et Fleury », restaient désespérément  vides. Le tribunal administratif est ainsi raccord avec la loi qui privilégie les regroupements de communes.

La nouvelle équipe avec Jean Philippe Besiers,  arrivée en mars dernier à la mairie de Castelsarrasin,  avait soutenu et repris ce projet à son compte. D’où sa stupeur, si ce n’est sa colère alors que la ville a déjà investi 1,3 millions d’euros sur Terres blanches et comptait bien  installer bowling, cinéma, cafétéria et autres activités commerciales sur les 26 hectares déjà aménagés. Et récupérer du même coup à son seul profit, les retombées économiques d l’opération!

Loyauté

C’est Moissac qui sous le mandat de Jean Paul Nunzi avait introduit un recours devant le tribunal administratif, estimant à juste raison qu’on ne pouvait ainsi concentrer les activités commerciales sur la seule commune de Castelsarrasin et se moquer comme d’une guigne des zones intercommunautaires. Dès son élection à la mairie de Moissac, l’UMP Jean Michel Henryot a cherché la conciliation, retirant même le recours de sa ville. En vain! Et pendant ce temps, Castelassarasin poursuivait son projet. ce qui au passage interroge sur sa loyauté vis à vis de ses partenaires de « Terres de confluences ». Quoiqu’il en soit, voilà Castelsarrasin obligé de choisir : stopper net le développement de sa zone commerciale ou bien la remettre dans le pot commun. Mais alors on peut se demander si l’intercommunalité a vraiment besoin d’autant de terrains, qui rappelons le, pour la majeure partie d’entre eux, restent vides.

Du coup, on est aussi fondé à se demander si les projets mis en avant par le Président de l’intercommunalité, Bernard Guarguy, sont bien à la hauteur des enjeux de l’heure.

Le DOB, le débat d’orientation budgétaires

Comme à Moissac, l’exécutif intercommunal se refuse à augmenter les taux des impôts, se voit contraint de mutualiser une partie des services d’instruction des autorisations d’ urbanisme de Moissac et de Castelsarasin. Il envisage même d’étudier le transfert à l’intercommunalité de certaines compétences communales, ce qui pourrait conduire à l’élaboration d’un pacte fiscal et financier.

Mais pour l’instant, ce sont surtout les dépenses qu’on voit venir. Plus 20% sur la masse salariale, plus 11% pour l’ensemble des crédits de fonctionnement. Mais comme l’institution n’avait jusqu’ici pas fait grand chose, il restait un peu d’argent disponible qui devrait permettre quelques opérations comme l’élaboration d’un plan local d’urbanisme intercommunal (frais d’études), la restructuration de la cuisine centrale, l’agrandissement de la maison de l’intersommundlité, déjà à l’étroit dans ses murs… et l’étude du projet de piscine intercommunale.

Pour ce qui concerne le développement économique, rien ou pas grand chose. Un peu de fibre pour l’internet, quelques aménagements sur la zone de Barrès et bien entendu des travaux de voirie pour desservir sur la zone de Fleury, la future caserne des pompiers, qui rappelons-le, est de la seule compétence des Départements.  Moissac  s’est engagée à verser 300 000 euros pour sa construction, en plus du terrain déjà offert, et des autres dépenses…

Du coup, il ne reste plus rien pour le développement économique, pour créer de l’emploi dans ce bassin de vie, délaissé par les services publics, accablé de charges sociales. La paupérisation de ses populations y saute aux yeux. mais personne ne semble s’en inquiéter plus que ça, alors qu’il y a urgence, qu’un plan d’envergure pour l’emploi et le développement économique devrait être la priorité des priorités.

La banquière et le conseiller

Daniel BOTTA, ayant rendu son tablier de grand argentier et de la manière qu’on sait (voir plus bas dans ce blog), c’est Christine HEMERY, employée de banque, qui le remplacera à cette éminente fonction, troisième adjointe dans la hiérarchie municipale, avec une indemnité de 1087 euros mensuels.Elle représentera également la ville au Syndicat intercommunal d’eau potable.

Le maire s’est refusé à tout commentaire sur les raisons de la démission de son adjoint.

C’est Laurent TAMIETTI, 25° de la liste HENRYOT,  qui récupère du coup une place de conseiller.

Il reste maintenant à la majorité UMP-UDI à désigner son représentant à la Communauté de communes. On parle de Pierre FONTANIE.

Budget: l’investissement sacrifié

Le Conseil municipal était pour l’essentiel consacré au DOB, le Débat d’orientation budgétaire. Un débat sans vote qui précède l’examen du budget, à venir lors d’une prochaine réunion de l’assemblée communale. En principe, ce type de débats permet au maire de donner les grandes orientations, d’expliciter ses intentions, de montrer la cohérence de ses projets.

Mais là rien. A l’évidence, l’exercice a été difficile. Le maire qui était privé de son adjoint aux finances, démissionnaire, a du faire le job tout seul. Autant dire qu’il n’a pas convaincu les oppositions. Certains dans sa majorité ne cachaient pas leur embarras. A tel point qu’après des échanges particulièrement nourris, Jean Michel Henryot s’est résolu à revoir sa copie, promettant de répondre aux attentes de l’opposition de gauche, et nous en sommes convaincus des Moissagais qui ont le droit de savoir où on veut les amener.

Voici en synthèse le contenu des interventions de G. Vallès, assorties des chiffres clés fournis par la majorité UMP. On trouvera en fin de cet article, le lien permettant de découvrir le document complet de la mairie.


« Le budget 2014 était le nôtre, à peu de chose près, celui de l’équipe Nunzi

Le budget 2015 sera le vôtre, comme sont vôtres les orientations budgétaires que vous nous présentez. C’est donc l’heure de vérité!

Tout au long de votre campagne électorale, vous nous annonciez

  • une baisse des les dépenses de fonctionnement
  • la définition de priorités dans l’action communale
  • la relance de l’activité

En guise de relance

On voit des commerces qui ferment, de plus en plus nombreux, d’autres qui changent de mains en quelques mois, signe évident de mauvaise santé.

On voit aussi des entreprises sur le point de partir, par exemple Gillis,

On voit la zone du Luc sans aucune perspective d’implantation…. ou d’évolution…

Vous ne nous dîtes rien sur l’intercommunalité et surtout pas en quoi et comment elle va servir le développement de Moissac.

En guise de priorités

Vous n’êtes pas beaucoup plus clair

L’agriculture, l’industrie, le commerce sont spectaculairement absents de vos orientations. Vous ne dites pas un mot sur votre politique de la ville, sur les services publics, l’hôpital et les urgences, pas un mot sur les lycées…

En revanche vous nous annoncez un nouveau commissariat, des caméras de vidéo surveillance partout, un effort sans précédent dans le domaine de la sécurité, en quelque sorte le tout sécuritaire, quand tous les sondages, et Moissac ne fait pas exception, disent que la priorité des priorités des Français est l’emploi.

Et puis il y a le tourisme. On voit bien que vous en avez enfin compris l’importance. Vous l’avez d’ailleurs acté en donnant à l’Office de tourisme les moyens de fonctionner… en l’exonérant de redevance (moins 100 000 euros par an pour la commune).

Mais quel est le plan ? Quel est le projet global que vous souhaitez porter sur la durée de votre mandat?

L’investissement sacrifié

Les dépenses de fonctionnement augmentent de 2% quand les recettes baissent elles de 2,4%.

Où sont donc les économies annoncées?

En même temps le budget d’investissement se ratatine comme peau de chagrin.

Budget d’investissement : 2,5 millions. En 2013, il était de 5 millions d’euros!

  • aire de camping cars : 266 000 euros
  • Vidéo protection : 240 000 euros
  • Commissariat: 345 000 euros
  • Voiries: 550 000 euros
  • Ecoles: 150 000 euros
  • Patrimoine: 295 000 euros
  • Eclairage public: 100 000 euros
  • Dépenses imprévues: 150 000 euros

Les impôts locaux vont augmenter de 0,9% (augmentation des bases). Les taux demeurent inchangés.L’endettement sera contenu. Mais à quel prix?


 

C’est une politique sans ambition, sans aucun souffle qui nous est présentée, une politique qui tourne le dos à l’avenir, qui condamne Moissac dès l’an deux de ce mandat à l’immobilisme et au déclin ».

DOB

49-3: les socialistes ont la fièvre

200 heures de débats avec les parlementaires. Des dizaines et des dizaines d’amendements acceptés par le gouvernement. Les articles votés un à un par la majorité de gauche. Et au dernier moment, la fronde! Le front du refus contre ce qu’il est convenu d’appeler la Loi Macron. Je ne parle pas de l’UMP qui n’a jamais eu le courage, ni le talent pour faire bouger les choses lorsqu’elle était au pouvoir. Je ne parle pas du Front de gauche qui imagine que ses slogans feront lever les masses populaires, déjà parties pour une part d’entre elles vers les rivages noirs d’un autre Front, national celui là.

Je parle de ces socialistes, les Frondeurs comme on les appelle. Je parle de ces députés qui à la réforme, patiente, discutée, approuvée nous disent les sondages par une majorité d’électeurs, donc de citoyens, préfèrent la posture idéologique et l’invective;  qui n’ont pas de mots assez durs, assez définitifs  à l’égard de leur parti, du gouvernement, de certains de ses ministres. Spectacle pitoyable dont se repait la droite et qui ne redorera pas le blason du PS!

Mais que disent-ils, que proposent-ils? Ils disent qu’ils n’ont pas été élus pour faire cette politique. Qui sait?  Mais il est sûr qu’ils n’ont pas été élus pour prêcher je ne sais quel chambardement que personne ne souhaite, pas même les plus lucides d’entre eux. Ils feignent aujourd’hui de découvrir le réformisme de F. Hollande. De qui se moquent-ils? Il y a belle lurette que tout bon socialiste qui se respecte connait son François. Il n’est jamais passé pour un boute feu. Et même pendant sa campagne des présidentielles, il a, reprenons les discours, martelé la nécessité de réformer la société française, pas de jouer au Don Quichotte. Mais le discours du Bourget, et cette finance décrétée unique ennemi?

Elle l’est et le demeure pour tout un chacun qui peut en voir les ravages, en mesurer l’insupportable violence. La financiarisation de l’économie, c’est à dire le règne  de l’argent, la course aux profits, les bras de fer planétaires que se livrent gouvernements et sociétés multinationales ont, c’est vrai, réduit l’homme à sa plus élémentaire expression : un consommateur. Tout le monde à gauche, y compris le Président et son premier ministre en est conscient. Mais dans un monde économique mondialisé, complexe, aux équilibres fragiles, où le politique a perdu une bonne part de son pouvoir régalien, où l’information au sens large circule à la vitesse de la lumière, la doctrine du « y’a qu’à » est au mieux aussi efficace qu’un emplâtre sur une jambe de bois; au pire, elle peut se révéler catastrophique.  D’ailleurs, le gouvernement Grec, élu sur des promesses « radicales » mesure déjà qu’il y a loin des yeux à la bouche.

A quoi jouent donc les Frondeurs roses? A la guérilla? A faire semblant? A se donner bonne conscience? A faire tomber Solférino? Il y a dans leur attitude un infantilisme consternant déjà décrit en 1920 par Lénine comme un refus principiel  du compromis. Il y a surtout un risque énorme pour ce parti qui a bien besoin d’un congrès de clarification. A cet égard, en attendant le Congrès de Poitiers en Juin prochain, qui ne pourra se contenter d’une énième et molle résolution de synthèse, il faudra bien ramener ces parlementaires récalcitrants au principe de réalité. Faute de quoi, ils n’auront plus qu’à se démettre histoire de sauver l’honneur. Quelques dimanches travaillés, pour quelques enseignes valent-ils pareille attitude? La réponse est claire.

Ainsi le PS est-il à la croisée des chemins. Une nouvelle fois! Il est temps qu’il aille au bout de sa démarche, qu’il en tire les conclusions en terme de programme, pour le parti, mais aussi pour les candidats amenés en permanence à faire le grand écart entre les proclamations de gymnase et l’exercice concret de leur mandat. Cela se fera probablement dans la douleur, avec des départs, mais il faut bien en finir avec la « radis politique » (voir plus haut) qui est une aberration intellectuelle, et une escroquerie politique.

 

Jean Paul Nunzi à livre ouvert

IMG_2344Il faut absolument le lire le livre de Jean Paul, pour découvrir le parcours d’un homme singulier, issu du peuple.  Il a consacré une grande partie de sa vie à la chose publique, occupant presque toutes les fonctions électives, et surtout celle de maire de Moissac. Lui, le tenant d’une laïcité ouverte, tolérante,  il a exercé ce mandat pendant plus de trente ans comme un véritable sacerdoce.

Il faut le lire parce que ce livre entrelace souvenirs d’enfance, premiers pas de militant de gauche, expérience de l’élu local et national, mais aussi considérations de politique générale. Le regard sur le monde est pointu, critique, jamais désabusé. Il est quelque part celui du professeur que Jean Paul fut à ses débuts, dispensant un savoir distancié, à mille lieues de tous les catéchismes.

Et on voit bien à travers cet « Itinéraire » à quel point un élu digne de ce nom est une savante alchimie entre les engagements de jeunesse, le militantisme de la maturité, l’expérience du terrain, le tout porté par une probité et une générosité jamais démenties. Les hommes, les femmes politiques de qualité ne s’inventent pas au coin d’une table de marketing, ils, elles se forgent, patiemment, portés par le souffle des convictions.

Jean Paul s’est fait au fil du temps ce qu’on appelle une philosophie, qui pour le lecteur pressé, pourrait apparaître comme un renoncement, pire un reniement des idéaux d’antan. Il n’en est rien. Ce livre de « sagesse » tente d’explorer les possibles dans un monde qui,  paradoxe à l’heure de l’informatique, a cessé d’être binaire. Ce livre est aussi un livre de comptes, de celui qui les règle d’abord avec lui-même. Ainsi en va-t-il de cet avertissement sur le cumul des mandats, qui est d’actualité à Moissac : « L’interdiction légale du cumul est la solution pour éviter la tentation à celui qui est déjà élu ou la tentation de ses amis au nom de l’efficacité. »

Mais, le temps n’y aura rien changé, Jean Paul est resté un homme simple, convivial, adorant réunir chez lui des bandes d’amis pour des agapes à la bonne franquette, qui doivent lui rappeler « les repas de famille, dans le jardin de la maison, les soirs d’été… Mon père faisait le jardin et était très fier de ce qu’il en tirait. Il y avait un seau d’eau du puits dans lequel fraîchissait le vin rouge. Ma mère exerçait ses talents de cuisinière, la soupe aux herbes, le chou farci par exemple. C’était des soirées de plaisir. » 

Rocard écrit

Ce livre est brillamment préfacé par Michel Rocard et Gilles Savary, député de Gironde. Leur commentaire est éloquent: « la fraîcheur de son témoignage et la sincérité sans concession du regard qu’il porte sur la France et sur la gauche française d’aujourd’hui, constitue une magistrale leçon de politique dont la modestie de Jean Paul ne doit pas masquer l’importance »

Mais comment ne pas citer une deuxième fois Rocard, qui fort d’une lucidité rarement prise en défaut, fait écho à la situation politique que connaît aujourd’hui la gauche et en particulier le PS: « Avec le déclin de l’influence communiste à compter de la chute du mur de Berlin, puis la mondialisation qui rebat les cartes de l’influence et du pouvoir à l’échelle mondiale, ce sont aujourd’hui les préceptes de la « deuxième gauche » qui s’imposent d’eux mêmes, dans une improvisation et une impréparation qu’il eût mieux valu fonder par un nouveau Congrès de modernisation du socialisme français, pour éviter le procès en trahison qui affaiblit et divise la Gauche de gouvernement, confrontée à des enjeux particulièrement difficiles »

Et de terminer…

« Jean Paul Nunzi y trouvera peut-être le réconfort d’avoir eu raison trop tôt, et sans doute la confirmation de son exigence de clarté politique » Tout est dit!

Itinéraire d’un enfant de la République. Jean Paul Nunzi. Editions Cairn.